Les indispensables de maternelle

Il y a peu, ma copine Chloé a fait un « top 20 des albums à avoir en maternelle ». Je l’attendais avec impatience parce que j’avais déjà vu ses top 20 des albums à avoir en crèche. Mais autant sur les sélections en crèche, j’aurais choisi quasiment les mêmes, autant pour les maternelles, je me suis rendu compte que ma liste serait très différente (sans du tout remettre en cause la qualité des albums qu’elle a choisis !). Quand je lui ai dit que je n’aurais pas du tout fait la même liste, elle m’a bien sûr demandé la mienne.

Et la voilà ! Bon, je vous le dis tout de suite, je n’ai pas réussi à me restreindre à 20. Je me suis accordé 25 titres.

Nous n’avons pas procédé exactement de la même façon. Elle propose essentiellement des nouveautés, des livres engagés, des coups de cœur. Si j’ai proposé quelques coups de cœur récents, j’ai réfléchi plus en terme de “classiques”, de livres que j’utilise déjà depuis un certain temps avec des classes, et dont je ne me lasse pas. De livres qu’à mes yeux les enfants devraient connaitre pour avoir une culture en littérature jeunesse aussi.  Je me suis demandé à un moment si ça valait le coup de citer les livres que tout le monde connait, mais je les ai mis, puisque ce sont bien des « indispensables ».

Nos listes sont aussi, je pense, le reflet de nos positionnements professionnels différents. Elle, lectrice, fait essentiellement de la lecture individuelle ou en petit groupe. Si à la bibliothèque on conseille les parents et les enfants, avec les enfants de maternelle on lit plutôt à des groupes plus importants, à des classes ou en heure du conte. C’est donc sur les livres que je lis aux classes que je m’appuie pour cette sélection. Ce qui suppose certains critères : des livres grands formats, sans trop de détails dans les illustrations, faciles et agréables à lire à haute voix.

Mais je ne suis pas enseignante. En tant que bibliothécaire, je fais uniquement des lectures « plaisir » et même si pour certains titres je peux avoir des pistes d’utilisation pédagogique en classe, ce n’est pas mon métier. Des enseignantes choisiraient donc peut être différemment…

 

Mais trève de blabla, voilà ma sélection. Classée par auteur, pour me simplifier la vie.

feu petit pierreAu feu, petit Pierre ! d’Adrien Albert (école des loisirs, 2014)

Un incendie ! Vite, Petit Pierre, aidé par Jars et Orang-Outang, vont affronter les flammes et sauver Mamie et Bubulle, son poisson rouge !

Soyons clairs : à cet âge là, un livre sur les pompiers, c’est toujours un succès. Et celui-ci apporte en plus une bonne dose de fantaisie et l’univers des jeux d’enfants.  (Chloé en parle ici).

 

bébé marchéBébé va au marché d’Atinuke et Angela Brooksbank (éditions des éléphants, 2017)

Une femme fait le marché, son bébé dans son dos. Bébé qui est si mignon qu’il se fait offrir par les marchands 6 bananes, puis 5 oranges, puis 4 biscuits… Et maman qui ne remarque rien !

Des illustrations colorées magnifiques, une narration en randonnée qui fonctionne très bien, la bouille de ce bébé tellement mignon… Et cette maman qui ne remarque rien de ce qui se passe dans son dos ! Pour les plus grands, c’est aussi un livre à compter.(Chloé en parle ici)

Et on peut retrouver ce bébé qui grandit dans bébé est bien caché puis dans Bintou la casse-cou, et c’est toujours autant de plaisir.

 

chat plus bête du mondeMon chat le plus bête du monde de Gilles Bachelet (Seuil, 2004)

Le chat de Gilles Bachelet adore se prendre pour un coussin, dormir sur la télé ou faire sa toilette. Il est aussi vraiment très très bête. Et ressemble drôlement à un éléphant.

Le décalage du texte et de l’image est particulièrement savoureux dans cet album, surtout quand on lit le texte avec un sérieux de ministre. Les enfants sont souvent décontenancés avant d’en rire tout autant que nous. A réserver plutôt aux grands cependant, justement pour pouvoir rire de ce décalage. (Chloé en parle ici).

On retrouve son chat dans deux autres albums (quand mon chat était petit et des nouvelles de mon chat). Parmi les autres livres de cet auteur génial, Xox et Oxo et le chevalier de Ventre-à-terre sont tout aussi géniaux. Et très riches à exploiter en classe, grâce aux nombreuses références, à l’art dans le premier et à la littérature jeunesse dans le second.

 

dinosauresDinosaures, dinosaures de Byron Barton (école des loisirs, 1990)

Il y a très longtemps vivaient les dinosaures. Des gros dinosaures  et des petits dinosaures. Des dinosaures avec de longs longs cous et de longues longues queues. Des dinosaures furieux et des dinosaures peureux…

Après les pompiers, je continue à surfer sans vergogne sur les intérêts des petits avec les dinosaures. Mais j’aurais pu vous citer quasiment tous les albums de cet auteur, particulièrement efficaces avec les petites sections. Des sujets porteurs (les dinosaures, les voitures, les engins de chantier…), des textes simples, des couleurs vives et franches et des dessins qui peuvent facilement servir de support à des activités d’art plastique. Citons en particulier ma voiture, mon bus, sur le chantier, et la petite poule rousse et la toute petite dame pour les premiers contes. Et notons que quand il y a des personnages humains, il est toujours attentifs aux représentations : personnages racisés, femmes mécaniciennes ou capitaines de bateau…

 

bain berkLe bain de Berk de Julien Béziat (école des loisirs, 2016)

L’enfant quitte la salle de bain quelques minutes et catastrophe, Berk, le doudou cracra, tombe dans l’eau. Berk se noie ! Les jouets de bain s’activent pour lui venir en aide… Berk, lui, essaye de parler, mais avec la bouche pleine d’eau…

Une aventure, une vraie, pleine de suspens, de danger et de solidarité entre jouets. Et la touche d’humour pipi caca qu’il faut pour en faire un énorme succès. (Chloé en parle ici).

Et ce qui est chouette, c’est que ce n’est pas la seule aventure de Berk. Il affronte un monstre horrible dans le mange doudou. Et la nuit de Berk ouvre un champ d’aventure génial : une salle de classe la nuit. Avec plein de références à la littérature jeunesse à la hauteur des enfants de cet âge là. Parfait pour les instits ! On attend impatiemment le nouveau de la série, l’œil de Berk, qui sort bientôt.

 

monstres poilule monstre poilu d’Henriette Bichonnier et Pef (Gallimard 1991, réédité en recueil en 2017)

Le monstre poilu a capturé le roi (poils aux doigts). Celui-ci propose de lui livrer le premier enfant qu’il croise en échange de sa liberté (poils au nez). Manque de bol, il tombe sur sa propre fille. Heureusement, la petite Lucile est vive, intelligente, impertinente et réussira à se débarrasser du monstre. Et ce, même si ce ne sont pas des manières de princesses (poil aux fesses). A mon avis, c’est génial pour bosser les rimes et la phonologie avec des grandes sections. Et en plus c’est drôle.

 

pierre et la sorcièrePierre et la sorcière de Gilles Bizouerne et Roland Guarrigue (Didier Jeunesse, 2016)

Pierre est un galopin qui n’a peur de rien. Pas même de l’horrible sorcière qui vit dans la forêt. Et quand, hop zou et frrrout elle l’enferme dans un sac, il a toujours une ruse pour réussir à s’échapper.

Les livres de la collection à petits petons de chez Didier Jeunesse sont des merveilles de premiers contes. Ecrits par des conteurs, ils sont vraiment faits pour la lecture à voix haute, entre chansons, rythmes et répétitions. On y trouve aussi les grands motifs des contes (et dans celui-ci on pensera à Pierre et le loup, à Poule Rousse ou à Hansel et Gretel), pour commencer à familiariser les enfants avec mais aussi pour faire des mises en réseau d’albums. Je les aime tous d’amour et il a été très difficile pour moi de choisir, mais celui-là est particulièrement jubilatoire. Je l’ai prêté à l’enseignant de ma fille qui travaille sur les sorcières, il a voulu le garder (“pour apprendre les insultes de sorcières” dixit ma fille). (Chloé en parle ).

 

gorille browneUn gorille d’Anthony Browne (Kaléidoscope 2012)

Le livre à compter, c’est un incontournable de maternelle. Celui là commence de façon très classique : un gorille, deux orangs-outans, trois chimpanzés… Mais sera finalement bien plus riche, rappelant que nous sommes tous issus des grands singes, tous de la même famille. Les illustrations sont superbes, et les singes tellement expressifs. (Chloé en parle ici).

 

école marsusl’école des p’tits marsus de benjamin Chaud (Little Urban, 2017)

Comme chaque matin, les petits marsus se préparent pour aller à l’école. Sur le chemin, il faut faire attention en traversant. Après le bisou aux parents, on enchaine le cour de musique, la gym, la cantine…

Les enseignants de maternelle cherchent très souvent des albums sur la journée d’école. Celui-ci répondra à cette attente, tout en y apportant une bonne dose de fantaisie. Très proche du quotidien des enfants… mais dans la jungle d’Amérique du Sud ! A la cantine, on mange des mangues et des termites et forcément, le paresseux est “le meilleur professeur de dodo de toute la jungle”. Avec les illustrations pleines de détails et d’humour de Benjamin Chaud. Nul besoin de connaitre le marsupilami pour en profiter, les enfants adopteront très vite cette famille et pourront la retrouver dans d’autres aventures. (Chloé en parle ici).

 

plouf corentinPlouf ! de Philippe Corentin (école des loisirs, 1991)

Au fond d’un puit, un loup aperçoit un fromage. Il se penche pour l’attraper… et tombe dans le puit ! Comment va-t-il se sortir de là ?

Le format à la verticale du livre fonctionne particulièrement bien pour figurer la profondeur du puit. C’est une excellente première rencontre avec l’univers de l’auteur, aussi drôle qu’intelligent. Et qui met tellement bien en valeur l’importance du langage ! (Chloé en parle ).

On peut ensuite poursuivre avec Patatras, le roi et le roi, Zigomar n’aime pas les légumes, Pipioli la terreur, l’ogre, le loup et la petite fille, etc, etc. Questions idiotes est à mourir de rire avec les enfants : mais comment font les adultes pour poser des questions aussi bêtes ?

Grand classique des maternelles, vous trouverez facilement des ressources pour l’exploiter en classe.

 

princesse kevinPrincesse Kevin de Michael Escoffier et Roland Guarrigue (P’tit Glénat, 2018)

Kevin a décidé de se déguiser en princesse.

Vous me connaissez, je ne pouvais pas proposer de sélection sans un livre antisexiste. Vous savez aussi que j’en ai des dizaines sous le coude et que ça n’a pas été facile de choisir. Mais celui-là est un plaisir de lecture, il est drôle, les images sont expressives. Et la question des vêtements, des déguisements genrés est à mes yeux indispensable à aborder en maternelle. J’avais envie de narration, plutôt que d’un album manifeste. Mais vous en trouverez de nombreux autres ici.

 

pleine lune guilloppéPleine lune d’Antoine Guilloppé (Gautier-Languerreau, 2010)

Par une nuit de pleine lune, le loup ouvre les yeux, le renard sursaute…Tous les animaux sont intrigués par ce bruit étrange.

J’aime montrer aux enfants de nombreux types d’illustrations, sortir aussi de la forme classique de l’album. Les illustrations découpées de ce livre, qui ressemblent à de la dentelle, sont d’une beauté rare et laissent bouche bée. Les animaux de la forêt, mais aussi le travail du noir et blanc donnent plein de possibilités d’exploitation en maternelle. (et pour ceux qui s’inquiètent de sa fragilité, ces livres sont moins fragiles qu’ils en ont l’air et ne sont pas trop abimés). Et on peut aussi découvrir l’univers de la savane africaine, de la jungle, de la mer, du grand nord, du désert… (Chloé parle de plein soleil ici)

 

chut planChut, on a un plan ! de Chris Haughton (Thierry Magnier, 2014).

Tiens, un oiseau ! Le plus petit aimerait bien sympathiser, mais les grands sont bien décidés à l’attraper. Chut, on a un plan ! Mais chaque tentative pour l’attraper se solde par un échec… douloureux. N’y aurait-il pas une meilleure solution pour approcher l’oiseau ?

J’en parlais là.

Tous les livres de Chris Haughton sont des merveilles et pourraient figurer dans cette liste. Son premier, un peu perdu, est déjà devenu un classique de maternelle, en tout cas mes deux enfants ont travaillé dessus à l’école. Mais j’aime aussi beaucoup proposer celui-ci. Parce que c’est un bonheur à lire à voix haute, grâce à l’alternance des niveaux de voix (on chuchote, on crie…). Et j’aime particulièrement le jeu de couleurs, le camaïeu de bleus de la forêt sur lequel se détache nettement l’oiseau (orange, rose, violet vif).

 

joyeux abécédaireLe joyeux abécédaire de Maria Jalibert (Didier Jeunesse, 2016)

C’est un abécédaire pas comme les autres. Déjà, parce que Maria Jalibert a l’idée géniale d’illustrer ses livres de petits jouets en plastique. Et parce qu’on y croise des animaux assis sur une asperge, un caniche crâneur dans une calèche, un squelette avec un sèche-cheveux (mais sans savon), ou un taureau terrifiant regardant la télé. Un abécédaire, oui, mais surtout un univers de découvertes et d’humour. Le travail sur les petits jouets me semble particulièrement intéressant à exploiter en classe. Chloé en parle ici.

Et pour les plus jeunes, l’imagier Bric-à-brac et l’imagier couleurs (qui extrait certaines pages du précédent) sont aussi des merveilles.

 

tu nous emmènes kasanoTu nous emmènes ? de Yuichi Kasano (école des loisirs, 2015).

Le héros et son père ont construit un avion. Oui, rien que ça. Ils sont prêts à décoller… quand les animaux arrivent les uns après les autres avec cette question : “tu nous emmènes ?”. Pas de problème, il suffit d’un peu de bricolage ! (Chloé en parle ici).

Ah, les jeux d’accumulation des albums de Kasano, quel plaisir ! On entasse, on accumule, et ça marche ! Ils fonctionnent à tous les coups ! Même chose dans Bloub bloub bloub et A la sieste tout le monde !, incontournables en petite et en moyenne section.

 

presque toutPresque tout de Joelle Jolivet (Seuil, 2004)

Après un livre à compter et un abécédaire, il me fallait un imagier. Et je n’ai pas hésité une seconde. Celui-là est mon préféré. J’en avais d’ailleurs déjà parlé ici. Son grand format, la variété des thèmes présentés, la beauté des dessins… Un livre marquant. Et Zoo logique et Costumes sont tout aussi merveilleux.

 

Anton rabat-joieAnton et les rabat-joie d’Ole Konnecke (école des loisirs, 2013)

Personne ne veut jouer avec lui ? Tant pis, Anton s’allonge par terre, et il est mort. Complètement mort.

Un album à hauteur de jeu d’enfants, où on peut jouer à être mort. Parfaitement mort. Sur les petites jalousies, la gestion des conflits, sur l’imagination. Un album drôle, aussi. On retrouve Anton et ses copains dans plusieurs autres albums, mais celui-là reste mon préféré.

 

écureuil première neigeL’écureuil et la première neige de Sebastien Meschenmoser (Minédition, 2009)

L’écureuil et ses amis Ours et Hérisson ont décidé de ne pas hiberner tant qu’ils n’auront pas vu la première neige. Mais ils n’ont jamais vu la neige ! Comment savoir si elle n’est pas déjà là ? Tout ce qu’ils savent, c’est que la neige c’est blanc, froid et humide…

Cette série d’albums de Sebastien Meschenmoser est ma série d’albums préférés de toute la littérature jeunesse, je crois. Les dessins sont magnifiques, les animaux sont d’une expressivité incroyable, c’est drôle, décalé, loufoque, plein de détails… Celui-ci est celui que je trouve le plus accessible pour une lecture en groupe en maternelle, mais l’écureuil et la lune et l’écureuil et le printemps sont des bijoux aussi.

 

bateau zouglougloule bateau de Monsieur Zouglouglou de Coline Promeyrat et Stefany Devaux (Didier Jeunesse, 2000)

Monsieur Zouglouglou a fait un bateau d’une coquille de noix. Il est rejoint à bord par une souris, une rainette, un lapin… Mais le bateau va-t-il rester à flots avec autant de passagers ?

Je vous ai déjà parlé avec Pierre et la sorcière de la collection à petits petons. Je lis le premier plutôt aux grands, celui-ci est idéal pour les petits. Un album randonnée, avec une petite chanson qui revient comme un refrain, les animaux qui s’ajoutent… Jusqu’à la chute finale. Si on veut “mettre les livres en réseau”, ça vaut le coup de lire aussi la promenade de Monsieur Gumpy de John Bunrningham, malheureusement épuisé mais qu’on trouve encore en bibliothèque. Et dans la collection à petits petons, mes autres chouchous pour les petits sont quel radis, dis donc !, et vogue la petite souris, on y va, papa !, la moufle et roulé le loup. Aux moyens et aux grands, je lis le loup et la mésangePatouffèt’, la souris et le voleur, la cocotte qui tape-tip-tope, l’ogre Babborco…

 

chasse à l'oursla chasse à l’ours de Michael Rosen et Helen Oxenbury (Kaleidoscope, 2018 pour l’édition actuellement disponible)

“Nous allons à la chasse à l’ours. Nous allons en prendre un très gros. La vie est belle, nous n’avons peur de rien !”

Y’a-t-il encore besoin de présenter cet album ? Je n’en suis pas certaine mais je ne pouvais pas faire une liste d’indispensables sans en parler. La justesse du texte, les répétitions, l’accélération de la lecture à la fin… Un vrai plaisir ! Et très riche à exploiter en classe, ma fille en a fait une version géniale avec sa maitresse, l’année dernière, en moyenne section. (Chloé en parle ici).

 

heure bleuel’heure bleue d’Isabelle Simler (éditions courtes et longues, 2015)

“Le jour s’éloigne… bientôt la nuit… Entre les deux, elle passe… C’est l’heure bleue.” Et des animaux, des oiseaux, des fleurs bleues, il y en a !

Un album grand format aux illustrations merveilleuses, apaisantes. Isabelle Simler a le talent rare de rendre poétique la biologie, la science. Et les ailes des morphos bleus étincellent sur les ipomées. Un des rares albums que je peux lire autant à des enfants de crèche qu’à des CM2. (Chloé en parle ici).

En classe, ce travail sur les couleurs peut en inspirer d’autres, comme l’autrice le montre sur son site, avec les livres oranges, gris et violets d’élèves de primaire. Et parmi ses autres livres, Plume et la toile, entre l’album et le documentaire, sont géniaux aussi.

 

atchoumA-a-a-a-atchoum ! de Philip et Erin Stead (Kaléidoscope, 2011)

Amos McGee travaille au zoo. Tous les jours, il passe voir ses amis (l’éléphant, la tortue, le hibou, le rhinocéros et le manchot). Mais le jour où il tombe malade, ce sont eux qui lui rendent visite.

Un bonheur d’album aux illustrations rétro et un peu désuètes. Un décalage jubilatoire quand on voit les animaux du zoo dans l’appartement du gardien. Des beaux détails dans l’illustration. Un livre qui nous rappelle l’importance de prendre soin de ses amis, aussi. Bref, une perle. (Chloé en parle ici).

 

trois brigandsles trois brigands de Tomi Ungerer (école des loisirs, 1968)

Trois brigands qui dévalisent les voyageurs jusqu’à ce qu’ils tombent sur Tiffany, une petite fille dont ils décident de s’occuper.

Est-il encore nécessaire de présenter cet album ? Les habits noirs et les chapeaux noirs des brigands, la grande hache rouge, l’univers nocturne, les cheveux blonds de Tiffany qui se détachent…

Il sera d’ailleurs réédité en très grand format au moins de novembre, idéal pour la lecture à un groupe !

 

bou et les 3 zoursBou et les 3 zours d’Elsa Valentin et Ilya Green (Atelier du poisson soluble, 2008)

“L’était une fois une petite Bou qui livrait dans la forest avec sa maïe et son païe. Un jour elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.

– Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui dirent sa maïe et son païe.

– Dakodak, respondit Bou.”

A partir de l’histoire archi-connue de Boucle d’or (vous la voyez, les instits, la mise en réseau ? ^^), Elsa Valentin crée une langue qui n’appartient qu’à cet album. Une langue fait de mots étranges, inventés. De mots valises qu’on aurait envie d’employer tous les jours (confordouillette, panitrouiller). Une langue qui fait appel à l’anglais, à l’espagnol, au créole, au latin… à l’argot, aux mots d’enfant… Une langue qui est autant un délice à lire qu’à écouter (je vous conseille quand même de vous entrainer un peu avant de le lire à voix haute). J’en parle longuement ici, mais je veux redire à quel point jouer sur la langue, et montrer aux enfants qu’on peut le faire, est à mes yeux un cadeau précieux à leur faire. Et en plus, il est illustré par Ilya Green. (Chloé en parle ici).

 

soupe caillouUne soupe au caillou d’Anaïs Vaugelade (école des loisirs, 2000)

Le loup propose à la poule de faire une soupe au caillou. Intriguée, elle accepte, mais elle ajouterait bien un peu de céleri. Chaque animal qui arrive ajoute un autre légume “pour donner du goût”.

Ce vieux loup fatigué, qui inspire d’abord la crainte, réussira ainsi à partager un repas convivial avec d’autres animaux. Un album sur les apparences qui sont parfois trompeuses, sur le partage. “Rien ni personne n’est jamais tout blanc ni tout noir, telle est la morale de cette histoire, racontée dans une langue à son image, aussi enjouée que profonde.” (source). Un album magnifique à proposer aux enfants. L’occasion de faire de la soupe en classe ! Et vous trouverez d’autres versions de ce conte : une version africaine, une version qui se passe en Chine

Si je cite seulement cet album de Vaugelade aujourd’hui, les merveilles sont nombreuses dans son oeuvre. Les livres de la famille Quichon sont des très chouette et Zuza est une héroïne géniale à proposer aux petits comme aux grands. Les fans de dinosaures et les autres trouveront leur bonheur avec l’ami du petit tyrannosaure. Mais mon autre chouchou avec les maternelles, c’est l’anniversaire de Monsieur Guillaume et ses coquillettes au jambon d’anniversaire. 

 

Et voilà ! 

Avec nos 2 listes, ça vous fait déjà une belle bibliothèque !

10 albums que j’aime

J’ai été taguée sur Facebook par Gabriel de la Mare aux mots. Il fallait que je cite 10 albums jeunesse qui m’ont particulièrement plu ou marqué. Je me suis dit que j’allais faire d’une pierre deux coups et en faire un article !

Cette liste n’est qu’une des possibilités. Parce que des albums que j’adore, des albums qui m’ont marqué, il y en a beaucoup plus que 10. Mais cette liste me plait parce qu’elle est un peu de moi, alors j’ai décidé de la partager.

Je commence avec 5 livres de mon enfance. Parce que pour moi, ce sont eux les plus marquants, finalement. Parce que je les ai tous retrouvés, chez ma mère ou chez ma grand-mère, et que je compte tous les lire au magicien.

10 albums que j'aime

(oui, cet exemplaire est tout pourri, mais c’est le mien !)

Parce qu’il est dédicacé par ma grand-mère : “juin 87, Laura a 1 an. C’est une “grande” la princesse, Mamette”. Parce que oui, je fais partie des enfants qui ont eu la chance de baigner dans les livres dès la naissance, ou presque.

Parce qu’il est drôle, et tellement loin des livres niais sur la propreté.

La série “petite princesse” de Tony Ross est toujours en cours, et c’est souvent drôle et bien vu. J’ai un faible pour Je veux gagner.

10 albums que j'aime

Parce que c’est à mes yeux la base de la littérature jeunesse.

Et parce qu’un des brigands a pour arme un soufflet qui lance du poivre.

Pour les couleurs, pour les tours en forme de chapeau.

J’aurais pu choisir le géant de Zéralda du même auteur, aussi.

10 albums que j'aime

Parce que ce livre me faisait pleurer, quand j’étais petite. Dans la même série, j’ai également un faible pour la tasse cassée et Noël chez Ernest et Céléstine.

10 albums que j'aime

Et les autres albums du père castor que me lisait ma grand-mère. J’en parlais ici.

10 albums que j'aime

Parce que Mimi Cracra est un surnom qui m’est resté longtemps.

Mais il y a aussi les albums d’aujourd’hui.

10 albums que j'aime

Pour les illustrations tellement riches et originales (et parfois un peu flippantes) d’Emmanuelle Houdart. Pour le côté tellement rassurant du texte.

Parce que c’est le premier livre que j’ai lu au magicien, le jour de ses 1 mois.

10 albums que j'aime

Pour l’univers décalé, des histoires qu’on ne pourrait pas trouver chez d’autres auteurs. Dans celui-ci, l’écureuil est bien embêté : la lune est tombée sur sa maison, et si on le suspecte de l’avoir volé, on le mettra en prison. Il doit s’en débarasser.

Pour la beauté et l’humour des illustrations. Chlop a parlé d’un autre titre de cette série ici.

10 albums que j'aime

Parce qu’il fallait au moins un album d’Ilya Green dans cette liste.

Et au moins un album antisexiste.

J’en parle ici et .

10 albums que j'aime

Pour la beauté des illustrations. Pour l’histoire qui évoque dans un même album l’abandon, la différence, l’exclusion, l’amitié, l’importance d’être accompagné, d’avoir un nom.

10 albums que j'aime

Parce qu’il fallait au moins un album de Vaugelade dans la sélection.

Parce que j’adore ce conte, si malin.

Mais 10 albums, c’est vraiment trop peu. J’aurais aimé citer aussi des albums de Komako Sakai, Gilles Bachelet, Kitty Crowther, Philippe Corentin, Alain Le Saux, Olivier Tallec, Joelle Jolivet, Benjamin Chaud…

Et vous ? Ca me ferait vraiment très plaisir que vous fassiez cette liste de 10 albums, en commentaire ou sur votre blog !

Edit de novembre 2015 : je rajoute ici les listes que j’avais eu en commentaire :

Vladimir :

Dans moi (kitty crowther).
Max et les maximonstres (Maurice Sendak).
La souris et le voleur (Jihad Darwiche et Christian Voltz).
Le déjeuner de la petite ogresse (Anaïs Vaugelade).
Le beau vers dodu (Nancy Van Laan et Marisabina Russo).
Strongboy (Ilya Green).
Léo (José Aruego et Robert Kraus).
La chasse à l’ours (Michael Rosen et Helen Oxenbury).
Le roi qui n’avait rien (Alex Cousseau et Charles Dutertre).
Le petit Chaperon Rouge ou la petite fille aux habits de fer blanc (Jean-Jacques Fdida et Régis Lejonc).

Rosalie :

-Tout un monde, l’imagier de chez Thierry Magnier. Parce qu’il cassait avec intelligence et talent les codes des imagiers et que chaque lecteur y voit l’image qu’il veut.
-Le monsieur, la dame et quelque chose dans le ventre. Aakeson/Eriksson chez Pastel. Pour son humour et sa finesse.
-La vague de Suzy Lee pour les illustrations et le mouvement qui s’en dégage.
-La petite casserole d’Anatole d’Isabelle Carrier chez Bilboquet, pour la sensibilité.
-Le prince tisserand de Nora Aceval et Laureen Topalian aux éditions du sorbier. Un conte oriental qui bouscule les clichés sexistes.
-Joé le lapin rêvé de Malika Doray (je suis assez fan de Malika Doray)
-L’histoire de Clara de Vincent Cuvellier chez Gallimard. Pour l’histoire, l’espoir, les voix.
-Une histoire à quatre voix d’Antony Browne parce que c’est un chef d’œuvre, je trouve.
-La revanche de Lili Prune de Ponti parce que.
-La grande question de W. Erlbruch parce que c’est nous qui avons la réponse 😉

Aude Leme :

1- Marlaguette (G. Muller) – Je le lis à mes trois enfants, et je finis les larmes aux yeux… “Et Marlaguette regardait souvent vers le fond des bois, avec son doux sourire, songeant à cette grande bête de loup qui, pour l’amour d’elle, avait accepté pendant des jours de mourir de faim…”
2- La naissance de Célestine (G. Vincent) – Un livre adorable, très émouvant, en écho aux questions que les enfants se posent souvent sur leur arrivée dans la famille.
3- Le prince bégayant (F. Place) – Une merveille, des mots qui chantent, de la poésie à chaque page. Même les petits, qui ne comprennent pas parfaitement le sens du texte, se laissent porter par la musicalité des mots.
4- Le vélo rose (J. Ashbé) – Quand le sourire revient sur le visage d’enfants qui ont connu un pays en guerre. Une merveille.
5- Un livre (H. Tullet) – Un livre d’une grande inventivité. Succès assuré de 2 à 102 ans !
6- Les trois brigands (T. Underer)
7- Otto (T. Underer) – Un album pour les plus grands, à partir de 6-7 ans. Les illustrations sont d’une grande puissance, et l’histoire très émouvante.
8- La vache orange (N. Hale) – Parce que ce livre a bercé mon enfance, et que l’illustratrice, Lucile Butel, qui nous a quittés il y a 2 ans, était une amie de mes parents. (je fonds aussi devant Le cheval bleu, La grande panthère noire, La vache Amélie, Le ballon rouge du petit chat gris…)
9- Nulle part partout (G. Dorémus) – Pour les plus grands, un livre sur le deuil, l’absence et la vie qui reprend. Des illustrations fortes. L’économie de mots n’empêche pas l’émotion.
10- La chasse à l’ours (M. Rosen) – Pour chanter, se faire peur, rire ! Les plus petits apprennent très vite à associer les onomatopées aux images, et participent à la lecture.