Une chouette matinée pour le magicien

Hier matin, c’était la fête pour le magicien.

Déjà, dans la rue, on a croisé une dame avec deux gros chiens, on a discuté avec elle, et le magicien a pu en toucher un.

Ensuite, on a pris le métro. Et ça, c’est encore mieux que de prendre le bus ou le train. Le métro fait du bruit quand il arrive, on croise d’autres métros très souvent, il y a plein de monde qui monte et qui descend…

Comme il faisait beau, on est allés se ballader au soleil près d’un de mes endroits préférés à Paris : la fontaine Nikki de Saint-Phalle.

Une chouette matinée pour le magicien
Une chouette matinée pour le magicien

Et puis après, on est allés… au théâtre !

En effet, le théâtre de l’Essaion propose des pièces pour les tout-petits, à partir de un an, le mercredi et le dimanche matin et tous les jours pendant les vacances scolaires. Nous, on est allés voir Soupes de couleurs.

De quoi ça parle ?

“Dans son potager géant, Batavia transforme ses légumes.

Jusqu’au jour où le Génie des légumes perd ses couleurs et réclame à grand cri une soupe pour les retrouver… Mais pour ça Batavia aura besoin de ton aide…”

Ils sont trois sur scène, un musicien qui joue et fait les bruitages et deux comédiens. Ils utilisent aussi des marionettes. Et alternent entre passages parlés, passages chantés et interractions avec le public.

Pour redonner ses couleurs au génie, on va ramasser des légumes et faire une soupe verte (avec chou, brocolis, haricots, petits pois…), une soupe rouge (tomate, piments…) et une soupe orange (carotte,  courge…).

Une chouette matinée pour le magicien

Le magicien a adoré. Il est resté immobile sur son siège pendant les 40 minutes de la représentation, bouche ouverte et silencieux, très attentif. Vous connaissez beaucoup de situations où un petit de 15 mois reste immobile silencieux et attentif pendant 40 minutes ? Le magicien, je peux vous assurer que ça ne lui arrive pas souvent.

Le seul moment où il a ouvert la bouche, c’est juste au moment où la comédienne demandait qu’on lui cite des légumes qu’on pourrait donner à manger au génie des légumes. Là, il a lancé un sonore “badadeuh” que la comédienne a gentiment traduit par “salade”.

Et a la fin de la pièce, il a applaudi consciencieusement.

Ce que j’en ai pensé moi ?

Au départ, que 20 euros (10 euros pour moi, 10 euros pour le magicien), ça fait cher pour 40 minutes de spectacle, mais en fait, ils sont trois sur scène + une personne en régie et on est face à une vraie pièce de théâtre, avec des jeux de lumière, des décors… Oui c’est cher mais c’est pas du vol.

Sur le fond de la pièce : les acteurs sont biens, les chansons sont sympas, la mise en scène aussi. J’ai vraiment trouvé le spectacle très sympa. Une seule vraie réserve : le message écolo (les légumes transgéniques c’est mal, il faut utiliser des légumes sains) était trop appuyé à mon goût.

Mais même si le magicien a beaucoup apprécié, qu’il en a tiré plein de choses, je pense que cette pièce est plutôt destinée aux enfants de 2 ans 1/2-3 ans. Il y a une vraie trame narrative, quelques passages parlés un peu longs et le magicien était trop jeune pour répondre à la plupart des sollicitations (donner des noms de légumes, réciter la formule magique pour faire apparaître le génie…). (et la petite fille a côté du magicien a eu peur du génie, mais c’était la seule de la salle).

En discutant à la sortie, une dame avec un bébé qui paraissait un peu plus jeune que le magicien m’a dit que l’autre spectacle à destination des tout-petits, le jardin de Lilou, était plus adapté aux plus jeunes.

Et pour finir cette matinée, on a repris le métro pour rentrer manger des légumes verts ! Autant vous dire que le magicien a eu besoin d’une bonne sieste après tout ça !

Petits bonheurs de la semaine (8 octobre 2012)

Premier petit bonheur : Voir la tour Eiffel quand je sors de la station de métro, en haut de la rue.

Deuxième petit bonheur : aller pour la première fois à la comédie française avec mon meilleur ami. Etre tellement enthousiaste qu’on a décidé d’y retourner dans 15 jours. Admirer les colonnes de Buren de nuit, en sortant du théâtre.

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Source : fotopedia

Troisième petit bonheur : avoir fait tous ses comptes et sa paperasse qui attendaient depuis (beaucoup trop) longtemps. Pas vraiment un bonheur sur le coup, mais c’est tellement bien de se dire que ça y est, c’est fait!

Quatrième petit bonheur : voir le dernier bus du soir quitter l’arrêt juste devant moi… et m’attendre quelques mètres plus loin : le chauffeur m’a vu courir !

Cinquième petit bonheur : prendre une longue douche, enfermée toute seule dans la salle de bain, pendant que mon chéri s’occupe du magicien. (ça, la semaine, ce n’est plus possible !)

Sixième petit bonheur : dimanche midi, brunch en amoureux. Saumon fumé, oeufs à la coque, tartine de confiture. Miam !

Petit bonheur du magicien : les sourires du magicien, qui sourit désormais à ses parents, en réponse à nos sourires (jusque là, c’était indistinctement à nous, à son biberon, aux poignées de porte…).

N083 ou Comment expliquer un tableau à un lièvre mort

Mon meilleur ami sait que quand il veut aller voir un truc bizarre, il peut compter sur moi.

Il y a quelques semaines, ça a donc donné ça :

“Tu viens avec moi au théâtre voir Comment expliquer un tableau à un lièvre mort ?”

“Ca parle de quoi ? C’est où? Ca coûte combien ?”

“Je sais pas, je sais pas et je sais pas. Mais c’est en Estonien surtitré”

“Bah oui, si tu veux, prends les places”

Nous voilà donc jeudi soir dernier au théâtre de l’Odéon. Entre temps, j’ai lu le texte de présentation dans le programme du théâtre, mais ça ne pas donné une idée plus claire de ce qu’on allait voir. Et j’avoue que l’affiche “durée du spectacle : 2h30” à l’entrée m’inquiète quelque peu.

Le titre de la pièce fait référence à une performance de l’artiste allemand Beuys (dont je n’avais jamais entendu parler, si vous non plus, allez voir ici) qui a pendant 3 heures visité une galerie en commentant les tableaux à un lièvre mort qu’il tenait dans ses bras. Mais “N083 n’est pas un spectacle “sur” Beuys. Comme son numéro d’ordre l’indique, il n’est qu’une étape parmi d’autres, particulièrement vive, drôle et culottée, d’un projet de longue haleine”.

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Le spectacle mêle “danse, sketches, fausses improvisations et vraies provocations”. Il s’interroge sur l’art, sur la nécessité (ou non) de prendre en compte le public au moment de la création, sur les rapports entre art et institutions, entre création et subventions.

Plus que sur les dialogue, l’accent est mis sur le corps, les mouvements, les liens physiques entre les acteurs.

On rit. Certains passages laissent perplexes. D’autres m’ont agacé parce qu’on était, à mes yeux, dans la provocation gratuite (deux acteurs qui se crachent dessus sans que cela semble nécessaire, un concours de celui qui pisse le plus loin…). Dans certains cas, c’était trop conceptuel et trop “je regarde mon nombril d’artiste” à mon goût.

Mais certains passages étaient drôles (les passages avec les lapins en particulier), les interrogations étaient intéressantes et présentées différemment de ce dont on a l’habitude, et je n’ai pas trouvé le temps long ! Bref, pari gagné !

Petit détail pratique : les moins de 26 ans, allez vite au théâtre de l’Odéon : les places sont à 16 euros y compris en première catégorie, et nous étions très bien placés ! Pour une fois que les places pas chères pour les jeunes ne sont pas cachées derrière un poteau !

L’importance d’être Constant d’Oscar Wilde

Il y a en ce moment, à la bibliothèque, toute une effervescence autour d’Oscar Wilde : on vient d’acheter l’intégrale de son oeuvre, on prépare des sélections, y compris en jeunesse… Un peu honteuse de n’avoir rien lu de lui, en dehors du Fantôme de Canterville, lu au collège, et dont je ne garde aucun souvenir, j’ai décidé de me rattraper. J’ai choisi de lire l’importance d’être Constant, et je me félicite de ce choix !

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Résumé :

Jack, gentleman anglais, s’est inventé un jeune frère, Constant, et prend cette identité lorsqu’il se rend à Londres, afin de profiter librement des plaisirs de la ville avec son ami Algernon. Il s’éprend de Gwendoleen, jeune femme charmante qui accorde une grande importance au prénom de son prétendant. Quant à Algernon, il se rend chez Jack à la campagne en reprenant l’identité de Constant, afin de rencontrer sa délicieuse pupille, Cecily.

Quiproquos, imbroglios et révélations surprenantes, on ne s’ennuie pas une seconde à la lecture de cette pièce !

Mais c’est surtout la vivacité des dialogues, leur intelligence et leur ironie qui m’ont plu. J’ai lu l’oeuvre en traduction, mais ça vaut le coup, à mon avis, de jeter au moins un coup d’oeil à l’oeuvre originale (d’ailleurs la pièce est publiée en édition bilingue chez Garnier Flammarion).

Tous les personnages se caractérisent par leur extraordinaire sens de la répartie.

La vision de la société est très acerbe. A travers des petites phrases assassines. Par exemple, le rapport que les deux jeunes filles entretiennent avec leur journal intime m’a particulièrement fait rire :

Cécily : “vous voyez, ce sont simplement les notes où une toute jeune fille marque ses pensées et ses impressions, et par conséquent, c’est destiné à être publié”.

Gwendoleen : “je ne voyage jamais sans mon journal. On doit toujours avoir quelque chose de sensationnel à lire dans le train”.

Bref, un vrai plaisir !

Voilà l’exemple même qu’un “classique” peut être tout sauf ennuyeux!

L’image utilisée pour illustrer cet article est une adaptation de cette pièce par Oliver Parker, avec Rupert Everett, Colin Firth, Reese Witherspoon, Frances O’Connor et Judi Dench, que j’ai vue il y a longtemps, mais dont je garde un excellent souvenir.

J’aimerais vraiment voir cette pièce au théâtre !

Et toi, tu l’as déjà lu ou vu ?