Les indispensables de maternelle

Il y a peu, ma copine Chloé a fait un « top 20 des albums à avoir en maternelle ». Je l’attendais avec impatience parce que j’avais déjà vu ses top 20 des albums à avoir en crèche. Mais autant sur les sélections en crèche, j’aurais choisi quasiment les mêmes, autant pour les maternelles, je me suis rendu compte que ma liste serait très différente (sans du tout remettre en cause la qualité des albums qu’elle a choisis !). Quand je lui ai dit que je n’aurais pas du tout fait la même liste, elle m’a bien sûr demandé la mienne.

Et la voilà ! Bon, je vous le dis tout de suite, je n’ai pas réussi à me restreindre à 20. Je me suis accordé 25 titres.

Nous n’avons pas procédé exactement de la même façon. Elle propose essentiellement des nouveautés, des livres engagés, des coups de cœur. Si j’ai proposé quelques coups de cœur récents, j’ai réfléchi plus en terme de “classiques”, de livres que j’utilise déjà depuis un certain temps avec des classes, et dont je ne me lasse pas. De livres qu’à mes yeux les enfants devraient connaitre pour avoir une culture en littérature jeunesse aussi.  Je me suis demandé à un moment si ça valait le coup de citer les livres que tout le monde connait, mais je les ai mis, puisque ce sont bien des « indispensables ».

Nos listes sont aussi, je pense, le reflet de nos positionnements professionnels différents. Elle, lectrice, fait essentiellement de la lecture individuelle ou en petit groupe. Si à la bibliothèque on conseille les parents et les enfants, avec les enfants de maternelle on lit plutôt à des groupes plus importants, à des classes ou en heure du conte. C’est donc sur les livres que je lis aux classes que je m’appuie pour cette sélection. Ce qui suppose certains critères : des livres grands formats, sans trop de détails dans les illustrations, faciles et agréables à lire à haute voix.

Mais je ne suis pas enseignante. En tant que bibliothécaire, je fais uniquement des lectures « plaisir » et même si pour certains titres je peux avoir des pistes d’utilisation pédagogique en classe, ce n’est pas mon métier. Des enseignantes choisiraient donc peut être différemment…

 

Mais trève de blabla, voilà ma sélection. Classée par auteur, pour me simplifier la vie.

feu petit pierreAu feu, petit Pierre ! d’Adrien Albert (école des loisirs, 2014)

Un incendie ! Vite, Petit Pierre, aidé par Jars et Orang-Outang, vont affronter les flammes et sauver Mamie et Bubulle, son poisson rouge !

Soyons clairs : à cet âge là, un livre sur les pompiers, c’est toujours un succès. Et celui-ci apporte en plus une bonne dose de fantaisie et l’univers des jeux d’enfants.  (Chloé en parle ici).

 

bébé marchéBébé va au marché d’Atinuke et Angela Brooksbank (éditions des éléphants, 2017)

Une femme fait le marché, son bébé dans son dos. Bébé qui est si mignon qu’il se fait offrir par les marchands 6 bananes, puis 5 oranges, puis 4 biscuits… Et maman qui ne remarque rien !

Des illustrations colorées magnifiques, une narration en randonnée qui fonctionne très bien, la bouille de ce bébé tellement mignon… Et cette maman qui ne remarque rien de ce qui se passe dans son dos ! Pour les plus grands, c’est aussi un livre à compter.(Chloé en parle ici)

Et on peut retrouver ce bébé qui grandit dans bébé est bien caché puis dans Bintou la casse-cou, et c’est toujours autant de plaisir.

 

chat plus bête du mondeMon chat le plus bête du monde de Gilles Bachelet (Seuil, 2004)

Le chat de Gilles Bachelet adore se prendre pour un coussin, dormir sur la télé ou faire sa toilette. Il est aussi vraiment très très bête. Et ressemble drôlement à un éléphant.

Le décalage du texte et de l’image est particulièrement savoureux dans cet album, surtout quand on lit le texte avec un sérieux de ministre. Les enfants sont souvent décontenancés avant d’en rire tout autant que nous. A réserver plutôt aux grands cependant, justement pour pouvoir rire de ce décalage. (Chloé en parle ici).

On retrouve son chat dans deux autres albums (quand mon chat était petit et des nouvelles de mon chat). Parmi les autres livres de cet auteur génial, Xox et Oxo et le chevalier de Ventre-à-terre sont tout aussi géniaux. Et très riches à exploiter en classe, grâce aux nombreuses références, à l’art dans le premier et à la littérature jeunesse dans le second.

 

dinosauresDinosaures, dinosaures de Byron Barton (école des loisirs, 1990)

Il y a très longtemps vivaient les dinosaures. Des gros dinosaures  et des petits dinosaures. Des dinosaures avec de longs longs cous et de longues longues queues. Des dinosaures furieux et des dinosaures peureux…

Après les pompiers, je continue à surfer sans vergogne sur les intérêts des petits avec les dinosaures. Mais j’aurais pu vous citer quasiment tous les albums de cet auteur, particulièrement efficaces avec les petites sections. Des sujets porteurs (les dinosaures, les voitures, les engins de chantier…), des textes simples, des couleurs vives et franches et des dessins qui peuvent facilement servir de support à des activités d’art plastique. Citons en particulier ma voiture, mon bus, sur le chantier, et la petite poule rousse et la toute petite dame pour les premiers contes. Et notons que quand il y a des personnages humains, il est toujours attentifs aux représentations : personnages racisés, femmes mécaniciennes ou capitaines de bateau…

 

bain berkLe bain de Berk de Julien Béziat (école des loisirs, 2016)

L’enfant quitte la salle de bain quelques minutes et catastrophe, Berk, le doudou cracra, tombe dans l’eau. Berk se noie ! Les jouets de bain s’activent pour lui venir en aide… Berk, lui, essaye de parler, mais avec la bouche pleine d’eau…

Une aventure, une vraie, pleine de suspens, de danger et de solidarité entre jouets. Et la touche d’humour pipi caca qu’il faut pour en faire un énorme succès. (Chloé en parle ici).

Et ce qui est chouette, c’est que ce n’est pas la seule aventure de Berk. Il affronte un monstre horrible dans le mange doudou. Et la nuit de Berk ouvre un champ d’aventure génial : une salle de classe la nuit. Avec plein de références à la littérature jeunesse à la hauteur des enfants de cet âge là. Parfait pour les instits ! On attend impatiemment le nouveau de la série, l’œil de Berk, qui sort bientôt.

 

monstres poilule monstre poilu d’Henriette Bichonnier et Pef (Gallimard 1991, réédité en recueil en 2017)

Le monstre poilu a capturé le roi (poils aux doigts). Celui-ci propose de lui livrer le premier enfant qu’il croise en échange de sa liberté (poils au nez). Manque de bol, il tombe sur sa propre fille. Heureusement, la petite Lucile est vive, intelligente, impertinente et réussira à se débarrasser du monstre. Et ce, même si ce ne sont pas des manières de princesses (poil aux fesses). A mon avis, c’est génial pour bosser les rimes et la phonologie avec des grandes sections. Et en plus c’est drôle.

 

pierre et la sorcièrePierre et la sorcière de Gilles Bizouerne et Roland Guarrigue (Didier Jeunesse, 2016)

Pierre est un galopin qui n’a peur de rien. Pas même de l’horrible sorcière qui vit dans la forêt. Et quand, hop zou et frrrout elle l’enferme dans un sac, il a toujours une ruse pour réussir à s’échapper.

Les livres de la collection à petits petons de chez Didier Jeunesse sont des merveilles de premiers contes. Ecrits par des conteurs, ils sont vraiment faits pour la lecture à voix haute, entre chansons, rythmes et répétitions. On y trouve aussi les grands motifs des contes (et dans celui-ci on pensera à Pierre et le loup, à Poule Rousse ou à Hansel et Gretel), pour commencer à familiariser les enfants avec mais aussi pour faire des mises en réseau d’albums. Je les aime tous d’amour et il a été très difficile pour moi de choisir, mais celui-là est particulièrement jubilatoire. Je l’ai prêté à l’enseignant de ma fille qui travaille sur les sorcières, il a voulu le garder (“pour apprendre les insultes de sorcières” dixit ma fille). (Chloé en parle ).

 

gorille browneUn gorille d’Anthony Browne (Kaléidoscope 2012)

Le livre à compter, c’est un incontournable de maternelle. Celui là commence de façon très classique : un gorille, deux orangs-outans, trois chimpanzés… Mais sera finalement bien plus riche, rappelant que nous sommes tous issus des grands singes, tous de la même famille. Les illustrations sont superbes, et les singes tellement expressifs. (Chloé en parle ici).

 

école marsusl’école des p’tits marsus de benjamin Chaud (Little Urban, 2017)

Comme chaque matin, les petits marsus se préparent pour aller à l’école. Sur le chemin, il faut faire attention en traversant. Après le bisou aux parents, on enchaine le cour de musique, la gym, la cantine…

Les enseignants de maternelle cherchent très souvent des albums sur la journée d’école. Celui-ci répondra à cette attente, tout en y apportant une bonne dose de fantaisie. Très proche du quotidien des enfants… mais dans la jungle d’Amérique du Sud ! A la cantine, on mange des mangues et des termites et forcément, le paresseux est “le meilleur professeur de dodo de toute la jungle”. Avec les illustrations pleines de détails et d’humour de Benjamin Chaud. Nul besoin de connaitre le marsupilami pour en profiter, les enfants adopteront très vite cette famille et pourront la retrouver dans d’autres aventures. (Chloé en parle ici).

 

plouf corentinPlouf ! de Philippe Corentin (école des loisirs, 1991)

Au fond d’un puit, un loup aperçoit un fromage. Il se penche pour l’attraper… et tombe dans le puit ! Comment va-t-il se sortir de là ?

Le format à la verticale du livre fonctionne particulièrement bien pour figurer la profondeur du puit. C’est une excellente première rencontre avec l’univers de l’auteur, aussi drôle qu’intelligent. Et qui met tellement bien en valeur l’importance du langage ! (Chloé en parle ).

On peut ensuite poursuivre avec Patatras, le roi et le roi, Zigomar n’aime pas les légumes, Pipioli la terreur, l’ogre, le loup et la petite fille, etc, etc. Questions idiotes est à mourir de rire avec les enfants : mais comment font les adultes pour poser des questions aussi bêtes ?

Grand classique des maternelles, vous trouverez facilement des ressources pour l’exploiter en classe.

 

princesse kevinPrincesse Kevin de Michael Escoffier et Roland Guarrigue (P’tit Glénat, 2018)

Kevin a décidé de se déguiser en princesse.

Vous me connaissez, je ne pouvais pas proposer de sélection sans un livre antisexiste. Vous savez aussi que j’en ai des dizaines sous le coude et que ça n’a pas été facile de choisir. Mais celui-là est un plaisir de lecture, il est drôle, les images sont expressives. Et la question des vêtements, des déguisements genrés est à mes yeux indispensable à aborder en maternelle. J’avais envie de narration, plutôt que d’un album manifeste. Mais vous en trouverez de nombreux autres ici.

 

pleine lune guilloppéPleine lune d’Antoine Guilloppé (Gautier-Languerreau, 2010)

Par une nuit de pleine lune, le loup ouvre les yeux, le renard sursaute…Tous les animaux sont intrigués par ce bruit étrange.

J’aime montrer aux enfants de nombreux types d’illustrations, sortir aussi de la forme classique de l’album. Les illustrations découpées de ce livre, qui ressemblent à de la dentelle, sont d’une beauté rare et laissent bouche bée. Les animaux de la forêt, mais aussi le travail du noir et blanc donnent plein de possibilités d’exploitation en maternelle. (et pour ceux qui s’inquiètent de sa fragilité, ces livres sont moins fragiles qu’ils en ont l’air et ne sont pas trop abimés). Et on peut aussi découvrir l’univers de la savane africaine, de la jungle, de la mer, du grand nord, du désert… (Chloé parle de plein soleil ici)

 

chut planChut, on a un plan ! de Chris Haughton (Thierry Magnier, 2014).

Tiens, un oiseau ! Le plus petit aimerait bien sympathiser, mais les grands sont bien décidés à l’attraper. Chut, on a un plan ! Mais chaque tentative pour l’attraper se solde par un échec… douloureux. N’y aurait-il pas une meilleure solution pour approcher l’oiseau ?

J’en parlais là.

Tous les livres de Chris Haughton sont des merveilles et pourraient figurer dans cette liste. Son premier, un peu perdu, est déjà devenu un classique de maternelle, en tout cas mes deux enfants ont travaillé dessus à l’école. Mais j’aime aussi beaucoup proposer celui-ci. Parce que c’est un bonheur à lire à voix haute, grâce à l’alternance des niveaux de voix (on chuchote, on crie…). Et j’aime particulièrement le jeu de couleurs, le camaïeu de bleus de la forêt sur lequel se détache nettement l’oiseau (orange, rose, violet vif).

 

joyeux abécédaireLe joyeux abécédaire de Maria Jalibert (Didier Jeunesse, 2016)

C’est un abécédaire pas comme les autres. Déjà, parce que Maria Jalibert a l’idée géniale d’illustrer ses livres de petits jouets en plastique. Et parce qu’on y croise des animaux assis sur une asperge, un caniche crâneur dans une calèche, un squelette avec un sèche-cheveux (mais sans savon), ou un taureau terrifiant regardant la télé. Un abécédaire, oui, mais surtout un univers de découvertes et d’humour. Le travail sur les petits jouets me semble particulièrement intéressant à exploiter en classe. Chloé en parle ici.

Et pour les plus jeunes, l’imagier Bric-à-brac et l’imagier couleurs (qui extrait certaines pages du précédent) sont aussi des merveilles.

 

tu nous emmènes kasanoTu nous emmènes ? de Yuichi Kasano (école des loisirs, 2015).

Le héros et son père ont construit un avion. Oui, rien que ça. Ils sont prêts à décoller… quand les animaux arrivent les uns après les autres avec cette question : “tu nous emmènes ?”. Pas de problème, il suffit d’un peu de bricolage ! (Chloé en parle ici).

Ah, les jeux d’accumulation des albums de Kasano, quel plaisir ! On entasse, on accumule, et ça marche ! Ils fonctionnent à tous les coups ! Même chose dans Bloub bloub bloub et A la sieste tout le monde !, incontournables en petite et en moyenne section.

 

presque toutPresque tout de Joelle Jolivet (Seuil, 2004)

Après un livre à compter et un abécédaire, il me fallait un imagier. Et je n’ai pas hésité une seconde. Celui-là est mon préféré. J’en avais d’ailleurs déjà parlé ici. Son grand format, la variété des thèmes présentés, la beauté des dessins… Un livre marquant. Et Zoo logique et Costumes sont tout aussi merveilleux.

 

Anton rabat-joieAnton et les rabat-joie d’Ole Konnecke (école des loisirs, 2013)

Personne ne veut jouer avec lui ? Tant pis, Anton s’allonge par terre, et il est mort. Complètement mort.

Un album à hauteur de jeu d’enfants, où on peut jouer à être mort. Parfaitement mort. Sur les petites jalousies, la gestion des conflits, sur l’imagination. Un album drôle, aussi. On retrouve Anton et ses copains dans plusieurs autres albums, mais celui-là reste mon préféré.

 

écureuil première neigeL’écureuil et la première neige de Sebastien Meschenmoser (Minédition, 2009)

L’écureuil et ses amis Ours et Hérisson ont décidé de ne pas hiberner tant qu’ils n’auront pas vu la première neige. Mais ils n’ont jamais vu la neige ! Comment savoir si elle n’est pas déjà là ? Tout ce qu’ils savent, c’est que la neige c’est blanc, froid et humide…

Cette série d’albums de Sebastien Meschenmoser est ma série d’albums préférés de toute la littérature jeunesse, je crois. Les dessins sont magnifiques, les animaux sont d’une expressivité incroyable, c’est drôle, décalé, loufoque, plein de détails… Celui-ci est celui que je trouve le plus accessible pour une lecture en groupe en maternelle, mais l’écureuil et la lune et l’écureuil et le printemps sont des bijoux aussi.

 

bateau zouglougloule bateau de Monsieur Zouglouglou de Coline Promeyrat et Stefany Devaux (Didier Jeunesse, 2000)

Monsieur Zouglouglou a fait un bateau d’une coquille de noix. Il est rejoint à bord par une souris, une rainette, un lapin… Mais le bateau va-t-il rester à flots avec autant de passagers ?

Je vous ai déjà parlé avec Pierre et la sorcière de la collection à petits petons. Je lis le premier plutôt aux grands, celui-ci est idéal pour les petits. Un album randonnée, avec une petite chanson qui revient comme un refrain, les animaux qui s’ajoutent… Jusqu’à la chute finale. Si on veut “mettre les livres en réseau”, ça vaut le coup de lire aussi la promenade de Monsieur Gumpy de John Bunrningham, malheureusement épuisé mais qu’on trouve encore en bibliothèque. Et dans la collection à petits petons, mes autres chouchous pour les petits sont quel radis, dis donc !, et vogue la petite souris, on y va, papa !, la moufle et roulé le loup. Aux moyens et aux grands, je lis le loup et la mésangePatouffèt’, la souris et le voleur, la cocotte qui tape-tip-tope, l’ogre Babborco…

 

chasse à l'oursla chasse à l’ours de Michael Rosen et Helen Oxenbury (Kaleidoscope, 2018 pour l’édition actuellement disponible)

“Nous allons à la chasse à l’ours. Nous allons en prendre un très gros. La vie est belle, nous n’avons peur de rien !”

Y’a-t-il encore besoin de présenter cet album ? Je n’en suis pas certaine mais je ne pouvais pas faire une liste d’indispensables sans en parler. La justesse du texte, les répétitions, l’accélération de la lecture à la fin… Un vrai plaisir ! Et très riche à exploiter en classe, ma fille en a fait une version géniale avec sa maitresse, l’année dernière, en moyenne section. (Chloé en parle ici).

 

heure bleuel’heure bleue d’Isabelle Simler (éditions courtes et longues, 2015)

“Le jour s’éloigne… bientôt la nuit… Entre les deux, elle passe… C’est l’heure bleue.” Et des animaux, des oiseaux, des fleurs bleues, il y en a !

Un album grand format aux illustrations merveilleuses, apaisantes. Isabelle Simler a le talent rare de rendre poétique la biologie, la science. Et les ailes des morphos bleus étincellent sur les ipomées. Un des rares albums que je peux lire autant à des enfants de crèche qu’à des CM2. (Chloé en parle ici).

En classe, ce travail sur les couleurs peut en inspirer d’autres, comme l’autrice le montre sur son site, avec les livres oranges, gris et violets d’élèves de primaire. Et parmi ses autres livres, Plume et la toile, entre l’album et le documentaire, sont géniaux aussi.

 

atchoumA-a-a-a-atchoum ! de Philip et Erin Stead (Kaléidoscope, 2011)

Amos McGee travaille au zoo. Tous les jours, il passe voir ses amis (l’éléphant, la tortue, le hibou, le rhinocéros et le manchot). Mais le jour où il tombe malade, ce sont eux qui lui rendent visite.

Un bonheur d’album aux illustrations rétro et un peu désuètes. Un décalage jubilatoire quand on voit les animaux du zoo dans l’appartement du gardien. Des beaux détails dans l’illustration. Un livre qui nous rappelle l’importance de prendre soin de ses amis, aussi. Bref, une perle. (Chloé en parle ici).

 

trois brigandsles trois brigands de Tomi Ungerer (école des loisirs, 1968)

Trois brigands qui dévalisent les voyageurs jusqu’à ce qu’ils tombent sur Tiffany, une petite fille dont ils décident de s’occuper.

Est-il encore nécessaire de présenter cet album ? Les habits noirs et les chapeaux noirs des brigands, la grande hache rouge, l’univers nocturne, les cheveux blonds de Tiffany qui se détachent…

Il sera d’ailleurs réédité en très grand format au moins de novembre, idéal pour la lecture à un groupe !

 

bou et les 3 zoursBou et les 3 zours d’Elsa Valentin et Ilya Green (Atelier du poisson soluble, 2008)

“L’était une fois une petite Bou qui livrait dans la forest avec sa maïe et son païe. Un jour elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.

– Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui dirent sa maïe et son païe.

– Dakodak, respondit Bou.”

A partir de l’histoire archi-connue de Boucle d’or (vous la voyez, les instits, la mise en réseau ? ^^), Elsa Valentin crée une langue qui n’appartient qu’à cet album. Une langue fait de mots étranges, inventés. De mots valises qu’on aurait envie d’employer tous les jours (confordouillette, panitrouiller). Une langue qui fait appel à l’anglais, à l’espagnol, au créole, au latin… à l’argot, aux mots d’enfant… Une langue qui est autant un délice à lire qu’à écouter (je vous conseille quand même de vous entrainer un peu avant de le lire à voix haute). J’en parle longuement ici, mais je veux redire à quel point jouer sur la langue, et montrer aux enfants qu’on peut le faire, est à mes yeux un cadeau précieux à leur faire. Et en plus, il est illustré par Ilya Green. (Chloé en parle ici).

 

soupe caillouUne soupe au caillou d’Anaïs Vaugelade (école des loisirs, 2000)

Le loup propose à la poule de faire une soupe au caillou. Intriguée, elle accepte, mais elle ajouterait bien un peu de céleri. Chaque animal qui arrive ajoute un autre légume “pour donner du goût”.

Ce vieux loup fatigué, qui inspire d’abord la crainte, réussira ainsi à partager un repas convivial avec d’autres animaux. Un album sur les apparences qui sont parfois trompeuses, sur le partage. “Rien ni personne n’est jamais tout blanc ni tout noir, telle est la morale de cette histoire, racontée dans une langue à son image, aussi enjouée que profonde.” (source). Un album magnifique à proposer aux enfants. L’occasion de faire de la soupe en classe ! Et vous trouverez d’autres versions de ce conte : une version africaine, une version qui se passe en Chine

Si je cite seulement cet album de Vaugelade aujourd’hui, les merveilles sont nombreuses dans son oeuvre. Les livres de la famille Quichon sont des très chouette et Zuza est une héroïne géniale à proposer aux petits comme aux grands. Les fans de dinosaures et les autres trouveront leur bonheur avec l’ami du petit tyrannosaure. Mais mon autre chouchou avec les maternelles, c’est l’anniversaire de Monsieur Guillaume et ses coquillettes au jambon d’anniversaire. 

 

Et voilà ! 

Avec nos 2 listes, ça vous fait déjà une belle bibliothèque !

Lire aux tout-petits (quatrième partie) : idées de titres

Après pourquoi lire aux tout-petitscomment le faire et quelques conseils pour choisir des livres, voilà une petite bibliographie.

Sons, rythmes et rimes : 

Lier chansons, comptines ou “bruitages” à l’image, c’est un des meilleurs moyen d’aborder le livre avec le tout-petit.

Une poule sur un murUne poule sur un mur de Stefany Devaux, un de mes titres préférés de la collection Pirouette. Il réunit la comptine “une poule sur un mur” et la berceuse “l’était une petite poule grise”. J’ai choisi cet exemple, mais encore une fois toute la collection est à découvrir. On y trouve à la fois des berceuses (comme fais dodo Colas mon petit frère, aux illustrations très douces) ou des comptines beaucoup plus rythmées (comme la Totomobile). Relié.

c-est-la-p-tite-bete.jpgC’est la p’tite bête d’Antonin Louchard : C’est la p’tite bête qui monte, qui monte, qui monte… Mais qu’y a-t-il donc tout là-haut ? Un petit format cartonné (donc facilement manipulable par le tout-petit) qui reprend la célèbre comptine et joue sur les onomatopées. Ce livre a donné naissance à toute une série d’albums avec cette même “petite bête”, avec ou sans texte. Ce livre est publié dans la collection “Tête de Lard” chez Thierry Magnier, dans laquelle vous pouvez piocher pour les livres pour petits. Cartonné.

le-livre-des-bruits.jpgLe livre des bruits de Soledad Bravi : Voici le livre des bruits, de presque tous les bruits. Pour bien se rappeler que la trompette fait pouêt, que le pétard fait boum, que le loup fait oooouuuh et le hibou ouh ouh, que le rhume fait atchoum et les épinards beurk (et le lapin fait “tntntnstn”, et bin je suis nulle en bruit du lapin!). Des dessins drôles et colorés (avec de forts contrastes donc parfait pour les tout-petits). C’est rare de trouver autant d’humour dans ce type de livre. Comme il est assez épais et que chaque page est indépendante, il est sympa à laisser manipuler par un tout-petit qui peut sans problème aller et venir dans le livre, sauter des pages, revenir sur ses pages préférées… Il existe un jeu sur iPad et iPhone adapté de ce livre, mais je ne l’ai pas testé. Il fait partie des premiers livres que j’ai acheté pour le magicien. (du même auteur, voir aussi le livre des cris). Cartonné.

travaux-en-cours.jpgTravaux en cours de Taro Miura : L’auteure invite l’enfant sur un vrai chantier avec ses ouvriers, ses machines, ses panneaux d’interdiction d’entrer, son port du casque obligatoire, etc. Des silhouettes noires sur fond “papier craft”, des onomatopées et les bruits des différentes machines. Ce livre est malheureusement épuisé mais on le trouve encore facilement en bibliothèque ! Relié.

et-badaboum.jpgEt… badaboum de Sabine de Greef : L’oiseau tombe de la branche sur le chat qui fait miaou, qui tombe sur le chien qui fait wouf, qui tombe sur le mouton qui fait bêêê qui tombe sur la vache, qui fait meuh. Et la vache donne un grand coup de patte à la pyramide sur son dos et boum badaboum, tout le monde tombe par terre ! Un livre qui s’ouvre verticalement, les enfants qui s’amusent à deviner de quel animal il s’agit avant qu’on le voit entièrement… Cartonné.

Papa, maman, bébé

Beaucoup-de-beaux-bebes.jpgBeaucoup de beaux bébés de David Ellwand : un imagier de photos en noir et blanc. On s’intéresse surtout aux visages et aux expressions (bébé rit, bébé pleure, etc), mais aussi aux corps. Le livre se termine sur un miroir pour que les tout-petits découvrent leur propre image. Je suis à chaque fois impressionnée de voir à quel point ce livre “parle” aux bébés, en général ils sont complètement fascinés ! Relié ou cartonné.

mon papa browneMon papa et ma maman d’Anthony Browne : un tout-petit décrit ses parents. Plein d’humour et de comparaisons originales. Le motif de la robe de chambre à carreaux du papa et de la robe à fleur de la maman reviennent de pages en pages (et les tout-petits comprennent grâce à ce motif que c’est toujours le papa qui est représenté sous les trais d’un gorille ou d’un hippopotame par exemple, ce qui montre leur excellence en lecture de l’image). Cartonné ou relié.

boite des papasLa boite des papas d’Alain Le Saux dont j’avais déjà parlé ici. Ces livres d’Alain Le Saux qui présentent un fils et son père dans différentes situations de la vie courante sont réédités dans des petits coffret de 4 livres chacuns, plus facilement manipulables (et c’est drôle de les sortir de la boite et de les ranger !). Texte très simple, couleurs vives et toujours une dose d’humour. J’adoooore ! Ce sont les premiers livres que j’ai offert à mon demi-frère, et j’ai déjà prévu d’acheter une des boites (il y en a 4 différentes) pour le magicien. Cartonné.

des papas et des mamans ashbéDes papas et des mamans de Jeanne Ashbé dont j’avais déjà parlé ici. Un grand format, des illustrations pleines pages qui montrent des papas et des mamans très différents dans des scènes de la vie quotidienne. Ce livre se conclut sur l’importance de l’amour des gens qui entourent bébé. Les illustrations de Jeanne Ashbé, auteur de référence pour les tout-petits, sont un peu (trop) classiques à mon goût, mais ce livre est plein de tendresse et les situations parlent aux enfants. Relié.

le-papa-qui-avait-10-enfants.jpgLe papa qui avait 10 enfants de Bénédicte Guettier : il était une fois un papa qui avait dix enfants. Tous les jours il mettait 10 bols sur la table du petit déjeuner. Enfilait 10 tee-shirt, 10 pulls, 10 pantalons et 20 chaussettes… Mais en secret, il construisait un bateau pour partir dix mois tout seul, tranquille… pour au final tenir seulement 10 jours sans ses enfants ! (pour une fois que c’est le papa qui s’occupe seul de ses enfants, on en profite !). Un grand format, des illustrations toutes simples, et un livre pour dire à la fois l’amour porté à ses enfants et le besoin de décrocher, parfois. Relié.

sur-les-genoux-de-maman.jpgSur les genoux de maman d’Ann Herbert Scott : Michaël, sa poupée, son bateau, le bébé, aiment plus que tout se blottir contre maman, sous la couverture d’élan, et en avant, en arrière, en avant, en arrière… ils se balancent. Un album aux dessins très doux, parfait pour un moment calme et calin. Il aborde aussi la jalousie d’un ainé pour un petit frère, mais sur les genoux de maman, il y a de la place pour tous ! J’aime que les différences culturelles ne fassent que renforcer l’universalité du lien parent/enfant. Relié.

La vie quotidienne 

L’enfant aime retrouver dans les livres son univers. Et de nombreux parents cherchent des livres pour accompagner certains moment de la vie de leur enfant (moment du coucher, propreté, entrée à la crèche ou à l’école, arrivée d’un deuxième bébé dans la famille…). Je trouve cela très positif et très utile, mais beaucoup d’ouvrages sont alors à mes yeux trop descriptifs ou trop franchement illustratifs. Il ne faut pas oublier la forme pour ne garder que le fond. Il ne faut pas oublier non plus qu’un enfant est capable de trouver ce dont il a besoin dans des univers très différents. Je me souviens d’un accueil parent/enfant avec un petit garçon d’environ deux ans et sa maman enceinte du second. Sa maman essayait de lui lire un livre sur l’arrivée d’un autre bébé, lui s’en désintéressait et a passé presque toute la séance avec la petite boite jaune de Carter, et plus précisément sur une page où il y avait une petite boite jaune cachée dans une grande boite jaune (et qu’on pouvait voir par une petite trappe). Un moyen un peu plus détourné mais bien réel de l’aider à appréhender la grossesse de sa maman !

blanc sur noirNoir sur blanc et Blanc sur noir de Tana Hoban : des petits livres qui peuvent à première vue sembler austères aux parents mais qui sont parfaits comme premiers livres pour les bébés car les forts contrastes leur permettent de bien distingue les formes. Petits imagiers cartonnés, sans texte, ils présentent des objets familiers pour bébé (biberon, ours en peluche…) mais aussi des objets moins courants, pour permettre la découverte.

et-pit-et-pat-a-quatre-pattes.jpgEt pit et pat à quatre pattes de Jeanne Ashbé. Dans ce livre, on se place du point de vue du tout-petit, et l’univers familier de la maison prend une autre dimension ! Relié.

Tout-va-bien-Merlin.jpgTout va bien Merlin d’Emmanuelle Houdart. Merlin s’inquiète car d’étranges personnages se cachent dans ses endroits favoris, boivent son biberon ou jouent avec ses cubes. Juste le temps de tourner la page et le personnage apparaît en entier et révèle sa vraie nature. Mais les intrus ne sont que tendresse à partager. Un superbe album pour vaincre la peur de l’inconnu : les personnages ne sont que douceur et sont disposés à jouer avec le petit garçon. Les illustrations d’Emmanuelle Houdart peuvent être un peu déstabilisantes au départ, mais elle réussit à créer un très bel univers et on s’attache rapidement à son style (et les enfants y sont sensibles). L’album est construit avec beaucoup de soin (chaque personnage a sa couleur dominante), il y a toujours des détails amusants. Et j’adore la manière dont l’auteur mêle univers familier de l’enfant (pot, biberon, poussette) et créatures fantastiques. Bref, un de mes gros coup de coeur. C’est d’ailleurs le premier livre que j’ai lu à mon fils. Relié.

grosse-colere.jpg Grosse colère de Mireille d’Allancé : Robert est de très mauvaise humeur, et son papa l’a envoyé dans sa chambre. Alors Robert sent tout à coup monter une chose terrible : une énorme colère qui détruit tout sur son passage. Mais il prend aussi conscience que cette grosse colère ne dure pas. La mise en image de la colère est à mon avis très utile pour les enfants de 2-3 ans. Relié.

c-est-l-heure-du-bain-petit-lion.jpgC’est l’heure du bain, petit lion de Taro Gomi : C’est l’heure du bain pour le petit lion. Sa maman lui demande de se déshabiller. Une drôle d’idée, et pourtant, rien de plus facile pour le lionceau qui ôte crinière et fourrure… laissant apparaître un ours, puis un petit garçon. Taro Gomi est un auteur japonais très prolifique, qui a publié de très nombreux livres pour les tout-petits. C’est une valeur sûre ! Relié.

tetine-de-Nina.jpgLa tétine de Nina de Christine Naumann-Villemin : “Quand vas-tu enfin arrêter de sucer cette tétine ?”, demande Maman un peu énervée à Nina. “Jamais”, lui répond Nina. Elle veut l’emporter partout avec elle : au parc, à la piscine, au travail quand elle sera grande, et même à son mariage. Maman n’est pas trop d’accord. Et le loup, lui, qu’en pense-t-il ? Imiter Nina qui parle avec sa tétine dans la bouche est très drôle (à lire les dents serrées). Les dessins sont super sympa, et Nina est une petite fille qui a le sens de la répartie ! Dans la même série, un petit frère pour Nina sur l’arrivée d’un nouveau bébé (un peu moins réussi à mon sens, mais les enfants qui ont aimé le premier seront heureux de lire la “suite”). Relié.

au-lit-petit-monstre.jpgAu lit petit monstre de Mario Ramos : Quand papa décide de coucher son petit monstre il lui faut beaucoup de patience ! Entre le bisou à maman, le brossage des dents, le pipi, le verre d’eau…. Il est vraiment difficile de faire dormir un petit monstre! Relié.

papa.jpgPapa de Philippe Corentin : Au lit, on lit. Ensuite, on dort. Mais soudain, on entend un grand cri : papa ! Un livre où le monstre n’est pas forcément celui que l’on croit ! J’aime bien que ce ne soit pas systématiquement à la maman qu’on s’adresse en cas d’inquiétude. Parfait pour découvrir Philippe Corentin, que les enfants retrouveront avec plaisir un peu plus grand dans d’autres histoires. Il y a beaucoup d’autres livres sur les terreurs nocturnes, souvent pour les un peu plus grands. Je conseille en particulier il y a un cauchemard dans mon placard et Scritch scratch dip clapote. Relié.

tout-le-monde-y-va.jpgTout le monde y va d’Emile Jadoul : Le cow-boy, le papa, la princesse, l’indien, la sorcière et la maman… mais où vont-ils tous d’un pas si pressé ? Aux toilettes ! Un livre plein d’humour sur la propreté. On se place à hauteur d’enfant (on ne voit que les jambes des personnages). J’aime aussi beaucoup je veux mon p’tit pot de Tony Ross. Cartonné.

Bebes-chouettes.jpgBébés chouettes de Martin Waddell et Patrick Benson. 3 bébés chouettes attendent leur maman. Est-ce qu’elle va rentrer ? J’aurais pu mettre ce livre dans une autre catégorie, mais à mes yeux, c’est un bon exemple d’histoire qui permet d’aborder une problématique importante pour le tout-petit (la séparation avec la mère, l’idée qu’elle va revenir) de manière imagée et poétique. Ma maman, qui est institutrice en première année d’école maternelle, utilise souvent ce livre en début d’année, et c’est efficace pour rassurer les enfants et à mes yeux bien plus intéressant qu’une histoire de maman qui vient chercher son enfant à l’école, parce que ce livre contribue aussi à la découverte d’un univers différent (le nid de la chouette, la forêt…). Relié.

A force de rajouter des titres, de se dire “ah oui il faut absolument que je parle de celui-là”, je me suis étendue plus que prévu et j’ai donc décidé de couper cet article en deux. La suite très vite, donc.