La naissance de la puce

Cet article, je l’ai écrit en juin dernier, puis il était resté dans mes brouillons. Je m’interrogeais sur la partie d’intime que j’avais envie de publier sur ce blog, sans trouver de réponse. Mais en ce moment, nous réfléchissons à la grossesse et à l’accouchement pour Maternités Féministes, j’ai passé la soirée d’hier à une conférence sur l’accouchement respecté. J’ai eu envie de relire cet article pour moi. Et finalement de le partager ici.

Mon accouchement a été à la fois très similaire à la naissance du magicien et pourtant différent.

Comme pour le magicien, j’ai perdu les eaux avant le début du travail, à la maison, à minuit 1/2. Ce qui nous a laissé le temps de prévenir un ami pour qu’il vienne garder le magicien et de nous mettre en route. Comme pour le magicien, nous avons pris le métro pour aller à la maternité, les contractions commençaient “tranquillement”. L’amoureux, un peu stressé, m’a fait courir dans les escaliers pour attraper le métro qu’on entendait arriver ! A peine arrivés à la maternité, le travail se met en place, là encore comme pour le magicien. Nous retrouvons la sage-femme qui m’avait accueillie lors de ma visite en urgence pour contractions prématurées.

Je m’étais dit que si l’accouchement était relativement rapide, j’accoucherai sans péridurale. La naissance du magicien m’avait montré que j’en étais capable et j’avais apprécié, après la naissance, d’être mobile, de pouvoir me lever, porter mon bébé, descendre dans ma chambre en marchant. Je dis donc à la sage femme que j’aimerais essayer de me passer de péridurale. Elle m’installe en salle de naissance. Elle m’avait dit “vous saurez que le travail a vraiment commencé quand vous vous direz : “je ne me souvenais pas que c’était aussi intense”. Pas de doute on y est. Les contractions sont régulières et douloureuses, mais ça se passe plutôt bien. On ricane avec Paul, qui a très envie de me faire essayer les différents “coussins de gym” sur lesquels je pourrais m’installer.

A ce moment là, je suis une pub pour les mamans bobo-bio qui accouchent sans péridurale. Ca fait mal, mais je gère les contractions debout ou sur le ballon, en me raccrochant à mes exercices de respiration, de prolongement, de sophrologie. Paul me masse le bas du dos, je suis heureuse qu’on soit tous les deux. Je réalise pleinement ce qui se passe, que ma fille sera bientôt là. Je me sens forte et capable. La sage-femme passe nous voir régulièrement, m’encourage.

Et d’un coup, le travail s’intensifie encore. Là, je perds pied. La maman bobo-bio parfaite se transforme en petite chose gémissante, allongée sur le lit, incapable de bouger, avec l’impression que je serai incapable de supporter encore une contraction. Paul fait tout ce qu’il peut pour me soulager, c’est-à-dire pas grand chose. La sage-femme restera avec moi à partir de ce moment là jusqu’à la naissance. Elle m’encourage, me dit que je vais réussir sans lorsque je parle de péridurale, m’examine et m’assure que le travail avance bien (sans me donner de chiffre).

Je ne vais pas mentir, à ce moment là je regrette amèrement mon choix d’accouchement sans péridurale. J’ai eu l’impression que cette seconde phase durait aussi longtemps que la première, mais Paul m’a assuré que c’était loin d’être le cas.

La puce arrive finalement. Je m’installe en position semi-assise, comme pour le magicien. La sage-femme me dit de pousser si j’en ressens le besoin. Ce n’est pas vraiment le cas, mais je pousse quand même, en me disant que j’en peux plus et que je veux qu’elle sorte vite. Ca mettra quand même un peu de temps. La demoiselle a décidé de se mettre dans une position bizarre. Elle nait en regardant vers les étoiles, un bras derrière le dos. Du coup je dois pousser un peu plus longtemps que le magicien qui était sorti très vite.

Et puis en une seconde, elle est là, posée sur moi. Et un flot d’émotions m’envahit. Même si l’accouchement a été presque aussi rapide que pour le magicien, puisqu’elle est née à 4h04, cette fois, j’ai vraiment eu le temps de réaliser ce qui se passait, de me préparer à l’accueillir. Elle est belle et elle va très bien. Ce n’est pas la crevette à laquelle nous nous attendions, après cette grossesse un peu compliquée, mais un beau bébé de 3,4kg. Elle me regarde, je la regarde, Paul est là et c’est le bonheur.

Mais cette bulle ne dure pas bien longtemps. Alors que la naissance a eu lieu dans le calme, d’un coup tout s’agite. Je perds pas mal de sang et la sage-femme s’inquiète de l’état de mon périnée. Rapidement, la salle se remplit : un gynéco, un anesthésiste, une autre sage-femme… Un peu difficile ! Mais un gynéco qui prend le temps de m’anesthésier correctement, contrairement à la première fois, et la sage-femme m’aide jusqu’au bout.

On peut ensuite enfin prendre un vrai temps à trois. On a envie d’appeler tout le monde pour les prévenir, mais il n’est même pas 6h du matin ! J’attends ça avec impatience, et surtout j’ai hâte que la puce rencontre son grand frère !

Arrive le moment de descendre dans la chambre. On me conseille, trois fois de suite, de descendre en fauteuil roulant. J’ai perdu du sang, je suis un peu faible. Je réponds calmement, mais très décidée, que c’est hors de question. J’ai voulu accoucher sans péridurale pour pouvoir descendre debout dans ma chambre. Ca parait sans doute complètement stupide dit comme ça. Mais je n’ai pas accouché sans péridurale pour vivre un moment mystique (heureusement pour moi, j’aurais été bien déçue), ni parce que je souhaitais à tout prix une naissance physiologique. Mais pour être à peu près opérationnelle après l’accouchement. Alors j’ai serré les dents et je suis descendue en marchant. Et je suis arrivée jusqu’à ma chambre.

Pour être honnête, dans les jours qui ont suivi, j’ai regretté de ne pas avoir demandé de péridurale. Parce que j’ai été marquée par ce moment où j’ai perdu pied et que je n’avais pas l’impression que me passer de péridurale m’avait apporté quelque chose. Puis je me suis peu à peu réconciliée avec cet accouchement. Pendant lequel, finalement, j’ai réussi à ne pas paniquer et à profiter de l’arrivée de ma fille. Où j’ai été pleinement actrice des choses, la sage femme étant seulement là pour m’accompagner.

J’ai à nouveau réalisé ma chance d’accoucher aux Lilas. Dans une maternité où le protocole, sans péridurale, est léger (monitoring du coeur du bébé par intermittence, c’est tout), où on respecte, dans la mesure du possible, l’intimité des femmes qui accouchent. Où la sage-femme a été disponible, encourageante, aidante, jamais jugeante.

C’était il y a un an. La puce a soufflé sa première bougie il y a quelques jours. Et quand je repense à cet accouchement aujourd’hui, c’est sans idéalisation mais avec beaucoup de tendresse.

La vie est douce

Oui, en ce moment, la vie est douce. Depuis la naissance de la puce en fait.

La puce est un bébé adorable et super cool. Le magicien est un petit garçon fascinant, qui s’il est parfois exaspérant, nous fait rire, nous surprend et nous impressionne chaque jour.

Nous avons trouvé notre équilibre à quatre beaucoup plus facilement que je ne le craignais.

Dans quelques jours, nous partons en vacances. En attendant, je passe quelques journées par semaine toute seule avec la puce, je la regarde, on a de grandes discussions à base de areuh, j’arrive même à trouver du temps pour écrire un peu ici ou à avancer différents projets. Et je profite le reste du temps de l’amoureux et du magicien.

La vie est douce

On se programme des balades sympas en famille.

On va s’installer tous ensemble pour boire un coup en terrasse au soleil sur un coup de tête en sortant de la crèche.

On tombe sur les voisins et nos enfants jouent ensemble dans le jardin. Même la perte de mes clés se termine en sympathique invitation.

On traine un matin, tous en pyjama, à quatre dans le lit.

Le magicien me court dans les bras quand je vais le chercher à la crèche.

On prend le temps de faire les choses,  on n’a presque pas d’impératifs d’horaires.

On profite du parc.

On mange de la pastèque, des pêches et du melon (et du chocolat aussi). On boit du thé glacé maison.

La puce regarde son frère d’un air admiratif.

Cet après-midi, je laisse les deux zouaves à l’amoureux et je vais au cinéma.

La vie est douce.

La vie est douce

Alors bien sûr, tout n’est pas parfait. Il y a des assiettes qui finissent par terre, des crises de larme, des moments d’énervement, de fatigue, de cris. Il y a le soir où Paul est rentré du travail et a trouvé ses deux enfants hurlant alors que je m’étais enfermée dans les toilettes tellement j’en pouvais plus. Mais c’est rare. Et j’ai l’impression de sortir d’un long tunnel qui aurait duré toute l’année scolaire. De retrouver de la légèreté, du plaisir à faire les petites choses du quotidien. Et ça fait du bien.

J’ai bien l’intention de profiter au maximum de ce temps un peu suspendu, avant ma reprise du travail en septembre. Reprise que j’attends avec une certaine impatience, mais qui va changer notre rythme, d’autant plus que le magicien entre à l’école en même temps !

Je suis une mère capable

Avant d’être enceinte (ou plutôt avant de le savoir, puisque j’étais déjà enceinte quand j’ai écrit cet article), je disais que j’avais peur de ne pas être capable de gérer, seule, deux enfants. Cette peur, elle a subsisté pendant ma grossesse. Plus ou moins forte, plus ou moins cachée, mais toujours présente.

Et sans en avoir vraiment conscience, je me disais que je ne pourrai pas sortir avec les deux sans que ça tourne à la catastrophe. Cet article fera sans doute sourire voir rire les mères de familles nombreuses qui gèrent sans souci 3, 4, 5 enfants. Certains trouveront que je me suis angoissée pour pas grand chose, mais ça me semblait tout simplement insurmontable.

J’ai évité au maximum de me retrouver seule avec les 2 enfants. Ce qui a été relativement facile jusque là, puisque l’amoureux a pu poser 1 mois 1/2 de congé à partir de la naissance, donc nous avons pu passer du temps à 4, épaulés, en plus, par ses parents puis ma mère.

Un jour, avec Paul, après un énième passage à la PMI (la puce ne prenant pas suffisamment de poids, on allait la faire peser tous les jours, puis toutes les semaines, mais tout est rentré dans l’ordre et elle a maintenant des joues énormes !), nous avons décidé d’aller manger une glace en terrasse tous les 4. C’est là que j’ai réalisé à quel point avoir deux enfants m’avait angoissé. Mais aussi à quel point sortir avec deux enfants pouvait bien se passer. La puce roupillait dans l’écharpe, le magicien était ravi d’avoir pu choisir lui-même ses deux boules de glace, fraise et chocolat. Et on a pu tranquillement profiter du soleil.

Nous avons récidivé avec un resto avec ma belle-mère quelques jours plus tard, où nous avons passé un tout aussi bon moment, même si on ne peut pas dire que nous sommes restés assis tout le repas, il ne faut pas trop en demander quand même !

Depuis, les sorties à quatre sont devenues habituelles, au parc essentiellement. Et je me suis détendue.

Mais hier, pour la première fois, j’ai été vraiment seule avec les deux toute la journée. Le magicien étant fatigué par une nuit pourrie, je n’ai pas voulu le mettre à la crèche. Et Paul travaillait de 7h30 à 19h30 (+ 45 minutes de trajet).

Et malgré mon inquiétude, ça c’est bien passé.

J’ai pu prendre une douche pendant que le magicien jouait tranquillement dans sa chambre et que la puce était dans son transat.

On est sortis ce matin pour faire des courses, le magicien dans la poussette, la puce en écharpe, et dans la rue, je me suis sentie forte avec les deux.

J’ai remonté mes escaliers avec tous mes sacs, mon bébé dans l’écharpe et la main de mon grand dans la mienne.

La puce a eu la bonne idée de dormir pendant le repas de midi.

Le magicien s’est relevé de sa sieste en me disant “je reviens pour te faire un câlin!” puis il s’est recouché.

Ils ont (un peu) coordonné leurs siestes, j’ai donc pu m’assoupir quelques minutes (avec la puce allongée sur moi…), faire la vaisselle et même lire quelques pages et écrire quelques lignes ici.

On est allé retrouver des copines, les miennes et celle du magicien, au parc. La puce, réveillée dans l’écharpe pour une fois, a pu en profiter, et téter un peu.

On est rentré pour le bain. Et Paul nous a fait la surprise de rentrer un peu plus tôt du travail. On a donc pu partager le repas, le bain de la puce et l’histoire du grand, le coucher des enfants (qui a duré un moment…).

Et à un moment, on a même eu le temps de regarder un épisode de sensé 8, notre série du moment.

Je sais que les choses ne se passeront pas toujours aussi bien. Je sais que parfois, les deux se mettront à hurler en même temps. Qu’il y aura des jours où ils seront de mauvaise humeur, des jours où je n’aurai pas l’énergie. Qu’il y a des sorties qui se finiront en crise. Que probablement, le magicien renversera son assiette par terre au moment où la puce régurgite.

Mais je sais aussi que ça peut bien se passer. Et ça me donne de la force, de l’énergie. Et là, j’ai juste envie d’en profiter.

Je suis un abri

Je vous parlais hier d’Abris d’Emmanuelle Houdart.

Je suis un abri

“Un abri, c’est un endroit où on se sent en sécurité.”

J’ai pensé, en lisant cette phrase, à ce bébé qui grandit en ce moment dans mon ventre. Oui, je suis pour lui un abri où il est en sécurité et où il a tout ce dont il a besoin pour grandir. Comme je l’ai été pour son grand frère. J’ai eu parfois tendance à l’oublier ces derniers temps, embêtée par les désagréments du premier trimestre et une fatigue extrême.

Pendant les mois qui viennent, je vais l’accompagner, à chaque instant. Il va aussi découvrir son papa et son grand-frère, qui caresse mon ventre qui commence juste à s’arrondir en disant “doux, le bébé !”.

Et quand, au mois de mai, il sortira de cet abri pour découvrir le monde, nous ferons tout notre possible, son papa, son grand-frère et moi pour qu’il continue à trouver, pendant son enfance et sa vie, des lieu où s’abriter et se ressourcer.

Le magicien, son super papa et moi !

Je vous parle souvent de la super relation entre le magicien et son papa. Un papa qui s’en occupe autant que moi, au quotidien. Qui s’en est occupé 3 jours par semaine pendant près de 2 ans, et qui conserve, avec notre nouvelle organisation, sa journée en tête à tête avec son fils pendant que je travaille.

J’avais consacré un article au magicien et de son papa il y a longtemps. Les choses ont bien changé depuis…

Aujourd’hui, c’est lui qui prend la parole sur le blog et qui vous parle de son quotidien de papa :

Le magicien, son super papa et moi !

“J’avais 28 ans, jeune marié, installé depuis peu avec ma femme, et c’est arrivé, un peu par surprise, une bonne surprise! J’y pensais, mais je ne m’y étais pas vraiment préparé, mais finalement on n’est jamais vraiment prêt. Et je suis devenu papa, pour mon plus grand bonheur.

Je me suis toujours imaginé dans le rôle de père, ce que je ferais, ce que je ne ferais pas, j’y avais souvent pensé. Je voulais m’occuper de mes enfants, les voir grandir, participer pleinement à leur quotidien. Et c’est ce que je fais aujourd’hui.

J’ai la chance, la volonté et l’énergie (car il en faut) de travailler trois jours par semaine (12h chaque jour tout de même). Ainsi je peux m’occuper de mon fils les trois jours suivants pendant que ma femme travaille. Grâce à cette organisation nous avons pu tous les deux profiter de notre fils sans autre moyen de garde pendant les deux premières années de sa vie.

C’était vraiment une expérience géniale. J’ai pu vivre à 100% ma nouvelle situation de père. Pour moi c’est normal, mais a priori ce n’est pas le cas pour tout le monde. J’ai ressenti, au travers du regard des autres, que ma situation n’était pas “naturelle”. Souvent j’ai trouvé les réactions positives mais pas tout le temps…

Tout d’abord les réactions positives :

La fierté et l’admiration de la part des membres de ma famille. Le magicien est le premier d’une nouvelle génération. Mes parents sont fiers que je m’occupe de mon fils. Dans la théorie ils ont toujours eu un discours progressiste, et trouvaient ça normal que chacun des parents puisse s’occuper des enfants. Mais dans la pratique ma mère était femme au foyer à s’occuper des enfants pendant que mon père travaillait. Même mes grands-parents, qui sont pourtant ultra traditionnels, acceptent bien la situation et ont plus tendance à faire des compliments.

La reconnaissance quand je me promène au quotidien, de la part des passants, dans le métro, dans les magasins, dans les lieux d’accueil parents enfants. J’ai l’impression que c’est bien vu aujourd’hui d’être un père qui s’occupe de ses enfants. J’ai l’impression d’être un peu “extraordinaire”.

Il y a cependant des côtés négatifs : L’incompréhension et la remise en cause.

De mon milieu professionnel (très majoritairement jeune et féminin). Mes collègues ne comprennent pas ma situation. Elles n’arrivent pas à imaginer que ce soit mon rôle, que je fasse ça par choix. Ce sont pourtant des jeunes femmes, entre 25 et 45 ans, qui travaillent. Elles ont vraiment une vision “basique/classique” des choses. Pour elles je le fais par contrainte, ce n’est pas à moi de le faire…

L’incapacité à concevoir que je sois capable, au même titre qu’une femme, d’élever un enfant. À la crèche la directrice fait deux visites différente pour ma femme et pour moi. Pour moi elle me dit « alors ça c’est les jeux, ils peuvent jouer ici », « ça c’est les lits, c’est pour dormir », « là c’est des petits toilettes pour faire pipi… ». Merci je ne savais pas que mon fils dormait dans un lit et jouait avec des jouets… Et 30mn après ma femme arrive, et comme par hasard c’est une visite tout à fait différente qui commence. Elle explique le projet, l’utilité de chaque type de jeu etc… C’est vrai que moi je suis qu’un papa, je suis un peu con… Et je ne vous raconte pas quand je vais dans un magasin d’habits … Alors ça c’est un body on le met sur la couche … J’ai vraiment l’impression d’être un demeuré … C’est comme si les femmes ne pouvaient pas concevoir que je puisse être leur égal pour s’occuper d’un enfant … Même en lieu d’accueil parent enfant j’ai la désagréable impression d’être instrumentalisé. Je fréquente pourtant un centre social qui prône l’égalité homme/femme. On ne cherche pas à savoir ou à comprendre ma vision des choses ou m’impliquer, on cherche plus à se servir de moi comme exemple, me prendre en photo pour les prospectus etc…

Mon expérience de père est très agréable et gratifiante pour tout ce qui est vie du quotidien et activités occupationnelles. Je ressens vraiment de la reconnaissance et de l’admiration dans le regard des gens, et dans leurs remarques. Cependant j’ai du mal à me sentir à l’aise, intégré et accepté dans la gestion du quotidien, particulièrement par le milieu féminin. J’ai toujours cette impression désagréable que je ne pourrais jamais être aussi compétent qu’une femme pour m’occuper de mon enfant. Après je ne me vexe pas. Je pense que la majorité des papas ne sont pas à l’aise pour acheter des habits à leurs enfants, et qu’ils sont moins impliqués que moi dans la gestion du quotidien. Face à cela je peux comprendre que les professionnels évoluant dans le milieu de la petite enfance aient l’habitude d’adapter leur attitude et leur discours en fonction de leur interlocuteur (père ou mère).

D’un point de vue personnel je suis tout de même un père vraiment comblé et j’espère pouvoir revivre la même chose pour mon prochain enfant !”

Le magicien, son super papa et moi !

Comme c’est mon blog, je me permets quand même de blablater un peu, histoire de rendre encore plus long cet article !

Au sein de notre famille, cette organisation me parait complètement naturelle et évidente. Les quelques difficultés que j’avais à lâcher prise au début sont complètement oubliées. Je trouve nos manières de faire très complémentaires, lui plutôt instinctif, moi qui ai parfois besoin de chercher, de théoriser, de lire sur ma manière de faire. Le magicien s’y retrouve parfaitement et a l’air très heureux. Et on constate que pour les questions du quotidien, il s’adressera à l’un ou à l’autre sans dinstinction, selon son humeur du moment. Une petite anecdote : un jour, je lui demande, devant mon père, s’il veut que ce soit papa ou maman qui lui change sa couche. Il répond “papa!”. Mon père était super surpris, persuadé que pour ce genre de chose il allait spontanément s’adresser à moi !

De mon côté, quand les gens réalisent que mon amoureux est aussi impliqué que moi dans l’éducation du magicien, la réaction est quasiment unanime : “comme tu as de la chance !”. Réaction qui a tendance à m’énerver. Parce que ok, statistiquement, j’ai de la chance : alors que les femmes se tapent en moyenne 80% des tâches ménagères et l’essentiel de l’éducation des enfants, je ne m’en occupe qu’à 50%. Mais personnellement je refuse de me dire que je suis “chanceuse”. Déjà, parce que je trouve ça normal. Ensuite, parce que je considère que c’est du à des convictions et à des choix (non, je n’aurais pas fait un enfant avec un homme qui considère comme normal que je m’en occupe). Et surtout, parce que JAMAIS personne n’a dit à mon mari : “ta femme s’occupe de ton fils 3 jours par semaine ? Comme tu as de la chance !”.

Et je me demande comment font ces mères qui gèrent tout. Mères célibataires ou mères dont les maris consentent à leur donner un coup de main une fois de temps en temps. J’ai beau n’avoir qu’un enfant, n’en faire que la moitié, je trouve cela épanouissant mais aussi complètement épuisant. Comment font-elles ? Comment ça se fait que moi, je n’en sois pas capable ?

Une chose parfois lourde à porter, c’est que quelque soit l’implication de mon mari, c’est moi, en tant que mère, qui suis considérée comme responsable de l’éducation de notre enfant. Je sais que si un jour il y a un problème, c’est d’abord à moi qu’on le repprochera. Parce que c’est la mère qui est considérée comme responsable des enfants. Pour le moment, ce n’est qu’anecdotique : le jour où un ami nous a dit que notre décision commune de ne pas le laisser pleurer pour s’endormir était une faiblesse de MA part parce que j’étais trop sensible. Le jour où la directrice de la crèche (oui, la même), m’a proposé de décaler la date de l’inscription en collectivité parce que j’avais dit que le jour qu’elle me proposait, c’est mon mari qui serait disponible (bah oui, signer un papier, c’est au-delà de ses compétences…). Mais même si le jour où il y aura un problème, nous affronterons la chose ensemble, mon mari et moi, c’est moi qui en porterai la responsabilité face aux regards extérieurs.

Mais je ne veux pas finir sur le côté sombre. Déjà, parce qu’on essaye généralement d’en rire (il vous a épargné la réflexion d’un des médecins avec qui il travaille quand il a dit qu’il voulait aménager son temps de travail pour être avec son fils qui figure pourtant dans mon anthologie perso des réflexions les plus connes : “tu veux t’occuper de ton fils ? Mais pourquoi ? A cet âge là, il s’en souviendra pas, ça sert à rien. Et puis ta femme est là pour ça”).

Et puis surtout parce que le quotidien est chouette. Quand nous aurons un deuxième enfant, Paul essayera de prendre un congé parental de 6 mois. Parce que pour le magicen, c’est mois qui avait arrêté quelques mois, et même si j’en ai été ravie, je n’ai pas envie, cette fois, de me couper aussi longtemps de mon boulot. Et Paul, je crois, a été un peu frustré de devoir retravailler alors que le magicien était tout petit. Il aime pouponner plus que moi ! Un nouvel équilibre à trouver, mais toujours avec cette volonté d’élever nos enfants ensemble, en s’y investissant autant l’un que l’autre.

Le magicien va à la crèche

En fait, officiellement, c’est une “‘halte-garderie multi-accueil”, mais crèche, c’est plus simple quand même.

Bref, le magicien va à la crèche et il adore ça !

Il avait déjà fait une semaine d’adaptation en juillet avant d’attraper la varicelle et on aurait dit, en arrivant en septembre, qu’il y était allé la veille. La nouvelle adaptation prévue en septembre n’a pas été nécessaire et j’ai pu le laisser (un peu) dès le premier jour.

Quand on arrive, il se précipite en courant vers la porte et va jouer, il ne me regarde même pas partir. Hier, il s’est même mis à pleurer… quand je suis venue le chercher !

Lundi dernier (jour où il n’y va pas), je lui ai demandé ce qu’il voulait faire cet après-midi, et il m’a répondu “voir Nelly crèche !” (Nelly est sa “référente”).

Alors non, je n’ai eu aucun pincement au coeur en le voyant si presser d’y aller. Parce que je me souviens trop bien des rares fois où je l’ai laissé en larmes chez la baby sitter. Il est prêt à y aller et il est heureux. Alors pour moi tout va bien.

La collectivité lui réussit vraiment. Il connait les prénoms de tous les autres enfants accueillis (qui sont peu nombreux pour le moment, ce qui a permis un chouette début).

Il aime l’espace extérieur, accessible toute la journée, dès qu’il le souhaite. Pour une parisienne, c’est un vrai plaisir de voir son fils s’éclater dehors, gouter dehors sans que ce soit une expédition au parc.

Il découvre de nouveaux jeux. Il s’est pris d’une passion pour les kapla (il construit des maisons, dit-il).

Il peut jouer à des jeux difficiles à proposer dans l’appart. Il adore jouer avec la semoule, par exemple. Et quand il m’a raconté, là première fois, qu’il y avait joué et que “oh non ! tombé par terre!” d’un air innocent, je l’ai imaginé en train de renverser un bol de semoule par terre et j’ai été bien contente que ce soit à la crèche et pas dans mon salon !

Et puis on se dit que la collectivité va lui faire du bien. Il avait déjà l’habitude de voir d’autres enfants dans les lieux d’accueils parents/enfants que nous fréquentions presque tous les jours.

Mais c’est aussi un fils unique, qui en plus a peu d’enfants dans son entourage puisque la plupart de nos amis ne sont pas parents et qui a donc l’habitude que les choses tournent beaucoup autour de lui. Il a l’habitude d’avoir ses jouets que pour lui, et les quelques jours passés avec son cousin cet été nous ont montré que partager était vraiment quelque chose de compliqué. Et il a l’habitude d’être le premier, d’être prioritaire. C’est vrai que même quand on invite des gens, comme c’est le seul enfant, il a tendance à être au centre de l’attention, à être servi le premier à table, etc. Apprendre à attendre son tour, à comprendre qu’il n’est pas le seul ou toujours le premier, toujours au centre de l’attention, je pense que ça va lui faire le plus grand bien.

Pour le moment, il y va 3 matins par semaine, et parfois il y retourne l’après-midi des mêmes jours, après sa sieste, pour 1h30. Il y passera la journée complète, 3 jours par semaine (je vous reparle organisation familiale bientôt) à partir de demain.

Et nous ? On est très content de cette structure, malgré des déconvenues administratives (alors qu’ils nous l’avaient promis en juillet, on a eu confirmation que le magicien aurait une place à la journée qu’hier… Autant dire qu’on a bien stressé). On est en confiance avec le personnel, on aime que la structure soit ouverte aux parents (il m’arrive d’y rester 30 minutes en déposant ou venant chercher le magicien) et on a bien envie de s’y investir un peu plus si on trouve le temps, le projet d’établissement étant ouvert aux bénévoles…

A la maison, par contre, les choses sont un peu compliquées. Il revient épuisé du temps passé là-bas. Les premiers jours, il était tellement épuisé après sa matinée qu’il n’arrivait même pas à manger, ou même avaler un biberon, à midi, et je l’ai laissé plusieurs fois hurlant dans son lit jusqu’à ce qu’il tombe de sommeil parce que je sentais bien qu’il n’y avait pas d’autre moyen d’apaiser la situation. Pour moi qui jusque là ne l’avait jamais laissé pleurer dans son lit, ça a été dur ! Les choses se sont arrangées depuis, il a pris le rythme, mais il va quand même falloir adapter notre temps passé avec lui. En particulier, en fin d’après-midi, on passe désormais beaucoup de temps à écouter de la musique tous les deux, allongés sur le lit. Ce moment calme lui fait du bien. On va voir ce que ça donnera quand il y restera toute la journée… J’espère qu’il dormira bien à la crèche !

Je vais m’arrêter ici pour avoir une chance de publier un article aujourd’hui, et je vous reparle bientôt organisation familiale, bébé de 2 ans qui teste les limites, bouquins, etc…

Vouloir un deuxième enfant ?

En ce moment, la question d’un deuxième enfant est d’actualité chez nous. On peut même dire que la décision est prise.

Et depuis quelques temps, j’y pense tout le temps. Parce que cette décision est très loin d’être évidente pour moi. Nous en avons longuement parlé avec Paul hier soir, et il m’a demandé si j’en avais parlé sur “mes blogs et mes forums” (sa formule pour “tous les sites internet sur lesquels tu passes ta vie”). Et j’ai dit non, je lui ai expliqué que c’était difficile de le dire, que j’avais peur du jugement parce qu’il est toujours difficile d’affirmer publiquement que non, la parentalité, ce n’est pas toujours facile et que ce n’est pas “que du bonheur”…

Mais je me suis rappelée aussi des réactions adorables sur mon article “c’est difficile d’être mère“, sur la bienveillance du public de ce blog et puis peut être que d’autres que moi vivent ou ont vécu les choses de cette manière…

Et puis mon amoureux m’a promis que lui aussi écrirait quelque chose pour raconter ce qu’il vivait en tant que père, et ça, je trouve ça chouette !

Bref, revenons au vif du sujet.

Les raisons, les envies qui poussent à avoir un enfant, j’en avais déjà parlé sur les vendredis intellos, il y a un an tout juste. J’y avais parlé de mon vécu concernant l’arrivée du magicien. Et j’avais cité Elisabeth Badinter :

En vérité, la raison pèse peu dans la décision d’engendrer. Probablement moins que dans celle du refus d’enfant. Outre que l’inconscient, lui, pèse de tout son poids sur l’une et l’autre, il faut bien avouer que la plupart des parents ne savent pas pourquoi ils font un enfant et que leurs motivations sont infiniment plus obscures et confuses que celles évoquées dans le sondage. (…) En fait, la décision découle plus largement de l’affectif et du normatif que de la prise en compte rationnelle des avantages et des inconvénients. (E. Badinter, le conflit, p. 22)

Et voilà ce que j’avais répondu :  “je considère qu’Elisabeth Badinter a raison dans mon cas : la raison a peu pesé dans ce choix. Mais contrairement à ce qu’elle semble sous-entendre, je ne considère pas qu’un choix basé sur l’affect soit inférieur à un choix basé sur la raison, sur la rationalité. Je n’ai pas choisi d’avoir un enfant pour des raisons rationnelles. Je ne suis pas tombée amoureuse pour des raisons rationnelles non plus et les choix que j’ai fait concernant ma vie de couple sont aussi guidés essentiellement par l’affect. Je ne les considère pas comme moins légitimes.”

Et aujourd’hui, ironie du sort, je me retrouve dans une situation ou j’ai de bonnes raisons, rationnelles, d’avoir un enfant.

– J’aimerais que le magicien ait un frère ou une soeur. Parce que je viens d’une famille relativement nombreuse (j’ai grandi avec deux frères, une troisième frère est venu nous rejoindre il y a 4 ans), que j’ai apprécié cela et que j’aimerais que le magicien vive cette expérience. Parce que je nous trouve un peu trop centré sur lui et sur lui-seul, et je pense qu’un deuxième enfant apporterait un équilibre bénéfique pour tous.

– C’est le moment de le faire : le magicien commence à grandir, à être un peu autonome. Nous sommes suffisamment en forme pour envisager de revivre la tornade des premiers mois. Et en même temps, le magicien est encore petit, nous ne sommes pas encore sortis des couches, nous avons un rythme de vie adapté à des petits, alors que j’aurais du mal à imaginer m’y replonger dans quelques années. Nous aimerions qu’il n’y ait pas trop d’écart entre nos enfants.

– Nous avons trouvé un équilibre travail/vie perso qui je pense nous permettrait de vivre une grossesse relativement sereinement. Et puis Paul envisage très sérieusement de prendre un congé parental à la naissance d’un deuxième bébé, ce qui nous permettrait de vivre les premiers mois dans des conditions optimales.

– Paul a très très envie d’un deuxième enfant. Il ne s’agit pas ici de lui faire plaisir (ou pas seulement), mais clairement, il serait un père aussi génial et aussi enthousiaste que pour le magicien, et j’ai bien envie de voir ça.

De bonnes raisons donc.

Mais aussi des craintes.

Si j’aimerais avoir un autre enfant, je n’ai pas envie d’être enceinte ou d’avoir un autre bébé. J’ai adoré voir le magicien grandir. J’ai adoré le tenir dans mes bras. Mais j’ai detesté l’impression d’être coincée chez moi, ne pas dormir la nuit, être épuisée. Je profite bien plus de mon fils maintenant qu’il a 2 ans que quand il avait deux mois. Alors que Paul pense avec joie à un autre tout-petit bébé, je calcule le temps qu’on va passer à ne plus sortir, à être épuisée. Même si je sais aussi que je vais m’extasier la première fois qu’il réussira à se retourner, que je le regarderai dormir en me demandant comment nous avons réussi à faire un bébé aussi merveilleux.

J’ai peur, horriblement peur de ne pas être capable de gérer les deux. Je me rends compte du soulagement que c’est, au moment de la sieste du magicien : 2h pour moi ! Comment est-ce que je pourrai trouver l’énergie, la bienveillance nécessaire pour deux enfants, alors que le magicien seul arrive souvent à atteindre mes limites ?

Et surtout pas d’envie profonde d’être enceinte, d’avoir un bébé. J’ai souvent lu ou entendu que le désir d’enfant venait des tripes, j’ai entendu parler de désir irrepressible, d’évidence… Or, je ne le vis pas.

Est-ce qu’on peut être une bonne mère sans passer par cette étape ? Est-ce que des bonnes raisons suffisent pour prendre cette décision “ça y est, maintenant, on essaye d’avoir un enfant ?”. Finalement, l’arrivée surprise du magicien m’avait dispensé de me poser ces questions.

Et je me rends compte aussi que j’ai intégré une certaine représentation de la femme, de la mère. Peut-on être une vraie mère sans avoir cette envie dans les tripes ? Même si je sais que oui, de manière rationnelle, j’ai du mal à m’en persuader au fond de moi.

Je me souviens de la joie profonde ressentie lorsque j’ai appris que j’étais enceinte du magicien. Alors que je n’avais pas prévu cela, que je ne pensais pas avoir envie d’un enfant à ce moment là. Alors je me dis que je le vivrai sans doute à nouveau. Mais si ce n’est pas le cas ? Si, face à un test de grossesse positif, je ne ressens que de la déception ? Ca serait tellement injuste pour ce bébé.

En même temps, c’est aussi peindre les choses en noir. Il y a des instants où je m’imagine avec un nourrisson dans les bras. Les prénoms sont déjà quasiment choisi. Quand je vois le si mignon bébé de ma copine A., j’ai une pointe d’envie. Mais est-ce suffisant ?

Je sais que j’aimerai cet enfant. Mais est-ce que je ne regretterai pas ce qu’il me prend, encore un peu de liberté, d’énergie, de temps…

Bref, tout cela est confus dans ma tête.

Hier soir, sur le ton de la plaisanterie, je disais à Paul : j’aimerais être déjà enceinte, au moins je serais fixée et j’arrêterais de penser à ça toute la journée.

Et vous, vous vous êtes posé toutes ces questions ou ça a été une évidence ? Si vous aviez des craintes, des peurs, comment les avez-vous géré ? Elles ont disparu à l’annonce de la grossesse ? de la naissance ? Elles sont toujours là ? J’aimerais beaucoup vous lire sur ce sujet.

2 ans

Hier, le magicien a eu 2 ans.

Il a décidé qu’il mettrait son haut de pyjama à boutons. Oui, même pour sortir dans la rue.

Il l’a répété toute la journée : “2 ans”, en montrant 2 doigts.

Il a fait un gâteau au chocolat avec son papa.

2 ans

On était tous les trois. On a allumé les bougies, encore et encore. On a chanté au moins 10 fois la “chanson gateau” et il a ouvert un énorme cadeau envoyé par ses grands-parents.

Alors forcément, aujourd’hui, j’ai envie de vous parler un peu du magicien. Comme je l’avais fait il y a presque un an.

Le premier mot qui revient toujours, pour décrire le magicien, c’est “souriant”. Il est toujours de bonne humeur. Heureux d’être dehors, de découvrir des lieux, des gens, d’aller jouer… Il aime quand il y a du monde, quand on sort, quand on invite des gens. Il sourit aux inconnus dans la rue, leur raconte sa vie. Bien sûr, il  ya des crises, mais elles durent peu et sont toujours liées à son état de fatigue.

Le magicien est une pile électrique, toujours en mouvement. Il ne marche pas, il court. Nous appelle, nous prend par la main pour nous emmener où il veut. Il escalade le lit, redescend, va monter sur le canapé, va prendre un jouet, court dans sa chambre… Il ne s’arrête que quand il s’écroule de fatigue, et là on a droit à un gros calin (ou à un drame…) !

il sait ce qu’il veut et hors de question d’essayer de lui faire faire autre chose que ce qu’il a prévu. Je me souviens d’une comptine chantée chez mes beaux-parents, alors qu’il y avait tout le monde. Il a insisté jusqu’à ce que TOUS les adultes présents dans la pièce fassent les gestes.

Il change par à-coup. Il s’est mis à marcher et à courir du jour au lendemain. Il s’est mis à parler d’un coup. Difficile de se dire, aujourd’hui, qu’il commençait tout juste à parler il y a 3 mois. C’est un grand bavard qui commente tout ce qu’il fait, répète tout, pose des questions, raconte ce qui s’est passé… Ca nous permet de nous rendre compte de la mémoire qu’il a, quand il raconte plus d’un mois après ce qui s’est passé à la ferme (il pense à ma mère dès qu’il voit une image de dindon, elle ne se sent pas vraiment flattée !) ou quand il réclame, chez ses grands parents, d’aller voir l’âne et le cheval du voisin, alors qu’on n’y va pas si souvent… On réalise aussi à quel point il s’attache à son entourrage plus large, quand il réclame “Cachou”, mon Mini-frère ou l’animatrice d’un lieu d’accueil où on l’emmène. Ou quand il nous amène le téléphone tout en nommant ses grands parents.

Il associe les mots et fait même des phrases sujet-verbe-complément. Il a des périodes où il va être obsédé par un sujet. Il est ainsi passé par une période “couleurs” où il a appris les couleurs (les nommer, les reconnaître) en moins de 3 semaines. En ce moment, il est dans une période “chiffres”. On essaye de suivre, de lui proposer des jouets, des livres adaptés. (d’ailleurs, j’avoue que pour les chiffres, je suis un peu perdue : je pense que dans quelques jours, il saura compter jusqu’à 10, mais je ne suis pas sûre que ce soit quelque chose de vraiment intéressant à lui apprendre…).

Il aime toujours autant les livres. La librairie en bas de chez nous est en quelque sorte une extension de notre appartement où il se sent visiblement très à l’aise.

Il aime aussi beaucoup la musique. Il ne chante pas, mais réclame souvent “musique musique CD”. lI sait précisément à quelle page correspond quelle chanson. Il maîtrise les gestes de nombreuses comptines et on commence les jeux de doigt.

Il aime les coccinelles. A la maison, on a des livres sur les coccinelles, on chante des chansons sur les coccinelles et j’espère qu’on en trouvera dans le jardin de ma grand-mère ! Ca m’émeut parce que c’était un animal qui me fascinait aussi quand j’étais petite, et que chaque année, ma grand-mère m’envoyait une lettre quand elle trouvait la première coccinelle de l’année dans son jardin.

Il aime les chats et les pigeons. Il adore les livres sur les oiseaux.

Il est fasciné par tout ce qui roule. Voitures, motos, train, mais surtout bus (c’est toujours la fête quand on le prend), ambulance ou voiture de pompiers et métro. Il est ravi de regarder passer le camion poubelle, et adore quand il y a des travaux dans la rue.

Il aime la peinture, le dessin,et autres activités manuelles que j’essaye de lui proposer régulièrement.

Il ne comprend pas l’intérêt de manger autre chose que des gateaux, des compotes et du chocolat. Il veut bien faire une exception pour les cerises, les sushis ou les pois au wasabi.

Quand il est fatigué, il se caresse les cheveux. Et il passe sa main dans les miens pendant les calins. Le soir, on fait un calin tous les trois en chantant la chanson de la coccinelle ou la chanson du dodo, selon sa demande. Parfois, il n’a pas envie de se coucher là maintenant, et s’accroche à mon cou, alors on recommence la chanson “mais c’est la dernière fois !”.

Hier, je n’ai pas pensé avec nostalgie à sa naissance, il y a 2 ans, et au minuscule bébé qu’il était. J’ai eu envie de me concentrer sur l’enfant qu’il était le jour de son deuxième anniversaire. Parce que même si j’ai adoré mon tout petit bébé, je trouve que la période actuelle est la plus fascinante que nous avons vécu avec lui jusque là.

A la rentrée, fini le temps complet avec papa ou maman, il ira à la halte-garderie 3 jours par semaine. Il y a déjà passé un peu de temps… et il a l’air d’y être comme un poisson dans l’eau ! J’adore le regarder grandir.

Tag des vendredis intellos

Les vendredis intellos ont lancé leur tag ! Je suis donc ravie d’y répondre !

1. Comme parent, vous êtes plutôt cérébral (apprendre à lire en famille est votre devise !) ou du genre manuel (votre slogan : “Libérons la créativité de nos enfants” !) ?

Cérébrale. Je ne peux pas me considérer, d’une quelconque manière, comme “du genre manuel”. Il faut bien l’avouer, j’ai deux mains gauches. Je suis sûre qu’en lisant cette phrase, une lectrice de se blog se rappelle de moi essayant de dessiner une drosophyle en cours de bio. Et que ce souvenir la fait beaucoup rire.

Apprendre à lire en famille est loin d’être ma devise, parce que je ne veux pas me situer dans l’apprentissage, mais lire en famille, oui, cent fois oui ! Et ces derniers temps, le magicien semble aussi enthousiaste que moi.

Pour les activités manuelles, je compte sur sa grand-mère pour lui en proposer ! Et sur l’imagination du magicien !

2. Pour vous, un bébé est un mammifère ou un philosophe ?

En fait, je crois que je préfère voir le bébé comme un philosophe, parce que ce qui se rapproche de près ou de loin du côté mamifère m’intéresse peu (sauf mettre mon nez dans son cou et sentir son odeur).

3. Filliozat a dit qu’elle entendait trop souvent la phrase “J’ai tout essayé !”. Croyez-vous qu’elle vous ait entendu ?

Non, je suis encore très loin d’avoir tout essayé avec mon fils. J’ai encore plein de choses que j’ai envie de tester, et pour les aspects un peu plus compliqués, je suis sûre que je vais encore beaucoup me planter avant d’arriver à quelque chose de satisfaisant pour nous trois.

4. Vous êtes dans l’équipe du roi Etre ou du roi Avoir ?

Ces derniers temps, j’essaye de réfléchir à comment être davantage du côté du “roi être”, me reconcentrer sur l’important, avoir une consommation plus raisonnable et raisonnée… mais j’ai encore beaucoup de travail à faire sur ces sujets !

5. Quelle phrase vous ressemble le plus ?

a. Je suis débordé(e) à la maison !

b. On n’est jamais mieux servi que par soi-même !

c. C’est pas juste !

Je suis débordée, ces temps-ci, mais pas spécialement par les tâches ménagères, que j’ai tendance à trop délaisser. J’ai arrêté depuis longtemps de penser qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. J’essaye aussi d’éviter le “c’est pas juste”. Aucune phrase vraiment pour moi, donc.

6. Vous auriez une 201ème astuce à donner à une maman qui travaille ?

Je ne connais pas les 200 premières astuces, mais peut être essayer de reprendre le boulot en douceur, après le congé maternité. Par demi-journée, ou deux ou trois jours dans la semaine. Pour que la séparation ne soit pas trop difficile ou brusque, mais pour pouvoir faire autre chose que s’occuper du bébé. Personnellement, j’ai posé tous mes congés d’un coup à la fin du congé mat’, mais j’aurais du reprendre plus tôt, même si juste un peu, quelques heures.

7. Pour tout savoir sur votre grossesse, vous préférez rire des mauvais côtés avec Marion McGuinness (Le Maxi best of grossesse et naissance de McMaman), avoir les explications classiques mais sérieuses de Laurence Pernoud (J’attends un enfant) ou obtenir les réponses à toutes vos questions grâce à Marjolaine Solaro (Ma grossesse en 300 questions / réponses) ?

Pendant ma grossesse, j’ai soigneusement évité d’ouvrir tout livre sur la grossesse ou l’éducation. D’ailleurs, je n’ai pas vraiment changé depuis, les livres sur l’éducation que j’ai lu se comptent sur les doigts d’une main (ce qui peut sembler contradictoire avec ma participation aux vendredis intellos !). Mais j’ai souvent regardé le webdoc d’arte modern couple, en particulier, sur la grossesse, cette vidéo.

8. Aletha Solter dit que son bébé comprend tout. Et vous, vous le comprenez votre bébé ?

Pas quand il fait ses longs discours. Il peut parler d’un ton enthousiaste pendant 5 minutes, sans s’arrêter. J’adore l’écouter mais je ne sais pas toujours quoi lui répondre !

Sinon, je garde précieusement en mémoire une réponse quand je disais que je ne comprennais rien de ce qu’il disait : “bien sûr que si, tu le comprends. Tu ne comprends pas les mots qu’il prononce, mais tu sais s’il a faim, s’il est fatigué, s’il a envie d’un calin, s’il est content… La plupart du temps, les parents comprennent leurs enfants bien mieux qu’ils ne le pensent”. Bien sûr, parfois je me plante, parfois je lui dis “je vois bien que quelque chose ne va pas, mais je ne comprends pas ce qui t’embête”. En général, le fait de prononcer cette phrase et de me concentrer pour essayer de comprendre nous permet de régler le problème.

9. Le livre que vous auriez aimé écrire ?

a. L’Allaitement malin

b. L’Estime de soi, un passeport pour la vie

c. La Pédagogie Montessori

L’estime de soi, un passeport pour la vie. Quant à savoir si je serais capable de l’écrire… c’est une autre question !

10. [Expression libre !] Alors, pourquoi ?

Question à ne surtout pas se poser à propos de son enfant alors qu’on ne peut pas avoir la réponse. Pourquoi le magicien dort mal en ce moment alors qu’il faisait ses nuits sans problème à 6 mois ? Pourquoi cette fois il mange ses brocolis qu’il a refusé aux deux repas précédents ? Pourquoi il se met à pleurer dès qu’on arrive chez la baby-sitter alors qu’elle est super avec lui ? Pourquoi il s’est mis à pleurer quand on s’est vu sur skype alors qu’il adore d’habitude ? Pourquoi on lui achète des jouets alors qu’il préfère jouer avec des boites de mouchoir vides ? Il y a parfois des pistes, des idées, mais il faut souvent accepter de ne pas savoir avec certitude, voire de ne pas savoir du tout. Et faire avec. (mais bon, cette question n’est pas la pire, la pire, de loin, c’est “Et si… ?”)

Voilà, il parait que quand on a fait un tag, il faut ensuite tagguer d’autres blogueuses. Je pense que Mia, qui participe aux vendredis intellos, y répondra probablement. J’aimerais aussi le proposer à Apostille. Parce que c’est avec son blog que j’ai commencé à réfléchir à ce genre de sujet ! Mais je suis une curieuse et je serais ravie de lire aussi les réponses des autres ! Quant aux lectrices qui n’ont pas de blog, j’aimerais beaucoup vous lire en commentaire !

Les parents n’ont pas le droit de se plaindre, ils doivent être comblés

J’ai écrit un article il y a peu sur la difficulté d’être mère et de le dire (je mets mère parce que je parle de moi, mais je pense qu’on peut dire parent ici). J’ai envie de le compléter un peu aujourd’hui.

Dire, sur internet, qu’un aspect quelconque de la parentalité nous gonfle, c’est s’exposer à des réactions qui peuvent être violentes.

Mère bordel en parle ici. Un petit extrait :

Exprimer le moindre ras le bol quant à sa progéniture, c’est être une mère indigne, incapable, insuffisante.

A croire que le droit à l’imperfection s’envole avec le bouchon muqueux.

Un article publié il y a quelques temps sur rue89, ou plutôt les commentaires de cet article,  m’y a fait penser. Il s’intitule “Tu me lis une histoire ? : l’art d’arnaquer ses gosses“. L’article présente, plutôt au second degré, différentes techniques de parents pour raccourcir l’histoire du soir. Personnellement, il m’a souvent fait sourire !

Parmi les 145 réactions à l’article, on trouve :

– vous devriez plutôt vous réjouir : “je trouve triste de transformer en corvée de si beaux et bons moments !”

– il faut assumer : “comme dit au dessus, si on fait des enfants, il faut assumer”

– vous n’avez pas le droit de vous plaindre : “Ne vous plaignez pas de ce que vous considérez comme une corvée, ce sont vraiment de beaux moments”

– vous devriez avoir honte : “Pathétique : Arnaquer ses enfants sur une histoire ! !
Et le pire, c’est de s’en vanter, et d’en tirer gloriole, alors que c’est la honte qui devrait vous rougir le front !”

– vous êtes des méchants menteurs : “Et voila des le plus jeune âge on commence à se faire fourber ! et part ceux en qui on a le plus confiance bande de parents indignes ! Bande de menteurs !”

– vous êtes des parisiens (sic) : “C’est vrai que s’occuper de son gosse, partager un moment intime avec lui, lui faire plaisir, l’aider à dormir, l’instruire et lui donner le goût de la lecture c’est vraiment l’enfer. Les parisiens me désolent. Je suis chez vous en ce moment et je comprends mieux pourquoi les gosses que je croisent dans la rue ont l’air aussi déprimés, et les parents avec, tout ce qui touche à la vie véritable vous répugne.”

– vous êtes des pervers narcissiques : “Sinon, connaissant bien les pervers narcissiques je peux vous garantir que le fou furieux qui a écrit ce truc en est vraiment pas loin, je sais pas où vous recrutez à rue89 mais ça pue grave…”

– “il y a des parents qui…” (qui se transforme souvent en MOI JE) : “« C’est l’horreur d’être parents » semble être le nouveau credo de la presse ces temps ci. Il y a aussi des parents qui aiment lire des histoires et pour qui s’occuper de leurs enfants n’est pas une corvée.”

Et surtout le fameux : vous n’étiez pas obligé/vous n’auriez pas du faire des enfants :

“personne n’a obligé ces parents à faire des enfants…”

“Si on ne veut pas passer du temps avec ses enfants : on n’en fait pas. Tout simplement.
Il est aujourd’hui très simple, très facile, et gratuit (pilule 1G et 2G) de ne pas avoir d’enfants. Et hors cas exceptionnels, les méthodes de contraceptions fonctionnent très bien. Si on en veut, on en fait, et on ne se plaint pas après.”

“Fallait pas faire de gosses si t’en voulais pas. Pitoyable.”

“on se demande si certains n’auraient pas mieux fait de s’abstenir (mais il est vrai qu’à notre époque, on fait un enfant comme on achète un iphone)”

Voilà. Les réactions quelques témoignages de parents qui disent que ça les gonfle parfois de lire une histoire longue à leur enfant le soir, qu’ils préfèreraient s’avachir sur le canapé tranquilles, et que des fois, ils sautent des pages.

Non seulement il FAUT trouver cette activité épanouissante, mais en plus il faut trouver cette activité épanouissante TOUS LES JOURS, TOUT LE TEMPS. Même exprimer de la fatigue ou de la lassitude, y compris sur le ton de la plaisanterie, peut suffir à faire de vous un parent indigne.

Je sais qu’internet a tendance à exacerber ce genre de réaction, mais quand même, je m’interroge. Les gens qui disent ça ont-il des gosses ? Si oui, est-ce qu’ils se considèrent vraiment comme des parents parfaits ? Et puis ça existe, les parents qui sont TOUJOURS ravi de relire pour la 8e fois de suite dans la soirée le même album ? Parce que c’est pas mon cas.