En ce moment, nous lisons…

Après celui de février, un nouveau “en ce moment, nous lisons…”. L’idée est de faire une mini présentation des livres du moment (et de mettre sur le blog une partie de ce que je publie sur mon compte instagram.

 

Donc, en ce moment, avec la puce (13 mois), nous lisons :

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  • C’est la p’tite bête… d’Antonin Louchard (Thierry Magnier), grand classique de la petite enfance que j’avais déjà présenté rapidement ici
  • Une histoire qui… de Gilles Bachelet (Seuil jeunesse). J’aime beaucoup Gilles Bachelet quand il écrit pour les plus grands, je n’ai pas été déçue par sa première incursion dans la petite enfance ! Le texte coule tout seul, il y a de l’humour, c’est un plaisir.
  • En t’attendant… d’Emilie Vast (MeMo), un bijou de délicatesse sur l’attente d’un enfant, les transformations, le bonheur du partage… Pour moi c’est un cadeau idéal pour une future maman, mais il plait aussi aux enfants, chez nous il réjouit autant la puce que le magicien !

Jusque là, la puce prêtait peu d’attention aux livres (contrairement au magicien qui a adoré ça dès sa naissance). Depuis peu, elle s’y intéresse beaucoup, m’apporte c’est la p’tite bête avec un grand sourire… Vous imaginez que je suis RA-VIE ! Et puis on commence aussi l’histoire du soir avec les deux enfants et c’est un chouette moment, même si on prend soin de laisser sa liberté de mouvement à la puce, qui est loin de rester concentrée aussi longtemps que son frère !

 

Avec le magicien (bientôt 4 ans), nous lisons :

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  • Ce n’est pas très compliqué de Samuel Ribeyron (Hong Fei), un bijou de délicatesse sur ce qu’on a dans la tête et dans le coeur.
  • En t’attendant… d’Emilie Vast (MeMo)
  • le lion et l’oiseau de Marianne Dubuc (La Pastèque). C’est le magicien qui l’a choisi après l’heure du conte à la bibliothèque où il l’a découvert. Et j’étais contente qu’on le rapporte à la maison parce que c’est un livre dont il faut s’imprégner, qui crée une ambiance pleine de douceur…
  • La folie des grandeurs de Kathrin Scharer (Minedition) dont j’ai parlé ici
  • Mille secrets de poussins de Claude Ponti (Ecole des Loisirs). Est-il utile de présenter Claude Ponti ? Depuis qu’on lit cet album, le magicien va tous les jours à l’école dans un “bus de poussins”, conduit par Blaise le poussin masqué, bien sûr !
  • Mon amour d’Astrid Desbordes et Pauline Martin (Albin Michel Jeunesse), parce que ça fait du bien de se dire que notre amour est inconditionnel. Et pour découvrir trois superbes albums sur la maternité, lisez cet article!
  • Petite salamandre : le magicien est abonné à cette revue depuis Noël et elle est vraiment très chouette !

 

Et moi ? Je me remets enfin à lire. J’ai dévoré le tome 2 de la passe miroir de Christelle Dabos (j’ai parlé du 1er tome ici) et j’ai envie de le faire lire à tout le monde !

Que s’est-il passé ?

Il y a des livres qui sont aussi simples en apparence que riches et enrichissants au final. Le livre dont je vous parle aujourd’hui en fait partie : Que s’est-il passé ? de Nicolette Humbert (La Joie de Lire, 2014).

que s'est-il passé ?

Cet imagier se base sur un principe tout simple : pas de texte, simplement deux photos, et le titre du livre qui nous pousse à nous interroger : mais que s’est-il passé entre ces deux images ?

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Les photos sont belles, et les plus jeunes profiteront simplement des images de ce tout-cartonné.

Les enfants sont doués en lecture de l’image et attentifs aux détails. Ils repèrent souvent facilement les différences entre les deux images. Et la recherche “d’indices” est un jeu très amusant :

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Oh, le robot est tombé. Et le chat qui était à l’arrière-plan est devant. Le papillon s’est envolé. Pourquoi ?

imageEt là, où sont passées les pommes ?

Mais une fois qu’on a constaté la différence, il faut l’expliquer ! Deviner ce qu’il s’est passé, et qu’on ne voit pas. Et ce n’est pas si évident que ça pour les petits ! Lorsque j’ai montré ce livre au magicien, qui avait 3 ans tout pile, il répétait “mais que s’est-il passé ?” avec enthousiasme à chaque page, mais il lui a souvent fallu un peu d’aide pour déduire les évènements des différences qu’il constatait.

D’autant plus que si certains sont évidents, d’autres sont plus complexes.

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Celle-ci, par exemple, suppose de connaître le principe des marées, de comprendre que la mer est arrivée et repartie (l’écoute intensive de Bulle et Bob à la plage avait cependant permis au magicien d’intégrer que souvent, la mer emporte les châteaux de sable).

Le fait qu’il n’y ait pas de texte, pas d’explication laisse aux enfants une grande liberté. Parce que même si, en tant qu’adulte, on voit une explication “logique”, qu’est-ce qui empêche d’imaginer que c’est un dragon qui a détruit le château ou des lutins qui ont grignoté les salades ? C’est un livre, pourquoi l’explication “logique” serait plus “vraie” que les autres ?

 

Ce livre est donc à la fois un jeu et un défi pour les enfants. Un livre qui pousse à la recherche d’indice, aux échanges, à la discussion.

Et aussi un livre met en scène de manière explicite un élément fondamental de l’album, mais aussi plus largement de la narration puisqu’on le retrouve dans les romans, les dessins animés et les films… L’ellipse. L’idée qu’on ne voit pas tout. Que la situation a évolué d’une image à l’autre, d’un passage à l’autre. Et qu’on peut, simplement grâce à cela, raconter une histoire. Et ça, c’est fascinant, non ?

La bibliothèque du magicien

La bibliothèque du magicien

Là voilà en images ! J’ai fait le tour de l’appart (d’habitude ses livres sont éparpillés un peu partout), il manque les livres trop fragiles qui sont en hauteur (Axinamu de Pittau et Gervais et Va t’en grand monstre vert d’Ed Emberley), Tous les petits de Jeanne Ashbé et Alors ? de Kitty Crowther qui trainaient ailleurs et le Maximagier de Solotareff et Le Saux que nous avons acheté depuis.

Oui je sais, près de 50 livres à un an 1/2, c’est un peu excessif. Surtout que c’est sans compter ceux qu’on emprunte à la bibliothèque. Mais choisir, acheter des livres, c’est notre petit plaisir à tous les trois.

J’en profite pour lister les incontournables du magicien, ceux qu’il demande le plus (ou qu’il a le plus demandé), ceux qui me paraissent marquants.

Ses classiques, lus depuis la naissance, et toujours aussi souvent :

La boite des papas d’Alain Le Saux (on a la quatrième boite à la maison, mais on lui en a pris d’autres régulièrement à la bibliothèque) (Chlop en parle )

Tout va bien Merlin d’Emmanuelle Houdart (Chlop en parle )

Le livre des bruits de Soledad Bravi (j’en parle ici)

Avant 9 mois :

TIgre, ce petit tigre de Malika Doray (j’en parle ici)

Blanc sur noir et Qui sont-ils ? de Tana Hoban

Les mains de papa d’Emile Jadoul (j’en parle ici)

Une maman d’Alessandro Sanna (j’en parle ici)

Chuut ! de Minfong Ho et Holly Meade (j’en parle ici et Chlop )

Autour de un an :

Deux petites mains et deux petits pieds (Chlop en parle )

Quel radis dis donc de Praline Gay-Para et Andrée Prigent (j’en parle ici et Chlop ).

Alors ? de Kitty Crowther (j’en parle ici)

Petite boite jaune de David A. Carter (j’en parle ici)

Mon arbre d’Ilya Green (j’en parle ici et Chlop en parle )

15 mois :

Quel radis dis donc de Praline Gay-Para et Andrée Prigent (j’en parle ici et Chlop ).

Ma voiture de Byron Barton (je lui avais déjà lu avant mais c’est vers cette époque que c’est devenu un de ses livres cultes) (j’en parle ici et Chlop ).

La petite poule rousse de Byron Barton

Une souris verte de Charlotte Mollay

4 petits livres des saisons de Malika Doray (et surtout celui intitulé automne car il y a une page pop-up). (Gabriel en parle ici).

Va t’en gros monstre vert d’Ed Emberley (Chlop en parle ici)

Pas de loup de Jeanne Ashbé (j’en parle ici)

Alors ? de Kitty Crowther (j’en parle ici)

Chez moi de Xavier Deneux (Gabriel en parle ici)

Les animaux de la ferme de François Delebecque

Un an 1/2 :

Quel radis dis donc de Praline Gay-Para et Andrée Prigent (j’en parle ici et Chlop ).

La petite poule rousse de Byron Barton

Pas de loup de Jeanne Ashbé (j’en parle ici)

Un peu perdu de Chris Haughton (j’en parle ici)

Pas le temps d’Anne Crausaz (j’en parle ici)

L’oeuf et la poule de Iela Mari (j’en parle ici)

Parti de Jeanne Ashbé

Ne bouge pas ! de Nakawaki Hatsue et Komako Sakai (j’en parle ici et Chlop en parle )

Aboie Georges de Jules Feiffer

Hop ! de Jean Maubille

Grrr ! de Jean Maubille

Tous les petits de Jeanne Ashbé

Les âges indiqués concernent le magicien, ce ne sont pas des vérités générales. J’ai vu des enfants du même âge que le magicien adorer des livres qui le laissent indifférent, et inversement. J’ai eu des surprises avec le magicien, par rapport à la “moyenne d’âge” que j’avais dans la tête suite à mon expérience à la bibliothèque.

Et puis si certains changements correspondent vraiment à un changement d’intérêt (Chuuut qu’il adorait quand il était bébé ne l’intéresse plus du tout, on a Chez moi de Xavier Deneux depuis qu’il a 7-8 mois et il l’a beaucoup sorti seulement cet automne), pour d’autres, c’est plus accidentel. Cela dépend de la date de mes achats déjà, et de mes propres découvertes (je pense que Pas de loup lui aurait plu beaucoup plus tôt, mais je ne le connaissais pas), des livres rendus à la bibliothèque et pas réempruntés pour lui montrer d’autres choses (Tigre, ce petit tigre ou les mains de papa) voir d’accidents (Petite boite jaune est gravement blessée depuis qu’elle a passé quelques minutes en tête à tête avec le magicien…).

Mais ça peut peut être quand même servir d’inspiration, donner des idées !

Et pour finir, voilà une autre pile, celles des livres achetés au magicien “pour plus tard” (j’essaye d’éviter, mais parfois la tentation d’une dédicace est trop forte) ou des livres achetés rien que pour moi (maintenant, j’assume), mais que je prêterai sans doute au magicien, un jour :

La bibliothèque du magicien

Dans les semaines qui viennent, j’essaye de vous parler de la façon dont se passent les lectures, chez nous.

Pas de loup

Encore un livre pour les tout-petits… La partie de présentation du livre est également publiée sur les vendredis intellos.

Vous connaissez peut être Jeanne Ashbé qui a fait de très nombreux livres pour les enfants. Elle est, entre autres, l’auteur de la série Lou et Mouf, de l’album des papas et des mamans dont je parle ici.

Je dois avouer qu’en commençant à travailler en bibliothèque, je n’étais pas fan de cette auteure, je trouvais certains de ses livres un peu niais, et j’ai en fait appris à l’apprécier peu à peu, pour sa vraie compréhension du développement des enfants et de leurs besoins. Ca va mieux, par exemple, montre un enfant pleurer… et toujours être consolé. Dans ses livres, les parents sont là, présents, mais les enfants prennent aussi peu à peu leur autonomie, et explorent librement…

Et puis ces dernières années, elle a aussi publié des livres différents. Le magicien aime beaucoup Parti par exemple, que je trouve idéal pour aborder, de manière imagée, la séparation (un oiseau arrive… mais il s’envole. “l’oiseau est parti, il va revenir !”).

Et puis mon collègue préféré m’ai fait découvrir Pas de loup en me disant “mon fils a adoré, il faut absolument que tu essayes avec le magicien”. Et mon fils et moi l’avons tellement adoré que j’ai décidé de le faire dédicacer à Montreuil (oui, je sais, j’avais dit que j’arrêtais d’en parler…) pour le magicien mais aussi pour l’offrir à son cousin. J’ai donc eu l’occasion de discuter un petit peu avec Jeanne Asbhé, qui est particulièrement sympathique. Et qui m’a dit que de tout ce qu’elle avait publié, c’était son livre préféré, mais qu’elle avait pris un risque en le publiant : elle savait que les tout-petits allaient le comprendre, mais que les parents risquaient de ne pas leur proposer, eux-même n’en comprennant pas l’intérêt. Et qu’en effet, alors qu’elle dédicaçait depuis un bon moment des Lou et Mouf et autres livres plus faciles d’accès, j’étais la première à choisir ce titre.

Alors je me suis dit que j’allais utiliser la casquette de bibliothécaire ET ma casquette de maman pour essayer de vous montrer pourquoi je trouve ce livre génial.

Voilà la couverture du livre en question :

pas de loup ashbé

Déjà, pourquoi ce titre ? Parce qu’il n’y a pas de loup dans le livre. Le petit lapin qu’on découvre sur la couverture et à plusieurs reprises à l’intérieur du livre peut dormir sur ses deux oreilles.

Mais aussi, parce que ce livre permet d’aller

A pas de loup vers les histoires… où tout se noue et se dénoue

(première page du livre)

A l’intérieur, chaque double page est une histoire à elle-seule, elles sont indépendantes les unes des autres. A chaque fois, une partie de la page se déplie pour faire apparaitre la “chute” de l”histoire et c’est souvent cette dernière image qui donne sens à l’ensemble de la double page. Les graphismes sont simples, avec souvent des couleurs très contrastées, donc facilement lisibles pour les tout-petits.

Pas de loup intérieur 1IMG_1354

On y trouve ainsi une voiture qui démare, un chat, un petit gourmand et un yaourt à la fraise, un poussin qui picore ou un lapin qui s’est endormi…

Mais la grande spécificité de ce texte est de n’être composées que d’onomatopées. Et d’onomatopées souvent proches de celles d’enfants qui babillent.

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Jeanne Ashbé à dédié ce livre à Evelio Cabrejo-Parra, psycholinguiste et vice-président de l’association ACCES. Sur la quatrième de couverture cette belle citation d’Evelio Cabrejo-Parra :

C’est un cadeau formidable que fait l’adulte à l’enfant quand il lui renvoie un écho de ses petits discours

En tout cas, mon fils a vraiment reçu ce livre comme un cadeau. Il me l’a fait lire, relire et re-relire. Il a soulevé lui-même les flaps. Il a éclaté de rire.

Et surtout, il m’a lu ce livre. A 16 mois, alors qu’il n’a que 3 mots de vocabulaire (Maman, Papa et non !). J’en suis encore toute émue. Il en reconnait chaque page, et est capable de reproduire la plupart des sons. Il éclate de rire quand la bombe explose. Il aime particulièrement cette page, il fait le bzzzzz en suivant la ligne du doigt :

Pas de loup intérieur 3Pas de loup intérieur 4

Et on sent sa fierté de lire, lui, le livre.

Ce livre est donc un vrai support d’échange avec le bébé. Ce n’est pas une lecture de l’adulte à l’enfant. L’enfant peut lire le livre aussi, ouvrir les flaps, reconnaître ses “mots” dans la bouche de l’adulte. C’est un moyen de montrer, aussi qu’on leur fait confiance. Qu’ils maitrisent et comprennent des choses qu’on ne maitrise pas forcément. Comme disait Jeanne Asbhé, même si les parents ne comprennent pas vraiment, les bébés, eux, comprennent.  C’est un livre que je suis profondément heureuse d’avoir découvert. Et que j’espère que vous aurez l’occasion de découvrir vous aussi avec un bébé.

Ca veut dire quoi, savoir lire ?

J’ai assisté récemment à un colloque concernant la prévention de l’illettrisme.

L’intervention qui a ouvert la journée était celle de Dominique Rateau, présidente de l’agence Quand les livres relient, qui réunit “plusieurs associations riches d’expérience de lectures partagées, riches aussi d’une réflexion menée depuis plusieurs années sur la rencontre des adultes et des tout-petits autour des livres d’images”.

Son intervention a insisté sur le fait que pour prévenir l’illettrisme, il faut s’interroger sur ce que nous appelons lire. J’en parle en détails sur les vendredis intellos.

Coccinelle Demoiselle

La bibliothèque où je travaille a également un fond de CD et de livres CD, mais j’avoue que je le connais encore très mal, parce qu’on ne peut pas écouter de CD au boulot et que ma conscience professionnelle n’allait pas jusqu’à me pousser à rapporter des livres CD chez moi pour écouter des comptines toute seule. Je commence donc seulement à le découvrir, avec le magicien. J’avais déjà parlé des Plus belles berceuses du Monde de Didier Jeunesse.

J’ai récemment eu un coup de coeur pour Coccinelle Demoiselle, chansons, comptines et jeux de doigts.

 

Coccinelle Demoiselle

Ce livre est tiré d’ateliers intitulés “Cocinelle Demoiselle” qui ont lieu dans les Deux-Sèvres, encadrés par des musiciens professionnels du conservatoire de musique et auxquels participent des tout-petits avec leur famille ou des professionnels de la petite enfance.

Les CD ont été enregistrés en public, et on entend la vie des ateliers : un enfant qui s’exclame, un bébé qui pleure… Les voix sont principalement des voix d’adultes, les enfants se font plus présents sur le second CD, mais sans que ça vire à la chorale d’enfants (ce que personnellement je suis incapable de supporter plus de 30 secondes). Beaucoup de chansons à plusieurs voix, de canons. En général, les textes sont brefs et sont repris plusieurs fois de suite, ce qui permet aux petits de se repérer et d’avoir le temps de profiter des chansons sans que ça passe trop vite à la suivante.

Pas moins de 81 chansons sur les deux CD ! Les chansons choisies mêlent quelques jeux de doigts (malheureusement sans explication des gestes), des comptines et chansons du monde (on écoute souvent ici Plouf Tizen Tizen, une chanson kabyle), des chansons traditionnelles et quelques chansons originales.

Parmi les chansons traditionnelles, si on retrouve certains classiques de la petite enfance (une poule sur un mur, meunier tu dors, dansons la capucine (chanson que je trouve personnellement horrible)), beaucoup sont moins connues. Et les arrangements permettent souvent des surprises mêmes pour les plus connues (une version créole d’A la claire fontaine par exemple).

Le livre est illustré de dessins d’enfants, dans les tons rouges, blancs, noirs et bruns, avec différentes techniques : collages, dessins, peinture… Ils ont été faits par les enfants d’écoles et de centres de loisirs de la région. Et ça rend vraiment bien.

Coccinelle Demoiselle
Coccinelle Demoiselle
Coccinelle Demoiselle

Petit détail qui m’a plu :

Paul chantait, pour coucher le magicien, une berceuse qui faisait :

“Dodo minette, Catherinette,

endormez-moi cet enfant

Jusqu’à l’âge de trois ans

Dans une chambre

pleine d’amandes

Un marteau pour les casser

Et le magicien pour les manger”.

Il ne sait pas d’où vient cette chanson.

Et dans ce livre CD, j’ai trouvé une version qui ressemble :

“Dodo petite, Sainte Marguerite,

Endormez-moi cette enfant

Jusqu’à l’âge de vingt ans

Quand elle aura vingt ans passés, elle pourra bien se marier

Dans une chambre pleine d’amandes

Un marteau pour les casser et Pierrot pour les manger”

Mais l’air n’est pas le même !!

Bref, ce livre CD est un vrai coup de coeur et je vous le conseille si vous voulez découvrir de nouvelles chansons pour enfants et lui faire écouter des comptines sans avoir envie de balancer le lecteur CD par la fenêtre !

Vous pouvez commander ce livre par correspondance auprès du centre socioculturel de Nueil Les Aubiers  (tel : 0549654210) avec l’email suivant : accueil.nueilaubiers@csc79.org.

Et un deuxième livre CD sortira le 14 février 2016 !

Lire aux tout-petits (bonus) : mes lectures avec le magicien

Cela fait 2 ans maintenant que je m’occupe des moins de trois ans à la bibliothèque, que j’accueille des enfants de crèches pour des lectures, que je conseille des parents, que je me forme.

Je vous en ai parlé en long en large et en travers, de la lecture aux tout-petits, en expliquant  pourquoicommentsur quels critères choisir les livresquels livres lire (j’ai voulu en citer tellement que j’ai du faire un deuxième article), que c’était génial de les emmener à la bibliothèque

J’ai donc beaucoup lu aux enfants des autres. Et puis, comme m’a dit un de mes collègues, j’ai poussé la conscience professionnelle jusqu’à faire un enfant pour tester mes méthodes de lecture et mes livres.

Il était évident que j’allais lire des livres au magicien. La première fois que je l’ai laissé 1h avec son papa, c’était d’ailleurs pour aller acheter des livres. Il avait 15 jours. Je lui ai acheté un peu perdu et Oh non Georges de Chris Haughton, surtout pour faire plaisir à son père, parce que ce ne sont pas des livres adaptés aux bébés. Je lui ai surtout pris Tout va bien Merlin d’Emmanuelle Houdart et le livre des bruits de Soledad Bravi.

Au tout début, le magicien s’intéressait seulement à la lumière et aux gens. Il n’avait aucun intérêt pour les jouets ou les objets. Le jour de ses un mois, il a commencé à s’intéresser à un de ses hochets. Je me suis donc dis que s’il s’intéressait à un jouet, il pourrait commencer à s’intéresser à un livre. Le jour même, j’ai donc commencé à lui lire Tout va bien, Merlin!. Il s’y est intéressé pendant à peu près… deux pages ! Je n’ai donc pas insisté, mais je lui ai reproposé dans les jours qui ont suivi, et au bout de 15 jours à peu près, il écoutait l’histoire en entier. (Quand je parle d’écouter l’histoire, c’est probablement un grand mot, mais il ne râlait pas, ne s’agitait pas, et ne regardait pas visiblement ailleurs).

Je lui ai alors proposé des livres différents. Parmi nos achats, Tout va bien Merlin, le livre des bruits, mais aussi  la p’tite bête d’Antonin Louchard et une des  boite de papa” d’Alain le Saux. Et on nous a offert les chouettes Blanc sur noir et Qui sont-ils ? de Tana Hoban. Mais j’ai aussi emprunté pas mal de livres à la bibliothèque. Celui qui a eu le plus de succès est Tigre, ce petit tigre de Malika Doray.

Le magicien a commencé à marquer vraiment son intérêt pour les livres vers 3-4 mois : sourires, battement de jambes, volonté de toucher, d’attraper le livre… Mais je pense qu’il était intéressant de commencer à lui lire plus tôt, et qu’il a ainsi pu s’habituer au livre et apprendre à les apprécier petit à petit.

Au départ, je considérais la lecture comme un moment calin, un moment calme. Je pensais d’ailleurs introduire très vite l’histoire du soir dans le “rituel du coucher”. Mais la lecture n’est pas pour lui un moment calme, c’est un moment de stimulation. Finalement, le fait qu’on lui raconte quelque chose, qu’on lui montre des couleurs… c’est comme un moment de jeu, il adore mais ça ne l’aide pas du tout à s’apaiser pour dormir. Du coup, je lis dans la journée, et au moment du coucher, je lui chante plutôt des berceuses.
Toujours dans la même optique de moment calin, je prenais le magicien dans mes bras. Mais je me suis rendue compte que ce n’était pas le plus approprié pour lui. Parce que quand je lui lis une histoire, il a besoin de bouger. J’ai enfin vraiment compris la phrase “le tout petit lit avec son corps, il peut bouger les pieds, les mains, babiller, sourire, ouvrir grand les yeux, tirer la langue…” qui figure dans notre “guide d’accueil du tout-petit à la bibliothèque”. Parce que ce sont exactement les réactions du magicien… J’ai donc pris l’habitude de m’allonger à côté de lui pour lui lire les histoires, plutôt que de le prendre dans mes bras. On est tout les deux allongés sur le dos, et je tiens le livre au dessus de nous. Il a pris l’habitude de toucher voire d’attraper le livre, et souvent il tient un côté du livre et je tiens l’autre. Depuis quelques temps, on s’allonge aussi parfois sur le ventre avec le livre ouvert devant nous.
Nous voilà par exemple tous les deux, à la bibliothèque (oui oui, je suis couchée par terre à la bibliothèque).

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Parce que j’ai pris l’habitude de le faire venir aux moments de lecture parents/bébés qu’on organise à la bibliothèque. Avant que je reprenne le boulot, j’y allais en tant que maman accompagnatrice, et ça m’a fait beaucoup amusé de passer “de l’autre côté de la barrière”. C’était un bon moyen de lui faire rencontrer d’autres bébés (le magicien adore voir d’autres bébés, et toutes les occasions sont bonnes pour l’ammener à des endroits où il peut en rencontrer, puisqu’il ne va pas en collectivité), de passer un moment agréable tous les deux, et pour moi de voir des collègues.
Un de mes meilleurs moments de lecture avec lui, c’est à un de ces accueils. Il avait 4 mois 1/2. Je lui ai lu ma voiture de Byron Barton, un livre grand format (enfin, plus grand que ceux que je lui lis d’habitude) et avec des illustrations très colorées. Il a ADORE ! Il battait des bras et des pieds, poussait des cris de joie, éclatait de rire… Un vrai bonheur !

ma voiture barton

Depuis que j’ai repris le travail, Paul vient à ces accueils avec le magicien. J’aime bien qu’ils viennent me voir au travail, même si ce n’est pas toujours facile à gérer parce qu’il ne faut pas que j’oublie que je suis là pour bosser ! La dernière fois, le magicien s’est cogné et s’est mis à pleurer, j’avoue que j’ai eu du mal à pas me précipiter pour le prendre dans mes bras ! Mais son papa était là et tout à fait capable de le consoler. Je laisse donc Paul faire l’essentiel des lectures, même si je ne résiste pas à aller lui faire un petit bisou de temps en temps !
Et comme ça, mes collègues et moi, on a un exemple sous le coude : regardez, c’est possible de sensibiliser un bébé au livre, même très jeune, et un bébé peut vraiment prendre du plaisir en écoutant la lecture !

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Paul et le magicien lisent Blop d’Hervé Tullet lors d’une séance à la bibliothèque.

Depuis quelques semaines, le magicien ne se contente plus d’écouter les histoires en regardant les livres. Il les attrape, les manipule, les tourne dans tous les sens, commence à tourner les pages… On est passé à une nouvelle étape de la découverte ! Il ne comprend pas encore que s’agripper à une page interrompt la lecture. Mais je le laisse manipuler autant que possible. Si cela coupe la lecture, ce n’est pas grave, on la reprendra plus tard (ou pas).
Comme avec les jouets, il porte aussi beaucoup les livres à la bouche (autant pour découvrir l’objet que parce qu’il a besoin de machouiller). Je sais que c’est important pour la découverte du livre, mais j’avoue que ça me fait mal au coeur de ne rien faire alors qu’il les abime. Du coup, on a fait un compromis ^^ On ne machouille pas les livres de la bibliothèque pour ne pas les abimer (et parce que je vois où il traînent, soyons clair, un livre de bibliothèque, c’est crade !). Du coup s’il veut les manipuler je surveille et en général je lui donne sa tétine pour ne pas qu’il soit tenté de les mettre à la bouche. Pour les livres de la maison, il peut, mais j’essaye de ne lui en laisser que deux vraiment à disposition, qu’il peut machouiller autant qu’il veut, et je protège plus les autres.

Je ne lui laisse que des cartonnés, le papier c’est trop risqué. Par contre, on lui laisse souvent des vieilles revues ou des pubs à manipuler, déchirer, etc. Et je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, parce que j’ai peur qu’il prenne l’habitude de déchirer, et qu’il sera pendant un moment encore pas capable de comprendre qu’on peut déchirer un vieux magazine mais pas un livre. En même temps, il s’éclate tellement à déchirer… On verra bien !

Voilà, ce n’est que le début des aventures livresques du magicien ! Je vous raconterai la suite, promis. Et en attendant, j’ai repéré plein de livres jeunesse dont j’ai envie de vous parler, j’essaye de faire ça très vite !

(PS : eh oui, j’ai tendance à décrypter chaque geste du magicien concernant le livre. Cet article est déjà long mais j’aurais pu sans difficulté en écrire le double ou le triple. Il faut dire que l’année dernière, j’ai eu une formation à “l’observation des situations de lecture des tout-petits” où il fallait noter mentalement chaque réaction de l’enfant pendant la lecture et l’écrire et l’analyser à la fin de la séance. Ca fait désormais pleinement partie de notre pratique professionnelle, et c’est super intéressant parce que justement ça permet de voir comment un enfant évolue par rapport au livre. Et donc j’ai aussi tendance à analyser aussi les situations de lecture avec le magicien. D’ailleurs, ses réactions à la bibliothèque sont notées et analysées comme celles des autres enfants, ce qui me fait beaucoup rire quand je relis les compte-rendus !).

Lire aux tout-petits (sixième partie) : les tout-petits à la bibliothèque

J’ai essayé d’expliquer pourquoi et comment lire aux tout-petits, comment choisir des livres, de proposer des titres adaptés ici et . Il est donc temps de conclure avec une sixième et dernière partie qui me tient particulièrement à coeur : les tout-petits à la bibliothèques.

Cet article marque le début de ma participation aux vendredis intellos. Même s’il s’inscrit ici dans une suite d’article, il m’a semblé qu’il pouvait se lire indépendamment.

Donc vous pouvez le retrouver ici.

Lire aux tout-petits (cinquième partie) : encore des idées de titres

Après pourquoi lire aux tout-petitscomment le faire et quelques conseils pour choisir des livres, et le début de la sélection de livres sur l’entourage du petit et sa vie quotidienne, prenons un peu de distance et proposons des livres qui permettent de s’ouvrir sur le monde et sur l’imaginaire !

Jouer à se faire peur

Les tout-petits adorent les histoires qui font peur. Tout comme ils adorent jouer à se faire peur. Parce que ça leur permet d’aborder leurs peurs profondes dans un contexte sécurisant qui leur permet d’apprendre à les gérer.

Au coeur de ces histoires, le loup!

Quand on lit un livre “qui fait peur”, il faut laisser l’enfant aller à son rythme. Si un enfant a peur d’une illustration, referme le livre ou s’éloigne, il ne faut pas le forcer. Il y reviendra à son rythme, quand il se sentira prêt.

grrr-Maubille.jpgGrrr! de Jean Maubille. “Grrr ! je suis le loup!”, mais non, c’est petit cochon, petite chèvre ou petite poule qui ont mis un masque ! On s’en rend compte en soulevant le volet. Un petit format qui se lit à la verticale. Très rapidement, les enfants devinent quel animal se cache sous le masque. Et la dernière page a toujours beaucoup de succès. Un de mes livres chouchou. Relié.

toc-toc-qui-est-la.jpgToc ! toc ! qui est là? de Sally Grindley et Anthony Browne : C’est tantôt un gorille, tantôt une sorcière, tantôt un fantôme, pour ne citer que ceux-là… tous plus menaçants les uns que les autres… Et si ce n’était qu’un jeu ? Dans cet album, on retrouve le jeu sur la peur, le moment du coucher, le lien père/fille… Et toujours avec les petits détails d’illustration d’Anthony Browne (les motifs de la tapisserie changent selon le personnage qui apparait, le dragon porte les chaussons du papa, etc). Relié.

Va-t-en_grand_monstre_vert.jpgVa t’en, grand monstre vert ! d’Ed Emberley. LE grand succès des livres pour tout-petits (dans les bibliothèques de la ville de Paris, c’est le livre le plus emprunté en section jeunesse!). Le monstre se construit peu à peu sous les yeux des enfants, grace à un système de découpe, mais n’ayons pas peur, on peut le faire disparaître ! L’enfant découvre ainsi qu’il peut maitriser sa peur. Un texte simple, des couleurs vives sur fond noir. Souvent utilisé en maternelle pour les apprentissages (différents éléments du visage, couleur, etc). Relié.

loup-douzou.jpgLoup d’Olivier Douzou. Vous connaissez la célèbre comptine “promenons nous dans les bois”? Ce livre repose sur le même principe, sauf qu’au lieu de s’habiller, le loup construit peu à peu son visage (yeux, dents, oreilles…). La chute est réussie. Le graphisme est chouette, dans un petit album au format carré. Relié.

loulou_solotareff.jpgLoulou de Solotareff. Un grand classique de la littérature jeunesse. C’est l’histoire d’un jeune loup qui se retrouve orphelin. Il rencontre alors un lapin, Tom, et devient son ami. Parfois ils jouent à PEUR-DU-LOUP et même à PEUR-DU-LAPIN. Jusqu’au moment où Tom a trop peur. C’est un livre superbe et très riche, qui aborde de nombreux sujets (mort, deuil, amitié, peur, cauchemard) de manière à la fois subtile et simple. Personnellement, je ne l’utilise pas avant 3 ans, et je préfère même l’utiliser un peu plus tard. Mais je sais qu’il est très utilisé en crèche. Mon collègue a lu ce livre plusieurs fois à un petit de 2 ans 1/2. Et ce petit a, à la première lecture, refermé le livre à la page du vieux loup mort. Mais il l’a redemandé à presque toutes les séances suivantes. Il allait un peu plus loin dans l’histoire au fur et à mesure, jusqu’à finir le livre à la 5e ou à la 6e séance.

Découverte du monde 

ma-voiture-barton.jpgMa voiture de Byron Barton : Sam nous présente sa voiture. “Des couleurs vives, des contours très nets, des dessins d’une lisibilité parfaite, des personnages très expressifs”. Celui-là, je l’ai tellement raconté que je le connais par coeur ! (Du même auteur, on peut aussi proposer sur le chantier et Dinosaures dinosaures). Relié.

un-train-passe.jpgUn train passe de Donald Crews : après les voiture ou les engins de chantier, un autre incontournable de la petite enfance : le train ! Un train à l’ancienne, avec locomotive à charbon ! Les wagons sont chacun d’une couleur différente. Relié.

c-est-le-printemps.jpgC’est le printemps de Taro Gomi : Une composition graphique qui évoque poétiquement la succession des saisons. Cette fois c’est la nature qu’on admire. Relié.

livre de l'étéLe livre de l’été de Rotraut Susanne Berner : dans cet album grand format, cartonné, sans texte, on découvre un univers foisonnant de détails que l’on retrouve d’une page à l’autre, mais aussi d’un livre à l’autre puisqu’il s’inscrit dans une série, avec un livre par saison, avec en plus le livre de la nuit. Génial pour échanger avec les enfants, qui adorent suivre un personnage au fil des décors et des saisons.

tout-un-monde.jpgTout un monde d’Antonin Louchard et Katy Couprie. Les auteurs dressent l’inventaire du monde, en prenant le parti du détail. Ils utilisent des supports très divers : photographies, dessin, peinture, collage, etc. Les images s’enchainent par association d’idées : de l’oiseau au ciel, du bébé au biberon, du lait à la vache…

mamans-du-monde.jpgMamans du monde et Papas du monde (chez Milan) : un superbe imagier de photos qui mettent en scène des parents avec leur bébé aux quatre coins du monde, dans différents moments de la vie quotidienne, accompagnées de phrases simples. Ce livre est apprécié à tous les âges : tout-petits, enfants plus grands, adultes. Une carte en début d’ouvrage permet de situer géographiquement les différentes photos. Relié.

animaux-de-la-ferme.jpgLes animaux de la ferme de François Delebecque : un imagier avec des volets à soulever. On voit d’abord l’ombre de l’animal, puis en soulevant le volet, la photo correspondante. Il est donc amusant de deviner de quel animal il s’agit avant de voir la photo! Les enfants adorent. Sur le même principe, et du même auteur, les animaux sauvages, et vroum vroum sur les moyens de transport, dont j’ai déjà parlé ici.

album-d-adele.jpgL’album d’Adèle de Claude Ponti. Difficile de décrire en quelques mots le premier livre publié par Claude Ponti, dessiné à l’occasion de la naissance de sa fille. J’y consacrerai peut être un article un jour. En attendant, je vais reprendre un extrait de Catherine Trulan : « L’ Album d’Adèle, de Claude Ponti est apparu d’emblée, à sa publication, en 1986, comme un livre particulièrement original et nouveau. Ses dimensions inhabituelles le plaçaient déjà sous le signe de l’excès. Non seulement il était très grand (42,5 x 26,5 cm),  mais son format à l’italienne, en largeur, rendait impossible une vision globale des illustrations. Il fallait littéralement explorer cet album comme une vaste contrée, d’autant plus que chaque thème graphique s’y étalait sur double page, soit sur une distance de 85 cm. Sans texte, ne proposant pas une histoire et représentant des objets, il pouvait s’apparenter à un imagier. Mais le graphisme très réaliste, écartant tout ce qui pouvait faire joli ou mignon, l’absence de classement, l’abondance pléthorique des objets reproduits, par ailleurs très hétéroclites, et l’espèce de folie dont ils semblaient saisis tout-à-coup, en faisaient, à l’évidence, un contre-imagier, une sorte de fourre-tout insensé, délirant, mais aussi fascinant. Sous cet aspect amusant, provocateur et délibérément critique à l’égard des livres infantilisants, Ponti exprimait plastiquement, de façon fine et profonde, une vision personnelle de l’enfance et de ses rapports à l’imaginaire. Cette richesse, qui se découvre peu à peu, a  confirmé le succès de l’ouvrage. »

Premières histoires, premiers contes

Ces livres proposent des histoires un peu plus conséquentes, et je les utilise généralement pour des enfants à partir de deux ans et jusqu’à quatre ans. Mais c’est très variable d’un enfant à l’autre et certains y seront réceptifs beaucoup plus tôt.

le-bebe-bonbon.jpgLe bébé bonbon de Claude Ponti. Autant Claude Ponti avait choisi un format immense et des illustrations foisonnantes pour l’album d’Adèle, autant la série créée autour de deux poussins, Tromboline et Foulbazar, est un petit format avec des dessins relativement épurés, sur fond blanc. Mais on retrouve son imaginaire complètement à part. Dans celui-ci, Tromboline et Foulbazar trouvent un bébé bonbon. Si l’un veut le manger tout de suite, l’autre propose plutôt de le suivre pour manger aussi toute sa famille ! Ce titre et les masques sont mes préférés de la série. Et si votre enfant aime Ponti, il pourra en profiter pendant de nombreuses années, parce qu’il a aussi publié des albums pour les plus grands et un roman pour lecteurs débutants.

la-petite-poule-rousse-barton.jpgLa petite poule rousse de Byron Barton. Ce célèbre conte (la petite poule rousse trouve un grain de blé, demande de l’aide aux autres animaux qui refusent pour le planter, le récolter, faire de la farine, puis faire un gateau, et finalement mange le gateau seule avec ses poussins puisque les autres ont refusé de l’aider) a été édité à de nombreuses reprises. Cette version de Barton, avec son texte simple et son graphisme coloré est une des plus accessible pour les tout-petits. Il a également repris le conte de Boucle d’or sous le titre les trois ours. Relié ou cartonné.

petit bleu petit jaunePetit bleu et petit jaune de Leo Lionni. Petit bleu et petit jaune sont très amis. Un jour, ils sont tellement contents de se voir qu’ils s’embrassent et deviennent verts ! Une jolie manière d’aborder l’amitié et la différence. Des illustrations en papier déchiré, toutes simples mais très réussies. Un grand classique de la littérature jeunesse, qui peut aussi intéresser des enfants plus grands. Relié.

roule galette

Roule galette de Natha Caputo et Pierre Belvès, une galette qui se sauve et qui échappe aux animaux comme aux humains, jusqu’à ce que le malin renard…  J’en ai déjà parlé ici.

quel-radis-dis-donc.pngQuel radis, dis donc ! de Pauline Gay-Para et Andrée Prigent. Un papi et une mamie ont un jardin si petit qu’ils n’ont pu y planter qu’une seule graine de radis. Radis géant et récalcitrant. Qui va bien pouvoir l’arracher ? Le papi ? La mamie ? La petite fille ? Ou la petite souris ? Inspiré d’un conte russe, avec les mots tout simples d’un auteur de talent.

chasse-a-l-ours.jpgLa chasse à l’ours d’Helen Oxenbury. “Nous allons à la chasse à l’ours. Nous allons en prendre un très gros. La vie est belle et nous n’avons peur de rien”. Cette phrase revient comme un refrain (le mot technique pour les contes avec cette structure répétitive, c’est un conte de randonnée, et ça convient très bien aux enfants petits parce que ça leur fait des repères dans le texte). La famille va affronter une nature plutôt hostile, mais elle est pleine de courage. Seront-ils aussi courageux quand ils seront face à l’ours ? Jubilatoire à lire à haute voix.

Ce n’est qu’une petite sélection parmi une offre très importante et avec beaucoup de livre de très bonne qualité. J’aurais pu en proposer beaucoup d’autres ! D’ailleurs, je propose régulièrement mes coups de coeur sur ce blog. Jettez donc un coup d’oeil aux  livres de Chris Haughton, jouez avec votre enfant avec  Et pourquoi pas toi ?, etc.

A venir, le dernier article de cette série, sur les tout-petits à la bibliothèque !

Lire aux tout-petits (quatrième partie) : idées de titres

Après pourquoi lire aux tout-petitscomment le faire et quelques conseils pour choisir des livres, voilà une petite bibliographie.

Sons, rythmes et rimes : 

Lier chansons, comptines ou “bruitages” à l’image, c’est un des meilleurs moyen d’aborder le livre avec le tout-petit.

Une poule sur un murUne poule sur un mur de Stefany Devaux, un de mes titres préférés de la collection Pirouette. Il réunit la comptine “une poule sur un mur” et la berceuse “l’était une petite poule grise”. J’ai choisi cet exemple, mais encore une fois toute la collection est à découvrir. On y trouve à la fois des berceuses (comme fais dodo Colas mon petit frère, aux illustrations très douces) ou des comptines beaucoup plus rythmées (comme la Totomobile). Relié.

c-est-la-p-tite-bete.jpgC’est la p’tite bête d’Antonin Louchard : C’est la p’tite bête qui monte, qui monte, qui monte… Mais qu’y a-t-il donc tout là-haut ? Un petit format cartonné (donc facilement manipulable par le tout-petit) qui reprend la célèbre comptine et joue sur les onomatopées. Ce livre a donné naissance à toute une série d’albums avec cette même “petite bête”, avec ou sans texte. Ce livre est publié dans la collection “Tête de Lard” chez Thierry Magnier, dans laquelle vous pouvez piocher pour les livres pour petits. Cartonné.

le-livre-des-bruits.jpgLe livre des bruits de Soledad Bravi : Voici le livre des bruits, de presque tous les bruits. Pour bien se rappeler que la trompette fait pouêt, que le pétard fait boum, que le loup fait oooouuuh et le hibou ouh ouh, que le rhume fait atchoum et les épinards beurk (et le lapin fait “tntntnstn”, et bin je suis nulle en bruit du lapin!). Des dessins drôles et colorés (avec de forts contrastes donc parfait pour les tout-petits). C’est rare de trouver autant d’humour dans ce type de livre. Comme il est assez épais et que chaque page est indépendante, il est sympa à laisser manipuler par un tout-petit qui peut sans problème aller et venir dans le livre, sauter des pages, revenir sur ses pages préférées… Il existe un jeu sur iPad et iPhone adapté de ce livre, mais je ne l’ai pas testé. Il fait partie des premiers livres que j’ai acheté pour le magicien. (du même auteur, voir aussi le livre des cris). Cartonné.

travaux-en-cours.jpgTravaux en cours de Taro Miura : L’auteure invite l’enfant sur un vrai chantier avec ses ouvriers, ses machines, ses panneaux d’interdiction d’entrer, son port du casque obligatoire, etc. Des silhouettes noires sur fond “papier craft”, des onomatopées et les bruits des différentes machines. Ce livre est malheureusement épuisé mais on le trouve encore facilement en bibliothèque ! Relié.

et-badaboum.jpgEt… badaboum de Sabine de Greef : L’oiseau tombe de la branche sur le chat qui fait miaou, qui tombe sur le chien qui fait wouf, qui tombe sur le mouton qui fait bêêê qui tombe sur la vache, qui fait meuh. Et la vache donne un grand coup de patte à la pyramide sur son dos et boum badaboum, tout le monde tombe par terre ! Un livre qui s’ouvre verticalement, les enfants qui s’amusent à deviner de quel animal il s’agit avant qu’on le voit entièrement… Cartonné.

Papa, maman, bébé

Beaucoup-de-beaux-bebes.jpgBeaucoup de beaux bébés de David Ellwand : un imagier de photos en noir et blanc. On s’intéresse surtout aux visages et aux expressions (bébé rit, bébé pleure, etc), mais aussi aux corps. Le livre se termine sur un miroir pour que les tout-petits découvrent leur propre image. Je suis à chaque fois impressionnée de voir à quel point ce livre “parle” aux bébés, en général ils sont complètement fascinés ! Relié ou cartonné.

mon papa browneMon papa et ma maman d’Anthony Browne : un tout-petit décrit ses parents. Plein d’humour et de comparaisons originales. Le motif de la robe de chambre à carreaux du papa et de la robe à fleur de la maman reviennent de pages en pages (et les tout-petits comprennent grâce à ce motif que c’est toujours le papa qui est représenté sous les trais d’un gorille ou d’un hippopotame par exemple, ce qui montre leur excellence en lecture de l’image). Cartonné ou relié.

boite des papasLa boite des papas d’Alain Le Saux dont j’avais déjà parlé ici. Ces livres d’Alain Le Saux qui présentent un fils et son père dans différentes situations de la vie courante sont réédités dans des petits coffret de 4 livres chacuns, plus facilement manipulables (et c’est drôle de les sortir de la boite et de les ranger !). Texte très simple, couleurs vives et toujours une dose d’humour. J’adoooore ! Ce sont les premiers livres que j’ai offert à mon demi-frère, et j’ai déjà prévu d’acheter une des boites (il y en a 4 différentes) pour le magicien. Cartonné.

des papas et des mamans ashbéDes papas et des mamans de Jeanne Ashbé dont j’avais déjà parlé ici. Un grand format, des illustrations pleines pages qui montrent des papas et des mamans très différents dans des scènes de la vie quotidienne. Ce livre se conclut sur l’importance de l’amour des gens qui entourent bébé. Les illustrations de Jeanne Ashbé, auteur de référence pour les tout-petits, sont un peu (trop) classiques à mon goût, mais ce livre est plein de tendresse et les situations parlent aux enfants. Relié.

le-papa-qui-avait-10-enfants.jpgLe papa qui avait 10 enfants de Bénédicte Guettier : il était une fois un papa qui avait dix enfants. Tous les jours il mettait 10 bols sur la table du petit déjeuner. Enfilait 10 tee-shirt, 10 pulls, 10 pantalons et 20 chaussettes… Mais en secret, il construisait un bateau pour partir dix mois tout seul, tranquille… pour au final tenir seulement 10 jours sans ses enfants ! (pour une fois que c’est le papa qui s’occupe seul de ses enfants, on en profite !). Un grand format, des illustrations toutes simples, et un livre pour dire à la fois l’amour porté à ses enfants et le besoin de décrocher, parfois. Relié.

sur-les-genoux-de-maman.jpgSur les genoux de maman d’Ann Herbert Scott : Michaël, sa poupée, son bateau, le bébé, aiment plus que tout se blottir contre maman, sous la couverture d’élan, et en avant, en arrière, en avant, en arrière… ils se balancent. Un album aux dessins très doux, parfait pour un moment calme et calin. Il aborde aussi la jalousie d’un ainé pour un petit frère, mais sur les genoux de maman, il y a de la place pour tous ! J’aime que les différences culturelles ne fassent que renforcer l’universalité du lien parent/enfant. Relié.

La vie quotidienne 

L’enfant aime retrouver dans les livres son univers. Et de nombreux parents cherchent des livres pour accompagner certains moment de la vie de leur enfant (moment du coucher, propreté, entrée à la crèche ou à l’école, arrivée d’un deuxième bébé dans la famille…). Je trouve cela très positif et très utile, mais beaucoup d’ouvrages sont alors à mes yeux trop descriptifs ou trop franchement illustratifs. Il ne faut pas oublier la forme pour ne garder que le fond. Il ne faut pas oublier non plus qu’un enfant est capable de trouver ce dont il a besoin dans des univers très différents. Je me souviens d’un accueil parent/enfant avec un petit garçon d’environ deux ans et sa maman enceinte du second. Sa maman essayait de lui lire un livre sur l’arrivée d’un autre bébé, lui s’en désintéressait et a passé presque toute la séance avec la petite boite jaune de Carter, et plus précisément sur une page où il y avait une petite boite jaune cachée dans une grande boite jaune (et qu’on pouvait voir par une petite trappe). Un moyen un peu plus détourné mais bien réel de l’aider à appréhender la grossesse de sa maman !

blanc sur noirNoir sur blanc et Blanc sur noir de Tana Hoban : des petits livres qui peuvent à première vue sembler austères aux parents mais qui sont parfaits comme premiers livres pour les bébés car les forts contrastes leur permettent de bien distingue les formes. Petits imagiers cartonnés, sans texte, ils présentent des objets familiers pour bébé (biberon, ours en peluche…) mais aussi des objets moins courants, pour permettre la découverte.

et-pit-et-pat-a-quatre-pattes.jpgEt pit et pat à quatre pattes de Jeanne Ashbé. Dans ce livre, on se place du point de vue du tout-petit, et l’univers familier de la maison prend une autre dimension ! Relié.

Tout-va-bien-Merlin.jpgTout va bien Merlin d’Emmanuelle Houdart. Merlin s’inquiète car d’étranges personnages se cachent dans ses endroits favoris, boivent son biberon ou jouent avec ses cubes. Juste le temps de tourner la page et le personnage apparaît en entier et révèle sa vraie nature. Mais les intrus ne sont que tendresse à partager. Un superbe album pour vaincre la peur de l’inconnu : les personnages ne sont que douceur et sont disposés à jouer avec le petit garçon. Les illustrations d’Emmanuelle Houdart peuvent être un peu déstabilisantes au départ, mais elle réussit à créer un très bel univers et on s’attache rapidement à son style (et les enfants y sont sensibles). L’album est construit avec beaucoup de soin (chaque personnage a sa couleur dominante), il y a toujours des détails amusants. Et j’adore la manière dont l’auteur mêle univers familier de l’enfant (pot, biberon, poussette) et créatures fantastiques. Bref, un de mes gros coup de coeur. C’est d’ailleurs le premier livre que j’ai lu à mon fils. Relié.

grosse-colere.jpg Grosse colère de Mireille d’Allancé : Robert est de très mauvaise humeur, et son papa l’a envoyé dans sa chambre. Alors Robert sent tout à coup monter une chose terrible : une énorme colère qui détruit tout sur son passage. Mais il prend aussi conscience que cette grosse colère ne dure pas. La mise en image de la colère est à mon avis très utile pour les enfants de 2-3 ans. Relié.

c-est-l-heure-du-bain-petit-lion.jpgC’est l’heure du bain, petit lion de Taro Gomi : C’est l’heure du bain pour le petit lion. Sa maman lui demande de se déshabiller. Une drôle d’idée, et pourtant, rien de plus facile pour le lionceau qui ôte crinière et fourrure… laissant apparaître un ours, puis un petit garçon. Taro Gomi est un auteur japonais très prolifique, qui a publié de très nombreux livres pour les tout-petits. C’est une valeur sûre ! Relié.

tetine-de-Nina.jpgLa tétine de Nina de Christine Naumann-Villemin : “Quand vas-tu enfin arrêter de sucer cette tétine ?”, demande Maman un peu énervée à Nina. “Jamais”, lui répond Nina. Elle veut l’emporter partout avec elle : au parc, à la piscine, au travail quand elle sera grande, et même à son mariage. Maman n’est pas trop d’accord. Et le loup, lui, qu’en pense-t-il ? Imiter Nina qui parle avec sa tétine dans la bouche est très drôle (à lire les dents serrées). Les dessins sont super sympa, et Nina est une petite fille qui a le sens de la répartie ! Dans la même série, un petit frère pour Nina sur l’arrivée d’un nouveau bébé (un peu moins réussi à mon sens, mais les enfants qui ont aimé le premier seront heureux de lire la “suite”). Relié.

au-lit-petit-monstre.jpgAu lit petit monstre de Mario Ramos : Quand papa décide de coucher son petit monstre il lui faut beaucoup de patience ! Entre le bisou à maman, le brossage des dents, le pipi, le verre d’eau…. Il est vraiment difficile de faire dormir un petit monstre! Relié.

papa.jpgPapa de Philippe Corentin : Au lit, on lit. Ensuite, on dort. Mais soudain, on entend un grand cri : papa ! Un livre où le monstre n’est pas forcément celui que l’on croit ! J’aime bien que ce ne soit pas systématiquement à la maman qu’on s’adresse en cas d’inquiétude. Parfait pour découvrir Philippe Corentin, que les enfants retrouveront avec plaisir un peu plus grand dans d’autres histoires. Il y a beaucoup d’autres livres sur les terreurs nocturnes, souvent pour les un peu plus grands. Je conseille en particulier il y a un cauchemard dans mon placard et Scritch scratch dip clapote. Relié.

tout-le-monde-y-va.jpgTout le monde y va d’Emile Jadoul : Le cow-boy, le papa, la princesse, l’indien, la sorcière et la maman… mais où vont-ils tous d’un pas si pressé ? Aux toilettes ! Un livre plein d’humour sur la propreté. On se place à hauteur d’enfant (on ne voit que les jambes des personnages). J’aime aussi beaucoup je veux mon p’tit pot de Tony Ross. Cartonné.

Bebes-chouettes.jpgBébés chouettes de Martin Waddell et Patrick Benson. 3 bébés chouettes attendent leur maman. Est-ce qu’elle va rentrer ? J’aurais pu mettre ce livre dans une autre catégorie, mais à mes yeux, c’est un bon exemple d’histoire qui permet d’aborder une problématique importante pour le tout-petit (la séparation avec la mère, l’idée qu’elle va revenir) de manière imagée et poétique. Ma maman, qui est institutrice en première année d’école maternelle, utilise souvent ce livre en début d’année, et c’est efficace pour rassurer les enfants et à mes yeux bien plus intéressant qu’une histoire de maman qui vient chercher son enfant à l’école, parce que ce livre contribue aussi à la découverte d’un univers différent (le nid de la chouette, la forêt…). Relié.

A force de rajouter des titres, de se dire “ah oui il faut absolument que je parle de celui-là”, je me suis étendue plus que prévu et j’ai donc décidé de couper cet article en deux. La suite très vite, donc.