Cadeaux de naissance

On cherche souvent des idées de cadeaux de naissance, moi c’est facile, j’offre toujours un livre ! (ou plusieurs…). Voilà une petite liste des livres que j’aime offrir. 

Et comme pour les livres incontournables à l’école maternelle, cet article est en écho à celui de Chloé du blog littérature enfantine. Parce que ça nous a plu de réfléchir à un thème commun, de voir qu’on avait des références en commun, mais qu’on faisait aussi des découvertes… Cette fois, il y a quelques livres en commun dans nos listes, mais aussi des découvertes. 

 

Les beaux livres pour les futurs parents : 

Ces livres là, je les offre parfois avant même la naissance, pendant la grossesse. Parce qu’ils plairont aux parents, mais seront aussi merveilleux à partager avec le bébé. 

maman grébanMaman d’Hélène Delforge et Quentin Gréban (Mijade, 2018)

Une galerie de portraits de mères, de toutes origines, avec chacune leur façon de materner. Des mères qui disent leur maternité, qui s’adressent à leur (futur) enfant. Qui disent le beau, qui disent le dur. Des illustrations à couper le souffle. 

C’est une livre qui parlera à toutes, qui montrera qu’on peut être touchées, même en temps qu’adultes, par un livre de littérature jeunesse. Un livre qu’on peut garder pour soi mais aussi proposer à des tout-petits, partager avec eux la beauté des illustrations, la poésie des textes, par petite touche. 

Chloé en parle ici

 

en t'attendant vastEn t’attendant d’Emilie Vast (MeMo, 2014)

“En t’attendant, j’ai vu la chenille devenir papillon. “

Une future mère observe les transformations de la nature autour d’elle. Elle les partagera avec son enfant quand il sera là. 

Les illustrations graphiques d’Emilie Vast sont superbes et j’aime l’idée d’évoquer avec le tout petit l’attente qui l’a précédé. 

 

 

heureux parents houdartLes heureux parents de Laeticia Bourget et Emmanuelle Houdart (Thierry Magnier, 2009)

Un album qui commence comme un conte de fée, avec la rencontre d’un prince et d’une princesse, mais qui se poursuit avec une quête pleine d’épreuves, la parentalité. On voit la grossesse, les bébés, les enfants qui grandissent puis finissent par quitter la maison parentale. Cet album se distingue clairement du reste de la sélection car il montre aussi la difficulté, le trivial, les couches et les enfants qui vomissent. Mais il est aussi plein de poésie. Et vous connaissez mon amour pour les illustrations d’Emmanuelle Houdart. J’ai offert cet album à mon amoureux quelques mois après la naissance de notre fils. Il m’a offert une reproduction d’une des illustrations pour la naissance de ma fille. Chloé en parle ici. D’Emmanuelle Houdart, Abris, même s’il n’est pas centré autour de la parentalité, fait aussi un merveilleux cadeau de naissance. Un merveilleux cadeau tout court, d’ailleurs, quelque soit l’âge de la vie. 

 

papa ilePapa île d’Emile Jadoul (Pastel, 2014)

Emile Jadoul a fait plusieurs très beaux albums sur la paternité. Dans Papa-île, un futur père s’inquiète du père qu’il sera, parce qu’il ne rentre pas dans les cases qu’il connait, le superpapa qui joue au foot et construit des cabanes. Mais il pourra être un papa île, un papa cabane, un papa aimant et présent. Un album plein de douceur. 

 

 

 

les mains de papa jadoulDu même auteur, j’adore aussi les mains de papa (Pastel, 2012). Des mains qui accompagne son bébé, posées sur le ventre de la maman pendant la grossesse, et plus tard, les mains du tout petit accrochées fort fort à ses doigts pour une première descente en toboggan. “Et soudain… un… deux… trois… sans les mains !”, le tout petit s’élance seul. 

Le texte est uniquement composé d’onomatopées. Il dit beaucoup avec une grande économie de moyens. C’est un livre autant à destination des parents qu’à celui des bébés à qui il plait beaucoup. J’en ai parlé plus longuement ici

 

 

J’essaye d’être raisonnable et de m’arrêter là, mais j’avais aussi envie de citer tout petit de Marie Sellier et Ilya Green (Casterman, 2018), plein de douceur. Un très beau jour de Marie-France Painset et Judith Gueyfier (Didier Jeunesse, 2020) dont les illustrations sont sublimes. Et si vous avez la chance de les trouver d’occasion, car ils sont épuisés, bien avant toi de Pascal et Mandana Sadat (Didier Jeunesse, 2010) et papa pas à pas de Philipp Waechter (Milan jeunesse, 2009) sont des petits bijoux. 

 

La musique :

Les livres CD font des cadeaux de naissance assez idéaux, je trouve : un beau livre et un CD à écouter avec eux, en les feuilletant ou pour s’endormir. Et des comptines, des jeux de doigts à découvrir et à chanter au tout petit (et avec lui quand il grandit un peu). On trouve certes énormément de comptines sur youtube, mais souvent avec des animations moches, des accompagnements musicaux pas terribles… Mon but c’est de proposer de belles choses, autant parce que les enfants méritent de la qualité, en musique comme en littérature, que pour éviter que les parents s’arrachent les cheveux à la millième écoute de la même chanson inécoutable.  

plus belles berceuses du mondeLes plus belles berceuses du monde, du mali au Japon (Didier Jeunesse, 2015). 

Cette collection de livres CD de comptines et de berceuses du monde de chez Didier Jeunesse est merveilleuse. Le travail de collectage des chansons est impressionnant. On a pour chaque chanson son texte, sa transposition en phonétique et une traduction, ainsi qu’une présentation de la comptine. Les illustrations du livre grand format sont magnifiques. Les plus belles berceuses du monde regroupe des chansons déjà publiées dans d’autres ouvrages de la collection et propose ainsi des berceuses de toutes origines. J’en parle ici. Mais je vous encourage vivement à aller regarder le reste de la collection si vous cherchez des berceuses d’une région du monde en particulier. 

Jazz sous la luneDans le même format que les berceuses du monde, deux livres de jazz ont également été publiés, les plus belles berceuses jazz (Didier jeunesse, 2012) puis jazz sous la lune (Didier Jeunesse, 2015). Les morceaux sont sélectionnés par Misja Fitzgerald-Michel et les livres sont illustrés par Ilya Green (du coup, inutile de vous dire que les illustrations sont des merveilles). J’en ai parlé ici. Ils ont bercé toute la première année de notre fille. Et pour finir de vous convaincre, je vous dirai juste qu’il m’est arrivé de les écouter alors que ma fille n’était pas là. Combien de livres CD pour enfants nous donnent réellement envie, à nous adulte, de les écouter ? 

berceuses et balladines jazzBerceuses et balladines jazz ( Didier Jeunesse, 2017)

S’il s’inscrit dans la lignée des précédent, en particulier parce qu’il est également illustré par Ilya Green, ici ce sont des reprises par Ceilin Poggi et Thierry Eliez. On les a beaucoup écoutées aussi. Le livre (un plus petit format, tout cartonné) ne propose pas les paroles des chansons, mais des poèmes de Murielle Szac qui en sont inspirés. Un petit bijou. J’ai vu qu’un deuxième opus venait de sortir, balladines et chansons doucesavec des reprises de chansons françaises, mais je n’ai pas (encore) eu l’occasion de l’écouter. 

 

Les titres précédents proposent donc des cd à écouter. Les suivants proposent de chanter et de faire des jeux de doigts avec les tout-petits. 

jeux chantés de mon bébéles jeux chantés de mon bébé (Didier Jeunesse, 2016) proposent des comptines et des jeux de doigts, avec à chaque fois une illustration, une explication des gestes mais aussi quelques mots sur l’origine de la comptine et son intérêt pour les tout-petits. Il est délicatement illustré par Martine Bourre. On peut aussi citer les premières comptines des p’tits lascars (Didier Jeunesse, 2013). J’en avais parlé ici. A ma connaissance les livres sont bien les mêmes, seuls les titres ont changé dans la nouvelle édition. 

 

je chante avec mon bébéje chante avec mon bébé d’Agnès Chaumié (enfance et musique, 2014) est une merveille de cadeau de naissance. 107 comptines, joliment illustrées, des classiques mais aussi des comptines étrangères, des moins connues et de belles découvertes. Des instrumentalisations simples mais belles. Des voix d’adultes et des voix d’enfants (certaines ont été enregistrées lors d’ateliers d’enfance et musique). Et pour les parents, de nombreuses explications, sur l’intérêt des différents types de comptines selon le stade de développement du tout-petit, sur l’histoire de chaque comptine, sur la façon de la chanter avec l’enfant… (tous les jeux de doigts sont expliqués). Je l’ai beaucoup écouté avec mon fils, de ses deux ans quasiment jusqu’à la fin de la maternelle, et je m’en sers souvent à la bibliothèque lors des accueils de tout-petits. 

 

y'a une pie dans l'poirierLa collection Pirouette (Didier Jeunesse) ne propose pas de CD, mais une mise en image de comptines célèbres. Les autrices et les auteurs ont souvent poursuivi la comptine en inventant de nouveaux couplets. La mise en image de ces comptines est une réussite. Et ces livres fascinent les enfants, dès les premiers mois et pendant longtemps. J’ai beaucoup hésité sur le titre à mettre en avant, j’ai choisi y’a une pie dans l’poirier de Martine Bourre, mais j’aurais pu en choisir bien d’autres : bateau sur l’eau, p’tit lapin plein d’poils, la famille tortue… Chloé en parle ici et

 

Les petits cartonnés : 

Des premiers livres qu’on peut lire dès la naissance et que le bébé manipulera rapidement. Le tout-carton est particulièrement rassurant pour les parents qui n’ont pas l’habitude de proposer des livres à des bébés. 

blanc sur noir hobanBlanc sur noir et Noir sur blanc de Tana Hoban (Kaléidoscope, 1994). 

Deux albums complémentaires, incontournables des petits albums pour bébés. Petit formats, ils sont facilement manipulables. Ils proposent des silhouettes (blanches sur noires ou noires sur blanches) d’objets du quotidien des bébés. Efficaces et beaux. Chloé en parle ici

 

 

pomme pomme pommePomme pomme pomme de Corinne Dreyfuss (Thierry Magnier, 2015). 

Parfois, on ouvre un album et on se dit immédiatement qu’il va nous devenir indispensable. Ca a été le cas pour celui-là, qui fait depuis partie de mes chouchous avec les bébés. Pour ses belles pommes brillantes qu’on a envie d’attraper et de croquer. Pour son rythme, pour sa richesse sous son apparente simplicité. Un bonheur. Chloé en parle ici

 

 

boite papas 2Il y en a 4, des boites des papas d’Alain Le Saux (école des loisirs, 2009-2011). Chacune regroupe quatre petits livres cartonnés qui mettent en scène avec beaucoup d’humour un petit garçon et son papa. Son papa qui lui semble si gigantesque. Son papa qui joue, s’occupe de la maison, dort (souvent), s’active. Ces petits coffrets aux couleurs vives, si amusants à vider, ces petits livres si amusant à manipuler, à lire jusqu’à les savoir par coeur… sont des indispensables chez nous. J’en parle ici

 

et le soir qd la nuit tombeet le matin

et le matin quand le jour se lève… et et le soir quand la nuit tombe… d’Anne Crausaz (MeMo, 2015) sont deux très jolis albums complémentaires. On y suit, la nuit, le sommeil des animaux diurnes et l’activité des animaux nocturnes. Et inversement la journée. On peut donc comparer les deux livres, page par page. Ou juste se laisser bercer par le texte d’Anne Crausaz et ses belles illustrations simples et graphiques. Comme dans tous ses livres, c’est une ode à la nature à la portée des tout-petits. 

 

petits amis de la nuitLes petits amis de la nuit d’Ilya Green (Didier Jeunesse, 2017)

Dans ce petit livre cartonné, un bébé se couche. C’est alors le défilé, sur fond noir, des doudous, peluches et autres jouets qui vont lui tenir compagnie. Aussi doux que beau, aussi beau que doux. 

Chloé en parle ici

 

Les beaux livres pour les bébés :

Quand on propose des livres aux bébés, on a tendance à se tourner vers les petits cartonnés que je vous ai montré plus haut. Parce que c’est rassurant, c’est solide. Mais je trouve ça dommage de leur proposer que ça. Alors qu’on peut aussi leur proposer des grands formats, des livres papier, dès tout petits. 

Tout va bien MerlinTout va bien Merlin ! d’Emmanuelle Houdart (Thierry Magnier, 2009)

Mais qui sont ces créatures fantastiques qui se cachent dans les affaires de Merlin ? Une sirène, un dragon, un drôle de diablotin… tous plein de bienveillance. Tout va bien, Merlin !

Cet album tient une place vraiment à part pour moi, parce que c’est l’album de mon fils. Celui qu’on lui a lu en boucle toute sa petite enfance. Je l’offre pour partager un peu de cet amour et de ces moments avec les gens que j’aime et leurs bébés. 
Mais au delà de cet attachement tout personnel, c’est un excellent album, aux illustrations marquantes. Un livre de coucou/caché, un livre plein de réassurance pour les tout petits. J’en parle ici et Chloé

 

2 petites mains et 2 petits pieds2 petites mains et 2 petits pieds de Mem Fox et Helen Oxenbury (Gallimard Jeunesse, 2018)

Un texte en forme de comptine. Des bébés de toutes origines qui jouent et grandissent ensemble. La douceur des illustrations d’Helen Oxenbury. La tendresse maternelle qui achève l’ouvrage. Une merveille. J’en parle ici et Chloé en parle

 

bonsoir luneBonsoir lune de Margaret Wise Brown et Clément Hurd (école des loisirs, 1983)

C’est le moment du coucher. C’est donc le moment de dire bonsoir à tout ce qui se trouve dans la chambre, de la brosse à la vache qui saute par dessus la lune sur le tableau. Un album parfait pour le rituel du soir. Publié pour la première fois en 1947, il n’a pas pris une ride. Chloé en parle ici

 

mon arbremon arbre d’Ilya Green (Didier Jeunesse, 2013)

Ca manquait un peu d’album d’Ilya Green, cette sélection, vous ne trouvez pas ? Non ? C’est pas grave, je vous en mets un en plus quand même. 

Un bébé sort de son cocon et part explorer le monde, accompagné d’un chat. Jusqu’à trouver “le plus beau des endroits”. Un album délicat, un album coloré, un album qui plaira autant aux bébés qu’à leurs parents. La rencontre entre le tout-petit et sa mère est d’une telle beauté… J’en parle ici et Chloé en parle

 

pas de loup ashbéPas de loup de Jeanne Ashbé (Pastel, 2008)

“Pas de loup ? Tu as cherché partout ? Alors à pas de loup vers les histoires où tout se noue et se dénoue”. 

Des petites histoires d’une double page, avec un volet qui se soulève pour découvrir la chute. Un texte fait d’onomatopées proches du babil de l’enfant. Parce que “c’est un cadeau formidable que fait l’adulte à l’enfant quand il lui renvoie un écho de ses petits discours”. Ce livre, mon fils l’a “lu” à 16 mois, tellement fier d’en être capable alors qu’il ne parlait pas encore. 

 

bonne nuit tout le mondeBonne nuit tout le monde de Chris Haughton (Thierry Magnier, 2016). 

Le jour tombe, et tout le monde a sommeil. Mais Petit ours, lui, ne veut pas dormir, il veut encore jouer ! Alors qu’autour de lui tout le monde baille et s’endort. 

Je suis assez persuadée que chaque tout petit devrait avoir plusieurs Chris Haughton dans sa bibliothèque. Ils sont tous chouettes. Celui là est celui qui, à mes yeux, s’adresse le plus à des bébés. Il gagne en douceur ce qu’il perd en humour. Les couleurs sont magnifiques. 

 

portraits d'animauxPortraits d’animaux de Lucie Brunellière (Albin Michel Jeunesse, 2018)

Tigre, chat, ours, baleine, mais aussi hermine ou lémurien… De magnifiques portraits d’animaux pleine page, dans un livre géant (46×34 cm). Parce qu’on propose beaucoup aux bébés des livres qu’ils peuvent manipuler, mais que c’est aussi drôlement chouette de leur proposer des livres plus grands qu’eux. 

 

 

 

Et j’espère que les parents et les bébés de vos entourages profiteront autant de la lecture de ces livres que j’en ai profité avec mes enfants quand ils étaient bébés. 

Les indispensables de maternelle

Il y a peu, ma copine Chloé a fait un « top 20 des albums à avoir en maternelle ». Je l’attendais avec impatience parce que j’avais déjà vu ses top 20 des albums à avoir en crèche. Mais autant sur les sélections en crèche, j’aurais choisi quasiment les mêmes, autant pour les maternelles, je me suis rendu compte que ma liste serait très différente (sans du tout remettre en cause la qualité des albums qu’elle a choisis !). Quand je lui ai dit que je n’aurais pas du tout fait la même liste, elle m’a bien sûr demandé la mienne.

Et la voilà ! Bon, je vous le dis tout de suite, je n’ai pas réussi à me restreindre à 20. Je me suis accordé 25 titres.

Nous n’avons pas procédé exactement de la même façon. Elle propose essentiellement des nouveautés, des livres engagés, des coups de cœur. Si j’ai proposé quelques coups de cœur récents, j’ai réfléchi plus en terme de “classiques”, de livres que j’utilise déjà depuis un certain temps avec des classes, et dont je ne me lasse pas. De livres qu’à mes yeux les enfants devraient connaitre pour avoir une culture en littérature jeunesse aussi.  Je me suis demandé à un moment si ça valait le coup de citer les livres que tout le monde connait, mais je les ai mis, puisque ce sont bien des « indispensables ».

Nos listes sont aussi, je pense, le reflet de nos positionnements professionnels différents. Elle, lectrice, fait essentiellement de la lecture individuelle ou en petit groupe. Si à la bibliothèque on conseille les parents et les enfants, avec les enfants de maternelle on lit plutôt à des groupes plus importants, à des classes ou en heure du conte. C’est donc sur les livres que je lis aux classes que je m’appuie pour cette sélection. Ce qui suppose certains critères : des livres grands formats, sans trop de détails dans les illustrations, faciles et agréables à lire à haute voix.

Mais je ne suis pas enseignante. En tant que bibliothécaire, je fais uniquement des lectures « plaisir » et même si pour certains titres je peux avoir des pistes d’utilisation pédagogique en classe, ce n’est pas mon métier. Des enseignantes choisiraient donc peut être différemment…

 

Mais trève de blabla, voilà ma sélection. Classée par auteur, pour me simplifier la vie.

feu petit pierreAu feu, petit Pierre ! d’Adrien Albert (école des loisirs, 2014)

Un incendie ! Vite, Petit Pierre, aidé par Jars et Orang-Outang, vont affronter les flammes et sauver Mamie et Bubulle, son poisson rouge !

Soyons clairs : à cet âge là, un livre sur les pompiers, c’est toujours un succès. Et celui-ci apporte en plus une bonne dose de fantaisie et l’univers des jeux d’enfants.  (Chloé en parle ici).

 

bébé marchéBébé va au marché d’Atinuke et Angela Brooksbank (éditions des éléphants, 2017)

Une femme fait le marché, son bébé dans son dos. Bébé qui est si mignon qu’il se fait offrir par les marchands 6 bananes, puis 5 oranges, puis 4 biscuits… Et maman qui ne remarque rien !

Des illustrations colorées magnifiques, une narration en randonnée qui fonctionne très bien, la bouille de ce bébé tellement mignon… Et cette maman qui ne remarque rien de ce qui se passe dans son dos ! Pour les plus grands, c’est aussi un livre à compter.(Chloé en parle ici)

Et on peut retrouver ce bébé qui grandit dans bébé est bien caché puis dans Bintou la casse-cou, et c’est toujours autant de plaisir.

 

chat plus bête du mondeMon chat le plus bête du monde de Gilles Bachelet (Seuil, 2004)

Le chat de Gilles Bachelet adore se prendre pour un coussin, dormir sur la télé ou faire sa toilette. Il est aussi vraiment très très bête. Et ressemble drôlement à un éléphant.

Le décalage du texte et de l’image est particulièrement savoureux dans cet album, surtout quand on lit le texte avec un sérieux de ministre. Les enfants sont souvent décontenancés avant d’en rire tout autant que nous. A réserver plutôt aux grands cependant, justement pour pouvoir rire de ce décalage. (Chloé en parle ici).

On retrouve son chat dans deux autres albums (quand mon chat était petit et des nouvelles de mon chat). Parmi les autres livres de cet auteur génial, Xox et Oxo et le chevalier de Ventre-à-terre sont tout aussi géniaux. Et très riches à exploiter en classe, grâce aux nombreuses références, à l’art dans le premier et à la littérature jeunesse dans le second.

 

dinosauresDinosaures, dinosaures de Byron Barton (école des loisirs, 1990)

Il y a très longtemps vivaient les dinosaures. Des gros dinosaures  et des petits dinosaures. Des dinosaures avec de longs longs cous et de longues longues queues. Des dinosaures furieux et des dinosaures peureux…

Après les pompiers, je continue à surfer sans vergogne sur les intérêts des petits avec les dinosaures. Mais j’aurais pu vous citer quasiment tous les albums de cet auteur, particulièrement efficaces avec les petites sections. Des sujets porteurs (les dinosaures, les voitures, les engins de chantier…), des textes simples, des couleurs vives et franches et des dessins qui peuvent facilement servir de support à des activités d’art plastique. Citons en particulier ma voiture, mon bus, sur le chantier, et la petite poule rousse et la toute petite dame pour les premiers contes. Et notons que quand il y a des personnages humains, il est toujours attentifs aux représentations : personnages racisés, femmes mécaniciennes ou capitaines de bateau…

 

bain berkLe bain de Berk de Julien Béziat (école des loisirs, 2016)

L’enfant quitte la salle de bain quelques minutes et catastrophe, Berk, le doudou cracra, tombe dans l’eau. Berk se noie ! Les jouets de bain s’activent pour lui venir en aide… Berk, lui, essaye de parler, mais avec la bouche pleine d’eau…

Une aventure, une vraie, pleine de suspens, de danger et de solidarité entre jouets. Et la touche d’humour pipi caca qu’il faut pour en faire un énorme succès. (Chloé en parle ici).

Et ce qui est chouette, c’est que ce n’est pas la seule aventure de Berk. Il affronte un monstre horrible dans le mange doudou. Et la nuit de Berk ouvre un champ d’aventure génial : une salle de classe la nuit. Avec plein de références à la littérature jeunesse à la hauteur des enfants de cet âge là. Parfait pour les instits ! On attend impatiemment le nouveau de la série, l’œil de Berk, qui sort bientôt.

 

monstres poilule monstre poilu d’Henriette Bichonnier et Pef (Gallimard 1991, réédité en recueil en 2017)

Le monstre poilu a capturé le roi (poils aux doigts). Celui-ci propose de lui livrer le premier enfant qu’il croise en échange de sa liberté (poils au nez). Manque de bol, il tombe sur sa propre fille. Heureusement, la petite Lucile est vive, intelligente, impertinente et réussira à se débarrasser du monstre. Et ce, même si ce ne sont pas des manières de princesses (poil aux fesses). A mon avis, c’est génial pour bosser les rimes et la phonologie avec des grandes sections. Et en plus c’est drôle.

 

pierre et la sorcièrePierre et la sorcière de Gilles Bizouerne et Roland Guarrigue (Didier Jeunesse, 2016)

Pierre est un galopin qui n’a peur de rien. Pas même de l’horrible sorcière qui vit dans la forêt. Et quand, hop zou et frrrout elle l’enferme dans un sac, il a toujours une ruse pour réussir à s’échapper.

Les livres de la collection à petits petons de chez Didier Jeunesse sont des merveilles de premiers contes. Ecrits par des conteurs, ils sont vraiment faits pour la lecture à voix haute, entre chansons, rythmes et répétitions. On y trouve aussi les grands motifs des contes (et dans celui-ci on pensera à Pierre et le loup, à Poule Rousse ou à Hansel et Gretel), pour commencer à familiariser les enfants avec mais aussi pour faire des mises en réseau d’albums. Je les aime tous d’amour et il a été très difficile pour moi de choisir, mais celui-là est particulièrement jubilatoire. Je l’ai prêté à l’enseignant de ma fille qui travaille sur les sorcières, il a voulu le garder (“pour apprendre les insultes de sorcières” dixit ma fille). (Chloé en parle ).

 

gorille browneUn gorille d’Anthony Browne (Kaléidoscope 2012)

Le livre à compter, c’est un incontournable de maternelle. Celui là commence de façon très classique : un gorille, deux orangs-outans, trois chimpanzés… Mais sera finalement bien plus riche, rappelant que nous sommes tous issus des grands singes, tous de la même famille. Les illustrations sont superbes, et les singes tellement expressifs. (Chloé en parle ici).

 

école marsusl’école des p’tits marsus de benjamin Chaud (Little Urban, 2017)

Comme chaque matin, les petits marsus se préparent pour aller à l’école. Sur le chemin, il faut faire attention en traversant. Après le bisou aux parents, on enchaine le cour de musique, la gym, la cantine…

Les enseignants de maternelle cherchent très souvent des albums sur la journée d’école. Celui-ci répondra à cette attente, tout en y apportant une bonne dose de fantaisie. Très proche du quotidien des enfants… mais dans la jungle d’Amérique du Sud ! A la cantine, on mange des mangues et des termites et forcément, le paresseux est “le meilleur professeur de dodo de toute la jungle”. Avec les illustrations pleines de détails et d’humour de Benjamin Chaud. Nul besoin de connaitre le marsupilami pour en profiter, les enfants adopteront très vite cette famille et pourront la retrouver dans d’autres aventures. (Chloé en parle ici).

 

plouf corentinPlouf ! de Philippe Corentin (école des loisirs, 1991)

Au fond d’un puit, un loup aperçoit un fromage. Il se penche pour l’attraper… et tombe dans le puit ! Comment va-t-il se sortir de là ?

Le format à la verticale du livre fonctionne particulièrement bien pour figurer la profondeur du puit. C’est une excellente première rencontre avec l’univers de l’auteur, aussi drôle qu’intelligent. Et qui met tellement bien en valeur l’importance du langage ! (Chloé en parle ).

On peut ensuite poursuivre avec Patatras, le roi et le roi, Zigomar n’aime pas les légumes, Pipioli la terreur, l’ogre, le loup et la petite fille, etc, etc. Questions idiotes est à mourir de rire avec les enfants : mais comment font les adultes pour poser des questions aussi bêtes ?

Grand classique des maternelles, vous trouverez facilement des ressources pour l’exploiter en classe.

 

princesse kevinPrincesse Kevin de Michael Escoffier et Roland Guarrigue (P’tit Glénat, 2018)

Kevin a décidé de se déguiser en princesse.

Vous me connaissez, je ne pouvais pas proposer de sélection sans un livre antisexiste. Vous savez aussi que j’en ai des dizaines sous le coude et que ça n’a pas été facile de choisir. Mais celui-là est un plaisir de lecture, il est drôle, les images sont expressives. Et la question des vêtements, des déguisements genrés est à mes yeux indispensable à aborder en maternelle. J’avais envie de narration, plutôt que d’un album manifeste. Mais vous en trouverez de nombreux autres ici.

 

pleine lune guilloppéPleine lune d’Antoine Guilloppé (Gautier-Languerreau, 2010)

Par une nuit de pleine lune, le loup ouvre les yeux, le renard sursaute…Tous les animaux sont intrigués par ce bruit étrange.

J’aime montrer aux enfants de nombreux types d’illustrations, sortir aussi de la forme classique de l’album. Les illustrations découpées de ce livre, qui ressemblent à de la dentelle, sont d’une beauté rare et laissent bouche bée. Les animaux de la forêt, mais aussi le travail du noir et blanc donnent plein de possibilités d’exploitation en maternelle. (et pour ceux qui s’inquiètent de sa fragilité, ces livres sont moins fragiles qu’ils en ont l’air et ne sont pas trop abimés). Et on peut aussi découvrir l’univers de la savane africaine, de la jungle, de la mer, du grand nord, du désert… (Chloé parle de plein soleil ici)

 

chut planChut, on a un plan ! de Chris Haughton (Thierry Magnier, 2014).

Tiens, un oiseau ! Le plus petit aimerait bien sympathiser, mais les grands sont bien décidés à l’attraper. Chut, on a un plan ! Mais chaque tentative pour l’attraper se solde par un échec… douloureux. N’y aurait-il pas une meilleure solution pour approcher l’oiseau ?

J’en parlais là.

Tous les livres de Chris Haughton sont des merveilles et pourraient figurer dans cette liste. Son premier, un peu perdu, est déjà devenu un classique de maternelle, en tout cas mes deux enfants ont travaillé dessus à l’école. Mais j’aime aussi beaucoup proposer celui-ci. Parce que c’est un bonheur à lire à voix haute, grâce à l’alternance des niveaux de voix (on chuchote, on crie…). Et j’aime particulièrement le jeu de couleurs, le camaïeu de bleus de la forêt sur lequel se détache nettement l’oiseau (orange, rose, violet vif).

 

joyeux abécédaireLe joyeux abécédaire de Maria Jalibert (Didier Jeunesse, 2016)

C’est un abécédaire pas comme les autres. Déjà, parce que Maria Jalibert a l’idée géniale d’illustrer ses livres de petits jouets en plastique. Et parce qu’on y croise des animaux assis sur une asperge, un caniche crâneur dans une calèche, un squelette avec un sèche-cheveux (mais sans savon), ou un taureau terrifiant regardant la télé. Un abécédaire, oui, mais surtout un univers de découvertes et d’humour. Le travail sur les petits jouets me semble particulièrement intéressant à exploiter en classe. Chloé en parle ici.

Et pour les plus jeunes, l’imagier Bric-à-brac et l’imagier couleurs (qui extrait certaines pages du précédent) sont aussi des merveilles.

 

tu nous emmènes kasanoTu nous emmènes ? de Yuichi Kasano (école des loisirs, 2015).

Le héros et son père ont construit un avion. Oui, rien que ça. Ils sont prêts à décoller… quand les animaux arrivent les uns après les autres avec cette question : “tu nous emmènes ?”. Pas de problème, il suffit d’un peu de bricolage ! (Chloé en parle ici).

Ah, les jeux d’accumulation des albums de Kasano, quel plaisir ! On entasse, on accumule, et ça marche ! Ils fonctionnent à tous les coups ! Même chose dans Bloub bloub bloub et A la sieste tout le monde !, incontournables en petite et en moyenne section.

 

presque toutPresque tout de Joelle Jolivet (Seuil, 2004)

Après un livre à compter et un abécédaire, il me fallait un imagier. Et je n’ai pas hésité une seconde. Celui-là est mon préféré. J’en avais d’ailleurs déjà parlé ici. Son grand format, la variété des thèmes présentés, la beauté des dessins… Un livre marquant. Et Zoo logique et Costumes sont tout aussi merveilleux.

 

Anton rabat-joieAnton et les rabat-joie d’Ole Konnecke (école des loisirs, 2013)

Personne ne veut jouer avec lui ? Tant pis, Anton s’allonge par terre, et il est mort. Complètement mort.

Un album à hauteur de jeu d’enfants, où on peut jouer à être mort. Parfaitement mort. Sur les petites jalousies, la gestion des conflits, sur l’imagination. Un album drôle, aussi. On retrouve Anton et ses copains dans plusieurs autres albums, mais celui-là reste mon préféré.

 

écureuil première neigeL’écureuil et la première neige de Sebastien Meschenmoser (Minédition, 2009)

L’écureuil et ses amis Ours et Hérisson ont décidé de ne pas hiberner tant qu’ils n’auront pas vu la première neige. Mais ils n’ont jamais vu la neige ! Comment savoir si elle n’est pas déjà là ? Tout ce qu’ils savent, c’est que la neige c’est blanc, froid et humide…

Cette série d’albums de Sebastien Meschenmoser est ma série d’albums préférés de toute la littérature jeunesse, je crois. Les dessins sont magnifiques, les animaux sont d’une expressivité incroyable, c’est drôle, décalé, loufoque, plein de détails… Celui-ci est celui que je trouve le plus accessible pour une lecture en groupe en maternelle, mais l’écureuil et la lune et l’écureuil et le printemps sont des bijoux aussi.

 

bateau zouglougloule bateau de Monsieur Zouglouglou de Coline Promeyrat et Stefany Devaux (Didier Jeunesse, 2000)

Monsieur Zouglouglou a fait un bateau d’une coquille de noix. Il est rejoint à bord par une souris, une rainette, un lapin… Mais le bateau va-t-il rester à flots avec autant de passagers ?

Je vous ai déjà parlé avec Pierre et la sorcière de la collection à petits petons. Je lis le premier plutôt aux grands, celui-ci est idéal pour les petits. Un album randonnée, avec une petite chanson qui revient comme un refrain, les animaux qui s’ajoutent… Jusqu’à la chute finale. Si on veut “mettre les livres en réseau”, ça vaut le coup de lire aussi la promenade de Monsieur Gumpy de John Bunrningham, malheureusement épuisé mais qu’on trouve encore en bibliothèque. Et dans la collection à petits petons, mes autres chouchous pour les petits sont quel radis, dis donc !, et vogue la petite souris, on y va, papa !, la moufle et roulé le loup. Aux moyens et aux grands, je lis le loup et la mésangePatouffèt’, la souris et le voleur, la cocotte qui tape-tip-tope, l’ogre Babborco…

 

chasse à l'oursla chasse à l’ours de Michael Rosen et Helen Oxenbury (Kaleidoscope, 2018 pour l’édition actuellement disponible)

“Nous allons à la chasse à l’ours. Nous allons en prendre un très gros. La vie est belle, nous n’avons peur de rien !”

Y’a-t-il encore besoin de présenter cet album ? Je n’en suis pas certaine mais je ne pouvais pas faire une liste d’indispensables sans en parler. La justesse du texte, les répétitions, l’accélération de la lecture à la fin… Un vrai plaisir ! Et très riche à exploiter en classe, ma fille en a fait une version géniale avec sa maitresse, l’année dernière, en moyenne section. (Chloé en parle ici).

 

heure bleuel’heure bleue d’Isabelle Simler (éditions courtes et longues, 2015)

“Le jour s’éloigne… bientôt la nuit… Entre les deux, elle passe… C’est l’heure bleue.” Et des animaux, des oiseaux, des fleurs bleues, il y en a !

Un album grand format aux illustrations merveilleuses, apaisantes. Isabelle Simler a le talent rare de rendre poétique la biologie, la science. Et les ailes des morphos bleus étincellent sur les ipomées. Un des rares albums que je peux lire autant à des enfants de crèche qu’à des CM2. (Chloé en parle ici).

En classe, ce travail sur les couleurs peut en inspirer d’autres, comme l’autrice le montre sur son site, avec les livres oranges, gris et violets d’élèves de primaire. Et parmi ses autres livres, Plume et la toile, entre l’album et le documentaire, sont géniaux aussi.

 

atchoumA-a-a-a-atchoum ! de Philip et Erin Stead (Kaléidoscope, 2011)

Amos McGee travaille au zoo. Tous les jours, il passe voir ses amis (l’éléphant, la tortue, le hibou, le rhinocéros et le manchot). Mais le jour où il tombe malade, ce sont eux qui lui rendent visite.

Un bonheur d’album aux illustrations rétro et un peu désuètes. Un décalage jubilatoire quand on voit les animaux du zoo dans l’appartement du gardien. Des beaux détails dans l’illustration. Un livre qui nous rappelle l’importance de prendre soin de ses amis, aussi. Bref, une perle. (Chloé en parle ici).

 

trois brigandsles trois brigands de Tomi Ungerer (école des loisirs, 1968)

Trois brigands qui dévalisent les voyageurs jusqu’à ce qu’ils tombent sur Tiffany, une petite fille dont ils décident de s’occuper.

Est-il encore nécessaire de présenter cet album ? Les habits noirs et les chapeaux noirs des brigands, la grande hache rouge, l’univers nocturne, les cheveux blonds de Tiffany qui se détachent…

Il sera d’ailleurs réédité en très grand format au moins de novembre, idéal pour la lecture à un groupe !

 

bou et les 3 zoursBou et les 3 zours d’Elsa Valentin et Ilya Green (Atelier du poisson soluble, 2008)

“L’était une fois une petite Bou qui livrait dans la forest avec sa maïe et son païe. Un jour elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.

– Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui dirent sa maïe et son païe.

– Dakodak, respondit Bou.”

A partir de l’histoire archi-connue de Boucle d’or (vous la voyez, les instits, la mise en réseau ? ^^), Elsa Valentin crée une langue qui n’appartient qu’à cet album. Une langue fait de mots étranges, inventés. De mots valises qu’on aurait envie d’employer tous les jours (confordouillette, panitrouiller). Une langue qui fait appel à l’anglais, à l’espagnol, au créole, au latin… à l’argot, aux mots d’enfant… Une langue qui est autant un délice à lire qu’à écouter (je vous conseille quand même de vous entrainer un peu avant de le lire à voix haute). J’en parle longuement ici, mais je veux redire à quel point jouer sur la langue, et montrer aux enfants qu’on peut le faire, est à mes yeux un cadeau précieux à leur faire. Et en plus, il est illustré par Ilya Green. (Chloé en parle ici).

 

soupe caillouUne soupe au caillou d’Anaïs Vaugelade (école des loisirs, 2000)

Le loup propose à la poule de faire une soupe au caillou. Intriguée, elle accepte, mais elle ajouterait bien un peu de céleri. Chaque animal qui arrive ajoute un autre légume “pour donner du goût”.

Ce vieux loup fatigué, qui inspire d’abord la crainte, réussira ainsi à partager un repas convivial avec d’autres animaux. Un album sur les apparences qui sont parfois trompeuses, sur le partage. “Rien ni personne n’est jamais tout blanc ni tout noir, telle est la morale de cette histoire, racontée dans une langue à son image, aussi enjouée que profonde.” (source). Un album magnifique à proposer aux enfants. L’occasion de faire de la soupe en classe ! Et vous trouverez d’autres versions de ce conte : une version africaine, une version qui se passe en Chine

Si je cite seulement cet album de Vaugelade aujourd’hui, les merveilles sont nombreuses dans son oeuvre. Les livres de la famille Quichon sont des très chouette et Zuza est une héroïne géniale à proposer aux petits comme aux grands. Les fans de dinosaures et les autres trouveront leur bonheur avec l’ami du petit tyrannosaure. Mais mon autre chouchou avec les maternelles, c’est l’anniversaire de Monsieur Guillaume et ses coquillettes au jambon d’anniversaire. 

 

Et voilà ! 

Avec nos 2 listes, ça vous fait déjà une belle bibliothèque !

Salon de Montreuil 2017

C’est un rituel, chaque année ou presque, je fais un *petit* compte rendu de mon tour au salon de Montreuil.

Cette année, j’y suis allée 3 fois : vendredi avec des amies, dimanche en famille et lundi pour la journée professionnelle. Repérage de nouveautés, (plein de) dédicaces, achats de cadeaux de Noël, visite de l’expo, spectacle, et intervention dans une table ronde, ça a été très riche !

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A Montreuil, il y a les livres qu’on découvre, qu’on achète. Mais aussi nos chouchous, ceux qu’on a lu cent fois, et qu’on emporte précieusement parce qu’on a repéré que les auteurs étaient présents.

Pour moi cette année c’était Ni poupées ni super héros de Claire Cantais, à la ville brûle que j’ai chroniqué en détails sur fille d’album. Dédicacé pour les enfants, pour les accompagner encore un peu plus dans leur liberté, le magicien, en ce moment, me demande souvent “hein on a le droit de faire ça quand on est un garçon ?”…

 

Pour le magicien, c’était la tribu qui pue d’Elise Gravel et de Magali Le Huche aux éditions les fourmis rouges (qui fait décidément de chouettes bouquins, et je ne dis pas seulement ça parce qu’ils éditent Emmanuelle Houdart ^^). C’est LE coup de coeur du moment à la maison et il est très fier d’avoir désormais Fanette dans son livre !

La tribu qui pue, c’est donc l’histoire d’une joyeuse troupe d’enfants très heureux de vivre entre eux, à poil, dans la nature. Mais la directrice de l’orphelinat est bien décidée à laver, habiller et faire rentrer dans les cases… C’est drôle, fin, super ! Une très bonne idée de cadeau de Noël !

 

Vous connaissez sans doute notre passion familiale pour Bulle et Bob ! La puce a choisi Bulle et Bob se déguisent “parce que c’est mon préféré !”. Ilya Green lui a décidé une magnifique Bulle, mais alors qu’elle lui rendait le livre, la puce s’est écrié “je veux Bob aussi !”.

Rien pour l’amoureux, mais depuis qu’il a eu sa propre dédicace de Oh non, Georges ! de Chris Haughton l’année dernière, il est comblé !

J’adore les dédicaces avec les enfants. J’adore la spontanéité avec laquelle ils parlent aux auteur·e·s (quand j’ai moi-même du mal à être à l’aise et à dire autre chose que “j’adore ce que vous faites !”).

Et puis il y a eu les achats…

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Oui, je sais, c’est franchement indécent… Mais cette année il y a beaucoup de cadeaux !

 

Celui-ci, à la recherche de la carotte bleue, les métiers de Sébastien Telleschi, c’est une découverte du magicien, qui commence à s’intéresser beaucoup aux livres jeux. Il a eu un coup de coeur sur le stand de little urban (qui a vraiment un catalogue super chouette, j’essayerai d’en reparler un peu ! En attendant, allez faire un tour sur leur site, d’autant plus intéressant qu’ils proposent de nombreux ateliers et activités en lien avec leurs albums). C’est bourré de détails et la carotte bleue n’est vraiment pas facile à trouver, ça va l’occuper un moment !

 

Un grand jour de rien de Béatrice Alemagna (Albin Michel Jeunesse) pour le magicien, parce que j’aime de plus en plus cette auteure, et qu’on a eu l’occasion de découvrir des originaux de cet album à l’exposition du salon, qui ont beaucoup intéressé le magicien. Dans cet album, un petit garçon se trouve coincé dans une maison de campagne, et n’a qu’une envie, jouer à tuer des martiens sur sa console. Jusqu’à ce qu’il se laisse emporter par toutes les possibilités que lui offrent l’extérieur. Les planches sont simplement magnifiques !

 

On aurait dit d’André Marois et Gérard Dubois (Seuil jeunesse), dédicacé par l’auteur (mais l’illustrateur n’était pas là malheureusement). Si ces illustrations rétro ne sont généralement pas ma tasse de thé, elles conviennent plutôt bien à cet album, qui est surtout un éloge de l’imagination des enfants, qui se laissent complètement embarquer dans leur histoire (non sans faire *quelques* dégâts dans la maison). La chute me fait beaucoup rire !

 

Le nouveau nid des petits marsus de Benjamin Chaud (Little Urban) fait partie d’une nouvelle série qui reprend en album jeunesse le célèbre héros de BD. C’est ultra mignon, plein de détails dans l’illustration comme toujours chez Benjamin Chaud. C’est le grand chouchou des enfants pour le moment, aussi bien du grand (5 ans) que de la petite (2 ans 1/2), parmi tous les livres rapportés du salon.

Et visiblement, les coussins avec les illustrations de Benjamin Chaud sont bien confortables pour faire une petite pause au milieu de la course du salon !

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L’ours qui ne rentrait plus dans son slip est un livre CD de Emilie Chazerand et Félix Rousseau de chez Benjamin média. J’en cherchais pour le magicien pour le “temps calme” de l’après-midi (quand sa soeur fait la sieste). Nous ne l’avons pas encore écouté mais les extraits que j’ai entendu, ce que j’ai vu en le feuilletant et le nom d’Emilie Chazerand dont j’ai adoré le dernier roman pour ados (la fourmi rouge chez Sarbacane) me font penser que ça va être très bien.

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J’ai déjà parlé un peu de ce documentaire pour préados et ados sur les règles par Elise Thiébaut et Mirion Malle chez la ville brûle ici. Je ne l’ai pas encore lu entièrement, mais j’ai apprécié les passages que j’ai lu et la diversité des représentations. Et j’en profite pour frimer avec mon nouveau tote bag avec lequel je me promène fièrement depuis quelques jours !

J’ai l’impression qu’on a beaucoup parlé de ce loup en slip de Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz (Dargaud), mais si vous l’avez raté, il est hilarant ! Tout le monde dans la forêt est terrorisé par le loup (et tout un business s’organise, entre pièges à vendre et brigade anti-loup), mais il fait beaucoup moins peur avec son slip à rayures… On a cru qu’on ne réussirait jamais, avec Elise, à trouver le livre sur le salon, Dargaud n’ayant pas de stand, donc la dédicace est une grande victoire, merci à Sophie !

Chaque année, c’est mon rituel, je vais sur le stand de Minédition pour que l’éditeur me raconte une histoire, il a un don pour ça ! Et cette année, j’ai craqué pour trop grand, trop petit ! de Catherine Leblanc et Eve Tharlet, pour la puce qui a décidé qu’elle était grande et plus pikinote ! J’avais beaucoup aimé dans la même série est-ce que tu m’aimeras encore ? (sur l’amour inconditionnel des parents) et là voilà ! (sur l’arrivée d’une petite soeur) et là encore beaucoup de tendresse se dégage du dessin, alors je passe même sur la mère en tablier dans la cuisine.

Des fois, on a de la chance : on va voir la grande conteuse Catherine Zarcate (que vous pouvez par exemple découvrir ici), et on tombe aussi sur l’illustratrice du recueil, Irène Bonacina, qui nous fait un magnifique dessin ! Mes enfants sont ans doute un peu petits pour ce recueil, mais il contient un de mes contes préférés, le loukoum à la pistache.

Ce qui est chouette, au salon, c’est quand on découvre des albums qu’on ne pensait pas prendre, des illustratrices qu’on ne connaissait pas, en l’occurrence simplement parce qu’elle était à côté de Magali Le Huche en dédicace. Dans cet album, la retraite de Nénette (à l’école des loisirs), Claire Lebourg où elle invente une retraite libre à Nénette, orang-outang de la ménagerie du jardin des plantes qui y vit depuis 1972. La puce a été très marquée par sa visite à la ménagerie et a donc réclamé que ce livre soit pour elle, même s’il s’adresse à des plus grands.

Encore une découverte, cette fois grace au magicien qui s’est précipité sur ce livre-objet, le bout du bout de François David et Henri Galeron chez Motus (maison d’édition qui fait de la poésie et que je ne connaissais pas !). Un livre surréaliste, qui se déplie peu à peu, j’aime son côté un peu perché !

 

Et ensuite… les cadeaux !

Je n’ai malheureusement pas pu faire dédicacer Bergères Guerrières, de Jonathan Garnier et Amélie Fléchais, par manque de temps (j’avoue que j’ai aussi du mal avec les méthode de Glénat puisqu’il faut acheter un album sur le stand pour avoir un ticket dédicace, ce que je trouve très nul). Je n’ai pas encore lu cette BD d’aventure en entier, mais j’ai beaucoup apprécié ce que j’en ai lu et ça a été un gros succès chez Sophie et ses filles. Je suis donc sûre que c’est un super cadeau pour ma cousine de 8 ans !
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Pour les neveux de Paul, presque 3 ans et 5 ans, loup gris et la mouche de Gilles Bizouerne (Didier Jeunesse). J’aime beaucoup cette série “loup gris” et je trouve que celui-ci est le meilleur. Loup gris avale une mouche. Malheur, il se met à bzzzzozoter ! Quand il croise une araignée, il se dit qu’il va l’avaler, et qu’elle mangera la mouche dans son ventre, et que son souci sera réglé. Mais ça ne va pas aussi bien se passer… C’est un régal à lire à haute voix, et un de mes derniers gros succès à l’heure du conte à la bibliothèque : enfants comme parents étaient écroulés de rire !

Pour mon neveu de 6 mois, un de mes chouchous, un des livres qu’on a lu en boucle avec nos enfants bébés : bon voyage bébé ! de Béatrice Alemagna (Helium). Je l’aime tellement que j’ai eu du mal à ne pas mettre toutes les pages ! Le coucher décrit comme un départ en voyage, avec une grande délicatesse et le talent de Béatrice Alemagna. Et en plus, on évite les stéréotypes !

Autre chouchou, autre cadeau dédicacé pour mon neveu, les mains de papa d’Emile Jadoul (pastel), mon préféré de cet auteur ! J’en avais parlé ici.

Vous connaissez mon amour pour Ilya Green. C’est un incontournable de nos cadeaux de naissance. Pour le petit dernier de la famille, nous avons donc craqué pour son dernier album chez Didier Jeunesse, les petits amis de la nuit, un joli défilé de doudous qui accompagnent le coucher d’un tout-petit. Le jeu de mat et brillant est discret mais réussi.

Et encore du Ilya Green, en livre CD cette fois, pour un grand bébé d’un an ! Elle illustre les chansons de Ceilin Poggi et Thierry Eliez, accompagnés non pas des traductions des chansons mais de poèmes de Murielle Szac. On n’y trouve pas seulement du jazz puisque les reprises vont de Barbara Streisand à Stevie Wonder en passant par les Beatles. L’amoureux les a vu en concert avec les enfants à la librairie du quartier et a aussi craqué pour nos enfants qui l’écoutent chaque soir au coucher depuis. Personnellement, j’aime particulièrement sa reprise de isn’t she lovely.

Enfin, ma belle-soeur m’a demandé un roman à Noël. Et vous savez que j’aime beaucoup faire lire des romans ados aux adultes, j’ai donc fait dédicacer pour elle un de mes gros coups de coeur de l’année, là où tombent les anges de Charlotte Bousquet (chez Gulfstream), donc j’ai parlé longuement ici.

 

Mais le salon du livre, ce ne sont pas que des achats ! Et j’ai la chance d’avoir un fils aussi motivé que moi pour en profiter ! Alors on est allés voir la lecture chantée par Pascal Parisot de son dernier livre disque, Superchat, les souffrances du gros Werther, illustré par Roland Garrigue, chez Didier Jeunesse. Werther le ver de terre est en train de se dessécher sur une terrasse, en plein soleil…Heureusement que superchat va venir à la rescousse ! C’est décalé et drôle. Un bon livre CD à offrir là encore !

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Et puis vous aurez compris depuis le début de l’article que je suis fan d’Ilya Green, mais j’ai une tendresse particulière pour Bou et les 3 zours d’Elsa Valentin (à l’atelier du poisson soluble), un livre d’une inventivité incroyable. Alors pouvoir l’écouter lue par l’auteure à l’occasion de sa sortie en livre CD aux éditions trois petits points, c’était vraiment chouette ! et ça a été l’occasion d’écouter aussi un futur album à paraître en mars, Zette et Zotte à l’usine, affaire à suivre.

Et puis au salon de Montreuil, il y a une expo, cette année sur la représentation des enfants. L’occasion de retrouver certain·e·s illustrateur·trice·s que j’adore : Béatrice Alemagna (photos 1 et 2), Benjamin Chaud (photo 3), mais aussi d’en découvrir d’autres. Cette année, Annabelle Buxton (photo 4 et 5) et Audrey Celleja, dont j’avais déjà vu passer des albums, mais sans y prêter assez attention (photo 6 et 7) J’aurais aimer vous en montrer plus, mais les originaux sont, bien évidemment, sous verre, et c’est quasiment impossible de prendre une photo potable.

Bon, je vais arrêter mon article fleuve ici, mais vous n’en avez pas fini avec le salon ! Déjà parce que j’ai eu la chance d’intervenir lors d’une table ronde sur la diversité (ou plutôt le manque de diversité) dans la littérature jeunesse avec Diariatou Kebe de l’association Divéka/Diversité & kids, Penda Diouf, responsable d’une bibliothèque à Saint-Denis et Sophie Agié de légothèque, et que j’en parlerai en détails sur fille d’album et puis j’ai aussi repéré plein de nouveaux titres, en particulier sur la diversité. Si je ne ferai pas un article de blog (ça me prend trop de temps), j’essayerai d’ajouter un lien vers le fil twitter.

Bou et les 3 zours

Ca fait un moment que j’avais envie de vous parler de Bou et les 3 zours d’Elsa Valentin et Ilya Green (Atelier du poisson soluble, 2008).

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Vous avez sans doute déjà remarqué que j’adore les illustrations d’Ilya Green. Je me suis déjà extasiée devant les plus belles berceuses jazz et jazz sous la lunemon arbre ou la série des Bulle et Bob. Ici, on est chez Ilya Green “première période” avec des illustrations très colorées, des aplats de couleur en fond… Un peu comme dans Marre du rose  qui date de la même période.

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(je veux la même robe pour ma fille. De manière générale, les vêtements dessinés par Ilya Green devraient être commercialisés, les robes de Bulle sont également sublimes. Avis aux marques de fringues !).

Cet album reprend l’histoire archi-connue de Boucle d’or et les trois ours. Mais ici, Bou est une petite brune et l’histoire prend son temps : la promenade de Bou dans la forêt avant d’arriver chez les ours dure près de la moitié de l’album. Le temps d’admirer les illustrations d’Ilya Green (et de savourer au passage qu’on prenne de la distance avec les stéréotypes). Le temps de profiter, déjà, d’un texte merveilleux.

En effet, ce qui fait l’originalité et la richesse de cet album c’est le texte d’Elsa Valentin. Voilà les premières lignes de l’album, pour vous donner une idée :

L’était une fois une petite Bou qui livrait dans la forest avec sa maïe et son païe. Un jour elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.

– Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui dirent sa maïe et son païe.

– Dakodak, respondit Bou.

Elsa Valentin a créé ici une langue qui n’appartient qu’à cet album, dont le “zours” du titre ne donne qu’une minuscule idée. Une langue fait de mots étranges, inventés. De mots valises qu’on aurait envie d’employer tous les jours (confordouillette, panitrouiller). Une langue qui fait appel à l’anglais, à l’espagnol, au créole, au latin… à l’argot, aux mots d’enfant… Une langue qui est autant un délice à lire (même si j’avoue que j’ai du m’entrainer plusieurs fois avant d’oser me lancer dans une lecture à voix haute) qu’à écouter.

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Une langue qui malgré toute son étrangeté est immédiatement compréhensible. Une langue qui rappelle aux adultes à quel point le contexte, l’illustration, l’univers dans lequel nous emmènent un album donnent du sens même à un mot qu’on ne comprend pas  (et donc qu’il n’est pas nécessaire d’accompagner un mot jugé “compliqué” d’explication, sa place dans l’album suffit généralement, et même si on ne le comprend pas tout à fait, on peut juste profiter de ses sonorités, de la manière dont il roule sur la langue).

Une langue qui montre aux enfants que la langue est un jeu, qu’on peut s’en emparer, la tordre, s’amuser avec. Il y a ceux qui ne se rendent pas tout de suite compte que ce n’est pas notre langue habituelle, tant elle reste compréhensible. Ceux qui sont stupéfaits de voir un adulte se lancer dans ce texte et lire avec aplomb “Kik’a gouglouté toute ma sol ? pleurchinia Chtitours.”

C’est d’autant plus jubilatoire pour eux que l’histoire des trois ours est généralement connue et qu’ils peuvent apprécier le décalage avec les versions qu’ils connaissent déjà !

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J’avais déjà lu cet album au magicien alors qu’il était tout petit parce que je me préparais à le lire le lendemain à une heure du conte, et il avait déjà aimé (Chlop dit d’ailleurs ici : “j’ai eu la bonne surprise de constater qu’il est très apprécié par des petits de même pas deux ans. Il semble qu’écouter des mots qu’ils ne connaissent pas ne les déstabilise pas du tout. Peut être parce qu’ils sont justement en plein apprentissage du langage et qu’ils entendent tout les jours des mots dont ils essayent de deviner le sens grâce au contexte?”).

Et quand cette année, il m’a dit que la maîtresse leur avait lu le conte (dans la version de Byron Barton. Mais que feraient les instit de petite section sans Byron Barton ?), saisissant ce prétexte pour m’acheter enfin cet album, j’ai couru à la librairie pour lui proposer cette version. Le magicien adore inventer des mots. Des noms étranges pour ces peluches ou ses jouets. Des phrases dans des langues imaginaires. Ce livre souligne à quel point c’est chouette de pouvoir faire ça. A quel point, même si c’est important de pouvoir se faire comprendre, la langue est un terrain de jeu. C’est un beau cadeau à lui faire, je trouve.

Et “Patastrophe” fait désormais partie du langage familial !

Si vous voulez en voir un peu plus sur ce livre, vous pouvez lire les articles de Chlop et du tiroir à histoires.  J’en profite pour vous dire qu’Elsa Valentin et Ilya Green ont publié un nouvel album ensemble chez Didier Jeunesse cette fois, ours et gouttes. 

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Si la langue utilisée est plus classique, c’est une belle histoire sur le déguisement, le jeu, l’imaginaire et sa richesse. Un album où on fait sécher son petit frère en le suspendant à la corde à linge. Où on lit des fleurs. Où on peut être une goutte, une ourse ou faire du roller à patins. A découvrir ici.

Cadeaux de Noël : des livres pour les 0-7 ans

J’ai toujours plein d’idées de livres à offrir, je vous en donne quelques unes ! Si je donne des âges, ils restent très indicatifs, c’est ce que je conseillerais sans connaître l’enfant, ses goûts, son rapport au livre…

à un bébé de 6 mois j’offrirais :

berceuses jazz

Les plus belles berceuses jazz sélectionnées par Misja Fitzgerald-Michel et illustrées par Ilya Green, chez Didier Jeunesse (23,80 € ou 29,90€ en édition de luxe)

Parce que ce livre et ce CD plaisent autant aux parents qu’aux enfants et qu’il apaise ma fille et l’aide à s’endormir.

J’en parle en détails ici.

à un bébé d’un an, j’offrirais :

pas de loup ashbé

Pas de loup de Jeanne Ashbé chez Pastel (12,70€)

Parce que c’est un album juste merveilleux avec les petits parce qu’ils peuvent vraiment s’en emparer avant même de savoir parler. Parce qu’en ce moment, écouter le magicien le lire à sa petite soeur est un des plus beaux moments.

J’en parle en détails ici.

à un enfant de deux ans, j’offrirais :

Et le matin quand le jour se lève… et/ou et le soir quand la nuit tombe… d’Anne Crausaz chez MeMo (9,50€ l’un)

Parce que les dessins d’Anne Crausaz sont superbes. Parce qu’on retrouve avec plaisir les animaux d’un livre à l’autre pour constater que ceux qui dorment la nuit profitent ensuite de leur journée, et inversement.

 

à un enfant de trois ans, j’offrirais :

pourquôôââ Voutch

Pourquôôââ ? de Voutch chez Thierry Magnier (8,90€)

Parce que ce livre est tout simplement à mourir de rire. J’en parle en détails ici.

à un enfant de quatre ans, j’offrirais :

grosse faim p'tit bonhomme

La grosse faim de P’tit Bonhomme de Pierre Delye et Cécile Hudrisier chez Didier Jeunesse (12,50€ ou 5,50€ en petit format. Existe aussi en livre CD, les aventures de P’tit Bonhomme à 22,80€).

Un chouette conte randonnée. P’tit bonhomme a faim mais n’a pas d’argent. Le boulanger accepte de lui échanger contre de la farine, que le meunier lui donnera contre un sac de blé, que le paysan lui donnera… Le texte de Pierre Delye est un plaisir à lire à haute voix, et heureusement parce qu’on risque de devoir la raconter souvent ! Les illustrations de Cécile Hudrisier sont très riches. Un des coups de coeur du moment pour le magicien.

à un enfant de cinq ans, j’offrirais :

soupe au caillou vaugelade

Une soupe au caillou d’Anaïs Vaugelade à l’école des loisirs (12,20€ ou 5,60€ en petit format)

Un loup arrive dans un village. Il propose de faire une soupe au caillou. D’abord méfiants, les animaux finissent par trouver que c’est une bonne idée, mais rajouteraient bien quelques légumes, quand même…

Parce que c’est une belle histoire de partage, et de ruse mais dans le bon sens du terme, celui où la ruse permet de rassembler, de faciliter les relations.

à un enfant de six ans, j’offrirais :

roi de la montagne en hiver

Le roi de la montagne en hiver de Sylvie Delom et Aurélia Fronty chez Didier Jeunesse (14,20€)

Un album grand format, un très beau conte d’hiver et les illustrations magnifiques d’Aurélie Fronty.

 

à un enfant de sept ans, j’offrirais :

Dans les poches simler

Dans les poches d’Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres… d’Isabelle Simler aux éditions courtes et longues (22€).

Mon coup de coeur du moment, je pense que je vais craquer à Montreuil ! Un concept tout simple : Isabelle Simler a dessiné et listé ce qu’on trouvait dans les poches des héros des contes et de l’enfance. Il n’y a plus qu’à deviner à quel personnage cela correspond ! Les dessins d’Isabelle Simler sont un vrai régal et ce livre est une superbe invitation à (re)découvrir les contes.

Vous pouvez trouver d’autres idées de cadeaux dans mes sélections de 2011, 2012 et 2013 ! Et bien sûr dans les autres livres du blog, qui sont répertoriés par âge, ici pour les 0-3 ans, ici pour les 3-8 ans. Je vous conseille également le webzine de La Mare aux mots, le pavé de la mare.

Et venez me raconter quels livres vous avez prévu d’offrir, vous !

 

10 albums que j’aime

J’ai été taguée sur Facebook par Gabriel de la Mare aux mots. Il fallait que je cite 10 albums jeunesse qui m’ont particulièrement plu ou marqué. Je me suis dit que j’allais faire d’une pierre deux coups et en faire un article !

Cette liste n’est qu’une des possibilités. Parce que des albums que j’adore, des albums qui m’ont marqué, il y en a beaucoup plus que 10. Mais cette liste me plait parce qu’elle est un peu de moi, alors j’ai décidé de la partager.

Je commence avec 5 livres de mon enfance. Parce que pour moi, ce sont eux les plus marquants, finalement. Parce que je les ai tous retrouvés, chez ma mère ou chez ma grand-mère, et que je compte tous les lire au magicien.

10 albums que j'aime

(oui, cet exemplaire est tout pourri, mais c’est le mien !)

Parce qu’il est dédicacé par ma grand-mère : “juin 87, Laura a 1 an. C’est une “grande” la princesse, Mamette”. Parce que oui, je fais partie des enfants qui ont eu la chance de baigner dans les livres dès la naissance, ou presque.

Parce qu’il est drôle, et tellement loin des livres niais sur la propreté.

La série “petite princesse” de Tony Ross est toujours en cours, et c’est souvent drôle et bien vu. J’ai un faible pour Je veux gagner.

10 albums que j'aime

Parce que c’est à mes yeux la base de la littérature jeunesse.

Et parce qu’un des brigands a pour arme un soufflet qui lance du poivre.

Pour les couleurs, pour les tours en forme de chapeau.

J’aurais pu choisir le géant de Zéralda du même auteur, aussi.

10 albums que j'aime

Parce que ce livre me faisait pleurer, quand j’étais petite. Dans la même série, j’ai également un faible pour la tasse cassée et Noël chez Ernest et Céléstine.

10 albums que j'aime

Et les autres albums du père castor que me lisait ma grand-mère. J’en parlais ici.

10 albums que j'aime

Parce que Mimi Cracra est un surnom qui m’est resté longtemps.

Mais il y a aussi les albums d’aujourd’hui.

10 albums que j'aime

Pour les illustrations tellement riches et originales (et parfois un peu flippantes) d’Emmanuelle Houdart. Pour le côté tellement rassurant du texte.

Parce que c’est le premier livre que j’ai lu au magicien, le jour de ses 1 mois.

10 albums que j'aime

Pour l’univers décalé, des histoires qu’on ne pourrait pas trouver chez d’autres auteurs. Dans celui-ci, l’écureuil est bien embêté : la lune est tombée sur sa maison, et si on le suspecte de l’avoir volé, on le mettra en prison. Il doit s’en débarasser.

Pour la beauté et l’humour des illustrations. Chlop a parlé d’un autre titre de cette série ici.

10 albums que j'aime

Parce qu’il fallait au moins un album d’Ilya Green dans cette liste.

Et au moins un album antisexiste.

J’en parle ici et .

10 albums que j'aime

Pour la beauté des illustrations. Pour l’histoire qui évoque dans un même album l’abandon, la différence, l’exclusion, l’amitié, l’importance d’être accompagné, d’avoir un nom.

10 albums que j'aime

Parce qu’il fallait au moins un album de Vaugelade dans la sélection.

Parce que j’adore ce conte, si malin.

Mais 10 albums, c’est vraiment trop peu. J’aurais aimé citer aussi des albums de Komako Sakai, Gilles Bachelet, Kitty Crowther, Philippe Corentin, Alain Le Saux, Olivier Tallec, Joelle Jolivet, Benjamin Chaud…

Et vous ? Ca me ferait vraiment très plaisir que vous fassiez cette liste de 10 albums, en commentaire ou sur votre blog !

Edit de novembre 2015 : je rajoute ici les listes que j’avais eu en commentaire :

Vladimir :

Dans moi (kitty crowther).
Max et les maximonstres (Maurice Sendak).
La souris et le voleur (Jihad Darwiche et Christian Voltz).
Le déjeuner de la petite ogresse (Anaïs Vaugelade).
Le beau vers dodu (Nancy Van Laan et Marisabina Russo).
Strongboy (Ilya Green).
Léo (José Aruego et Robert Kraus).
La chasse à l’ours (Michael Rosen et Helen Oxenbury).
Le roi qui n’avait rien (Alex Cousseau et Charles Dutertre).
Le petit Chaperon Rouge ou la petite fille aux habits de fer blanc (Jean-Jacques Fdida et Régis Lejonc).

Rosalie :

-Tout un monde, l’imagier de chez Thierry Magnier. Parce qu’il cassait avec intelligence et talent les codes des imagiers et que chaque lecteur y voit l’image qu’il veut.
-Le monsieur, la dame et quelque chose dans le ventre. Aakeson/Eriksson chez Pastel. Pour son humour et sa finesse.
-La vague de Suzy Lee pour les illustrations et le mouvement qui s’en dégage.
-La petite casserole d’Anatole d’Isabelle Carrier chez Bilboquet, pour la sensibilité.
-Le prince tisserand de Nora Aceval et Laureen Topalian aux éditions du sorbier. Un conte oriental qui bouscule les clichés sexistes.
-Joé le lapin rêvé de Malika Doray (je suis assez fan de Malika Doray)
-L’histoire de Clara de Vincent Cuvellier chez Gallimard. Pour l’histoire, l’espoir, les voix.
-Une histoire à quatre voix d’Antony Browne parce que c’est un chef d’œuvre, je trouve.
-La revanche de Lili Prune de Ponti parce que.
-La grande question de W. Erlbruch parce que c’est nous qui avons la réponse 😉

Aude Leme :

1- Marlaguette (G. Muller) – Je le lis à mes trois enfants, et je finis les larmes aux yeux… “Et Marlaguette regardait souvent vers le fond des bois, avec son doux sourire, songeant à cette grande bête de loup qui, pour l’amour d’elle, avait accepté pendant des jours de mourir de faim…”
2- La naissance de Célestine (G. Vincent) – Un livre adorable, très émouvant, en écho aux questions que les enfants se posent souvent sur leur arrivée dans la famille.
3- Le prince bégayant (F. Place) – Une merveille, des mots qui chantent, de la poésie à chaque page. Même les petits, qui ne comprennent pas parfaitement le sens du texte, se laissent porter par la musicalité des mots.
4- Le vélo rose (J. Ashbé) – Quand le sourire revient sur le visage d’enfants qui ont connu un pays en guerre. Une merveille.
5- Un livre (H. Tullet) – Un livre d’une grande inventivité. Succès assuré de 2 à 102 ans !
6- Les trois brigands (T. Underer)
7- Otto (T. Underer) – Un album pour les plus grands, à partir de 6-7 ans. Les illustrations sont d’une grande puissance, et l’histoire très émouvante.
8- La vache orange (N. Hale) – Parce que ce livre a bercé mon enfance, et que l’illustratrice, Lucile Butel, qui nous a quittés il y a 2 ans, était une amie de mes parents. (je fonds aussi devant Le cheval bleu, La grande panthère noire, La vache Amélie, Le ballon rouge du petit chat gris…)
9- Nulle part partout (G. Dorémus) – Pour les plus grands, un livre sur le deuil, l’absence et la vie qui reprend. Des illustrations fortes. L’économie de mots n’empêche pas l’émotion.
10- La chasse à l’ours (M. Rosen) – Pour chanter, se faire peur, rire ! Les plus petits apprennent très vite à associer les onomatopées aux images, et participent à la lecture.

Bulle et Bob

Celles et ceux qui me connaissent savent à quel point j’adore Ilya Green. J’ai d’ailleurs déjà parlé de deux de ses livres, mon arbre et marre du rose, qui sont tous les deux des coups de coeur. Alors forcément, quand j’ai vu passer les premiers Bulle et Bob, série qu’elle a illustré, je les ai feuilleté, et ça m’a fait envie. Mais quand en plus, j’ai lu le coup de coeur de Maman Baobab pour le dernier, Bulle et Bob au jardin, je me suis dit avant même des les écouter que j’allais adorer. Alors forcément, lors de notre visite suivante à la librairie, je l’ai montré au magicien en chantonnant la mélodie que j’avais retenue en voyant la bande annonce (oui, les mélodies restent très facilement dans la tête). Et il n’a plus voulu le lâcher. Il a été rejoint rapidement par Bulle et Bob dans la cuisine.

Bulle et Bob de Nathalie Tual et Ilya Green
Bulle et Bob de Nathalie Tual et Ilya Green

Je pourrais expliquer que les illustrations d’Ilya Green sont superbes, mais je préfère vous mettre quelques images qui parleront d’elles-mêmes. On y trouve de nombreux petits détails, et le magicien adore chercher et montrer les coccinelles et les différents légumes du jardin, les fraises dans la cuisine… Il montre aussi le chat, présent sur quasiment toutes les pages de Bulle et Bob dans la cuisine.

Bulle et Bob de Nathalie Tual et Ilya Green
Bulle et Bob de Nathalie Tual et Ilya Green

Plutôt que des histoires à proprement parler, ces albums nous livrent deux tranches de vie. Un frère et une soeur plantent des tomates cerises dans le premier, font un gateau dans le second. On y retrouve de nombreux plaisirs enfantins : mettre les mains dans la terre, arroser, manger des petits bouts de pate crue, mettre du bazar partout…

Bulle et Bob de Nathalie Tual et Ilya Green

Chaque histoire dure un bon quart d’heure. Les textes sont simples. C’est Nathalie Tual qui lit tout le texte même s’il y a de nombreux dialogues, donc on retrouve l’ambiance intimiste d’une adulte qui lit une histoire, et pas l’effet “théâtre” que l’on a parfois quand chaque personnage est lu par un lecteur différent. Les chansons sont entrainantes, Nathalie Tual a une très belle voix et les mélodies comme les paroles se retiennent facilement (oui, je connais déjà les deux albums par coeur).  Elle est parfois accompagnée par ses deux enfants, et par Anne Sylvestre dans Bulle et Bob dans la cuisine.

La relation entre le frère et la soeur et bien rendue. Les adultes sont absents, ou presque (une grand-mère intervient pour allumer un four). Et on retrouve à la fois la complicité et les petites rivalités d’une fratrie. Qui est-ce qui va s’approprier le grand rouleau à patisserie ? Bob, l’aîné, bien sûr. Mais c’est aussi lui qui va trouver des solutions pour que sa soeur réussisse ses gateaux et l’aider à ouvrir le robinet du jardin.

Et le magicien ?

Le magicien a voulu mettre son chapeau, comme Bulle dans le livre.

Le magicien a voulu mettre son chapeau, comme Bulle dans le livre.

Il voue à ces livres une passion qui me surprend chaque jour. Jusque là, il n’avait prêté aucune attention aux histoires à écouter en CD (j’avais testé Pépito super héros qui le laisse de marbre), mais là, il les réclame à longeur de journée (“Bob Bob !”). Il est capable de les écouter 2 ou 3 fois de suite sagement assis devant le lecteur CD, en regardant le livre. Il les connait par coeur, montre les détails, et s’il ne tourne pas les pages “au bon moment”, il est tout à fait capable de retrouver la page qui correspond à la chanson qu’il est en train d’écouter.

Même si on les écoute souvent ensemble, il reste aussi de longs moments à l’écouter seul, et j’avoue que ce n’est pas complètement etranger au fait que j’apprécie autant ces livres-CD. Bulle et Bob dans la cuisine = une douche tranquille !

Si la perspective de 20 minutes tranquilles ce que je dis de ces deux livres n’a pas suffi à vous convaincre, vous pouvez retrouver d’autres extraits sur le site de Didier Jeunesse. Moi, je n’ai qu’un seul problème : on doit bientôt rendre “Bulle et Bob dans la cuisine” à la bibliothèque !

Challenge bleu : 14 et 15/20

Challenge bleu : 14 et 15/20

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

Pour la troisième année consécutive, voilà quelques idées de livres à offrir pour Noël. Je suis toujours aussi fan des livres dont j’ai parlé l’année dernière (ici pour les 0-7 ans,  pour les 8-15 ans) et l’année d’avant, mais faire un nouvel article permet de donner plus de choix !

Petite explication concernant l’âge : l’âge indiqué est celui auquel j’offrirais le livre pour un enfant que je connais peu ou pas. Il est donc donné uniquement à titre indicatif et peut varier fortement d’un enfant à l’autre. Et certains livres peuvent intéresser des enfants d’âges très différents. Par exemple, je suggère d’offrir Costume de Joelle Jolivet à un enfant de 4 ans, mais j’ai déjà vu des grands de 7-8 ans être fascinés par ce livre !

A un bébé de 6 mois j’offrirais : le livre des bruits de Soledad Bravi (l’école des loisirs, 12,20 euros)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

Parce que le magicien l’a tellement adoré, ce livre, et l’aime encore tellement, que je l’offre à tous les bébés à qui je fais un cadeau ! Je vais en parler très prochainement sur le blog (c’est mon prochain article prévu sur un livre), pour celles et ceux qui veulent en savoir plus tout de suite, je le présente rapidement ici.

A un bébé d’un an, j’offrirais : mon arbre d’Ilya Green (Didier Jeunesse, 12,90 euros)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

J’en parle en détail ici.

A un enfant de deux ans, j’offrirais : Quel radis dis donc ! de praline Gay-Para et Andrée Prigent (Didier Jeunesse, 5,50 euros broché petit format, 11,50 euros relié, 19,90 euros tout cartonné très grand format)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

J’en parle en détails ici.

A un enfant de trois ans, j’offrirais : Roulé le loup de Praline Gay-Para et Hélène Micou (Didier Jeunesse, 5,50 euros broché petit format, 11,50 euros relié)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

Parce que cette histoire de petite grand-mère qui échappe au loup en se cachant dans une pastèque est géniale, que le texte de Praline Gay-Para est très agréable à lire à haute voix (je vous ai dit que j’étais fan !) et que les illustrations sont très chouettes. Vous pouvez découvrir les premières pages ici.

A un enfant de quatre ans, j’offrirais : une soupe au caillou d’Anaïs Vaugelade (l’école des loisirs, 5,60 euros en Lutin Poche, 12,20 euros en relié)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

Un loup frappe chez une poule et lui demande s’il peut faire le repas du soir, une soupe au caillou. La poule, effrayée mais très curieuse, accepte. Mais les animaux du village inquiets de voir le loup entrer chez la poule viennent les uns après les autres et proposent d’ajouter un ingrédient à la soupe… Un vrai régal, comme tous les livres de Vaugelade.

A un enfant de 5 ans, j’offrirais : Le schmat doudou de Muriel Bloch et Joelle Jolivet (Syros, 12 euros ou 15,90 euros avec le CD)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

J’en parle ici. Il existe également en version livre-CD, que je vous conseille même si je n’ai pas eu l’occasion de l’écouter, étant donné les talents de conteuse de Muriel Bloch.

A un enfant de 6 ans, j’offrirais : Ploum, le paresseux de Sebastien Meschenmoser (Minedition, 15 euros)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

Parce que les dessins sont magnifiques, que certains passages sont à mourir de rire… Je vous en montrerai plus à l’occasion parce que c’est vraiment un de mes coups de coeur de l’année.

A un enfant de 7 ans, j’offrirais : Photos en bazar d’Ursus Wehrli (Milan Jeunesse, 14,95 euros)

Noël : des idées de livres à offrir aux enfants de 0 à 7 ans

J’en parle ici.

Et pour les plus grands, la liste arrive très vite !

Mon arbre d’Ilya Green

C’est amusant de noter à quel point les goûts du magicien en matière de livre évoluent. Il fait une fixation sur un album pendant quelques temps puis passe à un autre. Par exemple, il y a quelques mois, il adorait Chuut ! qu’il écoutait d’un bout à l’autre alors qu’en ce moment il n’en écoute pas plus de 3-4 pages, mais je pense que ça reviendra ! Bref, en moment, en plus du classique Tout va bien, Merlin ! d’Emmanuelle Houdart (dont je ne vous ai même pas parlé en détail, il va falloir que je répare ça !), il y a deux livres qu’il adore. Qu’il choisit systématiquement au milieu d’autres livres. Qu’il réclame 3, 4, 5 fois de suite…

Le premier, c’est Mon arbre, d’Ilya Green.

On a ce livre depuis plusieurs mois déjà, il l’a toujours bien aimé, mais cet enthousiasme est récent.

Mon arbre d'Ilya Green

Un cocon pousse sur la branche d’un arbre. Bientôt, un bébé en sort.

Mon arbre d'Ilya Green

Il part à la recherche d’un endroit où vivre, avec un chat rencontré au bout de sa branche.

Mon arbre d'Ilya Green

Malheureusement, les endroits qu’ils trouvent ne sont pas très adaptés : l’oiseau ne veut pas de chat dans son nid, dans la maison des loirs, il fait trop noir… et certains habitants de l’arbre n’ont même pas de maison :

Mon arbre d'Ilya Green

Heureusement, ils vont trouver “le plus beau des endroits”, les bras d’une mère (la beauté et la simplicité de la rencontre, à la fois dans le texte et dans l’illustration, réussissent à enlever toute niaiserie à cette chute).

Mon arbre d'Ilya Green

La rencontre du bébé est de la mère se fait sur une double page magnifique, sans texte, avec les deux visages cadrés en gros plan.

Vous le savez peut être déjà, j’adore les illustrations d’Ilya Green (qui a par exemple illustré Marre du rose dont j’ai parlé ici). On retrouve ici la délicatesse de son dessin, ses visages ronds aux joues roses, son goût pour les motifs végétaux… Les couleurs vives se détachent sur le fond blanc qui occupe une grande partie de la page.

Malgré le thème qui pourrait être inquiétant, une grande douceur et une grande sérénité se dégagent de ce livre. L’enfant et le chat ne semblent ni inquiets, ni découragés. Et ils ont raison puisqu’ils finissent par trouver l’endroit parfait. Comme dit télérama : cet album “réussit à chanter d’une même voix caressante les vertus du giron maternel et la joie de la débrouillardise.”

Le magicien, lui, essaye d’attraper les papillons.

D’autres blogueuses en parlent très bien, ici ou .

Marre du rose !

Les albums pour la jeunesse véhiculent des représentations de la famille, de la société, et des rapports hommes/femmes. Je trouve ça particulièrement intéressant d’y réfléchir, et en particulier de voir la place qu’y occupent les hommes et les femmes. Certains albums donnent une image très conservatrice et stéréotypées de la société, d’autres cherchent à lutter contre ces stéréotypes.

J’avais déjà listé quelques albums donnant une vision non sexiste de la parentalité ici, et présenté le chouette album de Madalena Matoso Et pourquoi pas toi ?

Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous parler sur le blog des vendredis intellos d’un album qui lutte contre les stéréotypes qu’on impose aux enfants : Marre du rose de Nathalie Hense et Ilya Green.

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L’article est .

Edit d’octobre 2015 : j’en parle aussi sur Fille d’Album.