Les indispensables de maternelle

Il y a peu, ma copine Chloé a fait un « top 20 des albums à avoir en maternelle ». Je l’attendais avec impatience parce que j’avais déjà vu ses top 20 des albums à avoir en crèche. Mais autant sur les sélections en crèche, j’aurais choisi quasiment les mêmes, autant pour les maternelles, je me suis rendu compte que ma liste serait très différente (sans du tout remettre en cause la qualité des albums qu’elle a choisis !). Quand je lui ai dit que je n’aurais pas du tout fait la même liste, elle m’a bien sûr demandé la mienne.

Et la voilà ! Bon, je vous le dis tout de suite, je n’ai pas réussi à me restreindre à 20. Je me suis accordé 25 titres.

Nous n’avons pas procédé exactement de la même façon. Elle propose essentiellement des nouveautés, des livres engagés, des coups de cœur. Si j’ai proposé quelques coups de cœur récents, j’ai réfléchi plus en terme de “classiques”, de livres que j’utilise déjà depuis un certain temps avec des classes, et dont je ne me lasse pas. De livres qu’à mes yeux les enfants devraient connaitre pour avoir une culture en littérature jeunesse aussi.  Je me suis demandé à un moment si ça valait le coup de citer les livres que tout le monde connait, mais je les ai mis, puisque ce sont bien des « indispensables ».

Nos listes sont aussi, je pense, le reflet de nos positionnements professionnels différents. Elle, lectrice, fait essentiellement de la lecture individuelle ou en petit groupe. Si à la bibliothèque on conseille les parents et les enfants, avec les enfants de maternelle on lit plutôt à des groupes plus importants, à des classes ou en heure du conte. C’est donc sur les livres que je lis aux classes que je m’appuie pour cette sélection. Ce qui suppose certains critères : des livres grands formats, sans trop de détails dans les illustrations, faciles et agréables à lire à haute voix.

Mais je ne suis pas enseignante. En tant que bibliothécaire, je fais uniquement des lectures « plaisir » et même si pour certains titres je peux avoir des pistes d’utilisation pédagogique en classe, ce n’est pas mon métier. Des enseignantes choisiraient donc peut être différemment…

 

Mais trève de blabla, voilà ma sélection. Classée par auteur, pour me simplifier la vie.

feu petit pierreAu feu, petit Pierre ! d’Adrien Albert (école des loisirs, 2014)

Un incendie ! Vite, Petit Pierre, aidé par Jars et Orang-Outang, vont affronter les flammes et sauver Mamie et Bubulle, son poisson rouge !

Soyons clairs : à cet âge là, un livre sur les pompiers, c’est toujours un succès. Et celui-ci apporte en plus une bonne dose de fantaisie et l’univers des jeux d’enfants.  (Chloé en parle ici).

 

bébé marchéBébé va au marché d’Atinuke et Angela Brooksbank (éditions des éléphants, 2017)

Une femme fait le marché, son bébé dans son dos. Bébé qui est si mignon qu’il se fait offrir par les marchands 6 bananes, puis 5 oranges, puis 4 biscuits… Et maman qui ne remarque rien !

Des illustrations colorées magnifiques, une narration en randonnée qui fonctionne très bien, la bouille de ce bébé tellement mignon… Et cette maman qui ne remarque rien de ce qui se passe dans son dos ! Pour les plus grands, c’est aussi un livre à compter.(Chloé en parle ici)

Et on peut retrouver ce bébé qui grandit dans bébé est bien caché puis dans Bintou la casse-cou, et c’est toujours autant de plaisir.

 

chat plus bête du mondeMon chat le plus bête du monde de Gilles Bachelet (Seuil, 2004)

Le chat de Gilles Bachelet adore se prendre pour un coussin, dormir sur la télé ou faire sa toilette. Il est aussi vraiment très très bête. Et ressemble drôlement à un éléphant.

Le décalage du texte et de l’image est particulièrement savoureux dans cet album, surtout quand on lit le texte avec un sérieux de ministre. Les enfants sont souvent décontenancés avant d’en rire tout autant que nous. A réserver plutôt aux grands cependant, justement pour pouvoir rire de ce décalage. (Chloé en parle ici).

On retrouve son chat dans deux autres albums (quand mon chat était petit et des nouvelles de mon chat). Parmi les autres livres de cet auteur génial, Xox et Oxo et le chevalier de Ventre-à-terre sont tout aussi géniaux. Et très riches à exploiter en classe, grâce aux nombreuses références, à l’art dans le premier et à la littérature jeunesse dans le second.

 

dinosauresDinosaures, dinosaures de Byron Barton (école des loisirs, 1990)

Il y a très longtemps vivaient les dinosaures. Des gros dinosaures  et des petits dinosaures. Des dinosaures avec de longs longs cous et de longues longues queues. Des dinosaures furieux et des dinosaures peureux…

Après les pompiers, je continue à surfer sans vergogne sur les intérêts des petits avec les dinosaures. Mais j’aurais pu vous citer quasiment tous les albums de cet auteur, particulièrement efficaces avec les petites sections. Des sujets porteurs (les dinosaures, les voitures, les engins de chantier…), des textes simples, des couleurs vives et franches et des dessins qui peuvent facilement servir de support à des activités d’art plastique. Citons en particulier ma voiture, mon bus, sur le chantier, et la petite poule rousse et la toute petite dame pour les premiers contes. Et notons que quand il y a des personnages humains, il est toujours attentifs aux représentations : personnages racisés, femmes mécaniciennes ou capitaines de bateau…

 

bain berkLe bain de Berk de Julien Béziat (école des loisirs, 2016)

L’enfant quitte la salle de bain quelques minutes et catastrophe, Berk, le doudou cracra, tombe dans l’eau. Berk se noie ! Les jouets de bain s’activent pour lui venir en aide… Berk, lui, essaye de parler, mais avec la bouche pleine d’eau…

Une aventure, une vraie, pleine de suspens, de danger et de solidarité entre jouets. Et la touche d’humour pipi caca qu’il faut pour en faire un énorme succès. (Chloé en parle ici).

Et ce qui est chouette, c’est que ce n’est pas la seule aventure de Berk. Il affronte un monstre horrible dans le mange doudou. Et la nuit de Berk ouvre un champ d’aventure génial : une salle de classe la nuit. Avec plein de références à la littérature jeunesse à la hauteur des enfants de cet âge là. Parfait pour les instits ! On attend impatiemment le nouveau de la série, l’œil de Berk, qui sort bientôt.

 

monstres poilule monstre poilu d’Henriette Bichonnier et Pef (Gallimard 1991, réédité en recueil en 2017)

Le monstre poilu a capturé le roi (poils aux doigts). Celui-ci propose de lui livrer le premier enfant qu’il croise en échange de sa liberté (poils au nez). Manque de bol, il tombe sur sa propre fille. Heureusement, la petite Lucile est vive, intelligente, impertinente et réussira à se débarrasser du monstre. Et ce, même si ce ne sont pas des manières de princesses (poil aux fesses). A mon avis, c’est génial pour bosser les rimes et la phonologie avec des grandes sections. Et en plus c’est drôle.

 

pierre et la sorcièrePierre et la sorcière de Gilles Bizouerne et Roland Guarrigue (Didier Jeunesse, 2016)

Pierre est un galopin qui n’a peur de rien. Pas même de l’horrible sorcière qui vit dans la forêt. Et quand, hop zou et frrrout elle l’enferme dans un sac, il a toujours une ruse pour réussir à s’échapper.

Les livres de la collection à petits petons de chez Didier Jeunesse sont des merveilles de premiers contes. Ecrits par des conteurs, ils sont vraiment faits pour la lecture à voix haute, entre chansons, rythmes et répétitions. On y trouve aussi les grands motifs des contes (et dans celui-ci on pensera à Pierre et le loup, à Poule Rousse ou à Hansel et Gretel), pour commencer à familiariser les enfants avec mais aussi pour faire des mises en réseau d’albums. Je les aime tous d’amour et il a été très difficile pour moi de choisir, mais celui-là est particulièrement jubilatoire. Je l’ai prêté à l’enseignant de ma fille qui travaille sur les sorcières, il a voulu le garder (“pour apprendre les insultes de sorcières” dixit ma fille). (Chloé en parle ).

 

gorille browneUn gorille d’Anthony Browne (Kaléidoscope 2012)

Le livre à compter, c’est un incontournable de maternelle. Celui là commence de façon très classique : un gorille, deux orangs-outans, trois chimpanzés… Mais sera finalement bien plus riche, rappelant que nous sommes tous issus des grands singes, tous de la même famille. Les illustrations sont superbes, et les singes tellement expressifs. (Chloé en parle ici).

 

école marsusl’école des p’tits marsus de benjamin Chaud (Little Urban, 2017)

Comme chaque matin, les petits marsus se préparent pour aller à l’école. Sur le chemin, il faut faire attention en traversant. Après le bisou aux parents, on enchaine le cour de musique, la gym, la cantine…

Les enseignants de maternelle cherchent très souvent des albums sur la journée d’école. Celui-ci répondra à cette attente, tout en y apportant une bonne dose de fantaisie. Très proche du quotidien des enfants… mais dans la jungle d’Amérique du Sud ! A la cantine, on mange des mangues et des termites et forcément, le paresseux est “le meilleur professeur de dodo de toute la jungle”. Avec les illustrations pleines de détails et d’humour de Benjamin Chaud. Nul besoin de connaitre le marsupilami pour en profiter, les enfants adopteront très vite cette famille et pourront la retrouver dans d’autres aventures. (Chloé en parle ici).

 

plouf corentinPlouf ! de Philippe Corentin (école des loisirs, 1991)

Au fond d’un puit, un loup aperçoit un fromage. Il se penche pour l’attraper… et tombe dans le puit ! Comment va-t-il se sortir de là ?

Le format à la verticale du livre fonctionne particulièrement bien pour figurer la profondeur du puit. C’est une excellente première rencontre avec l’univers de l’auteur, aussi drôle qu’intelligent. Et qui met tellement bien en valeur l’importance du langage ! (Chloé en parle ).

On peut ensuite poursuivre avec Patatras, le roi et le roi, Zigomar n’aime pas les légumes, Pipioli la terreur, l’ogre, le loup et la petite fille, etc, etc. Questions idiotes est à mourir de rire avec les enfants : mais comment font les adultes pour poser des questions aussi bêtes ?

Grand classique des maternelles, vous trouverez facilement des ressources pour l’exploiter en classe.

 

princesse kevinPrincesse Kevin de Michael Escoffier et Roland Guarrigue (P’tit Glénat, 2018)

Kevin a décidé de se déguiser en princesse.

Vous me connaissez, je ne pouvais pas proposer de sélection sans un livre antisexiste. Vous savez aussi que j’en ai des dizaines sous le coude et que ça n’a pas été facile de choisir. Mais celui-là est un plaisir de lecture, il est drôle, les images sont expressives. Et la question des vêtements, des déguisements genrés est à mes yeux indispensable à aborder en maternelle. J’avais envie de narration, plutôt que d’un album manifeste. Mais vous en trouverez de nombreux autres ici.

 

pleine lune guilloppéPleine lune d’Antoine Guilloppé (Gautier-Languerreau, 2010)

Par une nuit de pleine lune, le loup ouvre les yeux, le renard sursaute…Tous les animaux sont intrigués par ce bruit étrange.

J’aime montrer aux enfants de nombreux types d’illustrations, sortir aussi de la forme classique de l’album. Les illustrations découpées de ce livre, qui ressemblent à de la dentelle, sont d’une beauté rare et laissent bouche bée. Les animaux de la forêt, mais aussi le travail du noir et blanc donnent plein de possibilités d’exploitation en maternelle. (et pour ceux qui s’inquiètent de sa fragilité, ces livres sont moins fragiles qu’ils en ont l’air et ne sont pas trop abimés). Et on peut aussi découvrir l’univers de la savane africaine, de la jungle, de la mer, du grand nord, du désert… (Chloé parle de plein soleil ici)

 

chut planChut, on a un plan ! de Chris Haughton (Thierry Magnier, 2014).

Tiens, un oiseau ! Le plus petit aimerait bien sympathiser, mais les grands sont bien décidés à l’attraper. Chut, on a un plan ! Mais chaque tentative pour l’attraper se solde par un échec… douloureux. N’y aurait-il pas une meilleure solution pour approcher l’oiseau ?

J’en parlais là.

Tous les livres de Chris Haughton sont des merveilles et pourraient figurer dans cette liste. Son premier, un peu perdu, est déjà devenu un classique de maternelle, en tout cas mes deux enfants ont travaillé dessus à l’école. Mais j’aime aussi beaucoup proposer celui-ci. Parce que c’est un bonheur à lire à voix haute, grâce à l’alternance des niveaux de voix (on chuchote, on crie…). Et j’aime particulièrement le jeu de couleurs, le camaïeu de bleus de la forêt sur lequel se détache nettement l’oiseau (orange, rose, violet vif).

 

joyeux abécédaireLe joyeux abécédaire de Maria Jalibert (Didier Jeunesse, 2016)

C’est un abécédaire pas comme les autres. Déjà, parce que Maria Jalibert a l’idée géniale d’illustrer ses livres de petits jouets en plastique. Et parce qu’on y croise des animaux assis sur une asperge, un caniche crâneur dans une calèche, un squelette avec un sèche-cheveux (mais sans savon), ou un taureau terrifiant regardant la télé. Un abécédaire, oui, mais surtout un univers de découvertes et d’humour. Le travail sur les petits jouets me semble particulièrement intéressant à exploiter en classe. Chloé en parle ici.

Et pour les plus jeunes, l’imagier Bric-à-brac et l’imagier couleurs (qui extrait certaines pages du précédent) sont aussi des merveilles.

 

tu nous emmènes kasanoTu nous emmènes ? de Yuichi Kasano (école des loisirs, 2015).

Le héros et son père ont construit un avion. Oui, rien que ça. Ils sont prêts à décoller… quand les animaux arrivent les uns après les autres avec cette question : “tu nous emmènes ?”. Pas de problème, il suffit d’un peu de bricolage ! (Chloé en parle ici).

Ah, les jeux d’accumulation des albums de Kasano, quel plaisir ! On entasse, on accumule, et ça marche ! Ils fonctionnent à tous les coups ! Même chose dans Bloub bloub bloub et A la sieste tout le monde !, incontournables en petite et en moyenne section.

 

presque toutPresque tout de Joelle Jolivet (Seuil, 2004)

Après un livre à compter et un abécédaire, il me fallait un imagier. Et je n’ai pas hésité une seconde. Celui-là est mon préféré. J’en avais d’ailleurs déjà parlé ici. Son grand format, la variété des thèmes présentés, la beauté des dessins… Un livre marquant. Et Zoo logique et Costumes sont tout aussi merveilleux.

 

Anton rabat-joieAnton et les rabat-joie d’Ole Konnecke (école des loisirs, 2013)

Personne ne veut jouer avec lui ? Tant pis, Anton s’allonge par terre, et il est mort. Complètement mort.

Un album à hauteur de jeu d’enfants, où on peut jouer à être mort. Parfaitement mort. Sur les petites jalousies, la gestion des conflits, sur l’imagination. Un album drôle, aussi. On retrouve Anton et ses copains dans plusieurs autres albums, mais celui-là reste mon préféré.

 

écureuil première neigeL’écureuil et la première neige de Sebastien Meschenmoser (Minédition, 2009)

L’écureuil et ses amis Ours et Hérisson ont décidé de ne pas hiberner tant qu’ils n’auront pas vu la première neige. Mais ils n’ont jamais vu la neige ! Comment savoir si elle n’est pas déjà là ? Tout ce qu’ils savent, c’est que la neige c’est blanc, froid et humide…

Cette série d’albums de Sebastien Meschenmoser est ma série d’albums préférés de toute la littérature jeunesse, je crois. Les dessins sont magnifiques, les animaux sont d’une expressivité incroyable, c’est drôle, décalé, loufoque, plein de détails… Celui-ci est celui que je trouve le plus accessible pour une lecture en groupe en maternelle, mais l’écureuil et la lune et l’écureuil et le printemps sont des bijoux aussi.

 

bateau zouglougloule bateau de Monsieur Zouglouglou de Coline Promeyrat et Stefany Devaux (Didier Jeunesse, 2000)

Monsieur Zouglouglou a fait un bateau d’une coquille de noix. Il est rejoint à bord par une souris, une rainette, un lapin… Mais le bateau va-t-il rester à flots avec autant de passagers ?

Je vous ai déjà parlé avec Pierre et la sorcière de la collection à petits petons. Je lis le premier plutôt aux grands, celui-ci est idéal pour les petits. Un album randonnée, avec une petite chanson qui revient comme un refrain, les animaux qui s’ajoutent… Jusqu’à la chute finale. Si on veut “mettre les livres en réseau”, ça vaut le coup de lire aussi la promenade de Monsieur Gumpy de John Bunrningham, malheureusement épuisé mais qu’on trouve encore en bibliothèque. Et dans la collection à petits petons, mes autres chouchous pour les petits sont quel radis, dis donc !, et vogue la petite souris, on y va, papa !, la moufle et roulé le loup. Aux moyens et aux grands, je lis le loup et la mésangePatouffèt’, la souris et le voleur, la cocotte qui tape-tip-tope, l’ogre Babborco…

 

chasse à l'oursla chasse à l’ours de Michael Rosen et Helen Oxenbury (Kaleidoscope, 2018 pour l’édition actuellement disponible)

“Nous allons à la chasse à l’ours. Nous allons en prendre un très gros. La vie est belle, nous n’avons peur de rien !”

Y’a-t-il encore besoin de présenter cet album ? Je n’en suis pas certaine mais je ne pouvais pas faire une liste d’indispensables sans en parler. La justesse du texte, les répétitions, l’accélération de la lecture à la fin… Un vrai plaisir ! Et très riche à exploiter en classe, ma fille en a fait une version géniale avec sa maitresse, l’année dernière, en moyenne section. (Chloé en parle ici).

 

heure bleuel’heure bleue d’Isabelle Simler (éditions courtes et longues, 2015)

“Le jour s’éloigne… bientôt la nuit… Entre les deux, elle passe… C’est l’heure bleue.” Et des animaux, des oiseaux, des fleurs bleues, il y en a !

Un album grand format aux illustrations merveilleuses, apaisantes. Isabelle Simler a le talent rare de rendre poétique la biologie, la science. Et les ailes des morphos bleus étincellent sur les ipomées. Un des rares albums que je peux lire autant à des enfants de crèche qu’à des CM2. (Chloé en parle ici).

En classe, ce travail sur les couleurs peut en inspirer d’autres, comme l’autrice le montre sur son site, avec les livres oranges, gris et violets d’élèves de primaire. Et parmi ses autres livres, Plume et la toile, entre l’album et le documentaire, sont géniaux aussi.

 

atchoumA-a-a-a-atchoum ! de Philip et Erin Stead (Kaléidoscope, 2011)

Amos McGee travaille au zoo. Tous les jours, il passe voir ses amis (l’éléphant, la tortue, le hibou, le rhinocéros et le manchot). Mais le jour où il tombe malade, ce sont eux qui lui rendent visite.

Un bonheur d’album aux illustrations rétro et un peu désuètes. Un décalage jubilatoire quand on voit les animaux du zoo dans l’appartement du gardien. Des beaux détails dans l’illustration. Un livre qui nous rappelle l’importance de prendre soin de ses amis, aussi. Bref, une perle. (Chloé en parle ici).

 

trois brigandsles trois brigands de Tomi Ungerer (école des loisirs, 1968)

Trois brigands qui dévalisent les voyageurs jusqu’à ce qu’ils tombent sur Tiffany, une petite fille dont ils décident de s’occuper.

Est-il encore nécessaire de présenter cet album ? Les habits noirs et les chapeaux noirs des brigands, la grande hache rouge, l’univers nocturne, les cheveux blonds de Tiffany qui se détachent…

Il sera d’ailleurs réédité en très grand format au moins de novembre, idéal pour la lecture à un groupe !

 

bou et les 3 zoursBou et les 3 zours d’Elsa Valentin et Ilya Green (Atelier du poisson soluble, 2008)

“L’était une fois une petite Bou qui livrait dans la forest avec sa maïe et son païe. Un jour elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.

– Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui dirent sa maïe et son païe.

– Dakodak, respondit Bou.”

A partir de l’histoire archi-connue de Boucle d’or (vous la voyez, les instits, la mise en réseau ? ^^), Elsa Valentin crée une langue qui n’appartient qu’à cet album. Une langue fait de mots étranges, inventés. De mots valises qu’on aurait envie d’employer tous les jours (confordouillette, panitrouiller). Une langue qui fait appel à l’anglais, à l’espagnol, au créole, au latin… à l’argot, aux mots d’enfant… Une langue qui est autant un délice à lire qu’à écouter (je vous conseille quand même de vous entrainer un peu avant de le lire à voix haute). J’en parle longuement ici, mais je veux redire à quel point jouer sur la langue, et montrer aux enfants qu’on peut le faire, est à mes yeux un cadeau précieux à leur faire. Et en plus, il est illustré par Ilya Green. (Chloé en parle ici).

 

soupe caillouUne soupe au caillou d’Anaïs Vaugelade (école des loisirs, 2000)

Le loup propose à la poule de faire une soupe au caillou. Intriguée, elle accepte, mais elle ajouterait bien un peu de céleri. Chaque animal qui arrive ajoute un autre légume “pour donner du goût”.

Ce vieux loup fatigué, qui inspire d’abord la crainte, réussira ainsi à partager un repas convivial avec d’autres animaux. Un album sur les apparences qui sont parfois trompeuses, sur le partage. “Rien ni personne n’est jamais tout blanc ni tout noir, telle est la morale de cette histoire, racontée dans une langue à son image, aussi enjouée que profonde.” (source). Un album magnifique à proposer aux enfants. L’occasion de faire de la soupe en classe ! Et vous trouverez d’autres versions de ce conte : une version africaine, une version qui se passe en Chine

Si je cite seulement cet album de Vaugelade aujourd’hui, les merveilles sont nombreuses dans son oeuvre. Les livres de la famille Quichon sont des très chouette et Zuza est une héroïne géniale à proposer aux petits comme aux grands. Les fans de dinosaures et les autres trouveront leur bonheur avec l’ami du petit tyrannosaure. Mais mon autre chouchou avec les maternelles, c’est l’anniversaire de Monsieur Guillaume et ses coquillettes au jambon d’anniversaire. 

 

Et voilà ! 

Avec nos 2 listes, ça vous fait déjà une belle bibliothèque !

Tout change

A la bibliothèque, régulièrement, je vois une femme enceinte jusqu’aux yeux venir me voir et me demander “vous avez des livres sur l’arrivée d’un petit frère / d’une petite soeur ?”. On a une assez longue sélection.

Quand ça a été mon tour, j’ai mis du temps à proposer des livres sur ce sujet au magicien. Parce que je n’aime pas trop ce côté que j’appelle “livre-médicament” ou “achetons un album pour aborder tel sujet”. Parce que pour moi, un livre, une lecture doit être un moment de plaisir, pas d’apprentissage (“tu vois, Tchoupi, lui, il fait pipi dans le pot”). Donc quand je lis ce type de livres, je ne m’en sers de support de discussion que si c’est l’enfant qui lance la conversation.

J’ai donc préféré d’abord prendre le temps d’en parler avec nos mots. Puis peu à peu, lors de nos visites à la librairie (que nous utilisons un peu comme une bibliothèque, avec une demie heure de lecture sur place à chaque fois) j’ai commencé à lui lire quelques livres sur le sujet. Je n’ai pas trouvé mes chouchous de Martha Alexander, Quand le nouveau bébé arrive, moi, je m’en vais et on ne m’a jamais demandé si je voulais une petite soeur, livres que la plupart des parents n’empruntent pas, à la bibliothèque, parce qu’ils trouvent les réactions du grand frère violentes (il veut jeter sa mère enceinte à la poubelle, et donner sa petite soeur au premier qui passe), mais je pense que les enfants peuvent avoir ces pensées violentes (quand il est en colère, en ce moment, le magicien me tape, et clairement vise mon ventre, alors qu’il ne tape jamais son père).

J’ai donc lu au magicien plusieurs livres sur l’arrivée d’un bébé, sans qu’il semble passionné. Et puis un jour, je suis tombée sur “Tout change” d’Anthony Browne, livre qu’on utilise avec des “grands” (5-6 ans) à la bibliothèque, et je me suis dit qu’on allait essayer, pour voir. Après me l’avoir réclamé 3 fois de suite, il s’est emparé du livre, et m’a dit “celui là, je le aime, on va le payer” et est parti en courant vers la caisse. Depuis, il me réclame souvent “le livre bizarre”.

Tout change, Anthony Browne

Joseph Kah est seul chez lui. Il se rend compte qu’autour de lui, tout se transforme de manière étrange. Cela commence par la bouilloire :

Tout change, Anthony Browne

Les changements deviennent vite beaucoup plus spectaculaires. Et effrayants.

Tout change, Anthony Browne

Au milieu de l’album, on apprend que “Ce matin là, son père était allé rechercher la maman de Joseph. Avant de partir, il avait parlé de grands changements”.

Tout change, Anthony Browne

A la fin de l’album, les parents rentrent. Et présentent à Joseph sa petite soeur. C’est sur une image de famille apaisée (et sur un canapé qui ne se transforme pas en crocodile) que se clôt l’album.

Tout change, Anthony Browne

(le magicien a cependant été très perturbé qu’il n’y ait que 3 tasses pour 4 personnages, on y revient à chaque lecture !).

Je suis toujours surprise de la capacité extraordinaire des enfants, même petits, à lire les images, à repérer les détails et à les interpréter. Je pourrais souligner la présence des oiseaux et des oeufs pour symboliser la naissance, ou celle d’une vierge à l’enfant au dessus du canapé. Mais je préfère me laisser guider par les commentaires de mon fils, même si les yeux de gorille deviennent des yeux de hiboux !

Chaque lecture apporte son lot de découvertes.

Anthony Browne met en image de façon à la fois limpide et très originale l’angoisse de l’aîné face à l’arrivée d’un bébé, mais aussi la peur de l’inconnu, les difficultés accentués par le non-dit et par le fait de devoir affronter seul une situation pas évidente. L’arrivée des parents, le fait de rencontrer pour de bon sa petite soeur et de ne plus être dans le fantasme va permettre à Joseph de revenir à la réalité.

Je sais que c’est un livre très apprécié par l’éducation nationale et qu’il est décortiqué dans les classes. Et je trouve ça dommage, car on est justement ici dans l’imaginaire, dans l’interprétation personnelle, sans que jamais le texte ne soit trop explicite.

Personnellement, j’ai mis du temps à apprécier les livres d’Anthony Browne car je n’aimais pas ses illustrations. Mais j’en ai peu à peu découvert toute la richesse, et je ne peux que vous encourager à découvrir tous ses albums !

Le jeu des formes

Aujourd’hui, je fais une petite pause parmi les albums pour tout-petits pour vous parler d’un album d’Anthony Browne, le jeu des formes.

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Cet album autobiographique (au moins en partie) raconte une journée qui transforma à jamais la vie de l’auteur : une visite en famille au musée.

Une famille ordinaire, avec le grand qui suit en trainant des pieds et en trouvant que ces vieux tableaux sont sans intérêt, le père qui fait des blagues nulles…

Une famille qui vient “à la ville” et qui est d’abord un peu intimidée dans ce lieu “superélégant” :

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Mais peu à peu, grace à l’accompagnement de la mère, à ses questions, ses remarques et ses encouragements, les enfants vont davantage se sentir à leur place. Ils vont laisser libre cours à leur imagination, admirer les tableaux, faire des liens avec leur propre vie et comprendre que loin d’un lieu glacé, un musée est un lieu riche et proche d’eux :

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Au retour, dans leur train, leur mère leur fait découvrir un jeu, tout simple et génial, le jeu des formes :

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Comme toujours, chez Anthony Browne, l’illustration est particulièrement riche. J’aime en particulier le parallèle entre le trajet vers le musée et le trajet retour, qui montre si bien à quel point la journée a été enrichissante :

Le jeu des formes d'Anthony Browne
Le jeu des formes d'Anthony Browne

Vous avez remarqué les “jeux des formes” sur la ballustrade ?

Ce livre montre que l’art peut transformer le monde, raconte la naissance d’une vocation, mais fait aussi l’éloge de la mère qui partage, qui transmet, qui fait découvrir… Je trouve cette relation à la mère très émouvante.

Récemment, j’ai reçu une classe de moyenne section dont la maitresse demandait des livres sur l’art, sur les musées. Je l’avais mis dans la sélection, mais hésitait à le lire à la classe, le trouvant peu adapté à une lecture collective (il y a beaucoup de petits détails à observer) et trouvant les enfants un peu jeunes. Mais l’instit m’a dit “oh, si, ça sera bien”. Je l’ai donc lu à la classe, qui m’a paru très attentive et très intéressée par le jeu des formes.

Alors que les enfants se préparaient à repartir, certains étaient venus s’asseoir sur le tapis et je me suis approchée pour montrer les exemples de jeu des formes que l’on trouve dans le livre. Nous avons finalement feuilleté ensemble presque tout le livre. Et j’ai adoré les remarques de ces enfants. J’en ai donc noté quelques unes.

Le jeu des formes d'Anthony Browne

La page du lion a été la première demandée par un enfant, qui visiblement avait été destabilisé par le texte.

Un petit garçon : “le lion, il est là en vrai ?” Moi : “à ton avis ?” Lui : “non”.

Une petite fille à son camarade, montrant la queue du lion en forme de tête d’oiseau : “regarde, c’est pas vrai”.

Le premier : “mais alors pourquoi il imagine un lion ?”. Je les oriente vers les tableaux. “ah oui, le lion se sauve”.

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Un enfant : “pourquoi la dame elle est couchée ?”

Moi : “parce qu’elle est triste et qu’elle demande pardon à son mari”

Lui : “pourquoi ?”

Moi : “parce qu’elle est tombée amoureuse d’un autre homme”.

Il n’a rien dit à ce moment là, mais ça l’a fait réfléchir, parce qu’il m’a demandé plusieurs minutes plus tard, juste avant de partir, alors qu’on avait refermé le livre depuis un moment : “mais pourquoi la dame elle est plus amoureuse de son mari ?”.

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Les enfants avaient bien écouté la lecture, puisqu’ils ont indiqué les différences sans que j’intervienne.

“les dames, c’est pas les mêmes parce qu’elles ont pas les mêmes colliers”. “Les bébés, ils ont pas les mêmes pyjamas”.

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Une petite fille, en montrant la page de droite : “là, ils imaginent”.

Un petit garçon, en montrant successivement les deux pages : “c’est dans quel pays ? et là ?”

Un autre enfant : “c’est pas génial”. La première petite fille “non, parce que ça peut tuer des personnes âgées et que après elles seront plus là”.

J’ai trouvé que ces (brefs) échanges montraient bien que comme dans tous les livres d’Anthony Browne, on pouvait voir des niveaux de lecture très différents et qu’ils pouvaient apporter des choses à des enfants d’âge très divers (et pas qu’aux enfants, d’ailleurs !). Et que des enfants même très jeunes sont capables d’une grande finesse dans leur analyse de l’image.

La maîtresse a prévu de les faire jouer au jeu des formes en classe.

Challenge bleu : 9/20

Challenge bleu : 9/20

Lire aux tout-petits (cinquième partie) : encore des idées de titres

Après pourquoi lire aux tout-petitscomment le faire et quelques conseils pour choisir des livres, et le début de la sélection de livres sur l’entourage du petit et sa vie quotidienne, prenons un peu de distance et proposons des livres qui permettent de s’ouvrir sur le monde et sur l’imaginaire !

Jouer à se faire peur

Les tout-petits adorent les histoires qui font peur. Tout comme ils adorent jouer à se faire peur. Parce que ça leur permet d’aborder leurs peurs profondes dans un contexte sécurisant qui leur permet d’apprendre à les gérer.

Au coeur de ces histoires, le loup!

Quand on lit un livre “qui fait peur”, il faut laisser l’enfant aller à son rythme. Si un enfant a peur d’une illustration, referme le livre ou s’éloigne, il ne faut pas le forcer. Il y reviendra à son rythme, quand il se sentira prêt.

grrr-Maubille.jpgGrrr! de Jean Maubille. “Grrr ! je suis le loup!”, mais non, c’est petit cochon, petite chèvre ou petite poule qui ont mis un masque ! On s’en rend compte en soulevant le volet. Un petit format qui se lit à la verticale. Très rapidement, les enfants devinent quel animal se cache sous le masque. Et la dernière page a toujours beaucoup de succès. Un de mes livres chouchou. Relié.

toc-toc-qui-est-la.jpgToc ! toc ! qui est là? de Sally Grindley et Anthony Browne : C’est tantôt un gorille, tantôt une sorcière, tantôt un fantôme, pour ne citer que ceux-là… tous plus menaçants les uns que les autres… Et si ce n’était qu’un jeu ? Dans cet album, on retrouve le jeu sur la peur, le moment du coucher, le lien père/fille… Et toujours avec les petits détails d’illustration d’Anthony Browne (les motifs de la tapisserie changent selon le personnage qui apparait, le dragon porte les chaussons du papa, etc). Relié.

Va-t-en_grand_monstre_vert.jpgVa t’en, grand monstre vert ! d’Ed Emberley. LE grand succès des livres pour tout-petits (dans les bibliothèques de la ville de Paris, c’est le livre le plus emprunté en section jeunesse!). Le monstre se construit peu à peu sous les yeux des enfants, grace à un système de découpe, mais n’ayons pas peur, on peut le faire disparaître ! L’enfant découvre ainsi qu’il peut maitriser sa peur. Un texte simple, des couleurs vives sur fond noir. Souvent utilisé en maternelle pour les apprentissages (différents éléments du visage, couleur, etc). Relié.

loup-douzou.jpgLoup d’Olivier Douzou. Vous connaissez la célèbre comptine “promenons nous dans les bois”? Ce livre repose sur le même principe, sauf qu’au lieu de s’habiller, le loup construit peu à peu son visage (yeux, dents, oreilles…). La chute est réussie. Le graphisme est chouette, dans un petit album au format carré. Relié.

loulou_solotareff.jpgLoulou de Solotareff. Un grand classique de la littérature jeunesse. C’est l’histoire d’un jeune loup qui se retrouve orphelin. Il rencontre alors un lapin, Tom, et devient son ami. Parfois ils jouent à PEUR-DU-LOUP et même à PEUR-DU-LAPIN. Jusqu’au moment où Tom a trop peur. C’est un livre superbe et très riche, qui aborde de nombreux sujets (mort, deuil, amitié, peur, cauchemard) de manière à la fois subtile et simple. Personnellement, je ne l’utilise pas avant 3 ans, et je préfère même l’utiliser un peu plus tard. Mais je sais qu’il est très utilisé en crèche. Mon collègue a lu ce livre plusieurs fois à un petit de 2 ans 1/2. Et ce petit a, à la première lecture, refermé le livre à la page du vieux loup mort. Mais il l’a redemandé à presque toutes les séances suivantes. Il allait un peu plus loin dans l’histoire au fur et à mesure, jusqu’à finir le livre à la 5e ou à la 6e séance.

Découverte du monde 

ma-voiture-barton.jpgMa voiture de Byron Barton : Sam nous présente sa voiture. “Des couleurs vives, des contours très nets, des dessins d’une lisibilité parfaite, des personnages très expressifs”. Celui-là, je l’ai tellement raconté que je le connais par coeur ! (Du même auteur, on peut aussi proposer sur le chantier et Dinosaures dinosaures). Relié.

un-train-passe.jpgUn train passe de Donald Crews : après les voiture ou les engins de chantier, un autre incontournable de la petite enfance : le train ! Un train à l’ancienne, avec locomotive à charbon ! Les wagons sont chacun d’une couleur différente. Relié.

c-est-le-printemps.jpgC’est le printemps de Taro Gomi : Une composition graphique qui évoque poétiquement la succession des saisons. Cette fois c’est la nature qu’on admire. Relié.

livre de l'étéLe livre de l’été de Rotraut Susanne Berner : dans cet album grand format, cartonné, sans texte, on découvre un univers foisonnant de détails que l’on retrouve d’une page à l’autre, mais aussi d’un livre à l’autre puisqu’il s’inscrit dans une série, avec un livre par saison, avec en plus le livre de la nuit. Génial pour échanger avec les enfants, qui adorent suivre un personnage au fil des décors et des saisons.

tout-un-monde.jpgTout un monde d’Antonin Louchard et Katy Couprie. Les auteurs dressent l’inventaire du monde, en prenant le parti du détail. Ils utilisent des supports très divers : photographies, dessin, peinture, collage, etc. Les images s’enchainent par association d’idées : de l’oiseau au ciel, du bébé au biberon, du lait à la vache…

mamans-du-monde.jpgMamans du monde et Papas du monde (chez Milan) : un superbe imagier de photos qui mettent en scène des parents avec leur bébé aux quatre coins du monde, dans différents moments de la vie quotidienne, accompagnées de phrases simples. Ce livre est apprécié à tous les âges : tout-petits, enfants plus grands, adultes. Une carte en début d’ouvrage permet de situer géographiquement les différentes photos. Relié.

animaux-de-la-ferme.jpgLes animaux de la ferme de François Delebecque : un imagier avec des volets à soulever. On voit d’abord l’ombre de l’animal, puis en soulevant le volet, la photo correspondante. Il est donc amusant de deviner de quel animal il s’agit avant de voir la photo! Les enfants adorent. Sur le même principe, et du même auteur, les animaux sauvages, et vroum vroum sur les moyens de transport, dont j’ai déjà parlé ici.

album-d-adele.jpgL’album d’Adèle de Claude Ponti. Difficile de décrire en quelques mots le premier livre publié par Claude Ponti, dessiné à l’occasion de la naissance de sa fille. J’y consacrerai peut être un article un jour. En attendant, je vais reprendre un extrait de Catherine Trulan : « L’ Album d’Adèle, de Claude Ponti est apparu d’emblée, à sa publication, en 1986, comme un livre particulièrement original et nouveau. Ses dimensions inhabituelles le plaçaient déjà sous le signe de l’excès. Non seulement il était très grand (42,5 x 26,5 cm),  mais son format à l’italienne, en largeur, rendait impossible une vision globale des illustrations. Il fallait littéralement explorer cet album comme une vaste contrée, d’autant plus que chaque thème graphique s’y étalait sur double page, soit sur une distance de 85 cm. Sans texte, ne proposant pas une histoire et représentant des objets, il pouvait s’apparenter à un imagier. Mais le graphisme très réaliste, écartant tout ce qui pouvait faire joli ou mignon, l’absence de classement, l’abondance pléthorique des objets reproduits, par ailleurs très hétéroclites, et l’espèce de folie dont ils semblaient saisis tout-à-coup, en faisaient, à l’évidence, un contre-imagier, une sorte de fourre-tout insensé, délirant, mais aussi fascinant. Sous cet aspect amusant, provocateur et délibérément critique à l’égard des livres infantilisants, Ponti exprimait plastiquement, de façon fine et profonde, une vision personnelle de l’enfance et de ses rapports à l’imaginaire. Cette richesse, qui se découvre peu à peu, a  confirmé le succès de l’ouvrage. »

Premières histoires, premiers contes

Ces livres proposent des histoires un peu plus conséquentes, et je les utilise généralement pour des enfants à partir de deux ans et jusqu’à quatre ans. Mais c’est très variable d’un enfant à l’autre et certains y seront réceptifs beaucoup plus tôt.

le-bebe-bonbon.jpgLe bébé bonbon de Claude Ponti. Autant Claude Ponti avait choisi un format immense et des illustrations foisonnantes pour l’album d’Adèle, autant la série créée autour de deux poussins, Tromboline et Foulbazar, est un petit format avec des dessins relativement épurés, sur fond blanc. Mais on retrouve son imaginaire complètement à part. Dans celui-ci, Tromboline et Foulbazar trouvent un bébé bonbon. Si l’un veut le manger tout de suite, l’autre propose plutôt de le suivre pour manger aussi toute sa famille ! Ce titre et les masques sont mes préférés de la série. Et si votre enfant aime Ponti, il pourra en profiter pendant de nombreuses années, parce qu’il a aussi publié des albums pour les plus grands et un roman pour lecteurs débutants.

la-petite-poule-rousse-barton.jpgLa petite poule rousse de Byron Barton. Ce célèbre conte (la petite poule rousse trouve un grain de blé, demande de l’aide aux autres animaux qui refusent pour le planter, le récolter, faire de la farine, puis faire un gateau, et finalement mange le gateau seule avec ses poussins puisque les autres ont refusé de l’aider) a été édité à de nombreuses reprises. Cette version de Barton, avec son texte simple et son graphisme coloré est une des plus accessible pour les tout-petits. Il a également repris le conte de Boucle d’or sous le titre les trois ours. Relié ou cartonné.

petit bleu petit jaunePetit bleu et petit jaune de Leo Lionni. Petit bleu et petit jaune sont très amis. Un jour, ils sont tellement contents de se voir qu’ils s’embrassent et deviennent verts ! Une jolie manière d’aborder l’amitié et la différence. Des illustrations en papier déchiré, toutes simples mais très réussies. Un grand classique de la littérature jeunesse, qui peut aussi intéresser des enfants plus grands. Relié.

roule galette

Roule galette de Natha Caputo et Pierre Belvès, une galette qui se sauve et qui échappe aux animaux comme aux humains, jusqu’à ce que le malin renard…  J’en ai déjà parlé ici.

quel-radis-dis-donc.pngQuel radis, dis donc ! de Pauline Gay-Para et Andrée Prigent. Un papi et une mamie ont un jardin si petit qu’ils n’ont pu y planter qu’une seule graine de radis. Radis géant et récalcitrant. Qui va bien pouvoir l’arracher ? Le papi ? La mamie ? La petite fille ? Ou la petite souris ? Inspiré d’un conte russe, avec les mots tout simples d’un auteur de talent.

chasse-a-l-ours.jpgLa chasse à l’ours d’Helen Oxenbury. “Nous allons à la chasse à l’ours. Nous allons en prendre un très gros. La vie est belle et nous n’avons peur de rien”. Cette phrase revient comme un refrain (le mot technique pour les contes avec cette structure répétitive, c’est un conte de randonnée, et ça convient très bien aux enfants petits parce que ça leur fait des repères dans le texte). La famille va affronter une nature plutôt hostile, mais elle est pleine de courage. Seront-ils aussi courageux quand ils seront face à l’ours ? Jubilatoire à lire à haute voix.

Ce n’est qu’une petite sélection parmi une offre très importante et avec beaucoup de livre de très bonne qualité. J’aurais pu en proposer beaucoup d’autres ! D’ailleurs, je propose régulièrement mes coups de coeur sur ce blog. Jettez donc un coup d’oeil aux  livres de Chris Haughton, jouez avec votre enfant avec  Et pourquoi pas toi ?, etc.

A venir, le dernier article de cette série, sur les tout-petits à la bibliothèque !

Lire aux tout-petits (quatrième partie) : idées de titres

Après pourquoi lire aux tout-petitscomment le faire et quelques conseils pour choisir des livres, voilà une petite bibliographie.

Sons, rythmes et rimes : 

Lier chansons, comptines ou “bruitages” à l’image, c’est un des meilleurs moyen d’aborder le livre avec le tout-petit.

Une poule sur un murUne poule sur un mur de Stefany Devaux, un de mes titres préférés de la collection Pirouette. Il réunit la comptine “une poule sur un mur” et la berceuse “l’était une petite poule grise”. J’ai choisi cet exemple, mais encore une fois toute la collection est à découvrir. On y trouve à la fois des berceuses (comme fais dodo Colas mon petit frère, aux illustrations très douces) ou des comptines beaucoup plus rythmées (comme la Totomobile). Relié.

c-est-la-p-tite-bete.jpgC’est la p’tite bête d’Antonin Louchard : C’est la p’tite bête qui monte, qui monte, qui monte… Mais qu’y a-t-il donc tout là-haut ? Un petit format cartonné (donc facilement manipulable par le tout-petit) qui reprend la célèbre comptine et joue sur les onomatopées. Ce livre a donné naissance à toute une série d’albums avec cette même “petite bête”, avec ou sans texte. Ce livre est publié dans la collection “Tête de Lard” chez Thierry Magnier, dans laquelle vous pouvez piocher pour les livres pour petits. Cartonné.

le-livre-des-bruits.jpgLe livre des bruits de Soledad Bravi : Voici le livre des bruits, de presque tous les bruits. Pour bien se rappeler que la trompette fait pouêt, que le pétard fait boum, que le loup fait oooouuuh et le hibou ouh ouh, que le rhume fait atchoum et les épinards beurk (et le lapin fait “tntntnstn”, et bin je suis nulle en bruit du lapin!). Des dessins drôles et colorés (avec de forts contrastes donc parfait pour les tout-petits). C’est rare de trouver autant d’humour dans ce type de livre. Comme il est assez épais et que chaque page est indépendante, il est sympa à laisser manipuler par un tout-petit qui peut sans problème aller et venir dans le livre, sauter des pages, revenir sur ses pages préférées… Il existe un jeu sur iPad et iPhone adapté de ce livre, mais je ne l’ai pas testé. Il fait partie des premiers livres que j’ai acheté pour le magicien. (du même auteur, voir aussi le livre des cris). Cartonné.

travaux-en-cours.jpgTravaux en cours de Taro Miura : L’auteure invite l’enfant sur un vrai chantier avec ses ouvriers, ses machines, ses panneaux d’interdiction d’entrer, son port du casque obligatoire, etc. Des silhouettes noires sur fond “papier craft”, des onomatopées et les bruits des différentes machines. Ce livre est malheureusement épuisé mais on le trouve encore facilement en bibliothèque ! Relié.

et-badaboum.jpgEt… badaboum de Sabine de Greef : L’oiseau tombe de la branche sur le chat qui fait miaou, qui tombe sur le chien qui fait wouf, qui tombe sur le mouton qui fait bêêê qui tombe sur la vache, qui fait meuh. Et la vache donne un grand coup de patte à la pyramide sur son dos et boum badaboum, tout le monde tombe par terre ! Un livre qui s’ouvre verticalement, les enfants qui s’amusent à deviner de quel animal il s’agit avant qu’on le voit entièrement… Cartonné.

Papa, maman, bébé

Beaucoup-de-beaux-bebes.jpgBeaucoup de beaux bébés de David Ellwand : un imagier de photos en noir et blanc. On s’intéresse surtout aux visages et aux expressions (bébé rit, bébé pleure, etc), mais aussi aux corps. Le livre se termine sur un miroir pour que les tout-petits découvrent leur propre image. Je suis à chaque fois impressionnée de voir à quel point ce livre “parle” aux bébés, en général ils sont complètement fascinés ! Relié ou cartonné.

mon papa browneMon papa et ma maman d’Anthony Browne : un tout-petit décrit ses parents. Plein d’humour et de comparaisons originales. Le motif de la robe de chambre à carreaux du papa et de la robe à fleur de la maman reviennent de pages en pages (et les tout-petits comprennent grâce à ce motif que c’est toujours le papa qui est représenté sous les trais d’un gorille ou d’un hippopotame par exemple, ce qui montre leur excellence en lecture de l’image). Cartonné ou relié.

boite des papasLa boite des papas d’Alain Le Saux dont j’avais déjà parlé ici. Ces livres d’Alain Le Saux qui présentent un fils et son père dans différentes situations de la vie courante sont réédités dans des petits coffret de 4 livres chacuns, plus facilement manipulables (et c’est drôle de les sortir de la boite et de les ranger !). Texte très simple, couleurs vives et toujours une dose d’humour. J’adoooore ! Ce sont les premiers livres que j’ai offert à mon demi-frère, et j’ai déjà prévu d’acheter une des boites (il y en a 4 différentes) pour le magicien. Cartonné.

des papas et des mamans ashbéDes papas et des mamans de Jeanne Ashbé dont j’avais déjà parlé ici. Un grand format, des illustrations pleines pages qui montrent des papas et des mamans très différents dans des scènes de la vie quotidienne. Ce livre se conclut sur l’importance de l’amour des gens qui entourent bébé. Les illustrations de Jeanne Ashbé, auteur de référence pour les tout-petits, sont un peu (trop) classiques à mon goût, mais ce livre est plein de tendresse et les situations parlent aux enfants. Relié.

le-papa-qui-avait-10-enfants.jpgLe papa qui avait 10 enfants de Bénédicte Guettier : il était une fois un papa qui avait dix enfants. Tous les jours il mettait 10 bols sur la table du petit déjeuner. Enfilait 10 tee-shirt, 10 pulls, 10 pantalons et 20 chaussettes… Mais en secret, il construisait un bateau pour partir dix mois tout seul, tranquille… pour au final tenir seulement 10 jours sans ses enfants ! (pour une fois que c’est le papa qui s’occupe seul de ses enfants, on en profite !). Un grand format, des illustrations toutes simples, et un livre pour dire à la fois l’amour porté à ses enfants et le besoin de décrocher, parfois. Relié.

sur-les-genoux-de-maman.jpgSur les genoux de maman d’Ann Herbert Scott : Michaël, sa poupée, son bateau, le bébé, aiment plus que tout se blottir contre maman, sous la couverture d’élan, et en avant, en arrière, en avant, en arrière… ils se balancent. Un album aux dessins très doux, parfait pour un moment calme et calin. Il aborde aussi la jalousie d’un ainé pour un petit frère, mais sur les genoux de maman, il y a de la place pour tous ! J’aime que les différences culturelles ne fassent que renforcer l’universalité du lien parent/enfant. Relié.

La vie quotidienne 

L’enfant aime retrouver dans les livres son univers. Et de nombreux parents cherchent des livres pour accompagner certains moment de la vie de leur enfant (moment du coucher, propreté, entrée à la crèche ou à l’école, arrivée d’un deuxième bébé dans la famille…). Je trouve cela très positif et très utile, mais beaucoup d’ouvrages sont alors à mes yeux trop descriptifs ou trop franchement illustratifs. Il ne faut pas oublier la forme pour ne garder que le fond. Il ne faut pas oublier non plus qu’un enfant est capable de trouver ce dont il a besoin dans des univers très différents. Je me souviens d’un accueil parent/enfant avec un petit garçon d’environ deux ans et sa maman enceinte du second. Sa maman essayait de lui lire un livre sur l’arrivée d’un autre bébé, lui s’en désintéressait et a passé presque toute la séance avec la petite boite jaune de Carter, et plus précisément sur une page où il y avait une petite boite jaune cachée dans une grande boite jaune (et qu’on pouvait voir par une petite trappe). Un moyen un peu plus détourné mais bien réel de l’aider à appréhender la grossesse de sa maman !

blanc sur noirNoir sur blanc et Blanc sur noir de Tana Hoban : des petits livres qui peuvent à première vue sembler austères aux parents mais qui sont parfaits comme premiers livres pour les bébés car les forts contrastes leur permettent de bien distingue les formes. Petits imagiers cartonnés, sans texte, ils présentent des objets familiers pour bébé (biberon, ours en peluche…) mais aussi des objets moins courants, pour permettre la découverte.

et-pit-et-pat-a-quatre-pattes.jpgEt pit et pat à quatre pattes de Jeanne Ashbé. Dans ce livre, on se place du point de vue du tout-petit, et l’univers familier de la maison prend une autre dimension ! Relié.

Tout-va-bien-Merlin.jpgTout va bien Merlin d’Emmanuelle Houdart. Merlin s’inquiète car d’étranges personnages se cachent dans ses endroits favoris, boivent son biberon ou jouent avec ses cubes. Juste le temps de tourner la page et le personnage apparaît en entier et révèle sa vraie nature. Mais les intrus ne sont que tendresse à partager. Un superbe album pour vaincre la peur de l’inconnu : les personnages ne sont que douceur et sont disposés à jouer avec le petit garçon. Les illustrations d’Emmanuelle Houdart peuvent être un peu déstabilisantes au départ, mais elle réussit à créer un très bel univers et on s’attache rapidement à son style (et les enfants y sont sensibles). L’album est construit avec beaucoup de soin (chaque personnage a sa couleur dominante), il y a toujours des détails amusants. Et j’adore la manière dont l’auteur mêle univers familier de l’enfant (pot, biberon, poussette) et créatures fantastiques. Bref, un de mes gros coup de coeur. C’est d’ailleurs le premier livre que j’ai lu à mon fils. Relié.

grosse-colere.jpg Grosse colère de Mireille d’Allancé : Robert est de très mauvaise humeur, et son papa l’a envoyé dans sa chambre. Alors Robert sent tout à coup monter une chose terrible : une énorme colère qui détruit tout sur son passage. Mais il prend aussi conscience que cette grosse colère ne dure pas. La mise en image de la colère est à mon avis très utile pour les enfants de 2-3 ans. Relié.

c-est-l-heure-du-bain-petit-lion.jpgC’est l’heure du bain, petit lion de Taro Gomi : C’est l’heure du bain pour le petit lion. Sa maman lui demande de se déshabiller. Une drôle d’idée, et pourtant, rien de plus facile pour le lionceau qui ôte crinière et fourrure… laissant apparaître un ours, puis un petit garçon. Taro Gomi est un auteur japonais très prolifique, qui a publié de très nombreux livres pour les tout-petits. C’est une valeur sûre ! Relié.

tetine-de-Nina.jpgLa tétine de Nina de Christine Naumann-Villemin : “Quand vas-tu enfin arrêter de sucer cette tétine ?”, demande Maman un peu énervée à Nina. “Jamais”, lui répond Nina. Elle veut l’emporter partout avec elle : au parc, à la piscine, au travail quand elle sera grande, et même à son mariage. Maman n’est pas trop d’accord. Et le loup, lui, qu’en pense-t-il ? Imiter Nina qui parle avec sa tétine dans la bouche est très drôle (à lire les dents serrées). Les dessins sont super sympa, et Nina est une petite fille qui a le sens de la répartie ! Dans la même série, un petit frère pour Nina sur l’arrivée d’un nouveau bébé (un peu moins réussi à mon sens, mais les enfants qui ont aimé le premier seront heureux de lire la “suite”). Relié.

au-lit-petit-monstre.jpgAu lit petit monstre de Mario Ramos : Quand papa décide de coucher son petit monstre il lui faut beaucoup de patience ! Entre le bisou à maman, le brossage des dents, le pipi, le verre d’eau…. Il est vraiment difficile de faire dormir un petit monstre! Relié.

papa.jpgPapa de Philippe Corentin : Au lit, on lit. Ensuite, on dort. Mais soudain, on entend un grand cri : papa ! Un livre où le monstre n’est pas forcément celui que l’on croit ! J’aime bien que ce ne soit pas systématiquement à la maman qu’on s’adresse en cas d’inquiétude. Parfait pour découvrir Philippe Corentin, que les enfants retrouveront avec plaisir un peu plus grand dans d’autres histoires. Il y a beaucoup d’autres livres sur les terreurs nocturnes, souvent pour les un peu plus grands. Je conseille en particulier il y a un cauchemard dans mon placard et Scritch scratch dip clapote. Relié.

tout-le-monde-y-va.jpgTout le monde y va d’Emile Jadoul : Le cow-boy, le papa, la princesse, l’indien, la sorcière et la maman… mais où vont-ils tous d’un pas si pressé ? Aux toilettes ! Un livre plein d’humour sur la propreté. On se place à hauteur d’enfant (on ne voit que les jambes des personnages). J’aime aussi beaucoup je veux mon p’tit pot de Tony Ross. Cartonné.

Bebes-chouettes.jpgBébés chouettes de Martin Waddell et Patrick Benson. 3 bébés chouettes attendent leur maman. Est-ce qu’elle va rentrer ? J’aurais pu mettre ce livre dans une autre catégorie, mais à mes yeux, c’est un bon exemple d’histoire qui permet d’aborder une problématique importante pour le tout-petit (la séparation avec la mère, l’idée qu’elle va revenir) de manière imagée et poétique. Ma maman, qui est institutrice en première année d’école maternelle, utilise souvent ce livre en début d’année, et c’est efficace pour rassurer les enfants et à mes yeux bien plus intéressant qu’une histoire de maman qui vient chercher son enfant à l’école, parce que ce livre contribue aussi à la découverte d’un univers différent (le nid de la chouette, la forêt…). Relié.

A force de rajouter des titres, de se dire “ah oui il faut absolument que je parle de celui-là”, je me suis étendue plus que prévu et j’ai donc décidé de couper cet article en deux. La suite très vite, donc.

Des livres pour enfants non sexistes : papa et maman

Il n’y a pas très longtemps, je suis tombée sur un article de rue89 parlant des livres non-sexistes pour enfants.
Et je me suis interrogée sur les livres que je lisais au quotidien aux enfants. Bien sûr, on ne trouve pas à la bibliothèque des livres comme ça :

chloé ménage

Chloé joue à faire le ménage. C’est pour les p’tites filles. Si on ne sait pas le lire sur la couverture, le rose partout devrait nous l’indiquer. Et pour en rajouter une couche, voilà le résumé : “Chloé adore faire le ménage, elle fait tout comme sa maman, elle passe l’aspirateur, nettoie les carreaux, tout en dialoguant avec ses petits chats.”

Je sais qu’on croirait à une blague ou une caricature, mais ce livre est réellement commercialisé ! Et si vous voulez prendre peur, il y en a toute une collection dans le même genre, et on a aussi la version pour les garçons : pendant que Chloé fait le ménage, Axel conduit un tractopelle.

Mais sans aller jusque là, la plupart des albums jeunesse mettent en scène une vision stéréotypée de la société.

Aujourd’hui, je vais m’attarder sur la représentation des parents dans les albums jeunesse. La plupart des albums lient la mère à l’intérieur de la maison, aux soins du bébé, alors que lorsque le père apparait et s’occupe du petit, c’est pour un jeu, une promenade… Et la maman représente la douceur quand le père est forcément fort et protecteur.

Je ne considère pas pour autant ces livres comme forcément mauvais. Mais il est essentiel, à mon avis, de lire des albums montrant un partage plus équilibré entre les parents.

Une petite sélection de ces livres-là.

des-papas-et-des-mamans-ashbe.jpeg

Des papas et des mamans de Jeanne Ashbé :

un grand format, une grande image sur chaque page mettant en scène un enfant avec son père ou sa mère dans des situations de la vie quotidienne. Ici, le père fait la cuisine et les courses tout aurant que la mère. Il se termine sur l’idée que le tout-petit est entouré, plus largement, de nombreuses personnes (famille, amis) qui l’aiment très fort.

Ce livre marche très bien avec des tout-petits, dès 18 mois, puisqu’ils retrouvent leur univers quotidien, tout en découvrant des situations variées. Un de nos classiques !

De manière générale, les livres de Jeannes Ashbé ont le mérite de montrer que les papas aussi vont chercher leurs enfants à la crèche ou à l’école…

Browne - ma maman

mon papa browne

Ma maman et Mon papa d’Anthony Browne

Deux albums qui sont là encore deux grands classiques des albums pour tout petit. Une déclaration d’amour d’un tout-petit à son papa et sa maman.

Même si certains aspects restent classiques dans la représentation des parents (c’est maman qui fait la cuisine et les courses…), on voit le tout petit admirer la force de sa maman, costaude comme un rhinoceros, et qui pourrait être sans problème grand patron ou astronaute. L’enfant admire aussi la grâce de son père qui danse.

Le tissu de la robe de chambre de la maman et du pyjama du papa qu’on retrouve d’une illustration à l’autre sert de fil conducteur à l’album pour ces parents que l’on aime et qui nous aimeront toujours !

tigre, ce petit tigre

Tigre, ce petit tigre… de Malika Doray

Un petit livre sur l’hérédité : petit tigre ressemble aux membres de sa famille, même s’il reste unique !

Et pour une fois, il a hérité de la force de sa maman, et de la douceur de son papa !

Dès la naissance.

heureux-parents.jpg

Les heureux parents de Laeticia Bourget et Emmanuelle Houdart

Un couple attend son premier enfant. Celui-ci va bientôt arriver, accompagné de bonheurs mais aussi de difficultés (manque de sommeil, couches qui s’accumulent…). Cet enfant va grandir, mais les difficultés ne font que commencer ! Les parents vont affronter tout cela ensemble, les questions symboliques comme les taches quotidiennes.

Un très bel album, joliment illustré.

A partir de 5 ans.

Et pour finir mon petit coup de coeur du jour :

papa pas à pas

Papa pas à pas de Philip Waechter

Un jeune papa découvre son fils. De la sortie de la maternité aux promenades dans le parc, des grandes questions (“vaccin, pas vaccin?”), des jours avec et des jours sans (la première maladie de bébé)…

Des illustrations délicates, un sujet traité de façon sensible, et, je pense, assez juste.

Un livre que j’offrirais bien à un futur papa. Qui sera peut être plus touché et plus concerné qu’un enfant…

Un livre vous fait envie ?

D’autres idées de titres ?

Bientôt, d’autres titres concernant la lutte contre les stéréotypes sur les filles et les garçons…

Edit de septembre 2015 : plusieurs années après, de plus en plus intéressée par le sujet, j’ai créé un blog, Fille d’Album, uniquement consacré à cette question. Et je ne placerais plus Ma maman d’Anthony Browne dans les livres antisexistes, même si certaines représentations sont intéressantes. J’espère en reparler sur Fille d’Album un jour.