Rue des Quatre-Vents

Au début, j’avais prévu juste un poste instagram, mais en le faisant, je me suis rendu compte que j’avais envie de vous parler de ce livre un peu plus en détails…

J’ai reçu récemment, donc, Rue des Quatre-Vents, au fil des migrations de Jessie Magana et Magali Attiogbé (éditions des éléphants, 2018).

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Je connaissais déjà Jessie Magana parce qu’elle a écrit les mots indispensables pour parler du sexisme chez Syros et parce qu’elle travaillait sur la collection Français d’ailleurs (chez Autrement jeunesse, réédité depuis chez Casterman) qui, comme le titre de la collection l’indique, raconte des histoires de migrations. L’illustratrice, Magali Attiogbé, est racisée. Et les éditions des éléphants font un chouette boulot sur les représentations et la lutte contre les stéréotypes. J’avais donc un a priori favorable sur ce bouquin, qui a été confirmé!

Ce livre met donc en scène la même rue entre 1890 et 2018, dans de grandes illustrations, avec le texte sur un rabat (seul petit défaut du livre : la scène décrite par le texte est parfois derrière le rabat…). Et le texte raconte l’histoire de ses habitants, et des différentes vagues de migrations qui ont façonné notre société, des juifs fuyant les pogroms au début du siècle aux migrants syriens, soudanais ou érythréens aujourd’hui.

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On y voit donc, en creux, toute l’histoire du XXe siècle et du début du XXIe : la colonisation française, les deux guerres mondiales et la guerre d’Algérie, le génocide arménien, la dictature de Pinochet au Chili ou les boat people vietnamiens.

 

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les tirailleurs sénégalais de la 1e guerre mondiale

On y voit aussi la “petite histoire” : les histoires d’amour vues d’un mauvais oeil par les parents, les enfants qui grandissent, la victoire à la coupe du monde de 1998 et les cours de théâtre à la MJC.

 

On y voit aussi l’évolution de l’architecture, des vêtements des habitants, des objets de consommation, des véhicules :

 

 

Le détail des pubs affichées sur les murs…

 

 

Les difficultés en France ne sont pas ignorées. Des insultes racistes aux bidonvilles dans lesquels les migrants vivent.

 

Le livre s’achève sur 2018 avec Najib, réfugié afghan, qui espérait gagner l’Angleterre. “Il espère qu’il pourra rester dans ce quartier. Il aime bien cette rue, ses habitants qui commencent à le connaître. Il se voit bien, ici.”

Le livre s’achève sur un texte militant, rappelant notre devoir d’accueil :

” Hier comme aujourd’hui, on part parce qu’on est trop pauvre et que l’on cherche une vie meilleure ; parce que la guerre menace notre vie ; parce que l’on est persécuté pour ses croyances, ses convictions politiques, son orientation sexuelle (…). Toutes ces raisons se mêlent souvent, faisant de la situation de chaque personne exilée une histoire très complexe. (…) Parmi toutes celles et tous ceux qui sont venus, depuis la fin du XIXe siècle, certains sont repartis, d’autres se sont installés, se sont mélangés, ont appris la langue et les coutumes de ce nouveau pays, tout en l’enrichissant des leurs. Ce voyage à travers le temps, dans la rue des Quatre-Vents, nous en donne un aperçu. Il nous montre qu’il est possible, encore, d’accueillir”.

Alors certes, ce n’est pas le livre parfait (j’ai trouvé le passage sur 1998 un peu appuyé, j’ai parfois été gênée par certaines tournures de phrases), mais c’est un support de découverte très riche et aussi un excellent support d’échanges.

Avec le magicien, on a passé plus de 30 minutes sur les trois premières pages ! Pas question de tout aborder d’un coup, nous nous sommes laissés guider par ses remarques et ses questions. On a essayé, aussi, de re-situer dans le temps parce que ce n’est pas évident à 6 ans (là ton arrière-grand-mère était petite fille, là c’est quand je suis née). Le livre s’adresse à des un peu plus grands, mais c’est un de ces livres dont on explore de nouveaux aspects à chaque lecture, et qui nous accompagnera plusieurs années.

Le choix des enfants #1

Nouvelle série (??) d’article sur le blog. Parce que moi je vous parle souvent d’albums jeunesse, mais une fois de temps en temps, j’accepte de les laisser choisir !

Et ça sera peut être l’occasion de relancer ce blog un peu moribond…

Je leur laisse la parole, donc !

Le magicien, 5 ans 1/2, a choisi les copains de la colline de Linda Sarah et Benji Davies (Milan, 2014).

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“Ca parle d’enfants qui jouent ensemble avec des boites en carton. Ben et Théo rencontrent Sam et Ben n’est plus heureux parce que Théo et Sam ne jouent plus avec lui. Mais Théo et Sam fabriquent un monstre en carton et Ben revient.

Je l’aime parce qu’à la fin, on voit un monstre en carton que j’aime beaucoup, avec des bouteilles, des cartons, des drapeaux, des roues, des trucs dessus, du scotch, une place dedans… Les couleurs sont jolies.”

 

La puce, 3 ans, a choisi Ernest et Célestine : la fanfare de Gabrielle Vincent, qui vient d’un coffret intitulé Ernest et Célestine : trois petites histoires (Casterman, 2016).

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“Ernest et Célestine écoutent la fanfare.

J’aime ce livre parce que j’aime bien le vert. J’aime bien parce qu’ils font le carnaval et que ça fait “ratatatam ratatatam”. “

Salon de Montreuil 2017

C’est un rituel, chaque année ou presque, je fais un *petit* compte rendu de mon tour au salon de Montreuil.

Cette année, j’y suis allée 3 fois : vendredi avec des amies, dimanche en famille et lundi pour la journée professionnelle. Repérage de nouveautés, (plein de) dédicaces, achats de cadeaux de Noël, visite de l’expo, spectacle, et intervention dans une table ronde, ça a été très riche !

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A Montreuil, il y a les livres qu’on découvre, qu’on achète. Mais aussi nos chouchous, ceux qu’on a lu cent fois, et qu’on emporte précieusement parce qu’on a repéré que les auteurs étaient présents.

Pour moi cette année c’était Ni poupées ni super héros de Claire Cantais, à la ville brûle que j’ai chroniqué en détails sur fille d’album. Dédicacé pour les enfants, pour les accompagner encore un peu plus dans leur liberté, le magicien, en ce moment, me demande souvent “hein on a le droit de faire ça quand on est un garçon ?”…

 

Pour le magicien, c’était la tribu qui pue d’Elise Gravel et de Magali Le Huche aux éditions les fourmis rouges (qui fait décidément de chouettes bouquins, et je ne dis pas seulement ça parce qu’ils éditent Emmanuelle Houdart ^^). C’est LE coup de coeur du moment à la maison et il est très fier d’avoir désormais Fanette dans son livre !

La tribu qui pue, c’est donc l’histoire d’une joyeuse troupe d’enfants très heureux de vivre entre eux, à poil, dans la nature. Mais la directrice de l’orphelinat est bien décidée à laver, habiller et faire rentrer dans les cases… C’est drôle, fin, super ! Une très bonne idée de cadeau de Noël !

 

Vous connaissez sans doute notre passion familiale pour Bulle et Bob ! La puce a choisi Bulle et Bob se déguisent “parce que c’est mon préféré !”. Ilya Green lui a décidé une magnifique Bulle, mais alors qu’elle lui rendait le livre, la puce s’est écrié “je veux Bob aussi !”.

Rien pour l’amoureux, mais depuis qu’il a eu sa propre dédicace de Oh non, Georges ! de Chris Haughton l’année dernière, il est comblé !

J’adore les dédicaces avec les enfants. J’adore la spontanéité avec laquelle ils parlent aux auteur·e·s (quand j’ai moi-même du mal à être à l’aise et à dire autre chose que “j’adore ce que vous faites !”).

Et puis il y a eu les achats…

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Oui, je sais, c’est franchement indécent… Mais cette année il y a beaucoup de cadeaux !

 

Celui-ci, à la recherche de la carotte bleue, les métiers de Sébastien Telleschi, c’est une découverte du magicien, qui commence à s’intéresser beaucoup aux livres jeux. Il a eu un coup de coeur sur le stand de little urban (qui a vraiment un catalogue super chouette, j’essayerai d’en reparler un peu ! En attendant, allez faire un tour sur leur site, d’autant plus intéressant qu’ils proposent de nombreux ateliers et activités en lien avec leurs albums). C’est bourré de détails et la carotte bleue n’est vraiment pas facile à trouver, ça va l’occuper un moment !

 

Un grand jour de rien de Béatrice Alemagna (Albin Michel Jeunesse) pour le magicien, parce que j’aime de plus en plus cette auteure, et qu’on a eu l’occasion de découvrir des originaux de cet album à l’exposition du salon, qui ont beaucoup intéressé le magicien. Dans cet album, un petit garçon se trouve coincé dans une maison de campagne, et n’a qu’une envie, jouer à tuer des martiens sur sa console. Jusqu’à ce qu’il se laisse emporter par toutes les possibilités que lui offrent l’extérieur. Les planches sont simplement magnifiques !

 

On aurait dit d’André Marois et Gérard Dubois (Seuil jeunesse), dédicacé par l’auteur (mais l’illustrateur n’était pas là malheureusement). Si ces illustrations rétro ne sont généralement pas ma tasse de thé, elles conviennent plutôt bien à cet album, qui est surtout un éloge de l’imagination des enfants, qui se laissent complètement embarquer dans leur histoire (non sans faire *quelques* dégâts dans la maison). La chute me fait beaucoup rire !

 

Le nouveau nid des petits marsus de Benjamin Chaud (Little Urban) fait partie d’une nouvelle série qui reprend en album jeunesse le célèbre héros de BD. C’est ultra mignon, plein de détails dans l’illustration comme toujours chez Benjamin Chaud. C’est le grand chouchou des enfants pour le moment, aussi bien du grand (5 ans) que de la petite (2 ans 1/2), parmi tous les livres rapportés du salon.

Et visiblement, les coussins avec les illustrations de Benjamin Chaud sont bien confortables pour faire une petite pause au milieu de la course du salon !

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L’ours qui ne rentrait plus dans son slip est un livre CD de Emilie Chazerand et Félix Rousseau de chez Benjamin média. J’en cherchais pour le magicien pour le “temps calme” de l’après-midi (quand sa soeur fait la sieste). Nous ne l’avons pas encore écouté mais les extraits que j’ai entendu, ce que j’ai vu en le feuilletant et le nom d’Emilie Chazerand dont j’ai adoré le dernier roman pour ados (la fourmi rouge chez Sarbacane) me font penser que ça va être très bien.

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J’ai déjà parlé un peu de ce documentaire pour préados et ados sur les règles par Elise Thiébaut et Mirion Malle chez la ville brûle ici. Je ne l’ai pas encore lu entièrement, mais j’ai apprécié les passages que j’ai lu et la diversité des représentations. Et j’en profite pour frimer avec mon nouveau tote bag avec lequel je me promène fièrement depuis quelques jours !

J’ai l’impression qu’on a beaucoup parlé de ce loup en slip de Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz (Dargaud), mais si vous l’avez raté, il est hilarant ! Tout le monde dans la forêt est terrorisé par le loup (et tout un business s’organise, entre pièges à vendre et brigade anti-loup), mais il fait beaucoup moins peur avec son slip à rayures… On a cru qu’on ne réussirait jamais, avec Elise, à trouver le livre sur le salon, Dargaud n’ayant pas de stand, donc la dédicace est une grande victoire, merci à Sophie !

Chaque année, c’est mon rituel, je vais sur le stand de Minédition pour que l’éditeur me raconte une histoire, il a un don pour ça ! Et cette année, j’ai craqué pour trop grand, trop petit ! de Catherine Leblanc et Eve Tharlet, pour la puce qui a décidé qu’elle était grande et plus pikinote ! J’avais beaucoup aimé dans la même série est-ce que tu m’aimeras encore ? (sur l’amour inconditionnel des parents) et là voilà ! (sur l’arrivée d’une petite soeur) et là encore beaucoup de tendresse se dégage du dessin, alors je passe même sur la mère en tablier dans la cuisine.

Des fois, on a de la chance : on va voir la grande conteuse Catherine Zarcate (que vous pouvez par exemple découvrir ici), et on tombe aussi sur l’illustratrice du recueil, Irène Bonacina, qui nous fait un magnifique dessin ! Mes enfants sont ans doute un peu petits pour ce recueil, mais il contient un de mes contes préférés, le loukoum à la pistache.

Ce qui est chouette, au salon, c’est quand on découvre des albums qu’on ne pensait pas prendre, des illustratrices qu’on ne connaissait pas, en l’occurrence simplement parce qu’elle était à côté de Magali Le Huche en dédicace. Dans cet album, la retraite de Nénette (à l’école des loisirs), Claire Lebourg où elle invente une retraite libre à Nénette, orang-outang de la ménagerie du jardin des plantes qui y vit depuis 1972. La puce a été très marquée par sa visite à la ménagerie et a donc réclamé que ce livre soit pour elle, même s’il s’adresse à des plus grands.

Encore une découverte, cette fois grace au magicien qui s’est précipité sur ce livre-objet, le bout du bout de François David et Henri Galeron chez Motus (maison d’édition qui fait de la poésie et que je ne connaissais pas !). Un livre surréaliste, qui se déplie peu à peu, j’aime son côté un peu perché !

 

Et ensuite… les cadeaux !

Je n’ai malheureusement pas pu faire dédicacer Bergères Guerrières, de Jonathan Garnier et Amélie Fléchais, par manque de temps (j’avoue que j’ai aussi du mal avec les méthode de Glénat puisqu’il faut acheter un album sur le stand pour avoir un ticket dédicace, ce que je trouve très nul). Je n’ai pas encore lu cette BD d’aventure en entier, mais j’ai beaucoup apprécié ce que j’en ai lu et ça a été un gros succès chez Sophie et ses filles. Je suis donc sûre que c’est un super cadeau pour ma cousine de 8 ans !
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Pour les neveux de Paul, presque 3 ans et 5 ans, loup gris et la mouche de Gilles Bizouerne (Didier Jeunesse). J’aime beaucoup cette série “loup gris” et je trouve que celui-ci est le meilleur. Loup gris avale une mouche. Malheur, il se met à bzzzzozoter ! Quand il croise une araignée, il se dit qu’il va l’avaler, et qu’elle mangera la mouche dans son ventre, et que son souci sera réglé. Mais ça ne va pas aussi bien se passer… C’est un régal à lire à haute voix, et un de mes derniers gros succès à l’heure du conte à la bibliothèque : enfants comme parents étaient écroulés de rire !

Pour mon neveu de 6 mois, un de mes chouchous, un des livres qu’on a lu en boucle avec nos enfants bébés : bon voyage bébé ! de Béatrice Alemagna (Helium). Je l’aime tellement que j’ai eu du mal à ne pas mettre toutes les pages ! Le coucher décrit comme un départ en voyage, avec une grande délicatesse et le talent de Béatrice Alemagna. Et en plus, on évite les stéréotypes !

Autre chouchou, autre cadeau dédicacé pour mon neveu, les mains de papa d’Emile Jadoul (pastel), mon préféré de cet auteur ! J’en avais parlé ici.

Vous connaissez mon amour pour Ilya Green. C’est un incontournable de nos cadeaux de naissance. Pour le petit dernier de la famille, nous avons donc craqué pour son dernier album chez Didier Jeunesse, les petits amis de la nuit, un joli défilé de doudous qui accompagnent le coucher d’un tout-petit. Le jeu de mat et brillant est discret mais réussi.

Et encore du Ilya Green, en livre CD cette fois, pour un grand bébé d’un an ! Elle illustre les chansons de Ceilin Poggi et Thierry Eliez, accompagnés non pas des traductions des chansons mais de poèmes de Murielle Szac. On n’y trouve pas seulement du jazz puisque les reprises vont de Barbara Streisand à Stevie Wonder en passant par les Beatles. L’amoureux les a vu en concert avec les enfants à la librairie du quartier et a aussi craqué pour nos enfants qui l’écoutent chaque soir au coucher depuis. Personnellement, j’aime particulièrement sa reprise de isn’t she lovely.

Enfin, ma belle-soeur m’a demandé un roman à Noël. Et vous savez que j’aime beaucoup faire lire des romans ados aux adultes, j’ai donc fait dédicacer pour elle un de mes gros coups de coeur de l’année, là où tombent les anges de Charlotte Bousquet (chez Gulfstream), donc j’ai parlé longuement ici.

 

Mais le salon du livre, ce ne sont pas que des achats ! Et j’ai la chance d’avoir un fils aussi motivé que moi pour en profiter ! Alors on est allés voir la lecture chantée par Pascal Parisot de son dernier livre disque, Superchat, les souffrances du gros Werther, illustré par Roland Garrigue, chez Didier Jeunesse. Werther le ver de terre est en train de se dessécher sur une terrasse, en plein soleil…Heureusement que superchat va venir à la rescousse ! C’est décalé et drôle. Un bon livre CD à offrir là encore !

superchat

Et puis vous aurez compris depuis le début de l’article que je suis fan d’Ilya Green, mais j’ai une tendresse particulière pour Bou et les 3 zours d’Elsa Valentin (à l’atelier du poisson soluble), un livre d’une inventivité incroyable. Alors pouvoir l’écouter lue par l’auteure à l’occasion de sa sortie en livre CD aux éditions trois petits points, c’était vraiment chouette ! et ça a été l’occasion d’écouter aussi un futur album à paraître en mars, Zette et Zotte à l’usine, affaire à suivre.

Et puis au salon de Montreuil, il y a une expo, cette année sur la représentation des enfants. L’occasion de retrouver certain·e·s illustrateur·trice·s que j’adore : Béatrice Alemagna (photos 1 et 2), Benjamin Chaud (photo 3), mais aussi d’en découvrir d’autres. Cette année, Annabelle Buxton (photo 4 et 5) et Audrey Celleja, dont j’avais déjà vu passer des albums, mais sans y prêter assez attention (photo 6 et 7) J’aurais aimer vous en montrer plus, mais les originaux sont, bien évidemment, sous verre, et c’est quasiment impossible de prendre une photo potable.

Bon, je vais arrêter mon article fleuve ici, mais vous n’en avez pas fini avec le salon ! Déjà parce que j’ai eu la chance d’intervenir lors d’une table ronde sur la diversité (ou plutôt le manque de diversité) dans la littérature jeunesse avec Diariatou Kebe de l’association Divéka/Diversité & kids, Penda Diouf, responsable d’une bibliothèque à Saint-Denis et Sophie Agié de légothèque, et que j’en parlerai en détails sur fille d’album et puis j’ai aussi repéré plein de nouveaux titres, en particulier sur la diversité. Si je ne ferai pas un article de blog (ça me prend trop de temps), j’essayerai d’ajouter un lien vers le fil twitter.

Du bruit dans l’art

Aujourd’hui, je vous parle d’un de mes imagiers chouchous : du bruit dans l’art d’Andy Guérif et Edouard Manceau (éditions Palette, 2014).

bruit dans l'art

Cet album a un principe tout simple : associer à une œuvre d’art (peinture, sculpture, photo, gravure…) à un son, une onomatopée. IMG_2278

Les imagiers de bruits marchent très bien avec les tout-petits. Chez nous, on a lu environ un million de fois le livre des bruits de Soledad Bravi. Notre exemplaire part en lambeaux  à force d’être manipulé. Alors je suis ravie de pouvoir proposer autre chose. Et je trouve ce livre beaucoup plus riche, malgré son principe très simple.

 

J’aime l’humour qui s’en dégage, une certaine impertinence aussi. Introduire l’art dans la vie des enfants, mais sans révérence obligée, dans un rapport amusé et amusant avec ces images.

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les petits touchent quasi systématiquement la page de droite : est-ce qu’elle est vraiment déchirée ? 

Les œuvres sont très variées, et proposent un sacré voyage à travers l’art occidental, du XIVe siècle à nos jours : certaines œuvres ont moins de 10 ans, les éditions Palette accordant une place importante à l’art contemporain. On y trouve des peintures, des sculptures, de la gravure, de la photo…  Seul défaut, à mes yeux : tous les artistes dont on découvre les œuvres sont des hommes. Pas une seule femme.IMG_2279

J’ai beaucoup lu ce livre à mes enfants ces derniers temps. Et il fait partie de ces livres qui peuvent plaire à des enfants d’âge différent. La puce, bientôt deux ans, savoure les bruits,. Au bout de quelques lectures, elle les anticipe et se marre.

Le magicien, lui, a une perception différente. Il se confronte d’avantage aux œuvres, s’étonne d’une locomotive qui sort de la cheminée (Magritte) ou demande pourquoi la scie est plus grande que les immeubles.

Bref, une belle entrée, ludique, dans le monde de l’art.

Les boîtes des papas d’Alain Le Saux

J’ai du mal à trouver vraiment le chemin du blog en ce moment. Déjà parce que je manque de temps, mais aussi parce que j’ai plein d’idées, mais des bribes, des bouts d’articles, rien de complet, rien qui ne me donne envie de le publier.

Alors je me suis dit que j’allais revenir aux bases, avec des albums pour les tout-petits dont je ne comprends pas pourquoi je ne vous en ai pas parlé plus tôt : les boîtes des papas d’Alain Le Saux. Ce sont des livres cultes chez nous. De ceux qu’on aime tellement qu’on achète toute la série, de ceux qu’on offre en cadeau de naissance, de ceux qu’on lit en boucle, et que le grand frère montre à sa petite soeur. A une période, le magicien les réclamait avant de se coucher et dormait avec. Il les sortait tous des boîtes et on le retrouvait enseveli sous les livres !

Ce sont des incontournables pour moi au boulot aussi : j’en sors toujours deux ou trois quand on fait un accueil pour les tout-petits à la bibliothèque.

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Il y a donc 4 boîtes, composées de 4 livres chacune. Ces livres ont d’abord été publiés en grand format, si vous en avez gardez les précieusement, ils ne sont plus disponibles comme ça. Mais je suis aussi conquise par le petit format : ils sont ainsi facilement manipulables par les tout-petits. Et la boîte fait partie du plaisir ! A l’âge du vider/remplir, sortir de la boite, ouvrir le livre, refermer le livre, le remettre dans la boîte fait partie du plaisir et de la découverte de l’objet-livre. D’ailleurs, on voit bien sur la photo que les boîtes ont vécu !

Et dans chaque livre, un père et son fils dans des actes et des jeux de la vie quotidienne. Des dessins simples, très lisibles, aux couleurs vives, chaque boîte ayant sa couleur. Et dans chaque livre, la même structure grammaticale qui se répète au fil des pages (groupes nominaux avec complément du noms dans un, verbes pronominaux dans un autre…), ce qui crée une unité, un rythme agréable à la lecture, et aide peu à peu les enfants à structurer la langue.

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Si la plupart des images montrent le père et son fils dans une situation de jeu, la variété des situations, les quelques cas qui montrent le père faire des tâches ménagères évitent de tomber dans le sexisme et la caricature.

Tout est montré du point de vue du fils : c’est lui le narrateur, et on voit son père, immense, à travers ses yeux. Cette exagération est à la fois drôle et je pense assez juste, par rapport au fait que tout paraît surdimensionné aux enfants petits.

 

J’aime ces livres entre autres parce que l’auteur y intègre une bonne dose d’humour. Après quelques heures à la plage, “papa est rouge”. Et la succession de certaines scène prend tout son sens…

 

Et visiblement, Alain Le Saux trouve qu’être père, c’est très fatigant ! (mais il se fait peut être des illusions sur la possibilité de dormir quand on est parent…)

Mais son fils est là pour le rappeler à l’ordre !

En un mot, un indispensable de notre bibliothèque, et je suis sûre que vos petits seront conquis aussi !

En ce moment, nous lisons…

Après celui de février, un nouveau “en ce moment, nous lisons…”. L’idée est de faire une mini présentation des livres du moment (et de mettre sur le blog une partie de ce que je publie sur mon compte instagram.

 

Donc, en ce moment, avec la puce (13 mois), nous lisons :

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  • C’est la p’tite bête… d’Antonin Louchard (Thierry Magnier), grand classique de la petite enfance que j’avais déjà présenté rapidement ici
  • Une histoire qui… de Gilles Bachelet (Seuil jeunesse). J’aime beaucoup Gilles Bachelet quand il écrit pour les plus grands, je n’ai pas été déçue par sa première incursion dans la petite enfance ! Le texte coule tout seul, il y a de l’humour, c’est un plaisir.
  • En t’attendant… d’Emilie Vast (MeMo), un bijou de délicatesse sur l’attente d’un enfant, les transformations, le bonheur du partage… Pour moi c’est un cadeau idéal pour une future maman, mais il plait aussi aux enfants, chez nous il réjouit autant la puce que le magicien !

Jusque là, la puce prêtait peu d’attention aux livres (contrairement au magicien qui a adoré ça dès sa naissance). Depuis peu, elle s’y intéresse beaucoup, m’apporte c’est la p’tite bête avec un grand sourire… Vous imaginez que je suis RA-VIE ! Et puis on commence aussi l’histoire du soir avec les deux enfants et c’est un chouette moment, même si on prend soin de laisser sa liberté de mouvement à la puce, qui est loin de rester concentrée aussi longtemps que son frère !

 

Avec le magicien (bientôt 4 ans), nous lisons :

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  • Ce n’est pas très compliqué de Samuel Ribeyron (Hong Fei), un bijou de délicatesse sur ce qu’on a dans la tête et dans le coeur.
  • En t’attendant… d’Emilie Vast (MeMo)
  • le lion et l’oiseau de Marianne Dubuc (La Pastèque). C’est le magicien qui l’a choisi après l’heure du conte à la bibliothèque où il l’a découvert. Et j’étais contente qu’on le rapporte à la maison parce que c’est un livre dont il faut s’imprégner, qui crée une ambiance pleine de douceur…
  • La folie des grandeurs de Kathrin Scharer (Minedition) dont j’ai parlé ici
  • Mille secrets de poussins de Claude Ponti (Ecole des Loisirs). Est-il utile de présenter Claude Ponti ? Depuis qu’on lit cet album, le magicien va tous les jours à l’école dans un “bus de poussins”, conduit par Blaise le poussin masqué, bien sûr !
  • Mon amour d’Astrid Desbordes et Pauline Martin (Albin Michel Jeunesse), parce que ça fait du bien de se dire que notre amour est inconditionnel. Et pour découvrir trois superbes albums sur la maternité, lisez cet article!
  • Petite salamandre : le magicien est abonné à cette revue depuis Noël et elle est vraiment très chouette !

 

Et moi ? Je me remets enfin à lire. J’ai dévoré le tome 2 de la passe miroir de Christelle Dabos (j’ai parlé du 1er tome ici) et j’ai envie de le faire lire à tout le monde !

Que s’est-il passé ?

Il y a des livres qui sont aussi simples en apparence que riches et enrichissants au final. Le livre dont je vous parle aujourd’hui en fait partie : Que s’est-il passé ? de Nicolette Humbert (La Joie de Lire, 2014).

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Cet imagier se base sur un principe tout simple : pas de texte, simplement deux photos, et le titre du livre qui nous pousse à nous interroger : mais que s’est-il passé entre ces deux images ?

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Les photos sont belles, et les plus jeunes profiteront simplement des images de ce tout-cartonné.

Les enfants sont doués en lecture de l’image et attentifs aux détails. Ils repèrent souvent facilement les différences entre les deux images. Et la recherche “d’indices” est un jeu très amusant :

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Oh, le robot est tombé. Et le chat qui était à l’arrière-plan est devant. Le papillon s’est envolé. Pourquoi ?

imageEt là, où sont passées les pommes ?

Mais une fois qu’on a constaté la différence, il faut l’expliquer ! Deviner ce qu’il s’est passé, et qu’on ne voit pas. Et ce n’est pas si évident que ça pour les petits ! Lorsque j’ai montré ce livre au magicien, qui avait 3 ans tout pile, il répétait “mais que s’est-il passé ?” avec enthousiasme à chaque page, mais il lui a souvent fallu un peu d’aide pour déduire les évènements des différences qu’il constatait.

D’autant plus que si certains sont évidents, d’autres sont plus complexes.

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Celle-ci, par exemple, suppose de connaître le principe des marées, de comprendre que la mer est arrivée et repartie (l’écoute intensive de Bulle et Bob à la plage avait cependant permis au magicien d’intégrer que souvent, la mer emporte les châteaux de sable).

Le fait qu’il n’y ait pas de texte, pas d’explication laisse aux enfants une grande liberté. Parce que même si, en tant qu’adulte, on voit une explication “logique”, qu’est-ce qui empêche d’imaginer que c’est un dragon qui a détruit le château ou des lutins qui ont grignoté les salades ? C’est un livre, pourquoi l’explication “logique” serait plus “vraie” que les autres ?

 

Ce livre est donc à la fois un jeu et un défi pour les enfants. Un livre qui pousse à la recherche d’indice, aux échanges, à la discussion.

Et aussi un livre met en scène de manière explicite un élément fondamental de l’album, mais aussi plus largement de la narration puisqu’on le retrouve dans les romans, les dessins animés et les films… L’ellipse. L’idée qu’on ne voit pas tout. Que la situation a évolué d’une image à l’autre, d’un passage à l’autre. Et qu’on peut, simplement grâce à cela, raconter une histoire. Et ça, c’est fascinant, non ?

En ce moment, nous lisons…

Depuis quelques temps, j’ai un compte instagram (la responsable de ma présence sur ce nouveau réseau social et de l’augmentation du temps que je passe sur internet se reconnaîtra ^^).

Une bonne partie des photos que j’y publie concerne la littérature jeunesse. Ce que j’achète, des détails d’illustration que j’aime bien, ce que je lis avec mes enfants…

Et j’ai envie d’y publier régulièrement une petite photo des livres qu’on lit le plus souvent en ce moment. Les coups de coeur de mes enfants, ceux qu’ils réclament encore. Ceux qu’on emprunte à la bibliothèque et qui ne font donc qu’un court (bon, parfois un peu trop long, hum) séjour chez nous.

Je n’ai le temps de parler sur ce blog que d’une toute petite partie des livres qu’on lit et qu’on aime.

Alors ça sera un moyen de les montrer, quand même !

Donc, en ce moment, avec la puce (9 mois 1/2), nous lisons :

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  • Y’a une pie dans l’poirier de Martine Bourre (collection Pirouette chez Didier Jeunesse) présenté ici sur le site de l’éditeur
  • et le matin quand le jour se lève et et le soir quand la nuit tombe d’Anne Crausaz (Memo) qui font partie de ma pile de livres que je veux absolument chroniquer
  • le livre des bruits de Soledad Bravi (école des loisirs) que j’ai présenté ici
  • imagier des jouets de François Delebecque (Les grandes personnes) présenté ici sur le site de l’éditeur

Et j’avais oublié pas de loup de Jeanne Ashbé (Pastel) ! Pourtant, c’est un de nos favori, et le magicien aime aussi beaucoup l’écouter ou le lire à sa soeur ! J’en avais parlé avec l’enthousiasme qu’il mérite ici.

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Avec le magicien (3 ans 1/2), nous lisons :

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  • la grenouille à grande bouche de Francine Vidal et Elodie Nouhen (Didier jeunesse), présenté sur le site de l’éditeur ici, en attendant la sortie de les deux grenouilles à grande bouche de Pierre Delye et Cécile Hudrisier. Le magicien était déjà un grand fan de la version en livre animé de casterman au point de répéter depuis des mois qu’il est une grenouille à grande bouche qui mange des mouches, il est content de découvrir une nouvelle version !
  • L’anniversaire de Monsieur Guillaume d’Anaïs Vaugelade (Gallimard Jeunesse) que j’ai présenté ici
  • Et vogue la petite souris de Coline Promeyrat, Martine Bourre et Elsa (Didier Jeunesse), présenté sur le site de l’éditeur ici
  • Attention chantier (collection le monde animé chez Gallimard Jeunesse), présenté sur le site de l’éditeur ici
  • le ver et le pou d’Elise Gravel (éditions Le Pommier), présenté sur la mare aux mots ici. On a reçu ces 2 livres en cadeau d’un abonnement à la petite salamandre et ils sont géniaux ! Le magicien les adore et l’amoureux rit encore devant le “comte Drapoula” à la 15e lecture.

Et puis aussi :

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Des livres d’Emmanuelle Houdart, forcément ! Que fais-tu, Fantine ? (Seuil Jeunesse) et les voyages merveilleux de Lilou la fée (collection Encore une fois chez Actes Sud Junior). Des livres jeux, plein d’éléments à retrouver. Un univers presque encore plus fou/loufoque/original que dans ses autres titres. On peut les lire comme des histoires ou les déguster page par page. Et s’ils plaisent déjà à mon 3 ans 1/2, c’est encore difficile pour lui de tout retrouver et je pense qu’ils peuvent aussi plaire à des enfants plus grands. Dommage que Lilou la fée n’existe pas (plus?) en grand format…

 

Et moi ? Quand la puce ne me le pique pas, je lis Mémoires d’une féministe iconoclaste d’Yvonne Knibiehler (collection Pluriel chez Hachette).

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Bou et les 3 zours

Ca fait un moment que j’avais envie de vous parler de Bou et les 3 zours d’Elsa Valentin et Ilya Green (Atelier du poisson soluble, 2008).

bou et les 3 zours

Vous avez sans doute déjà remarqué que j’adore les illustrations d’Ilya Green. Je me suis déjà extasiée devant les plus belles berceuses jazz et jazz sous la lunemon arbre ou la série des Bulle et Bob. Ici, on est chez Ilya Green “première période” avec des illustrations très colorées, des aplats de couleur en fond… Un peu comme dans Marre du rose  qui date de la même période.

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(je veux la même robe pour ma fille. De manière générale, les vêtements dessinés par Ilya Green devraient être commercialisés, les robes de Bulle sont également sublimes. Avis aux marques de fringues !).

Cet album reprend l’histoire archi-connue de Boucle d’or et les trois ours. Mais ici, Bou est une petite brune et l’histoire prend son temps : la promenade de Bou dans la forêt avant d’arriver chez les ours dure près de la moitié de l’album. Le temps d’admirer les illustrations d’Ilya Green (et de savourer au passage qu’on prenne de la distance avec les stéréotypes). Le temps de profiter, déjà, d’un texte merveilleux.

En effet, ce qui fait l’originalité et la richesse de cet album c’est le texte d’Elsa Valentin. Voilà les premières lignes de l’album, pour vous donner une idée :

L’était une fois une petite Bou qui livrait dans la forest avec sa maïe et son païe. Un jour elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.

– Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui dirent sa maïe et son païe.

– Dakodak, respondit Bou.

Elsa Valentin a créé ici une langue qui n’appartient qu’à cet album, dont le “zours” du titre ne donne qu’une minuscule idée. Une langue fait de mots étranges, inventés. De mots valises qu’on aurait envie d’employer tous les jours (confordouillette, panitrouiller). Une langue qui fait appel à l’anglais, à l’espagnol, au créole, au latin… à l’argot, aux mots d’enfant… Une langue qui est autant un délice à lire (même si j’avoue que j’ai du m’entrainer plusieurs fois avant d’oser me lancer dans une lecture à voix haute) qu’à écouter.

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Une langue qui malgré toute son étrangeté est immédiatement compréhensible. Une langue qui rappelle aux adultes à quel point le contexte, l’illustration, l’univers dans lequel nous emmènent un album donnent du sens même à un mot qu’on ne comprend pas  (et donc qu’il n’est pas nécessaire d’accompagner un mot jugé “compliqué” d’explication, sa place dans l’album suffit généralement, et même si on ne le comprend pas tout à fait, on peut juste profiter de ses sonorités, de la manière dont il roule sur la langue).

Une langue qui montre aux enfants que la langue est un jeu, qu’on peut s’en emparer, la tordre, s’amuser avec. Il y a ceux qui ne se rendent pas tout de suite compte que ce n’est pas notre langue habituelle, tant elle reste compréhensible. Ceux qui sont stupéfaits de voir un adulte se lancer dans ce texte et lire avec aplomb “Kik’a gouglouté toute ma sol ? pleurchinia Chtitours.”

C’est d’autant plus jubilatoire pour eux que l’histoire des trois ours est généralement connue et qu’ils peuvent apprécier le décalage avec les versions qu’ils connaissent déjà !

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J’avais déjà lu cet album au magicien alors qu’il était tout petit parce que je me préparais à le lire le lendemain à une heure du conte, et il avait déjà aimé (Chlop dit d’ailleurs ici : “j’ai eu la bonne surprise de constater qu’il est très apprécié par des petits de même pas deux ans. Il semble qu’écouter des mots qu’ils ne connaissent pas ne les déstabilise pas du tout. Peut être parce qu’ils sont justement en plein apprentissage du langage et qu’ils entendent tout les jours des mots dont ils essayent de deviner le sens grâce au contexte?”).

Et quand cette année, il m’a dit que la maîtresse leur avait lu le conte (dans la version de Byron Barton. Mais que feraient les instit de petite section sans Byron Barton ?), saisissant ce prétexte pour m’acheter enfin cet album, j’ai couru à la librairie pour lui proposer cette version. Le magicien adore inventer des mots. Des noms étranges pour ces peluches ou ses jouets. Des phrases dans des langues imaginaires. Ce livre souligne à quel point c’est chouette de pouvoir faire ça. A quel point, même si c’est important de pouvoir se faire comprendre, la langue est un terrain de jeu. C’est un beau cadeau à lui faire, je trouve.

Et “Patastrophe” fait désormais partie du langage familial !

Si vous voulez en voir un peu plus sur ce livre, vous pouvez lire les articles de Chlop et du tiroir à histoires.  J’en profite pour vous dire qu’Elsa Valentin et Ilya Green ont publié un nouvel album ensemble chez Didier Jeunesse cette fois, ours et gouttes. 

ours et gouttes

Si la langue utilisée est plus classique, c’est une belle histoire sur le déguisement, le jeu, l’imaginaire et sa richesse. Un album où on fait sécher son petit frère en le suspendant à la corde à linge. Où on lit des fleurs. Où on peut être une goutte, une ourse ou faire du roller à patins. A découvrir ici.

L’anniversaire de Monsieur Guillaume

J’ai toute une série de livres dont j’ai très envie de vous parler, dommage que les journées ne fassent que 24h ! Aujourd’hui, je vous parle d’un chouchou du magicien : l’anniversaire de Monsieur Guillaume d’Anais Vaugelade (l’école des loisirs, 1994).

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Je lui ai offert sur les conseils de ma mère qui trouvait ça drôle d’offrir au magicien qui ne mange rien un livre où il ne parlent que de bouffe.

Ce jour là, comme le titre l’indique, c’est l’anniversaire de Monsieur Guillaume, qui décide donc d’aller déjeuner au restaurant “d’un joli pâté, car c’est mon anniversaire et c’est mon plat préféré”.

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Sur le chemin, il va croiser différents animaux qui ont tous une idée bien précise de leur plat idéal : de la croute de gruyère, du pudding de blé, toutes sortes de pommes de terre… Il vont cheminer dans la neige, croiser un loup affamé… Et finalement, arriver au restaurant… mais que vont-ils y trouver ? Je laisse un peu de suspens, mais “ça tombe bien, tout le monde adore ça !”

On est ici dans le “conte de randonnée” dans son exemple le plus typique, puisqu’on est effectivement le long d’un chemin, où on rencontre différents personnages qui font grossir à chaque page la petite troupe. Petit à petit, la liste des plats qu’on espère trouver au restaurant s’allonge aussi…

Le magicien se régale à énumérer les différents plats et a parfaitement retenu ce qu’aime chacun.

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Des illustrations aux couleurs douces, une ambiance hivernale, un dessin avec un air un peu rétro (les vêtements, la montre à gousset).

Un album en apparence classique, donc. Et pourtant, quand on y regarde de plus près… Que fait ce gros rat qui fume dans la maison de Monsieur Guillaume ? Le loup peut-il vraiment être plus haut que les arbres ? J’aime cette étrangeté qui s’introduit dans l’album sans forcément qu’on s’en rende compte à la première lecture.

J’aime aussi le jeu sur les cadrages : vignettes pour l’habillement de monsieur Guillaume, plans pleine plage et lors de l’arrivée du loup, le cadrage n’est plus suffisant ! Et j’adore cette image où les animaux effrayés sont appuyés… sur le cadre !

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Enfin, et ce genre de détail me fait plaisir et j’en parle donc sur Fille d’Album, Monsieur Guillaume porte une écharpe tricotée par… son papa !

En un mot, un très chouette album, que j’ai offert au magicien quand il avait 2 ans 1/2, et qu’il aime toujours autant un an plus tard. Il y fait souvent référence. Hier, nous sommes nous aussi allés au restaurant, et il m’a demandé si la dame qui s’occupait du service s’appelait “Jeanne des Cuisines”, comme dans cet album !