Nos habitudes de consommation

(Non, je n’ai pas encore accouché. J’entre dans la phase où les gens ne disent plus “allo” mais “alors ?” au téléphone… Mon terme est maintenant dans 12 jours, et si on m’avait dit il y a quelques semaines que je serai encore enceinte à cette date, je ne l’aurais pas cru ! Je ne vous cache pas que j’en ai marre et que j’ai hâte)

La farfa a lancé un petit questionnaire sur twitter à propos de nos habitudes de consommation. Ca m’a donné envie d’en dire un peu plus et d’en faire un article.

Avant même de commencer, soyons clairs : j’ai des pratiques de consommation très contradictoires, entre “j’essaye de faire au mieux” et “je n’y ai pas réfléchi”. Même si j’essaye de privilégier le bio, l’écolo, l’éthique, je suis loin de faire les choses correctement et pas vraiment prête à renoncer à mon confort pour cela. Je me définis d’ailleurs comme “bobo bio”, avec tout ce que ça peut avoir de caricatural, plutôt que comme écolo.

Je reprends le questionnaire de la Farfa.

Pour mes achats vestimentaires… Je ne sais pas si je peux parler de “limiter au strict nécessaire”, mais j’ai beaucoup limité mes achats depuis ma 1e grossesse. Disons que le shopping est devenu plus une aventure compliqué qu’un plaisir avec le magicien dans les pattes !

Et depuis quelques années, je privilégie des marques de qualité, avec des vêtements qui me plairont longtemps. Ils sont fabriqués souvent aux mêmes endroits que les autres marques, mais je me dis qu’au moins je les garde longtemps et donc que j’achète moins ! Par exemple, j’ai deux manteaux, ils ont 6 ans et 3 ans, sont encore en bon état et me feront encore au moins l’hiver prochain.

J’essaye de faire attention aux origines de mes vêtements, mais je ne sais pas si je peux vraiment mettre dans “privilégier les produits français” mes craquages chez Antoine et Lili ! J’achète pas mal chez Petit Bateau, mais ils ne précisent pas lesquels de leurs produits sont fabriqués en France ou au Maghreb.

Si je n’achète pas d’occasion et porte peu de seconde main, j’ai fait une exception pour les vêtements de grossesse : j’ai acheté en tout pour 2 grossesses 2 pantalons et 2 robes, et le reste c’est de la récup’ de ma belle sœur ou d’une amie.

Pour les vêtements pour enfants…

On a fait le choix de ne pas acheter d’occasion. Déjà, ça mettait Paul mal à l’aise. Et puis le magicien est l’aîné des cousins, il va y avoir d’autres enfants qui suivent. On a donc fait le choix d’acheter du neuf et plutôt de la qualité, en se disant que les vêtements seraient rentabilisés en étant porté par plusieurs enfants (pour certains vêtements, la puce sera la 4e à les porter !). On a aussi essayé de privilégier le coton bio. Mais c’est pas toujours ça, comme le montre cet article. Les prix du coton bio/ethique/fabriqué en France étant difficilement gérables pour tout une garde robe. Mais c’est un critère que nos proches prennent parfois en compte pour les cadeaux. Dans notre liste de naissance pour la puce, tous les vêtements sont fabriqués en Europe.

J’aime beaucoup Petit Bateau pour les enfants et on fait régulièrement des razzias au magasin d’usine, mais là encore on ne sait pas où sont fabriquées les différentes pièces. Sinon, on va beaucoup chez DPAM, mais là tout est fabriqué en Chine.

On a aussi récupéré des vêtements de mon mini frère qui a 2 ans de plus que le magicien et qui a été beaucoup habillé dans des marques de luxe (Kenzo kids par exemple). Pour la puce à venir, on a récupéré tellement d’affaires qu’on n’a rien besoin d’acheter ! En tout, en naissance/1 mois, on a craqué pour 2 robes, c’est tout !

L’amoureux fait moins attention que moi aux lieux de fabrication/qualité des vêtements. Mais quand il s’occupe du shopping, c’est lui qui gère et je laisse faire !

Pour le reste des affaires “pour enfants” (mobilier par exemple), on a essayé de limiter au strict nécessaire (même si notre strict nécessaire parait sans doute énorme à certains), et pour la 2e on a du convaincre nos familles que non, on avait besoin de rien !! Pour les jouets, déjà on en achète très peu tellement il en a en cadeau, et on privilégie (en dehors des duplos) le bois et le tissus, et la fabrication en Europe.

Pour l’alimentation, c’est ce qui a le plus changé depuis ma première grossesse.

Depuis, on mange quasiment exclusivement bio. Notre emménagement à 50 mètres d’une biocoop a pas mal joué aussi ! On y fait l’essentiel de nos courses. J’essaye de faire attention à la provenance des fruits et des légumes.et on y trouve seulement des fruits et des légumes de saison. Nous avons réduit notre consommation de viande et de poisson, ce qui limite aussi l’impact écologique. Cependant on craque parfois sur des produits pas top, et l’alimentation du magicien nous a un peu détourné du “de saison”, étant donné que la base de son alimentation en fruit et légumes c’est concombre/kiwi, quelque soit la saison.

On n’a pas de panier bio parce que je suis trop difficile sur les légumes (pas envie de manger du choux tout l’hiver), mais Kelbongoo s’est installé à côté de mon boulot, donc quand je reprendrai le travail, on pourra avoir des légumes locaux et bio !

On essaye aussi d’acheter dans les boutiques du quartier. L’épicerie egyptienne en bas de chez nous propose ni du bio ni du local, mais leur houmous est à tomber par terre et c’est important pour nous de privilégier les petites boutiques de quartier. Ca fait très longtemps que je n’ai pas mis les pieds dans un hypermarché, un des avantages d’être parisienne !

On achète aussi à la biocoop les produits ménagers.

On a aussi nos adresses de resto qui proposent des plats avec des produits du marché ou bio. Même si on craque aussi souvent pour des sushis.

Pour le reste…

Disons que nous ne sommes pas des consommateurs effrénés. On essaye avec plus ou moins de succès d’acheter de façon raisonnée. Et là encore, le critère c’est d’acheter des produits que nous pourrons garder longtemps. Prenons l’exemple des écrans : notre télé a 7 ans, mon téléphone en a 3 et j’ai gardé le précédent 6 ans. Mon dernier ordi a tenu 10 ans. Mais on a pour deux adultes une télé, deux ordis fixes, un ordi portable, un Ipad et deux Iphones.

Bref, même si on essaye de faire attention, nous sommes loin d’être des consommateurs exemplaires. et il nous reste beaucoup de progrès à faire ! Mais je me donne bonne conscience en me disant qu’au moins j’ai conscience de tout ça !

Esprit Maman

Ce blog est un espace très personnel. Je n’y organise pas de partenariat, je n’y parle pas de marque de puériculture ou de test d’objets. Parce que j’aurais l’impression de perdre une partie de l’intimité qui fait qu’à mes yeux ce blog est précieux.

Pourtant, aujourd’hui, je vais vous parler d’Esprit Maman.

D’une part, je ne le cache pas, parce que la créatrice d’Esprit Maman est ma belle-soeur, et que j’ai vu toute l’énergie qu’elle y a investi, toutes les chouettes idées qu’elle a eu, et j’avoue lui en avoir glissé quelques unes aussi !

Mais surtout parce que je suis convaincue par le concept !

Le point de départ, c’est le constat que les femmes enceintes, en particulier pendant leur congé maternité, se retrouvent parfois un peu isolées. Parce que leur entourage continue à travailler. Parce qu’elles ne connaissent pas forcément d’autres femmes enceintes ou ayant des jeunes enfants, avec qui partager leur expérience, les questions qu’elles se posent… Et je me souviens vraiment d’avoir vécu ça pendant la grossesse du magicien. J’étais la première de mes amies à attendre un enfant, je ne voulais pas les gonfler avec ça et pourtant, j’aurais été ravie d’échanger sur le sujet, de partager les questions que je me posais.

Alors Esprit Maman propose aux futurs mamans des ateliers prévus spécialement pour elles. Cuisine, yoga, cours de tricot ou de couture, massages, ventes privées de marques originales de vêtements pour tout-petits, élaboration de faire-part… Des ateliers où apprendre, discuter, rencontrer des gens…

J’interviendrai même, d’ici quelques mois, pour parler de lecture aux bébés !

Esprit Maman

Les premiers ateliers sont prévus le 28 mars.

– Un atelier cuisine, à 10h, avec un chef. Et comme je le soulignais plus haut, tout est pensé pour les femmes enceintes : pouvoir cuisiner assise pour ne pas trop se fatiguer un menu conçu avec un nutritionniste pour respecter les interdits alimentaires de la grossesse, mais aussi proposer des aliments qui contiennent tout ce dont on a particulièrement besoin quand on est enceinte : fer, magnésium…

– Un atelier nutrition à 14h, avec une nutritionniste, pour répondre aux attentes des femmes enceintes sur leur alimentation : que peut-on manger? En quelle quantité? Comment cuisiner et se faire plaisir au quotidien?

Moi, je serai au premier, je vous raconterai tout ça ! Et si vous voulez venir cuisiner avec moi, retrouvez toutes les informations nécessaires sur la page Facebook d’Esprit Maman ou par mail à contact (at) espritmaman (point) com. Et rendez-vous vite sur le blog de Ribamb-elles, partenaire d’Esprit Maman, pour gagner une place à un atelier ou, si vous n’êtes pas parisienne, une chouette “box” !

Et d’autres ateliers arrivent très vite, suivez l’actualité de la page Facebook d’Esprit Maman !

6 mois de grossesse

Aujourd’hui, je suis enceinte de 6 mois et quelques jours. Une grossesse qui n’est pas de tout repos! (pour celles et ceux qui veulent continuer à penser que la grossesse est un moment forcément idyllique, sautez les quelques paragraphes qui suivent…)

De 3 semaines à 4 mois 1/2 de grossesse, j’ai été malade. Des nausées en continu. Des vomissements, beaucoup. J’ai tout “testé” : vomir en cachette au boulot, vomir dans le caniveau en tenant d’une main la poussette de mon fils. J’ai perdu 4 kilos. J’ai pris plein de traitements différents, dont du donormyl que je prends encore sous peine de voir les nausées revenir. Je n’ai pas mangé de chocolat pendant plusieurs mois, ce qui est vraiment un symptôme grave chez moi, et je ne peux toujours pas boire de boisson chaude. J’étais épuisée. Et il fallait continuer a travailler, à s’occuper du magicien…

Ca a quand même fini par passer.

A 5 mois de grossesse, j’ai eu des vertiges. Là, j’ai fondu en larmes dans le cabinet de la sage femme. Et accepté un arrêt de travail. Ça a commencé à s’améliorer, grâce entre autres à une semaine chez ma mère.

Et puis il y a 15 jours, j’ai eu des contractions. Beaucoup de contractions. Toutes les 4 minutes. Donc départ au milieu de la nuit à la maternité, plusieurs heures pour faire cesser les contractions et 36h d’hospitalisation. Heureusement, l’équipe de la maternité a été super, comme d’hab. Heureusement, mon col est toujours fermé, assez long, et il n’y a pas de (trop gros) risque d’accouchement prématuré. Après une seconde visite aux urgences en milieu de semaine (à la maternité de Montelimar cette fois, et eux aussi ont été top), parce que les contractions étaient toujours présentes, on a identifié un petit microbe qui était probablement responsable des contractions et mis en place un traitement.

Je suis donc arrivée chez mes beaux parents, en milieu de semaine dernière, complètement épuisée. Un petit virus n’a pas arrangé les choses. Depuis que je suis là, je dors, et je récupère à la vitesse d’une escargot. J’ai l’impression d’être un vieux téléphone dont la batterie ne tient plus : au bout d’1h30/2h, je dois aller m’allonger pour recharger. Je vais même rester quelque jours supplémentaire seule avec le magicien chez mes beaux-parents pendant que Paul va travailler, n’étant pas vraiment capable de m’occuper du magicien pendant les 13 heures d’absence de Paul. Et Paul organise la suite, entre changement des jours de crèche et baby sitter.

Je ne reprendrai pas le travail avant l’accouchement, et je dois au maximum me reposer. Heureusement, je n’ai pas besoin de rester alitée.

J’ai hésité à écrire tout ça ici. Parce que d’une part il est toujours difficile de trouver le bon équilibre entre ce qui doit rester privé et ce que je publie sur internet. Mais aussi parce que je ne veux pas trop me plaindre ou me faire plaindre. Parce que ce ne sont, malgré tout, que des désagréments et rien de plus grave. Parce que mon bébé va bien, grandit bien, que je suis toujours suivie dans une maternité de niveau 1, parce que ce n’est rien comparé aux femmes à qui on annonce, pendant la grossesse, des nouvelles qui mettent en danger leur vie, leur santé, ou celle de leur enfant.

Mais après tout, ce que je raconte fait partie de mon vécu et de mon ressenti pour cette grossesse, et je me suis dit que je pouvais l’exprimer.

Mais heureusement, cette grossesse ne se limite pas à ça. Cette grossesse, c’est aussi découvrir que je vais avoir une petite fille. Le papa a sauté de joie pendant plusieurs jours ! Et moi, je suis ravie, même si je pense que je le serais autant si c’était un garçon.

Cette grossesse, c’est commencer à la découvrir, tout doucement. Pour le moment, c’est une tête de mule qui n’aime pas les examens et n’hésite pas à se cacher pendant les échographies (elle a fait durer le suspens après l’échographie du 5e mois!), fuir le monitoring ou donner des coups de pied dans le capteur. C’est un bébé hyperactif toujours en mouvement dans mon ventre. On ne va pas s’ennuyer avec elle !

Cette grossesse, c’est surtout découvrir le magicien futur grand frère ! Je pourrais écrire un article entier pour noter toutes ses réactions. Il est intéressé par le bébé, il lui fait souvent des câlins ou des caresses. Au départ, il a beaucoup dit qu’il avait un bébé dans le ventre, lui aussi, et s’est beaucoup intéressé à ce qu’était une fille, un garçon… On essaye de lui expliquer que la grossesse aura un terme et que le bébé sortira du ventre, mais c’est tellement lointain, 3 mois, pour lui… Là, il a vu ma belle-soeur enceinte puis le bébé né, ça rend les choses plus concrètes ! Parmi mes réactions préférées :

Moi, enceinte de 3 mois, le magicien vient me caresser le ventre dans la salle de bain : “moi, je caresse le bébé, il est doux !”

Quand je lui ai demandé “à ton avis c’est un bébé fille ou un bébé garçon ?”, il m’a répondu “un bébé bonbon !” (on a trop lu Claude Ponti). Quand on lui a dit que c’était une fille : “dans le ventre de maman, il y a Bulle, dans le ventre de papa, c’est Bob !” (on a trop écouté Bulle et Bob)

La première fois qu’il a senti le bébé bouger, il a explosé de rire “le bébé, il me fait des blagues” “le bébé il dort pas, il joue”.

Sur mon ventre, avec les mimes qui l’accompagnent : “toc ! toc ! toc ! Y’a quelqu’un ? j’ouvre la porte… Oh, y’a un bébé!”.

A propos de son nouveau cousin “Chaton est sorti du ventre, maintenant il est dans les bras”.

“Quand ta petite sœur sera née, tu lui feras des bisous ?” “Et des caresses et des câlins aussi”.

Je ne lui ai pour le moment pas acheté de livres sur les grands frères, on a seulement lu “et dedans il y a” de Jeanne Ashbé à la librairie. Mais je ferai sans doute quand même une petite sélection avant la naissance !

Nous, on cherche un prénom. Autant le prénom du magicien s’est imposé facilement, autant là nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord… Parmi notre liste du moment : Célestine, Artémis, Rosalie, Juliette, Bulle, Ilya… Comme le prénom du magicien, nous cherchons un prénom pas trop courant mais qu’elle n’ait pas besoin d’épeler systématiquement. Aucun prénom de la liste ne se détache vraiment pour le moment. Le magicien, lui, trouve que “Camion citrène” c’est pas mal comme prénom ! Je lui cherche aussi un surnom pour le blog. Je pensais à P’tite Sorcière, mais Paul n’aime pas… Une idée ?

En tout cas, j’ai hâte d’être au soleil au printemps, avec ma petite puce dans les bras !

Dilé, Denissa, Melisa et Megi

La semaine de la rentrée, ma mère a reçu dans son bureau une mère d’élève. Elle est albanaise, sans papiers, et son mari a été arrêté pendant les vacances. Elle se retrouve à la rue, avec ses trois filles de 5 ans, 2 ans 1/2 et 3 mois. En plein mois de janvier. Ma maman a donc passé la journée au téléphone avec les services sociaux, sans trouver de solution. Elle a donc fini par les accueillir chez elle, le temps que le 115 leur trouve un hébergement d’urgence. Avec l’idée que leur dire non, c’était non assistance à personne en danger.

J’en ai parlé il y a quelques jours sur twitter, Et @Agia31 a réuni mes tweets ici, si vous voulez en savoir plus sur leur histoire.

Depuis, elles ont obtenu un hébergement d’urgence (jusqu’à fin mars). Ma mère à continué à les aider. L’école s’est mobilisée, plusieurs parents d’élèves participent au quotidien, offrent des vêtements, un café, accompagnent chez l’assistante sociale.

Et ce qui était d’abord une réponse à une urgence vitale s’est transformée en une vraie relation. Il y eu tous les gestes et les petits riens qui créent une amitié, et une relation presque familiale. Ma mère s’occupe de Dilé qui a l’âge de son fils comme de ses enfants et fait la mamie pour les petites. Et d’ailleurs, elle me disait “si c’était toi qui était seule dans un pays étranger avec tes enfants sans ressource, j’aimerais que quelqu’un soit là pour toi”.

Récemment, j’ai passé une semaine à Lyon. Cette famille n’est plus pour moi qu’un exemple parmi d’autres des conséquences de la politique de immigration ou de l’insuffisance des réponses d’urgence face à la misère.

Dilé à le cœur sur la main. Elle tient absolument à nous donner une partie des colis que lui donnent les restos du cœur. Elle voulait absolument me donner des couches pour le magicien!

On l’a pris en photo, avec ses filles, pour l’envoyer à sa famille restée en Albanie et qui n’ont jamais vu la plus jeune des filles, née en France.

Mégi, c’est cette petite fille à qui j’ai lu chien bleu. Celle qui était tellement contente d’avoir un déguisement pour le carnaval, elle aussi. Le dernier jour, on allait rejoindre ma mère à l’école, mais le magicien a absolument voulu aller chercher Mégi dans sa classe! Et elle lui a offert la médaille et carton qu’elle avait fabriqué en classe. Le magicien était tellement fier de son beau collier!

Melissa, c’est une tornade sur pattes! Elle a l’âge du magicien et il faut les voir jouer ensemble! Le salon était sans dessus dessous, mais ils avaient le sourire jusqu’aux oreilles !

Denissa, c’est le bébé le plus calme que j’ai jamais vu! C’est cette petite fille qui s’est endormie dans mes bras pendant que sa mère s’était absentée.

Une pétition a été mise en place par RESF pour mettre fin à l’OQTF (obligation de quitter le territoire français) et faire obtenir des papiers à toute la famille, y compris au père qui a été expulsé le 19 janvier et que les filles n’ont pas vu depuis décembre.

Je compte sur vous pour la signer, c’est très important pour nous, et surtout pour ces 3 petites filles dont la vie, aussi précaire soit-elle actuellement, est en France.

Je pourrais ( 14 janvier 2015)

Par où commencer cette année 2015…

J’ai l’impression de ne plus y voir très clair ces derniers temps.

Je pourrais, ça serait le plus évident, parler de Charlie Hebdo, de l’hyper Cacher, des rassemblements place de la République, de la marche du 11 janvier, que je n’ai malheureusement suivi qu’à la télé (me faire coincer dans une foule de 2 millions de personnes enceinte de 5 mois ne me semblant pas une bonne idée) mais je ne vois pas ce que je pourrais dire qui n’a pas déjà été dit.

Je pourrais parler de cette mère d’élèves en larme dans le bureau de ma mère, directrice d’école. Sans papiers, son mari a été arrêté et elle s’est retrouvé à la rue seule avec ses trois filles de 4 ans, 2 ans et 2 mois. De la colère de voir que c’est possible en France aujourd’hui. De l’admiration devant ma mère qui a trouvé évident de les héberger et qui me dit en riant “viens avec le magicien, il aura des copines !”, et devant la solidarité des parents d’élèves.

Je pourrais trouver une façon spirituelle de vous souhaiter une bonne année, mais c’est presque déjà trop tard et je ne suis pas douée pour trouver les mots. Même si je vous souhaite bien sûr tout le bonheur du monde. De bien profiter de vos proches et d’être sereins.

Je pourrais me dire que ce blog, c’est mon espace perso et vous parler de mon nombril. Faire le bilan de 2014 et vous parler de nos projets de 2015, comme je l’ai fait l’année dernière. Mais l’année 2014 a été trop compliquée et contrastée pour moi pour pouvoir en faire un bilan et j’ai du mal à avoir une idée de quoi 2015 sera fait. Une seule certitude, j’attends avec impatience le mois de mai et l’arrivée de notre deuxième enfant.

Je pourrais vous parler de ma grossesse, du fait qu’il est toujours aussi compliqué pour moi d’arrêter de travailler, mais nécessaire en ce moment. Des réactions du magicien face à mon gros ventre. Je le ferai probablement, un peu plus tard, quand les choses seront plus claires.

Je pourrais vous parler de livres pour enfants, parce que ça fait trop longtemps et que ma pile de livres à chroniquer déborde. Et promis, je vous en reparle très vite.

En attendant, je vais prendre quelques heures, quelques jours de repos. Ecouter Alain Souchon, essayer de refaire une séance de sophrologie, probablement aller voir un psy, sentir mon bébé bouger, profiter des bras du magicien autour de mon cou, regarder des séries et essayer de me remettre à lire.

Et je vais revenir ici avec plein de choses à vous raconter, et j’espère plus sereine.

Chez nous, Noël

Chez nous, Noël n’est pas une fête religieuse. C’est une fête familiale. Une occasion de se réunir, tous (ou presque, selon les années) et de se faire plaisir. Ce qui a permis à deux de mes belles-soeurs, musulmanes et voilées, de participer sans se sentir gênées. Ca reste une fête chrétienne chez mes beaux-parents. Même s’ils se sont détachés ces dernières années de la pratique religieuse, Paul allait chaque année à la messe de minuit, enfant, et il y a toujours une crèche (ma belle-mère prend cependant facilement ses distances avec le dogme, sa crèche de l’année dernière étant homoparentale).

Chez nous, Noël c’est le marathon. On le fête plusieurs fois, avec plein de monde ! Famille recomposée de mon côté, grande famille du côté de Paul. Cette année, avec la famille élargie de Paul le 22, chez ma maman le 24 au soir, chez les grands parents de Paul le 25, avec la famille de mon père le 28. Et encore, il faut que j’appelle mon grand père pour voir si on ajoute une fête avec lui le 20 !

Chez nous, Noël c’est parfois me dire que j’ai une famille compliquée. Que parfois tout le monde participe et que ça marche. Que d’autres fois ça coince, ça grince, voire ça explose. Mais que j’ai la chance d’aimer et d’être proche de ma famille. Cette année, en tout cas, ma mère et mon beau-père devraient réussir à réunir leurs 5 enfants respectifs. Et ça c’est chouette.

Chez nous, Noël, ce sont les bébés et les enfants qui commencent à arriver. On devrait croiser mon mini frère, les 2 enfants du cousin de Paul, son neveu, les quatre petits-enfants de mon beau-père… Et tout ce beau monde a entre 18 mois et 5 ans !

Chez nous, le magicien ne comprend pas encore vraiment ce que c’est, Noël. Il a décoré le sapin chez ses grands parents et a adoré. Mais n’attend pas encore. Il regarde chaque jour un catalogue de Noël, en s’extasiant sur certains jouets, mais sans jamais rien réclamer. Je vais lui raconter des histoires, lui chanter des chansons… Mais sans insister. J’ai fait une petite sélection aujourd’hui de livres et de chansons, sur le site des vendredis intellos ! Peut être lui proposer quelques activités aussi : sablés de Noël, étoiles à décorer…

Chez nous, Noël, c’est l’orgie de cadeaux, surtout pour le magicien. L’année dernière, il n’a pas eu le temps de tous les ouvrir chez ma grand-mère, alors qu’on y est restés de 10h à 18h ! J’insiste pourtant : pas plus d’un cadeau par personne ! Cette année, j’espère que ma “liste” sera plus suivie que l’année dernière.

Chez nous, Noël c’est être de plus en plus nombreux sur les photos de famille. Voir qu’avec les chéri(e)s et les premiers enfants, on ne tient plus tous sur le canapé avec mes cousins (et sur les 15 photos, y’en a jamais une où tout le monde regarde dans la même direction !).

Chez nous, Noël, c’est un débat sur le père Noël. Va-t’on rentrer dans le jeu avec le magicien ? Sans doute que non, car son père n’y tient pas, mais je raconterai quand même mes histoires de père Noël préférées, na!

Chez nous, Noël cette année ça sera pour la première fois sans mon papa. Et il va cruellement nous manquer. Ca sera, peut être, aller voir sa tombe au cimetière.

Chez nous, les préparatifs de Noël, c’est les valises, le train, plutôt que la décoration de notre appartement, puisqu’on ne sera pas là.

Chez nous, Noël c’est essayer de réfléchir pour faire des cadeaux de Noël qui nous ressemblent : un peu de fait maison quand j’ai de l’énergie (bonnets tricotés l’année dernière, sucre aromatisé et épices à vin chaud il y a deux ans, cette année je ne sais pas si je vais trouver l’énergie…), des livres, des cadeaux achetés dans les petites boutiques du quartier ou à des artisans qui fabriquent en France, des jouets en bois… Des fois on y arrive, des fois on rate… Pour le moment, on en est au stade des listes, j’ai acheté le premier cadeau aujourd’hui !

Chez nous, Noël commence un peu en avance avec des papillotes, uniquement des Revillon Noir Majeur. Mais jamais avant le 8 décembre. Parce que même si on habite désormais à Paris, on reste un petit peu lyonnais.

Chez nous, Noël, ce sera beaucoup de joie, et sûrement, pour moi, quelques larmes aussi.

Dans un cocon

Décidément, il est beaucoup question d’abri, de cocon, en ce moment sur le blog.

Pendant quelques jours, je suis seule chez ma maman.

Tous mes proches se sont organisés pour me faire, ces quatre derniers jours, un cocon. Paul est retourné seul à Paris, ma belle-famille s’est organisée pour s’occuper du magicien. Et ma maman me chouchoute.

Quatre jours à passer du lit au canapé, de l’Ipad à un bouquin, de la grasse mat’ à la sieste. Où mes seules activités consistent à aller boire un thé avec des amies lyonnaises.

Quatre jours où je me suis complètement détachée du quotidien trop rempli, de ma vie. De toutes mes responsabilités.

Où j’ai essayé de me recentrer sur moi, sur ma grossesse un peu négligée, sur mes besoins. Mais pas trop sur mes émotions, de peur d’être entrainée dans une tempête.

Demain, je récupère le magicien, qui, si j’en crois les nombreux MMS reçus, a bien profité de sa petite semaine chez ses grands parents. Samedi, je rentre à Paris.

Et je dois avouer que j’ai un peu peur. Peur de manquer d’énergie pour reprendre cette vie. Peur de devoir le faire avec des failles supplémentaires, et sans une présence qui était si importante pour moi.

Heureusement, Paul, le magicien et la crevette qui grandit en moi et qui s’est manifestée la première fois au moment où j’en avais le plus besoin, seront là pour m’accompagner. Parce que la vie continue.

Le magicien, son super papa et moi !

Je vous parle souvent de la super relation entre le magicien et son papa. Un papa qui s’en occupe autant que moi, au quotidien. Qui s’en est occupé 3 jours par semaine pendant près de 2 ans, et qui conserve, avec notre nouvelle organisation, sa journée en tête à tête avec son fils pendant que je travaille.

J’avais consacré un article au magicien et de son papa il y a longtemps. Les choses ont bien changé depuis…

Aujourd’hui, c’est lui qui prend la parole sur le blog et qui vous parle de son quotidien de papa :

Le magicien, son super papa et moi !

“J’avais 28 ans, jeune marié, installé depuis peu avec ma femme, et c’est arrivé, un peu par surprise, une bonne surprise! J’y pensais, mais je ne m’y étais pas vraiment préparé, mais finalement on n’est jamais vraiment prêt. Et je suis devenu papa, pour mon plus grand bonheur.

Je me suis toujours imaginé dans le rôle de père, ce que je ferais, ce que je ne ferais pas, j’y avais souvent pensé. Je voulais m’occuper de mes enfants, les voir grandir, participer pleinement à leur quotidien. Et c’est ce que je fais aujourd’hui.

J’ai la chance, la volonté et l’énergie (car il en faut) de travailler trois jours par semaine (12h chaque jour tout de même). Ainsi je peux m’occuper de mon fils les trois jours suivants pendant que ma femme travaille. Grâce à cette organisation nous avons pu tous les deux profiter de notre fils sans autre moyen de garde pendant les deux premières années de sa vie.

C’était vraiment une expérience géniale. J’ai pu vivre à 100% ma nouvelle situation de père. Pour moi c’est normal, mais a priori ce n’est pas le cas pour tout le monde. J’ai ressenti, au travers du regard des autres, que ma situation n’était pas “naturelle”. Souvent j’ai trouvé les réactions positives mais pas tout le temps…

Tout d’abord les réactions positives :

La fierté et l’admiration de la part des membres de ma famille. Le magicien est le premier d’une nouvelle génération. Mes parents sont fiers que je m’occupe de mon fils. Dans la théorie ils ont toujours eu un discours progressiste, et trouvaient ça normal que chacun des parents puisse s’occuper des enfants. Mais dans la pratique ma mère était femme au foyer à s’occuper des enfants pendant que mon père travaillait. Même mes grands-parents, qui sont pourtant ultra traditionnels, acceptent bien la situation et ont plus tendance à faire des compliments.

La reconnaissance quand je me promène au quotidien, de la part des passants, dans le métro, dans les magasins, dans les lieux d’accueil parents enfants. J’ai l’impression que c’est bien vu aujourd’hui d’être un père qui s’occupe de ses enfants. J’ai l’impression d’être un peu “extraordinaire”.

Il y a cependant des côtés négatifs : L’incompréhension et la remise en cause.

De mon milieu professionnel (très majoritairement jeune et féminin). Mes collègues ne comprennent pas ma situation. Elles n’arrivent pas à imaginer que ce soit mon rôle, que je fasse ça par choix. Ce sont pourtant des jeunes femmes, entre 25 et 45 ans, qui travaillent. Elles ont vraiment une vision “basique/classique” des choses. Pour elles je le fais par contrainte, ce n’est pas à moi de le faire…

L’incapacité à concevoir que je sois capable, au même titre qu’une femme, d’élever un enfant. À la crèche la directrice fait deux visites différente pour ma femme et pour moi. Pour moi elle me dit « alors ça c’est les jeux, ils peuvent jouer ici », « ça c’est les lits, c’est pour dormir », « là c’est des petits toilettes pour faire pipi… ». Merci je ne savais pas que mon fils dormait dans un lit et jouait avec des jouets… Et 30mn après ma femme arrive, et comme par hasard c’est une visite tout à fait différente qui commence. Elle explique le projet, l’utilité de chaque type de jeu etc… C’est vrai que moi je suis qu’un papa, je suis un peu con… Et je ne vous raconte pas quand je vais dans un magasin d’habits … Alors ça c’est un body on le met sur la couche … J’ai vraiment l’impression d’être un demeuré … C’est comme si les femmes ne pouvaient pas concevoir que je puisse être leur égal pour s’occuper d’un enfant … Même en lieu d’accueil parent enfant j’ai la désagréable impression d’être instrumentalisé. Je fréquente pourtant un centre social qui prône l’égalité homme/femme. On ne cherche pas à savoir ou à comprendre ma vision des choses ou m’impliquer, on cherche plus à se servir de moi comme exemple, me prendre en photo pour les prospectus etc…

Mon expérience de père est très agréable et gratifiante pour tout ce qui est vie du quotidien et activités occupationnelles. Je ressens vraiment de la reconnaissance et de l’admiration dans le regard des gens, et dans leurs remarques. Cependant j’ai du mal à me sentir à l’aise, intégré et accepté dans la gestion du quotidien, particulièrement par le milieu féminin. J’ai toujours cette impression désagréable que je ne pourrais jamais être aussi compétent qu’une femme pour m’occuper de mon enfant. Après je ne me vexe pas. Je pense que la majorité des papas ne sont pas à l’aise pour acheter des habits à leurs enfants, et qu’ils sont moins impliqués que moi dans la gestion du quotidien. Face à cela je peux comprendre que les professionnels évoluant dans le milieu de la petite enfance aient l’habitude d’adapter leur attitude et leur discours en fonction de leur interlocuteur (père ou mère).

D’un point de vue personnel je suis tout de même un père vraiment comblé et j’espère pouvoir revivre la même chose pour mon prochain enfant !”

Le magicien, son super papa et moi !

Comme c’est mon blog, je me permets quand même de blablater un peu, histoire de rendre encore plus long cet article !

Au sein de notre famille, cette organisation me parait complètement naturelle et évidente. Les quelques difficultés que j’avais à lâcher prise au début sont complètement oubliées. Je trouve nos manières de faire très complémentaires, lui plutôt instinctif, moi qui ai parfois besoin de chercher, de théoriser, de lire sur ma manière de faire. Le magicien s’y retrouve parfaitement et a l’air très heureux. Et on constate que pour les questions du quotidien, il s’adressera à l’un ou à l’autre sans dinstinction, selon son humeur du moment. Une petite anecdote : un jour, je lui demande, devant mon père, s’il veut que ce soit papa ou maman qui lui change sa couche. Il répond “papa!”. Mon père était super surpris, persuadé que pour ce genre de chose il allait spontanément s’adresser à moi !

De mon côté, quand les gens réalisent que mon amoureux est aussi impliqué que moi dans l’éducation du magicien, la réaction est quasiment unanime : “comme tu as de la chance !”. Réaction qui a tendance à m’énerver. Parce que ok, statistiquement, j’ai de la chance : alors que les femmes se tapent en moyenne 80% des tâches ménagères et l’essentiel de l’éducation des enfants, je ne m’en occupe qu’à 50%. Mais personnellement je refuse de me dire que je suis “chanceuse”. Déjà, parce que je trouve ça normal. Ensuite, parce que je considère que c’est du à des convictions et à des choix (non, je n’aurais pas fait un enfant avec un homme qui considère comme normal que je m’en occupe). Et surtout, parce que JAMAIS personne n’a dit à mon mari : “ta femme s’occupe de ton fils 3 jours par semaine ? Comme tu as de la chance !”.

Et je me demande comment font ces mères qui gèrent tout. Mères célibataires ou mères dont les maris consentent à leur donner un coup de main une fois de temps en temps. J’ai beau n’avoir qu’un enfant, n’en faire que la moitié, je trouve cela épanouissant mais aussi complètement épuisant. Comment font-elles ? Comment ça se fait que moi, je n’en sois pas capable ?

Une chose parfois lourde à porter, c’est que quelque soit l’implication de mon mari, c’est moi, en tant que mère, qui suis considérée comme responsable de l’éducation de notre enfant. Je sais que si un jour il y a un problème, c’est d’abord à moi qu’on le repprochera. Parce que c’est la mère qui est considérée comme responsable des enfants. Pour le moment, ce n’est qu’anecdotique : le jour où un ami nous a dit que notre décision commune de ne pas le laisser pleurer pour s’endormir était une faiblesse de MA part parce que j’étais trop sensible. Le jour où la directrice de la crèche (oui, la même), m’a proposé de décaler la date de l’inscription en collectivité parce que j’avais dit que le jour qu’elle me proposait, c’est mon mari qui serait disponible (bah oui, signer un papier, c’est au-delà de ses compétences…). Mais même si le jour où il y aura un problème, nous affronterons la chose ensemble, mon mari et moi, c’est moi qui en porterai la responsabilité face aux regards extérieurs.

Mais je ne veux pas finir sur le côté sombre. Déjà, parce qu’on essaye généralement d’en rire (il vous a épargné la réflexion d’un des médecins avec qui il travaille quand il a dit qu’il voulait aménager son temps de travail pour être avec son fils qui figure pourtant dans mon anthologie perso des réflexions les plus connes : “tu veux t’occuper de ton fils ? Mais pourquoi ? A cet âge là, il s’en souviendra pas, ça sert à rien. Et puis ta femme est là pour ça”).

Et puis surtout parce que le quotidien est chouette. Quand nous aurons un deuxième enfant, Paul essayera de prendre un congé parental de 6 mois. Parce que pour le magicen, c’est mois qui avait arrêté quelques mois, et même si j’en ai été ravie, je n’ai pas envie, cette fois, de me couper aussi longtemps de mon boulot. Et Paul, je crois, a été un peu frustré de devoir retravailler alors que le magicien était tout petit. Il aime pouponner plus que moi ! Un nouvel équilibre à trouver, mais toujours avec cette volonté d’élever nos enfants ensemble, en s’y investissant autant l’un que l’autre.

Vouloir un deuxième enfant ?

En ce moment, la question d’un deuxième enfant est d’actualité chez nous. On peut même dire que la décision est prise.

Et depuis quelques temps, j’y pense tout le temps. Parce que cette décision est très loin d’être évidente pour moi. Nous en avons longuement parlé avec Paul hier soir, et il m’a demandé si j’en avais parlé sur “mes blogs et mes forums” (sa formule pour “tous les sites internet sur lesquels tu passes ta vie”). Et j’ai dit non, je lui ai expliqué que c’était difficile de le dire, que j’avais peur du jugement parce qu’il est toujours difficile d’affirmer publiquement que non, la parentalité, ce n’est pas toujours facile et que ce n’est pas “que du bonheur”…

Mais je me suis rappelée aussi des réactions adorables sur mon article “c’est difficile d’être mère“, sur la bienveillance du public de ce blog et puis peut être que d’autres que moi vivent ou ont vécu les choses de cette manière…

Et puis mon amoureux m’a promis que lui aussi écrirait quelque chose pour raconter ce qu’il vivait en tant que père, et ça, je trouve ça chouette !

Bref, revenons au vif du sujet.

Les raisons, les envies qui poussent à avoir un enfant, j’en avais déjà parlé sur les vendredis intellos, il y a un an tout juste. J’y avais parlé de mon vécu concernant l’arrivée du magicien. Et j’avais cité Elisabeth Badinter :

En vérité, la raison pèse peu dans la décision d’engendrer. Probablement moins que dans celle du refus d’enfant. Outre que l’inconscient, lui, pèse de tout son poids sur l’une et l’autre, il faut bien avouer que la plupart des parents ne savent pas pourquoi ils font un enfant et que leurs motivations sont infiniment plus obscures et confuses que celles évoquées dans le sondage. (…) En fait, la décision découle plus largement de l’affectif et du normatif que de la prise en compte rationnelle des avantages et des inconvénients. (E. Badinter, le conflit, p. 22)

Et voilà ce que j’avais répondu :  “je considère qu’Elisabeth Badinter a raison dans mon cas : la raison a peu pesé dans ce choix. Mais contrairement à ce qu’elle semble sous-entendre, je ne considère pas qu’un choix basé sur l’affect soit inférieur à un choix basé sur la raison, sur la rationalité. Je n’ai pas choisi d’avoir un enfant pour des raisons rationnelles. Je ne suis pas tombée amoureuse pour des raisons rationnelles non plus et les choix que j’ai fait concernant ma vie de couple sont aussi guidés essentiellement par l’affect. Je ne les considère pas comme moins légitimes.”

Et aujourd’hui, ironie du sort, je me retrouve dans une situation ou j’ai de bonnes raisons, rationnelles, d’avoir un enfant.

– J’aimerais que le magicien ait un frère ou une soeur. Parce que je viens d’une famille relativement nombreuse (j’ai grandi avec deux frères, une troisième frère est venu nous rejoindre il y a 4 ans), que j’ai apprécié cela et que j’aimerais que le magicien vive cette expérience. Parce que je nous trouve un peu trop centré sur lui et sur lui-seul, et je pense qu’un deuxième enfant apporterait un équilibre bénéfique pour tous.

– C’est le moment de le faire : le magicien commence à grandir, à être un peu autonome. Nous sommes suffisamment en forme pour envisager de revivre la tornade des premiers mois. Et en même temps, le magicien est encore petit, nous ne sommes pas encore sortis des couches, nous avons un rythme de vie adapté à des petits, alors que j’aurais du mal à imaginer m’y replonger dans quelques années. Nous aimerions qu’il n’y ait pas trop d’écart entre nos enfants.

– Nous avons trouvé un équilibre travail/vie perso qui je pense nous permettrait de vivre une grossesse relativement sereinement. Et puis Paul envisage très sérieusement de prendre un congé parental à la naissance d’un deuxième bébé, ce qui nous permettrait de vivre les premiers mois dans des conditions optimales.

– Paul a très très envie d’un deuxième enfant. Il ne s’agit pas ici de lui faire plaisir (ou pas seulement), mais clairement, il serait un père aussi génial et aussi enthousiaste que pour le magicien, et j’ai bien envie de voir ça.

De bonnes raisons donc.

Mais aussi des craintes.

Si j’aimerais avoir un autre enfant, je n’ai pas envie d’être enceinte ou d’avoir un autre bébé. J’ai adoré voir le magicien grandir. J’ai adoré le tenir dans mes bras. Mais j’ai detesté l’impression d’être coincée chez moi, ne pas dormir la nuit, être épuisée. Je profite bien plus de mon fils maintenant qu’il a 2 ans que quand il avait deux mois. Alors que Paul pense avec joie à un autre tout-petit bébé, je calcule le temps qu’on va passer à ne plus sortir, à être épuisée. Même si je sais aussi que je vais m’extasier la première fois qu’il réussira à se retourner, que je le regarderai dormir en me demandant comment nous avons réussi à faire un bébé aussi merveilleux.

J’ai peur, horriblement peur de ne pas être capable de gérer les deux. Je me rends compte du soulagement que c’est, au moment de la sieste du magicien : 2h pour moi ! Comment est-ce que je pourrai trouver l’énergie, la bienveillance nécessaire pour deux enfants, alors que le magicien seul arrive souvent à atteindre mes limites ?

Et surtout pas d’envie profonde d’être enceinte, d’avoir un bébé. J’ai souvent lu ou entendu que le désir d’enfant venait des tripes, j’ai entendu parler de désir irrepressible, d’évidence… Or, je ne le vis pas.

Est-ce qu’on peut être une bonne mère sans passer par cette étape ? Est-ce que des bonnes raisons suffisent pour prendre cette décision “ça y est, maintenant, on essaye d’avoir un enfant ?”. Finalement, l’arrivée surprise du magicien m’avait dispensé de me poser ces questions.

Et je me rends compte aussi que j’ai intégré une certaine représentation de la femme, de la mère. Peut-on être une vraie mère sans avoir cette envie dans les tripes ? Même si je sais que oui, de manière rationnelle, j’ai du mal à m’en persuader au fond de moi.

Je me souviens de la joie profonde ressentie lorsque j’ai appris que j’étais enceinte du magicien. Alors que je n’avais pas prévu cela, que je ne pensais pas avoir envie d’un enfant à ce moment là. Alors je me dis que je le vivrai sans doute à nouveau. Mais si ce n’est pas le cas ? Si, face à un test de grossesse positif, je ne ressens que de la déception ? Ca serait tellement injuste pour ce bébé.

En même temps, c’est aussi peindre les choses en noir. Il y a des instants où je m’imagine avec un nourrisson dans les bras. Les prénoms sont déjà quasiment choisi. Quand je vois le si mignon bébé de ma copine A., j’ai une pointe d’envie. Mais est-ce suffisant ?

Je sais que j’aimerai cet enfant. Mais est-ce que je ne regretterai pas ce qu’il me prend, encore un peu de liberté, d’énergie, de temps…

Bref, tout cela est confus dans ma tête.

Hier soir, sur le ton de la plaisanterie, je disais à Paul : j’aimerais être déjà enceinte, au moins je serais fixée et j’arrêterais de penser à ça toute la journée.

Et vous, vous vous êtes posé toutes ces questions ou ça a été une évidence ? Si vous aviez des craintes, des peurs, comment les avez-vous géré ? Elles ont disparu à l’annonce de la grossesse ? de la naissance ? Elles sont toujours là ? J’aimerais beaucoup vous lire sur ce sujet.

Un été, en vrac

Me voilà de retour, après un mois de vacances bien agréable…

Cet été nous avons rendu visite à une bonne partie de nos familles respectives. Nous avons fait un tour dans les Ardennes, dans la Drôme, en Ardèche, dans les Hautes-Alpes, au Cap-Ferret comme l’année dernière… Des vacances bien remplies !

Et, en vrac :

– j’ai lu 10 romans

– mon amoureux a eu 30 ans, et nous l’avons fêté dignement

– nous nous sommes offert deux jours de vacances en amoureux, pour la première fois depuis la naissance du magicien

– nous avons vu ma mère et mon beau-père, mon père et ma belle-mère, mes trois frères, ma grand-mère maternelle, mes grands-parents paternels, deux de mes oncles, une de mes cousines, les parents de mon beau-père, mes beaux-parents, mes belles-soeurs et leurs chéris, le cousin du magicien, l’oncle, la tante et une partie des cousins de Paul avec leurs enfants, sa grand-mère…

– j’ai pu me baigner dans les vagues dans l’Océan et admirer la mer

Un été, en vrac

– j’ai “donné un coup de main”, mais pendant un mois, je n’ai géré aucun repas, et c’était VRAIMENT reposant.

– j’ai été chouchoutée et défendue par ma maman et ça m’a fait un bien fou

– mon chéri a bronzé, moi non

– nous avons vu un perroquet faire du vélo. Et du patin à roulettes aussi.

– nous avons découvert la montagne l’été

– nous sommes allés manger une glace et prendre des photos là où nous nous sommes mariés, comme tous les ans (mais cette année, vous ne verrez pas les photos, car elles sont toutes squattées par le magicien !)

– en voiture, nous avons écouté environ 10 000 fois Bulle et Bob et un million de fois les papillons de Thomas Fersen, le magicien ayant décrété que c’était sa chanson préférée.

– j’ai parlé féminisme, beaucoup, et ça s’est plus ou moins bien fini

– j’ai complètement décroché du boulot, et c’était cool

Et le magicien ?

– il a dormi dans 8 chambres différentes, 10 en comptant les siestes. Et il a fait des grasses mat jusqu’à 9h45.

– il a vu des poules, des coqs, des canards, des oies, et toutes sortes d’oiseaux, un âne, un cheval, un chien, des chats, des lapins…

– il a eu peur des vagues mais a aimé regarder la mer

– il y avait toujours quelqu’un pour s’occuper de lui, jouer avec lui, lui faire des câlins

– il a passé plein de temps dehors, a ramassé des fruits et des légumes, joué au bac à sable, mangé de la terre et attrapé la toxoplasmose

Un été, en vrac

– il s’est transformé en vrai moulin à paroles, fait des phrases, utilise des prépositions et des adverbes (à côté, dessus, dessous, beaucoup, un peu…) et commente absolument tout ce qu’il fait

– il a bien profité de ses grands parents

– il a découvert Ernest et Célestine

Et je suis revenue avec plein plein plein d’idées d’articles. Il ne me reste plus qu’à trouver du temps…