Le choix des enfants #1

Nouvelle série (??) d’article sur le blog. Parce que moi je vous parle souvent d’albums jeunesse, mais une fois de temps en temps, j’accepte de les laisser choisir !

Et ça sera peut être l’occasion de relancer ce blog un peu moribond…

Je leur laisse la parole, donc !

Le magicien, 5 ans 1/2, a choisi les copains de la colline de Linda Sarah et Benji Davies (Milan, 2014).

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“Ca parle d’enfants qui jouent ensemble avec des boites en carton. Ben et Théo rencontrent Sam et Ben n’est plus heureux parce que Théo et Sam ne jouent plus avec lui. Mais Théo et Sam fabriquent un monstre en carton et Ben revient.

Je l’aime parce qu’à la fin, on voit un monstre en carton que j’aime beaucoup, avec des bouteilles, des cartons, des drapeaux, des roues, des trucs dessus, du scotch, une place dedans… Les couleurs sont jolies.”

 

La puce, 3 ans, a choisi Ernest et Célestine : la fanfare de Gabrielle Vincent, qui vient d’un coffret intitulé Ernest et Célestine : trois petites histoires (Casterman, 2016).

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“Ernest et Célestine écoutent la fanfare.

J’aime ce livre parce que j’aime bien le vert. J’aime bien parce qu’ils font le carnaval et que ça fait “ratatatam ratatatam”. “

le magicien et la puce, portraits

A quelques jours de la rentrée, j’avais envie de dire quelques mots de mes enfants, aujourd’hui. Parce que les choses passent si vite. Que j’aime relire de temps en temps les portraits d’eux que je fais sur le blog. Pour me rappeler, voir à quel point ils changent, tout en restant les mêmes.

La puce a 16 mois. Ses cheveux se sont beaucoup éclaircis pendant les vacances, et lui tombent dans les yeux. Ses yeux ont foncé par contre. Ils seront gris plutôt que bleus. Comme les miens maintenant. Le bout de son nez est tout râpé parce qu’elle a fait des cascades au parc.

Elle est toujours aussi souriante. Quand elle rencontre quelqu’un de nouveau, elle a quelques secondes de timidité, où elle s’accroche à nos jambes, mais ça ne dure pas. Et à partir de ce moment là, elle est souriante, sociable, heureuse quand il y a du monde. Quand on rentre du travail, elle se précipite vers nous, tout sourire. Même chose quand quelqu’un qu’elle aime vient nous voir. Il faut la voir faire la fête à son parrain !

Elle adore manger. Ca fait longtemps qu’elle a décidé qu’elle mangerait comme nous. Il faut la voir se pencher sur sa chaise haute, pour vérifier qu’il y a bien la même chose dans son assiette que dans celle de son frère ! Et le scandale qu’elle fait si ce n’est pas le cas ! Désormais, elle mange seule ou presque. Avec enthousiasme. Aime tout. Tend son assiette en poussant des cris quand elle est vide.

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Elle fonce droit devant. Part à l’aventure. A la plage, alors qu’au même âge son frère n’osait pas poser le pied dans le sable, elle courait droit vers la mer dès qu’on la posait, et se jetait avec enthousiasme dans de l’eau à 20°. Dans la piscine, elle était prête à se jeter dans le grand bain. Chez mon grand-père, l’escalier qui conduit à la piscine a une marche très haute. Sa femme me disait donc “à cet âge on est tranquille, la marche les bloque donc ils ne peuvent pas monter”. Le temps qu’elle ait fini sa phrase, la puce l’avait déjà escaladé.

Elle est bavarde, et les premiers mots commencent à être reconnaissables. Papa, Maman, non (qu’elle dit pour accompagner le signe de la main qu’elle fait depuis plusieurs mois déjà !), encore, doudou, et “bouaf”, intermédiaire de “boire” et “soif” pour réclamer sa tasse d’eau. Elle sait très bien ce qu’elle veut, de toute manière, et sait très bien le faire comprendre. Elle nous dit au revoir de la main quand elle est fatiguée et veut aller dormir., par exemple.

C’est une tête de mule. Et une tragédienne. Quand on lui dit non pour quelque chose, elle se jette par terre en hurlant. Qu’est-ce que ça va donner à 2 ans 1/2 !

Elle voue une véritable passion aux chaussures. Quand on dit qu’on part, elle se précipite vers les chaussures bien rangées dans l’entrée le tas de chaussures et distribue à chacun sa paire. Sinon, ses jeux favoris sont l’établi de son frère, la dinette, les voitures, et tout ce que le magicien a dans les mains. Elle adore la musique, et demande à ce qu’on lui lise en boucle la p’tite bête d’Antonin Louchard.

 

Le magicien a 4 ans. La coupe de cheveux d’un chanteur des années 90. Il est plutôt grand et maigrichon.

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Physiquement, il a pris confiance en lui. Il court, escalade, se baigne… Mais il reste toujours prudent.

Il aime les jeux de construction, les engins de chantier, les camions de pompier. Quand il sera grand, il sera conducteur de camion poubelle de verre (oui, c’est précis). Il aime le rose, ses bottes de princesse.

Il est passionné par les livres. En connait des dizaines par coeur. Passe beaucoup de temps à en regarder tout seul. Demande toujours plus d’histoires. Peut en écouter pendant des heures. Même si elles sont longues, pas évidentes pour son âge. En ce moment, c’est Ponti qui le fascine le plus (“Maman, le château d’Anne Hiversère, je voudrais qu’on le rende jamais à la bibliothèque, je l’aime trop !”).

Il vit dans un monde qui mêle la réalité, son imagination, les livres qu’il écoute et les dessins animés qu’il regarde (Wallace et Gromit, Chuggington et Robocar Poli essentiellement). C’est le bus des poussins, conduit par Blaise le poussin masqué qui l’a emmené à l’école tous les jours au mois de juin. Hier, il ne s’appelait plus le magicien mais Poli, (sa soeur et nous étions le reste de l’équipe de secours), était une voiture et a fait la sieste dans son garage. Après le parc, il fallait vite rentrer pour laver les véhicules (prendre le bain) ! Tout ça donne parfois des discussions cocasses avec des gens qui n’ont pas les références ^^

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Il est curieux de tout. S’intéresse à tous les sujets. Pose des questions (beaucoup). Il est bavard aussi.

Il a du mal à canaliser son énergie. Il passe par des moments où il est épuisé, d’autres où il est zinzin, surexcité. Il teste beaucoup les limites en ce moment, cherche à nous pousser à bout, c’est fatigant, énervant.

Mais il est aussi très câlin. Dit qu’il nous aime. Me dit qu’il veut vivre avec moi pour toujours. Réclame son père quand il travaille. Me fait des “câlins de cheveux”.

 

J’adore les regarder tous les deux. Ca y est, ils ont une vraie relation de fratrie. Faite de dispute, de bagarres, et de jeu dans la main de l’autre qui est forcément le plus intéressant. Mais aussi d’attention, de tendresse, d’échange. Cet été, par exemple, alors que le magicien chahutait avec un de nos amis, il est tombé, s’est fait mal et s’est mis à pleurer. La puce est arrivée en courant, a “grondé” l’ami en question à coup de “dah dah dah” fâchés et s’est précipitée pour aller chercher le doudou de son frère et lui apporter.

Ils se tiennent par la main quand ils se promènent.

Ils sont contents de passer du temps ensemble, content de se retrouver après une séparation. Ils ne dorment bien la nuit que s’ils sont dans la même pièce. Ils commencent à vraiment jouer ensemble.

Le magicien présente la puce d’un fier : “c’est ma petite soeur, La Puce ! Maintenant elle sait marcher toute seule mais elle sait pas encore parler”. Il fait le grand parfois, celui qui sait, celui qui dit les règles.

 

La naissance de la puce

Cet article, je l’ai écrit en juin dernier, puis il était resté dans mes brouillons. Je m’interrogeais sur la partie d’intime que j’avais envie de publier sur ce blog, sans trouver de réponse. Mais en ce moment, nous réfléchissons à la grossesse et à l’accouchement pour Maternités Féministes, j’ai passé la soirée d’hier à une conférence sur l’accouchement respecté. J’ai eu envie de relire cet article pour moi. Et finalement de le partager ici.

Mon accouchement a été à la fois très similaire à la naissance du magicien et pourtant différent.

Comme pour le magicien, j’ai perdu les eaux avant le début du travail, à la maison, à minuit 1/2. Ce qui nous a laissé le temps de prévenir un ami pour qu’il vienne garder le magicien et de nous mettre en route. Comme pour le magicien, nous avons pris le métro pour aller à la maternité, les contractions commençaient “tranquillement”. L’amoureux, un peu stressé, m’a fait courir dans les escaliers pour attraper le métro qu’on entendait arriver ! A peine arrivés à la maternité, le travail se met en place, là encore comme pour le magicien. Nous retrouvons la sage-femme qui m’avait accueillie lors de ma visite en urgence pour contractions prématurées.

Je m’étais dit que si l’accouchement était relativement rapide, j’accoucherai sans péridurale. La naissance du magicien m’avait montré que j’en étais capable et j’avais apprécié, après la naissance, d’être mobile, de pouvoir me lever, porter mon bébé, descendre dans ma chambre en marchant. Je dis donc à la sage femme que j’aimerais essayer de me passer de péridurale. Elle m’installe en salle de naissance. Elle m’avait dit “vous saurez que le travail a vraiment commencé quand vous vous direz : “je ne me souvenais pas que c’était aussi intense”. Pas de doute on y est. Les contractions sont régulières et douloureuses, mais ça se passe plutôt bien. On ricane avec Paul, qui a très envie de me faire essayer les différents “coussins de gym” sur lesquels je pourrais m’installer.

A ce moment là, je suis une pub pour les mamans bobo-bio qui accouchent sans péridurale. Ca fait mal, mais je gère les contractions debout ou sur le ballon, en me raccrochant à mes exercices de respiration, de prolongement, de sophrologie. Paul me masse le bas du dos, je suis heureuse qu’on soit tous les deux. Je réalise pleinement ce qui se passe, que ma fille sera bientôt là. Je me sens forte et capable. La sage-femme passe nous voir régulièrement, m’encourage.

Et d’un coup, le travail s’intensifie encore. Là, je perds pied. La maman bobo-bio parfaite se transforme en petite chose gémissante, allongée sur le lit, incapable de bouger, avec l’impression que je serai incapable de supporter encore une contraction. Paul fait tout ce qu’il peut pour me soulager, c’est-à-dire pas grand chose. La sage-femme restera avec moi à partir de ce moment là jusqu’à la naissance. Elle m’encourage, me dit que je vais réussir sans lorsque je parle de péridurale, m’examine et m’assure que le travail avance bien (sans me donner de chiffre).

Je ne vais pas mentir, à ce moment là je regrette amèrement mon choix d’accouchement sans péridurale. J’ai eu l’impression que cette seconde phase durait aussi longtemps que la première, mais Paul m’a assuré que c’était loin d’être le cas.

La puce arrive finalement. Je m’installe en position semi-assise, comme pour le magicien. La sage-femme me dit de pousser si j’en ressens le besoin. Ce n’est pas vraiment le cas, mais je pousse quand même, en me disant que j’en peux plus et que je veux qu’elle sorte vite. Ca mettra quand même un peu de temps. La demoiselle a décidé de se mettre dans une position bizarre. Elle nait en regardant vers les étoiles, un bras derrière le dos. Du coup je dois pousser un peu plus longtemps que le magicien qui était sorti très vite.

Et puis en une seconde, elle est là, posée sur moi. Et un flot d’émotions m’envahit. Même si l’accouchement a été presque aussi rapide que pour le magicien, puisqu’elle est née à 4h04, cette fois, j’ai vraiment eu le temps de réaliser ce qui se passait, de me préparer à l’accueillir. Elle est belle et elle va très bien. Ce n’est pas la crevette à laquelle nous nous attendions, après cette grossesse un peu compliquée, mais un beau bébé de 3,4kg. Elle me regarde, je la regarde, Paul est là et c’est le bonheur.

Mais cette bulle ne dure pas bien longtemps. Alors que la naissance a eu lieu dans le calme, d’un coup tout s’agite. Je perds pas mal de sang et la sage-femme s’inquiète de l’état de mon périnée. Rapidement, la salle se remplit : un gynéco, un anesthésiste, une autre sage-femme… Un peu difficile ! Mais un gynéco qui prend le temps de m’anesthésier correctement, contrairement à la première fois, et la sage-femme m’aide jusqu’au bout.

On peut ensuite enfin prendre un vrai temps à trois. On a envie d’appeler tout le monde pour les prévenir, mais il n’est même pas 6h du matin ! J’attends ça avec impatience, et surtout j’ai hâte que la puce rencontre son grand frère !

Arrive le moment de descendre dans la chambre. On me conseille, trois fois de suite, de descendre en fauteuil roulant. J’ai perdu du sang, je suis un peu faible. Je réponds calmement, mais très décidée, que c’est hors de question. J’ai voulu accoucher sans péridurale pour pouvoir descendre debout dans ma chambre. Ca parait sans doute complètement stupide dit comme ça. Mais je n’ai pas accouché sans péridurale pour vivre un moment mystique (heureusement pour moi, j’aurais été bien déçue), ni parce que je souhaitais à tout prix une naissance physiologique. Mais pour être à peu près opérationnelle après l’accouchement. Alors j’ai serré les dents et je suis descendue en marchant. Et je suis arrivée jusqu’à ma chambre.

Pour être honnête, dans les jours qui ont suivi, j’ai regretté de ne pas avoir demandé de péridurale. Parce que j’ai été marquée par ce moment où j’ai perdu pied et que je n’avais pas l’impression que me passer de péridurale m’avait apporté quelque chose. Puis je me suis peu à peu réconciliée avec cet accouchement. Pendant lequel, finalement, j’ai réussi à ne pas paniquer et à profiter de l’arrivée de ma fille. Où j’ai été pleinement actrice des choses, la sage femme étant seulement là pour m’accompagner.

J’ai à nouveau réalisé ma chance d’accoucher aux Lilas. Dans une maternité où le protocole, sans péridurale, est léger (monitoring du coeur du bébé par intermittence, c’est tout), où on respecte, dans la mesure du possible, l’intimité des femmes qui accouchent. Où la sage-femme a été disponible, encourageante, aidante, jamais jugeante.

C’était il y a un an. La puce a soufflé sa première bougie il y a quelques jours. Et quand je repense à cet accouchement aujourd’hui, c’est sans idéalisation mais avec beaucoup de tendresse.

Martinique

Mi-mars, un soir, ma mère m’appelle. Elle nous propose des vacances en famille pour mes 30 ans : et si nous partions tous ensemble 10 jours… en Martinique ?

Autant vous dire qu’on n’a pas hésité sur la réponse !

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Et quand on dit “en famille”, ce n’était pas à moitié puisque nous sommes partis à 11 : l’amoureux et les enfants, bien sûr, et puis ma mère, mon beau-père, mes deux frères, mes deux belles soeurs et une cousine !

Du coup c’était déplacement en convoi (3 voitures de loc’), grande tablée, pas de resto mais pique-nique et salade dans la glacière, bébé qui passe de bras en bras (et qui adore ça), sieste des enfants sautée un peu trop souvent…

On a eu un rythme beaucoup moins intensif que nous en avions l’habitude quand on voyageait en amoureux. On a surtout visité… les plages ! On était rentrés à 18h tous les jours (de toute façon, il fait nuit noire avant 19h), on a passé des aprèm “sieste” à la maison… Mais l’avantage du décalage horaire, c’est qu’on était levés à l’aube, et souvent partis à 8h !

Et on a pu constater encore une fois que les vacances font grandir les enfants. Le magicien, un peu trouillard les premiers jours, s’est peu à peu enhardi dans l’eau. Et la puce s’est métamorphosée. Elle qui commençait à peine à tenir debout se déplace désormais sans souci le long des meubles et a mis en place la technique du “petit gorille” (à quatre pattes mais sur les pieds jambes tendues et pas sur les genoux). Elle a A-DO-RE la plage, le sable, l’eau. Elle a décidé qu’elle était prête pour le sevrage (un peu plus tôt que ce que j’avais prévu, mais finalement ça me va bien !). Et depuis qu’on est rentré, elle dort la nuit ! (je touche du bois pour que ça continue).

La toute dernière tétée de la puce, sur la plage ! Et une piscine creusée dans le sable.

Moi ces vacances m’ont fait un bien fou. Profiter du soleil, bronzer, avoir bonne mine pour une fois. Pouvoir passer un peu le relai. Profiter de ma maman, de mes frères… Ca faisait longtemps qu’on n’était pas restés ensemble longtemps comme ça !

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J’ai adoré la Martinique. Mais j’ai conscience d’être restée un peu “en surface” : quand on voyage en groupe comme ça, difficile de vraiment rencontrer des gens, par exemple. On ne se sent pas sur une “île à touristes” (il n’y a pas que des blancs sur la plage, par exemple). Comme à la Réunion où j’ai eu la chance d’aller il y a quelques années, j’ai adoré le mélange de dépaysement total et de repères habituels (les administrations françaises, les produits qu’on trouve au supermarché, etc). J’ai trouvé les paysages magnifiques. C’est une île très construite (qui ne donne pas l’effet “on est seuls au monde” qu’on peut vivre au Seychelles par exemple) mais je crois que je préfère ça finalement. Les jardins, les fleurs sont magnifiques. Je suis tombée amoureuse des bougainvilliers.

Je vous montre ?

Maternités féministes

Je parle peu de féminisme sur ce blog. Mais celles et ceux qui me connaissent ou me suivent sur Fille d’Album savent que je le suis et que je m’intéresse en particulier au féminisme en ce qui concerne la maternité, le partage des tâches éducatives, l’éducation non genrée…

Il y a quelques temps, je postais ça sur twitter : “Et sinon, j’avais envie de lancer un projet sur la maternité et l’éducation d’un point de vue féministe. L’idée ne serait pas de faire de la théorie mais de parler du concret, de comment on s’y prend au quotidien en tant que féministe. Est-ce que certaines d’entre vous seraient partantes pour participer ?”.

J’avais posté ça sans vraiment y réfléchir ou le conceptualiser, sans savoir ce que ça allait donner. Je pensais à peut être quelques articles à publier ici… Et en fait j’ai eu plein de réponses. Des réponses enthousiastes. Et ça a été une belle émulation. Alors on a créé un blog consacré à ce projet.

Il est là  : Maternités féministes

Et j’en suis drôlement fière. Le Manifeste du blog est à mes yeux un petit bijou.

Il y a un compte twitter associé aussi, qui donne la parole à des mères féministes, lance des débats, des échanges… C’est @MereFeministe et ça s’annonce passionnant.

Si ça vous dit, n’hésitez pas à nous y rejoindre !

 

Alors ces derniers temps, j’ai consacré pas mal de temps à ce nouveau projet. Et je suis un peu dispersée, sur internet, entre Twitter, instagram, Fille d’Album, etc.  Mais je n’oublie pas ce blog. Mes envies d’article s’empilent, les livres dont j’ai envie de vous parler aussi. Alors promis, je reviens très vite !

L’allaitement, la puce et moi

Celles et ceux qui me lisent depuis longtemps savent que je n’ai pas allaité le magicien. Et ça nous a très bien convenu, à tous les trois.

Pourtant, j’ai eu envie d’allaiter ma fille.

Et j’ai mis du temps à comprendre pourquoi. Mais je crois que j’étais tellement proche de mon fils que j’avais peur de ne pas laisser assez de place à cette petite puce qui allait arriver, et que j’avais envie de quelque chose que je ne partagerais qu’avec elle.

Et puis avec une grossesse un peu difficile, j’avais envie de sentir que mon corps était quand même bon à quelque chose, et que s’il n’avait pas pu la porter dans de bonnes conditions (même si ça a sans doute été plus difficile pour moi que pour elle…) il allait pouvoir la nourrir.

Depuis ma première grossesse, j’avais vu des amies allaiter. J’ai lu des choses sur l’allaitement, assisté à un cours sur l’allaitement avec ma sage-femme et discuté avec des amies qui avaient allaité. Je me sentais donc plutôt en confiance, même si je savais que ça allait être compliqué.

La puce a pris le sein bien volontiers peu après sa naissance.

Le début de l’allaitement n’a pas été évident. J’avais déjà expérimenté les crevasses avec le magicien, elles ont fait leur apparition avec la puce au bout de 12 heures. Puis la montée de lait qui compliquait les choses. J’ai fait attention à la position, mais je savais aussi, cette fois, que dans certains cas même avec un bébé dans la bonne position, on a des crevasses et il faut attendre en serrant les dents que ça passe. C’est ce qui s’est passé pour moi, cette fois j’avais vraiment envie d’allaiter donc la douleur ne m’a pas fait renoncer. Je me suis accrochée et au bout de 15 jours ce n’était plus qu’un mauvais souvenir.

Et puis il y a eu ce moment, 3 jours après sa naissance. En pleine montée de lait, la puce n’arrivait pas à prendre le sein correctement, s’énervait, moi j’avais mal. Je l’ai alors prise dans mes bras pour lui expliquer que c’était difficile pour elle comme pour moi, qu’on débutait toutes les deux mais qu’on allait y arriver ensemble. Elle a ensuite pris le sein sans problème. Et j’ai senti une énorme bouffée d’amour, de celle qui font dire qu’on va y arriver ensemble pour l’allaitement, et pour la vie aussi. C’est à ce moment là que je me suis vraiment sentie mère de cet adorable bébé.

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Une semaine après la sortie de la maternité, les choses commençaient à se mettre en place. Je me sentais en confiance. Jusqu’à une pesée à la PMI, et le verdict “la puce n’a pas pris de poids depuis la sortie de la maternité”. Il a donc fallu la faire peser tous les jours, pour voir comment ça évoluait. Et si j’ai eu quelques conseils de bon sens, et que la puer de la PMI a toujours été encourageante, il a fallu faire avec le fait que les gens sont souvent mal formés à l’allaitement et qu’on a conseillé tout et son contraire : tirer mon lait/non ça sert à rien, donner des compléments à la fin d’une tétée/en plus d’une tétée, proposer souvent/espacer les tétées… Jusqu’au moment où j’en ai eu marre : j’ai profité de 4 jours sans pesées grâce à un pont et décidé de tout envoyer balader et de faire comme je le sentais “si dans 4 jours, elle a pris du poids on continue comme ça, sinon, on passe au biberon”. Et la puce a pris presqu’un kilo en une semaine !

L’allaitement était bien en place, et ça a été vraiment du bonheur jusqu’à ma reprise du travail. Elle tétait à la demande, efficacement et rapidement donc je n’avais pas l’impression de faire que ça, les tétées étaient des moments juste pour nous deux, la vie était douce. J’adorais la voir téter.

J’étais fière que mon corps produise de quoi la nourrir, aussi, je crois. D’avoir quelque chose que j’étais la seule à pouvoir lui offrir.

Et puis en septembre, j’ai repris le travail. Je n’avais pas envie de la sevrer aussi vite, donc j’avais prévu de passer à l’allaitement mixte, en tirant mon lait une fois par jour au boulot pour maintenir la lactation et en complétant avec du lait maternisé si besoin. Ca me semblait simple. Je ne savais même pas qu’un bébé allaité pouvait trouver difficile de passer au biberon. Et puis… à partir du jour où j’ai repris le travail, la puce n’a jamais accepté un biberon. Même si ça durait des heures. L’amoureux a tout essayé. La puce hurlait. Je culpabilisais. On jetait le lait que je tirais. Je faisais des allers-retours en courant du boulot pour lui donner à manger. Elle rattrapait la nuit en tétant souvent, j’étais épuisée. Alors on a cessé de lutter et décidé de faire avec. On l’a diversifié plus vite que prévu, on a rajouté des laitages pour qu’elle ait quelque chose dans le ventre. Je rentrais le midi pour lui donner à manger. Et le reste de la journée, elle se débrouillait sans.

Les tétées étaient toujours de chouettes moments entre elle et moi. Des moments qu’on attendait toutes les deux avec impatience. Des moments câlins, des moments de pause. J’ai adoré la voir grandir au sein. Voir la manière dont elle cherchait le sein quand je l’installais pour une tétée. Voir qu’elle savait précisément ce dont elle avait envie.

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Mais c’était contraignant, j’avais le sentiment de courir en permanence. J’étais épuisée. Alors en janvier, on a décidé de la sevrer la nuit et de supprimer la tétée du midi. J’ai conservé trois tétées par jour (le soir au coucher, en fin de nuit et le matin juste avant de partir au boulot). Plus vraiment un allaitement à la demande, mais un allaitement qui nous convient, qui me laisse davantage de liberté.

Depuis quelques jours, la puce boit des biberons. Qu’elle a accepté avec enthousiasme, du jour au lendemain. On a attendu qu’elle soit prête et c’était chouette comme ça.

J’ai désormais l’impression de n’avoir plus que le positif de l’allaitement. Les tétées sympas, le câlin avant le coucher, le bonheur des retrouvailles avant le boulot. De conserver avec bonheur ce lien entre nous deux, et rien qu’entre nous deux.

Alors je compte en profiter encore quelques mois, avant de commencer à la sevrer en douceur. Parce que je ne me vois pas allaiter un bambin. Parce que j’ai envie de retrouver une liberté complète, de pouvoir boire un thé glacé, un verre d’alcool sans compter le nombre d’heures d’ici la prochaine tétée. Envie de la laisser, peut être, quelques jours à ses grands parents pour des vacances en amoureux.

Et garder un bon souvenir de cette belle histoire, dont je n’aurais pas pensé qu’elle durerait aussi longtemps, moi qui disais au départ que je serais contente de l’allaiter jusqu’à Noël !

Les mots du magicien

Le magicien parle beaucoup. Il raconte des histoires, en invente, pose 1000 questions à la seconde… Et il invente des mots, des expressions… Et je suis en admiration devant ses créations, qui sont aussi logiques que poétiques. J’avais envie d’en garder une trace…

Dans l’ascenseur : “quand on est coincé dans l’ascenseur, on appuie sur le bouton des larmes” (l’alarme, donc).

En chahutant avec son père, son père lui demande : “tu vas me délivrer ?” “Non, je t’ai enlivré” (fait prisonnier, donc).

En jouant avec son bus, il le fait monter et descendre : “Montélimar… Descend-Limar… Montélimar… Descend-Limar…”

“Cet escalier, il est fait en tenpapier” (Pirouette, cacahouète…)

“Je peux regarder un dessin allumé à la télé ?”

“J’ai un sucré pour toi. C’est bon, mais il ne faut pas le dire” (miam le secret qui se mange !)

En jouant avec ses lettres magnétiques : “si on met le M à l’envers, ça fait un W. Alors si on met le T à l’envers, ça fait un double T”.

 

Et aujourd’hui, sur le chemin du retour de l’école, il m’a raconté plein de choses. Voilà deux petites histoires qui m’ont particulièrement plu.

“Hier cette nuit, un souffle d’étoile a ouvert la fenêtre de ma chambre. Alors y’a plein d’étoiles qui sont rentrées dans ma chambre. Elles se sont accrochées aux murs, et elles ont brillé toute la nuit. Mais ce matin, elle se sont éteintes parce que sinon la journée ça fait trop de lumière.”

“J’ai un nouvel ami. C’est un enfant qui habite au 2e étage. Il ne veut que regarder la télé, il se lève et dit “je veux regarder un dessin allumé ou un film”. Mais son papa dit qu’on ne peut pas regarder la télé tout le temps. Son papa, il fait que étendre le linge et manger et jouer avec lui. Son papa c’est un hibou, sa maman c’est un ours, sa petite soeur c’est un lion. Et lui, c’est un crocodile”.

Voilà donc deux exemples que j’ai pris le temps de noter, mais des histoires comme ça, il en invente 10 par jour !

Sur le fil

En ce moment, je vis sur le fil.
A l’équilibre entre une vie de famille heureuse et un cauchemar de cris, d’épuisement et de contraintes.
Un pas de côté, un engrenage qui se grippe, et je risque de tomber.
Et j’ai des enfants petits. Autant dire que les engrenages se grippent facilement. Un bébé enrhumé qui se réveille du coup toute les heures la nuit, un grand qui fait une crise en se roulant par terre à un moment où il faut partir. Un énième repas qui se passe mal. Le passage en une seconde d’un moment calme au “double enfer des bichons” (l’expression est de ma belle-sœur qui a des enfants à peu près du même âge…).
Alors dire que je vis sur le fil, quelque part, c’est un peu faux.
Je suis plutôt violemment ballotée d’un côté à l’autre de ce fil.
Et la fatigue augmente la rudesse de ces changements.
j’ai l’habitude des changements d’humeur, de passer de périodes un peu euphoriques à des périodes plus difficiles. De vivre des périodes où tout me semble insurmontable, où je suis triste, sans raison particulière, où tout me semble une épreuve. Ma grand-mère résume cela par “on est fragile dans la famille”. A l’adolescence, j’avais l’impression que je ne sortirais jamais de ces phases. Depuis, j’ai appris à mieux me connaitre, à savoir que ce n’était que passager, que mon moral allait remonter. Que je n’avais pas besoin de lutter ou de m’épuiser, que les choses allaient peu à peu aller mieux. Mon entourage s’est habitué aussi, même si c’est souvent encore difficile pour l’amoureux, qui ne fonctionne pas du tout comme moi.
Alors j’essaye de relativiser.
C’est parfois difficile en ce moment.
La fatigue complique les choses. Et si j’avais appris à appréhender ces moments, à les sentir arriver, je peux maintenant basculer de l’un à l’autre en une minute.
Alors au creux de la vague, j’ai parfois l’impression que ça n’ira jamais mieux. Il y a 15 jours, j’ai écris un texto à l’amoureux où je lui disais qu’avoir eu un deuxième enfant était une énorme erreur. Et j’ai commencé un article ici (que je n’ai heureusement pas publié) où j’expliquais que j’aimais ma fille de tout mon cœur, que je ne pouvais plus imaginer notre vie sans elle, mais que je n’étais pas capable de m’occuper de deux enfants.
Et puis…
Et puis c’est passé. L’amoureux m’a aidé, et le lendemain, je me suis levée, j’ai recommencé une nouvelle journée. En serrant les dents. Et peu à peu j’ai desserré les dents et trouvé des moments dont je pouvais profiter.
Et la semaine dernière, j’ai passé 2 jours parfait avec les enfants. Oh je me suis parfois agacée, énervée, j’ai peut être crié un peu, mais j’ai profité des moments avec eux, du spectacle auquel je les ai emmené, de la joie du magicien dans le métro avec une copine, de l’histoire que je lui ai lu, du “bateau sur l’eau” avec la puce. J’étais contente de les regarder, contente d’être avec eux. Et les jours où je bossais, j’étais tellement heureuse de les retrouver le soir.
Aujourd’hui, je suis repassée du mauvais côté du fil. Et j’ai hurlé de toute mes forces sur le magicien, qui a répondu en tentant de crier plus fort que moi. J’ai crié à en avoir la tête qui tourne. Puis j’ai pleuré. Je m’accroche pour trouver une solution pour repasser de l’autre côté. Et j’espère que je vais y arriver rapidement.
Et que ces moments de basculement ne sont dus qu’aux difficultés normales d’une mère de deux jeunes enfants, et pas à quelque chose de plus difficile à réparer.
J’y consacre toute mon énergie. Et sans doute plus d’énergie que j’en ai. J’ai du faire des croix sur des choses que je trouvais importantes, je ne suis plus capable de prendre une décision ni d’anticiper quoi que ce soit, même des choses qui paraissent anodines (prendre un billet de train, prévoir une sortie). C’est souvent frustrant, ça me met parfois en colère. Mais c’est important. Et je n’ai pas vraiment le choix.
Et j’espère que très vite, je retrouverai de manière beaucoup plus durable le bon côté du fil et que je trouverai, à nouveau, que la vie est douce.
Edit du 6 mars : j’ai publié cet article un jour difficile. Il est sans doute plus sombre que ce que je vis. Les bons moments, le positif, l’emportent sur le reste, et mes craquages durent rarement plus d’une journée. Dès le lendemain, d’ailleurs, j’ai retrouvé l’énergie et la bonne humeur nécessaire. On est allés au théâtre avec le magicien et des copines à lui, on a mangé chez nos voisins/copains et on a même réussi à manger entre adultes pendants que les enfants jouaient tranquillement dans la chambre. La puce s’est mise debout toute seule dans son lit pour la première fois. Le magicien a vu la neige pour la première fois, et on a attrapé des flocons en tendant un parapluie ouvert par la fenêtre. Et c’était chouette.

Et si je vous parlais un peu de la puce ?

J’avais réfléchi à un pseudo pour elle pour le blog, et j’avais choisi Bulle, et puis finalement c’est la puce qui s’est imposé. Un surnom que je lui donne parfois, mais surtout le surnom que ma mère me donne depuis mon enfance. Peut être que ça changera quand elle grandira, peut être pas…

La puce, donc, a 9 mois aujourd’hui (aujourd’hui étant le jour où je commence cet article, mais probablement pas le jour où je le publie…).

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(et beaucoup moins sur cette photo qui date de cet été)

Elle a perdu ses boucles brunes de naissance pour des cheveux châtains clairs mais a gardé ses yeux clairs, pas vraiment bleus, qui ressemblent aux miens. Elle m’a prise un peu trop au sérieux le jour où j’ai dit en plaisantant que quand elle aurait des dents elle n’aurait plus droit au nichon, et reste donc notre petite édentée.

Elle est très souriante. C’était déjà ce qu’on disait du magicien et c’est agréable d’avoir des enfants qui ont toujours le sourire aux lèvres. Elle nous sourit, elle sourit aux gens, c’est un bébé très sociable. Elle passe de bras en bras avec plaisir, adore les autres enfants et leurs attentions pourtant pas toujours délicates, surtout quand ils sont à peine plus âgés qu’elle.

Elle adore qu’on fasse le cheval ou bateau sur l’eau. Parfois avec son frère, tous les deux sur mes genoux. Elle commence à rire dès que je chante la p’tite bête, avant même les chatouilles. Elle aime les attaques de bisous. Elle joue à “bélier boum” avec son papa. Elle dit “au revoir” de la main, et fait des bisous en collant sa bouche grande ouverte contre notre joue.

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passionnée par Axinamu qui plaisait déjà tellement à son frère

Elle aime manger. Elle aime les compotes et les purées que son papa lui prépare avec amour, bat des bras quand elle voit le yaourt arriver et surtout adoooore manger comme nous. Et commence à très bien s’en sortir avec les morceaux.

Elle adore l’eau, le bain (surtout quand c’est avec son frère, les deux dans la minuscule baignoire pour bébé puisque nous n’avons qu’une douche), mais déteste qu’on la change et qu’on l’habille. Il faut ruser, chanter, ou mieux, que son frère vienne lui faire un spectacle. Vivement l’été, qu’elle puisse se promener nue ou quasiment !

Elle trouve que dormir, c’est surfait. Les nuits sont compliquées, encore, les siestes sont courtes et aléatoires. Nous avions été habitués à un gros dormeur, là ce n’est pas le même rythme !

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petit lutin avec son pull tricoté main

Elle rampe depuis deux mois, et le fait avec une efficacité et une détermination impressionnantes. On a l’impression d’avoir un petit militaire qui rampe au sol.

Elle a un sacré caractère. Inutile de chercher à lui faire faire quelque chose dont elle n’a pas envie. Certain(e)s d’entre vous ont peut être suivi nos déboires avec le biberon. La puce a décidé qu’elle boirait au sein, point final. Et ça a été à nous de faire avec et de nous adapter.

Quand elle ne veut pas quelque chose, elle proteste. Il arrive qu’elle pleure, mais la plupart du temps, elle râle. Jusqu’à il y a peu, elle ne babillait pas. Elle faisait des sons, mais plutôt des cris de petit dinosaures que des “ba-ba-ba”. Et puis un soir, elle est tombée de notre lit. Plus de peur que de mal, heureusement. Après avoir pleuré quelques secondes, elle s’est mise à protesté, d’un air outré “Ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta !”. C’est donc en râlant que la puce s’est mise à babiller ^^ (mais maintenant elle nous fait de superbes ma-ma-ma-ma-ma qui ressemblent parfois à maman !).

Elle est en admiration devant son frère. Il suffit qu’il approche, qu’il prête attention à elle pour qu’elle éclate de rire. Elle a très envie de lui piquer ses jouets, mais il ne se laisse pas faire. Dès qu’elle le peut, elle se précipite dans la chambre pour essayer de jouer avec ses playmobils, et râle très fort si la porte est fermée ! Quand les deux jouent dans la chambre, il faut souvent mes jambes pour “faire barrière” !

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Alors que son frère a été, les premiers mois, seul au centre de l’attention, la puce a du trouver sa place dans une vie familiale déjà bien remplie. Elle accompagne son frère à l’école et va le chercher tous les jours. Va écouter les histoires “de grand” à la librairie.  Elle nous suit dans nos activités. Et elle le fait en souriant, avec plaisir, mais sans jamais se faire oublier. Elle est là et bien là.

Et une chose est sûre, on ne va pas s’ennuyer avec elle !

 

Chagall, le triomphe de la musique

Ca faisait très longtemps que je ne vous avais pas parlé d’exposition ici ! Il ait dire que j’en fais tout simplement beaucoup moins. Mais je ne pouvais pas rater une expo de Chagall, peintre que j’adore ! Alors hier, nous sommes allés à l’exposition “le triomphe de la musique” à la philharmonie. C’est ma cinquième expo de ce peintre (j’ai parlé de la précédente, faite quand le magicien était bébé, ici).

Nous avons décidé d’y aller en famille, et avec le parrain de la puce. Et le magicien a beaucoup aimé. Il faut dire qu’il travaille sur les instruments de musique depuis la rentrée avec sa classe, donc il a adoré en chercher sur les tableaux. Les couleurs l’ont également ravi. Je ne peux qu’encourager à emmener des petits au musée. A chaque fois que j’y suis allée avec le magicien, j’ai été stupéfaite des observations et des réflexions qu’il a pu faire.

Le fait d’être trois adultes nous a permis aussi de profiter vraiment de l’exposition, même si je suis passée assez vite dans certaines salles et que je n’ai pas lu les explications avec autant d’attention que d’habitude !

Une petite visite virtuelle ? La visite commence par le plafond de l’opéra Garnier dans les années 60 et se poursuit, inversant l’ordre chronologique, jusqu’aux années 1910.

La salle consacrée au plafond de l’opéra est magnifique. Le plafond a été numérisé en très haute définition et un film ne présente les détails du plafond, accompagnés de la musique qui les a inspiré. Vous pouvez en découvrir des extraits ici (avec de la pub pour google qui a fait la numérisation, mais c’est très beau quand même !). Et c’est un enchantement.

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Plafond opéra : Photo (C) Collection Raphaël Gaillarde, Dist. RMN-Grand Palais / Raphaël Gaillarde

On y trouve aussi les esquisses préparatoires, et des photos de Chagall en train de peindre le plafond. C’est presque drôle de voir le peintre installé sur une chaise, au beau milieu d’une toile de plusieurs mètres, en train de peindre !

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La seconde salle est consacrée à d’autres commandes pour des lieux culturels. Le triomphe de la musique pour l’opéra de New York (Paul avait craqué pour l’affiche il y a quelques années, il était donc ravi de le voir en vrai).

triomple de la musique

© ADAGP, Paris 2015 − CHAGALL

Et la commedia dell’arte pour le théâtre de Francfort. L’oeuvre est assez monumentale. Les acrobates ont beaucoup intrigué le magicien !commedia dell'arte

© ADAGP, Paris 2015 − CHAGALL

La troisième salle est consacrée à la flûte enchantée de Mozart : Chagall a participé à la mise en scène de cet opéra dans les années 60 en réalisant décor et costumes. Si je savais qu’il avait fait des décors pour des spectacles, j’ignorais complètement qu’il avait aussi fait des costumes ! On y trouve à la fois des esquisses préparatoires et des costumes et c’est intéressant de pouvoir “comparer” les deux !

costume flute enchantée

Costume flute enchantée : Photo (C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

costume flute enchantée vetement

© ADAGP, Paris 2015 − CHAGALL

Le magicien était impressionné que ce peintre ait “fabriqué des robes de princesse et des masques”.

décor flute enchantéeDécor flute enchantée : Photo (C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

On découvre aussi les costumes créés pour le ballet Daphnis et Chloé, et une vidéo de danse où ils sont utilisés qui a beaucoup plu au magicien (et à moi aussi !).

L’occasion de découvrir aussi le cirque bleu :

cirque bleu

source

La lune qui joue du violon, la poule qui joue du tambour, le violoncelle et l’accordéon, le poisson qui a une main, la dame qui a beaucoup de colliers… Le magicien est resté un long moment à regarder tous les détails ! Et moi j’ai été ravie par la profondeur du bleu de ce tableau.

Autre découverte, Les collages de Chagall (ainsi que ses sculptures) ! Je ne retrouve pas mon favori (une mariée avec de la dentelle collée), mais j’ai aussi beaucoup aimé la danseuse sur fond mauve :

danseuse sur fond mauve

© ADAGP, Paris 2015 − CHAGALL

Je suis passée un peu vite, je l’avoue, sur la période d’exil new-yorkais pendant la guerre où les toiles s’assombrissent et sur ses costumes pour le ballet Aleko.  Mais ces costumes ont plu au magicien :

aleko

©Guy Boyer

On s’est en revanche longuement attardés devant les arlequins où un violoniste a perdu la tête pendant que son compagnon au visage vert saute, de quoi intriguer le magicien !

arlequins chagall

Photo (C) RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) / Gérard Blot

A propos de visage vert, le magicien était un peu inquiet que le personnage de la musique écrase les maisons…

la-musique-art-juif

© ADAGP, Paris 2015 − CHAGALL

L’amoureux et moi avons revu avec bonheur l’amour en scène, issu comme le précédent des décors réalisés pour le théâtre d’art juif, que nous avions découvert lors de notre première exposition de ce peintre vue en amoureux, à Martigny, quelques semaines après s’être rencontrés. De l’eau a coulé sous les ponts depuis !

amour en scène chagall

Ce couple conclut en beauté cette petite visite subjective de l’expo. Je vous encourage vivement à aller la voir si vous en avez la possibilité, elle dure jusqu’au 31 janvier. Mais méfiez-vous du monde, quand même. Nous sommes arrivés un dimanche à l’ouverture et il y avait déjà beaucoup de monde (et comme tout le monde s’arrête dans la première salle pour la sublime vidéo du plafond de l’opéra, ils bloquent les entrées quand cette salle est pleine). Et quasi une heure de queue quand nous sommes ressortis.