Salon de Montreuil 2017

C’est un rituel, chaque année ou presque, je fais un *petit* compte rendu de mon tour au salon de Montreuil.

Cette année, j’y suis allée 3 fois : vendredi avec des amies, dimanche en famille et lundi pour la journée professionnelle. Repérage de nouveautés, (plein de) dédicaces, achats de cadeaux de Noël, visite de l’expo, spectacle, et intervention dans une table ronde, ça a été très riche !

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A Montreuil, il y a les livres qu’on découvre, qu’on achète. Mais aussi nos chouchous, ceux qu’on a lu cent fois, et qu’on emporte précieusement parce qu’on a repéré que les auteurs étaient présents.

Pour moi cette année c’était Ni poupées ni super héros de Claire Cantais, à la ville brûle que j’ai chroniqué en détails sur fille d’album. Dédicacé pour les enfants, pour les accompagner encore un peu plus dans leur liberté, le magicien, en ce moment, me demande souvent “hein on a le droit de faire ça quand on est un garçon ?”…

 

Pour le magicien, c’était la tribu qui pue d’Elise Gravel et de Magali Le Huche aux éditions les fourmis rouges (qui fait décidément de chouettes bouquins, et je ne dis pas seulement ça parce qu’ils éditent Emmanuelle Houdart ^^). C’est LE coup de coeur du moment à la maison et il est très fier d’avoir désormais Fanette dans son livre !

La tribu qui pue, c’est donc l’histoire d’une joyeuse troupe d’enfants très heureux de vivre entre eux, à poil, dans la nature. Mais la directrice de l’orphelinat est bien décidée à laver, habiller et faire rentrer dans les cases… C’est drôle, fin, super ! Une très bonne idée de cadeau de Noël !

 

Vous connaissez sans doute notre passion familiale pour Bulle et Bob ! La puce a choisi Bulle et Bob se déguisent “parce que c’est mon préféré !”. Ilya Green lui a décidé une magnifique Bulle, mais alors qu’elle lui rendait le livre, la puce s’est écrié “je veux Bob aussi !”.

Rien pour l’amoureux, mais depuis qu’il a eu sa propre dédicace de Oh non, Georges ! de Chris Haughton l’année dernière, il est comblé !

J’adore les dédicaces avec les enfants. J’adore la spontanéité avec laquelle ils parlent aux auteur·e·s (quand j’ai moi-même du mal à être à l’aise et à dire autre chose que “j’adore ce que vous faites !”).

Et puis il y a eu les achats…

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Oui, je sais, c’est franchement indécent… Mais cette année il y a beaucoup de cadeaux !

 

Celui-ci, à la recherche de la carotte bleue, les métiers de Sébastien Telleschi, c’est une découverte du magicien, qui commence à s’intéresser beaucoup aux livres jeux. Il a eu un coup de coeur sur le stand de little urban (qui a vraiment un catalogue super chouette, j’essayerai d’en reparler un peu ! En attendant, allez faire un tour sur leur site, d’autant plus intéressant qu’ils proposent de nombreux ateliers et activités en lien avec leurs albums). C’est bourré de détails et la carotte bleue n’est vraiment pas facile à trouver, ça va l’occuper un moment !

 

Un grand jour de rien de Béatrice Alemagna (Albin Michel Jeunesse) pour le magicien, parce que j’aime de plus en plus cette auteure, et qu’on a eu l’occasion de découvrir des originaux de cet album à l’exposition du salon, qui ont beaucoup intéressé le magicien. Dans cet album, un petit garçon se trouve coincé dans une maison de campagne, et n’a qu’une envie, jouer à tuer des martiens sur sa console. Jusqu’à ce qu’il se laisse emporter par toutes les possibilités que lui offrent l’extérieur. Les planches sont simplement magnifiques !

 

On aurait dit d’André Marois et Gérard Dubois (Seuil jeunesse), dédicacé par l’auteur (mais l’illustrateur n’était pas là malheureusement). Si ces illustrations rétro ne sont généralement pas ma tasse de thé, elles conviennent plutôt bien à cet album, qui est surtout un éloge de l’imagination des enfants, qui se laissent complètement embarquer dans leur histoire (non sans faire *quelques* dégâts dans la maison). La chute me fait beaucoup rire !

 

Le nouveau nid des petits marsus de Benjamin Chaud (Little Urban) fait partie d’une nouvelle série qui reprend en album jeunesse le célèbre héros de BD. C’est ultra mignon, plein de détails dans l’illustration comme toujours chez Benjamin Chaud. C’est le grand chouchou des enfants pour le moment, aussi bien du grand (5 ans) que de la petite (2 ans 1/2), parmi tous les livres rapportés du salon.

Et visiblement, les coussins avec les illustrations de Benjamin Chaud sont bien confortables pour faire une petite pause au milieu de la course du salon !

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L’ours qui ne rentrait plus dans son slip est un livre CD de Emilie Chazerand et Félix Rousseau de chez Benjamin média. J’en cherchais pour le magicien pour le “temps calme” de l’après-midi (quand sa soeur fait la sieste). Nous ne l’avons pas encore écouté mais les extraits que j’ai entendu, ce que j’ai vu en le feuilletant et le nom d’Emilie Chazerand dont j’ai adoré le dernier roman pour ados (la fourmi rouge chez Sarbacane) me font penser que ça va être très bien.

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J’ai déjà parlé un peu de ce documentaire pour préados et ados sur les règles par Elise Thiébaut et Mirion Malle chez la ville brûle ici. Je ne l’ai pas encore lu entièrement, mais j’ai apprécié les passages que j’ai lu et la diversité des représentations. Et j’en profite pour frimer avec mon nouveau tote bag avec lequel je me promène fièrement depuis quelques jours !

J’ai l’impression qu’on a beaucoup parlé de ce loup en slip de Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz (Dargaud), mais si vous l’avez raté, il est hilarant ! Tout le monde dans la forêt est terrorisé par le loup (et tout un business s’organise, entre pièges à vendre et brigade anti-loup), mais il fait beaucoup moins peur avec son slip à rayures… On a cru qu’on ne réussirait jamais, avec Elise, à trouver le livre sur le salon, Dargaud n’ayant pas de stand, donc la dédicace est une grande victoire, merci à Sophie !

Chaque année, c’est mon rituel, je vais sur le stand de Minédition pour que l’éditeur me raconte une histoire, il a un don pour ça ! Et cette année, j’ai craqué pour trop grand, trop petit ! de Catherine Leblanc et Eve Tharlet, pour la puce qui a décidé qu’elle était grande et plus pikinote ! J’avais beaucoup aimé dans la même série est-ce que tu m’aimeras encore ? (sur l’amour inconditionnel des parents) et là voilà ! (sur l’arrivée d’une petite soeur) et là encore beaucoup de tendresse se dégage du dessin, alors je passe même sur la mère en tablier dans la cuisine.

Des fois, on a de la chance : on va voir la grande conteuse Catherine Zarcate (que vous pouvez par exemple découvrir ici), et on tombe aussi sur l’illustratrice du recueil, Irène Bonacina, qui nous fait un magnifique dessin ! Mes enfants sont ans doute un peu petits pour ce recueil, mais il contient un de mes contes préférés, le loukoum à la pistache.

Ce qui est chouette, au salon, c’est quand on découvre des albums qu’on ne pensait pas prendre, des illustratrices qu’on ne connaissait pas, en l’occurrence simplement parce qu’elle était à côté de Magali Le Huche en dédicace. Dans cet album, la retraite de Nénette (à l’école des loisirs), Claire Lebourg où elle invente une retraite libre à Nénette, orang-outang de la ménagerie du jardin des plantes qui y vit depuis 1972. La puce a été très marquée par sa visite à la ménagerie et a donc réclamé que ce livre soit pour elle, même s’il s’adresse à des plus grands.

Encore une découverte, cette fois grace au magicien qui s’est précipité sur ce livre-objet, le bout du bout de François David et Henri Galeron chez Motus (maison d’édition qui fait de la poésie et que je ne connaissais pas !). Un livre surréaliste, qui se déplie peu à peu, j’aime son côté un peu perché !

 

Et ensuite… les cadeaux !

Je n’ai malheureusement pas pu faire dédicacer Bergères Guerrières, de Jonathan Garnier et Amélie Fléchais, par manque de temps (j’avoue que j’ai aussi du mal avec les méthode de Glénat puisqu’il faut acheter un album sur le stand pour avoir un ticket dédicace, ce que je trouve très nul). Je n’ai pas encore lu cette BD d’aventure en entier, mais j’ai beaucoup apprécié ce que j’en ai lu et ça a été un gros succès chez Sophie et ses filles. Je suis donc sûre que c’est un super cadeau pour ma cousine de 8 ans !
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Pour les neveux de Paul, presque 3 ans et 5 ans, loup gris et la mouche de Gilles Bizouerne (Didier Jeunesse). J’aime beaucoup cette série “loup gris” et je trouve que celui-ci est le meilleur. Loup gris avale une mouche. Malheur, il se met à bzzzzozoter ! Quand il croise une araignée, il se dit qu’il va l’avaler, et qu’elle mangera la mouche dans son ventre, et que son souci sera réglé. Mais ça ne va pas aussi bien se passer… C’est un régal à lire à haute voix, et un de mes derniers gros succès à l’heure du conte à la bibliothèque : enfants comme parents étaient écroulés de rire !

Pour mon neveu de 6 mois, un de mes chouchous, un des livres qu’on a lu en boucle avec nos enfants bébés : bon voyage bébé ! de Béatrice Alemagna (Helium). Je l’aime tellement que j’ai eu du mal à ne pas mettre toutes les pages ! Le coucher décrit comme un départ en voyage, avec une grande délicatesse et le talent de Béatrice Alemagna. Et en plus, on évite les stéréotypes !

Autre chouchou, autre cadeau dédicacé pour mon neveu, les mains de papa d’Emile Jadoul (pastel), mon préféré de cet auteur ! J’en avais parlé ici.

Vous connaissez mon amour pour Ilya Green. C’est un incontournable de nos cadeaux de naissance. Pour le petit dernier de la famille, nous avons donc craqué pour son dernier album chez Didier Jeunesse, les petits amis de la nuit, un joli défilé de doudous qui accompagnent le coucher d’un tout-petit. Le jeu de mat et brillant est discret mais réussi.

Et encore du Ilya Green, en livre CD cette fois, pour un grand bébé d’un an ! Elle illustre les chansons de Ceilin Poggi et Thierry Eliez, accompagnés non pas des traductions des chansons mais de poèmes de Murielle Szac. On n’y trouve pas seulement du jazz puisque les reprises vont de Barbara Streisand à Stevie Wonder en passant par les Beatles. L’amoureux les a vu en concert avec les enfants à la librairie du quartier et a aussi craqué pour nos enfants qui l’écoutent chaque soir au coucher depuis. Personnellement, j’aime particulièrement sa reprise de isn’t she lovely.

Enfin, ma belle-soeur m’a demandé un roman à Noël. Et vous savez que j’aime beaucoup faire lire des romans ados aux adultes, j’ai donc fait dédicacer pour elle un de mes gros coups de coeur de l’année, là où tombent les anges de Charlotte Bousquet (chez Gulfstream), donc j’ai parlé longuement ici.

 

Mais le salon du livre, ce ne sont pas que des achats ! Et j’ai la chance d’avoir un fils aussi motivé que moi pour en profiter ! Alors on est allés voir la lecture chantée par Pascal Parisot de son dernier livre disque, Superchat, les souffrances du gros Werther, illustré par Roland Garrigue, chez Didier Jeunesse. Werther le ver de terre est en train de se dessécher sur une terrasse, en plein soleil…Heureusement que superchat va venir à la rescousse ! C’est décalé et drôle. Un bon livre CD à offrir là encore !

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Et puis vous aurez compris depuis le début de l’article que je suis fan d’Ilya Green, mais j’ai une tendresse particulière pour Bou et les 3 zours d’Elsa Valentin (à l’atelier du poisson soluble), un livre d’une inventivité incroyable. Alors pouvoir l’écouter lue par l’auteure à l’occasion de sa sortie en livre CD aux éditions trois petits points, c’était vraiment chouette ! et ça a été l’occasion d’écouter aussi un futur album à paraître en mars, Zette et Zotte à l’usine, affaire à suivre.

Et puis au salon de Montreuil, il y a une expo, cette année sur la représentation des enfants. L’occasion de retrouver certain·e·s illustrateur·trice·s que j’adore : Béatrice Alemagna (photos 1 et 2), Benjamin Chaud (photo 3), mais aussi d’en découvrir d’autres. Cette année, Annabelle Buxton (photo 4 et 5) et Audrey Celleja, dont j’avais déjà vu passer des albums, mais sans y prêter assez attention (photo 6 et 7) J’aurais aimer vous en montrer plus, mais les originaux sont, bien évidemment, sous verre, et c’est quasiment impossible de prendre une photo potable.

Bon, je vais arrêter mon article fleuve ici, mais vous n’en avez pas fini avec le salon ! Déjà parce que j’ai eu la chance d’intervenir lors d’une table ronde sur la diversité (ou plutôt le manque de diversité) dans la littérature jeunesse avec Diariatou Kebe de l’association Divéka/Diversité & kids, Penda Diouf, responsable d’une bibliothèque à Saint-Denis et Sophie Agié de légothèque, et que j’en parlerai en détails sur fille d’album et puis j’ai aussi repéré plein de nouveaux titres, en particulier sur la diversité. Si je ne ferai pas un article de blog (ça me prend trop de temps), j’essayerai d’ajouter un lien vers le fil twitter.

Mais que fait un bibliothécaire de ses journées ?

On m’a posé dernièrement pas mal de questions sur le métier de bibliothécaire. Je vais du coup essayer de répondre à une partie d’entre elles ici.

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Ce qu’il faut savoir, déjà, c’est que “bibliothécaire” regroupe des postes très différents les uns des autres. Déjà, je parlerai ici uniquement de ce qu’on appelle dans notre jargon les bibliothèques de lecture publique, à savoir grosso modo les bibliothèques municipales, en opposition aux bibliothèques universitaires. Bibliothécaire est le mot générique, mais il regroupe déjà des grades et des responsabilités très différentes. Techniquement, là où je travaille, il y a une seule “bibliothécaire”, la cheffe d’établissement. Moi, je suis assistante spécialisée des bibliothèques. Et au même niveau de responsabilité, les postes peuvent être très différent selon si on travaille en adulte, en jeunesse, en discothèque. On peut travailler plutôt sur les collections, sur les animations, sur la communication… Donc il n’y a pas UN métier de bibliothécaire, il y a énormément de profils différents, et c’est un des intérêts du métier, d’ailleurs.

On imagine souvent notre métier tourné vers les livres, alors que c’est avant tout un métier tourné vers le public. Bien sûr, c’est toujours bien d’avoir lu les livres pour les conseiller ou pour les acheter, mais c’est impossible d’en lire une quantité suffisante, alors notre travail est d’être capable de savoir si un livre convient sans l’avoir lu, en faisant de la veille documentaire (regarder si on en parle dans la presse, si les livres de l’auteur marchent bien à la bibliothèque, si le sujet est intéressant pour nos usagers…). De même, ce n’est pas seulement un métier tourné vers la littérature : on peut travailler aussi, en vrac, sur les essais, les documentaires sur tous les sujets, les guides de voyage, les CD, les DVD, les applications, les jeux vidéos, les BD et les mangas… Les postes avec des compétences informatiques sont de plus en plus nombreux, afin de pouvoir proposer des formations et des ateliers au public.

Le travail sur les collections :

C’est la partie à laquelle les gens pensent en général, sans imaginer forcément le temps que cela prend. La première étape est de choisir et d’acheter des livres. Il faut donc suivre de près les nouveautés. Les bibliothèques sont souvent aidées par un “office” : des nouveautés leurs sont envoyées automatiquement par leur fournisseur et les bibliothécaires font leur choix. Comme je le disais, impossible de tous les lire, alors il faut trouver d’autres critères (si la presse en parle, si les livres de cet auteur marchent bien, si on a besoin de livre sur le sujet…) et toujours faire ces choix en fonction du public. Régulièrement, je n’achète pas pour la bibliothèque des livres que je trouve géniaux parce qu’ils ne sont pas adaptés pour le public. Il faut également penser en terme de budget, de collection, d’équilibre entre les différents fonds. Chaque bibliothèque a un projet d’établissement plus ou moins clairement établi et privilégie certains domaines/types de documents/niveaux de lecture.

Quand ils arrivent à la bibliothèque, il faut ensuite les équiper (les couvrir, mettre les étiquettes qui indiqueront où le ranger, les antivols, etc) et les cataloguer.

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Il faut ensuite faire vivre les collections, par le conseil, mais aussi la mise en valeur, en proposant des sélections, des tables thématiques, des bibliographies… Et il faut ranger les livres empruntés et rendus, les livres dérangés dans la bibliothèque… Ce qui nous prend à tous plusieurs heures par semaine. En jeunesse, ça s’apparente au châtiment de Sisyphe : la tâche est sans cesse à recommencer car les enfants petits et leurs parents remettent les livres n’importe où.

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Il faut entretenir les collections : réparer les livres abimés par exemple.

Enfin, il faut se débarrasser d’autant de livres que ce qu’on achète, car les murs de la bibliothèque ne sont pas extensibles. On appelle ça le pilon ou le désherbage. On retire des collections les livres en trop mauvais état, ceux qui ne sont jamais empruntés, ceux qui sont obsolètes ou vieillots… On travaille pour ça à partir de tableaux statistiques. On passe alors nos journées sur des trucs qui ressemblent à ça :

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Et disons clairement LE truc qui choque toujours tout le monde : une grande partie de ces livres sont jetés, détruits. J’ai même bossé dans une ville où ils étaient brulés. Chaque année, j’en balance plusieurs centaines sans état d’âme. Notre boulot c’est de proposer une collection de livres d’actualité, pertinents et en bon état. Nous ne faisons pas du tout un travail de conservation.

Le service public

C’est le plus visible. Ce sont les heures que l’on passe à faire du prêt et du retour de documents, à répondre au téléphone, à inscrire les gens, à les aider à trouver les livres qu’ils cherchent, à les conseiller… Mais aussi à faire la police, à demander au mec qui téléphone de sortir, à indiquer où sont les toilettes, où est la station de métro la plus proche, à aider un gamin pour son exercice de maths, à faire une photocopie pour rendre service à un lecteur, à se faire engueuler pour x ou y raison

On est responsable de la bonne cohabitation des différents publics. Par exemple, notre bibliothèque est fréquentée par des groupes d’ados qui n’ont pas les moyens d’aller au café qui cherchent un endroit pour discuter. Il faut essayer de trouver une solution pour les accueillir sans qu’ils gênent les gens qui travaillent ou les familles qui viennent avec des petits.

Mais on ne fait pas QUE ça, et oui on est là et on bosse quand la bibliothèque est fermée au public.

Les accueils de groupe et les animations

En jeunesse, les accueils de groupe occupent une part fondamentale de notre travail. Là où je travaille, on y consacre au moins 50% de notre temps, entre les accueils eux-même, leur préparation, les échanges avec les enseignants, etc. On reçoit des classes de maternelle et de primaire, des crèches, des auxiliaires parentales, des parents et leurs bébés qui viennent avec la PMI, des groupes d’enfants handicapés, des professionnelles de crèches que l’on forme… D’autres bibliothèques accueillent aussi des groupes de FLE, des groupes de personnes âgées, des collégiens et des lycéens, des associations, etc. On travaille alors en partenariat avec les structures du quartier (école, crèches, associations, etc). L’objectif étant la plupart du temps d’amener un nouveau public à découvrir et à fréquenter la bibliothèque. Certains bibliothécaires sont spécialisés dans des types d’accueils (moi, c’est la petite enfance : crèches, bébés avec leurs parents, professionnels de la petite enfance…).

Les animations concernent toutes les sections et peuvent être très très variées : lectures, concerts, conférences, spectacles, mais aussi par exemple initiation au tricot, jeux de société, ateliers scientifiques, utilisation d’une imprimante 3D, compétition de jeux vidéos, danse, etc. Il faut alors trouver quelle animation faire, l’organiser, l’annoncer, la préparer, faire un bilan, etc. Dans certaines bibliothèques, une personne s’occupe spécifiquement de ça (on parle de “responsable de l’action culturelle”), dans d’autres, c’est réparti au sein de l’équipe et tout le monde y participe.

La communication

Cela prend de plus en plus de place dans notre travail. Il faut informer les lecteurs de ce qui se passe à la bibliothèque, donc on fait des affiches, des tracts, des lettres d’infos… Certaines bibliothèques sont également présente sur les réseaux sociaux, et cela prend beaucoup de temps pour s’en occuper. Certaines bibliothèques ont là encore une personne chargée de la communication (souvent celle qui s’occupe aussi de l’action culturelle), mais c’est pas toujours le cas.

Le travail administratif

On le voit moins, et pourtant il nous occupe beaucoup ! On remplit plein de tableaux, on rédige des projets, on fait des bilans et des compte-rendus que personne ne lit. On gère nos mails (j’en reçois environ 150 par semaine). On gère des planning d’accueil, de service public. On assiste à des réunions. On gère un budget et on fait des comptes…

 

Voilà pour un petit aperçu, qui sera peut être complété un peu. Vous pouvez aussi lire cet article où je racontais comment j’organisais mes journées au quotidien. Je prépare un autre article plus concret sur les conditions de travail, comment on fait pour devenir bibliothécaire, etc.

 

Mon dessin d’Emmanuelle Houdart

Vous connaissez probablement tous, maintenant, mon amour pour les livres d’Emmanuelle Houdart. J’ai parlé de plusieurs de ses albums (Abrisles heureux parents, et bien sûr Tout va bien, Merlin !) et le nom du blog vient d’un de ses albums.

Et vous savez aussi peut être que j’ai eu 30 ans récemment. L’amoureux m’a alors offert un cadeau extraordinaire. Un dessin personnalisé par Emmanuelle Houdart !

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Il y a un livre personnage dans son prochain album, une maîtresse d’école bienveillante (je suis archi jalouse, l’amoureux a vu les dessins !), mais celui-ci, elle l’a fait juste pour moi !

Alors, vous m’y retrouvez ?

Mes découvertes du salon de Montreuil

Après mon article sur ma visite du salon, voici un article sur mes coups de coeurs et mes envies. J’en avais repéré certains sur des blogs et j’ai enfin eu l’occasion de les feuilleter. D’autres sont de vraies découvertes et coups de coeur.

J’en avais déjà montré certains sur twitter, mais j’avais envie de les réunir ici.

 

  1. Une hirondelle d’Anouk Boisrobert et Louis Rigaud (Helium), ou deux crevettes ou trois fourmis, chez Helium. Parce que ce sont des livres de coloriage absolument magnifiques, à tel point qu’ils méritent d’être exposés avant même d’être coloriés ! A découvrir ici.
  2. Une cuisine du monde pour les bébés d’Anne Kerloc’h, Judith Gueyfier et Zau (Rue du monde), les recettes font envie, et les illustrations sont sublime. A découvrir ici.
  3. Image extraite du précédent
  4. Petits d’Alain Serres et Julia Chausson (Rue du Monde). J’adore les gravures de Julia Chausson et cet album (qui date de 2009) est plein de tendresse.
  5. U4 de Florence Hinckel, Vincent Villeminot, Carole Trébor et Yves Grevet (Syros). 4 tomes à lire dans l’ordre que l’on veut, 4 héros adolescents qui se donnent RDV à Paris, après une épidémie, 4 très bons auteurs…Voilà la série ado que j’ai envie de découvrir en ce moment !
  6. Cinq minutes et des sablés de Stephane Servant et Irène Bonacina (Didier jeunesse). Une vieille dame reçoit la visite de la mort. Elle est d’accord pour partir, mais avant, on peut bien prendre 5 minutes, le temps de faire des sablés ! J’aime la plume de Stephane Servant (plus accessible ici qu’elle ne l’est généralement), l’histoire rappelle un peu Bonjour Madame la mort, les illustrations apportent de la légèreté.  A découvrir ici.
  7. Le plouf de Guillaume Olive et He Zhihong (éditions des éléphants). De plus en plus d’animaux fuient après un bruit effrayant (vraiment ?) entendu par le lapin. Un album à accumulation aux illustrations très mignonnes, qui plaira beaucoup aux petits. A découvrir ici.
  8. Cité Babel de Pascale Hédelin et Gaëlle Duhazé (éditions des éléphants). Dans cet immeuble vivent une famille juive, une famille chrétienne, une famille musulmane. Au rez-de-chaussée, l’épicier est athée.  Un livre sur la pratique quotidienne des religions, sur les coutumes et les fêtes… Un éloge du vivre-ensemble et de l’ouverture aux autres. Je trouve ça juste indispensable actuellement (et pas que pour les enfants d’ailleurs). Je n’ai pas eu l’occasion de le lire encore, mais s’il est à la hauteur de ses promesses, c’est pour moi l’indispensable de ce salon. A découvrir ici.
  9. Léon, le collectionneur de collection de Jessica Lisse (L’initiale). De l’humour, des illustrations très chouettes et une invitation à découvrir le monde. A découvrir ici
  10. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? de Tim Warnes et Tracey Corderoy (Mijade). Parce que “pourquoi ?” est, comme je l’expliquais ici, le mot préféré du magicien, et que ce livre m’a fait rire. Dans la même série, on trouve Non ! et Encore ! qui sont sympas aussi !
  11. Les derniers romans de la collection EXPRIM’ (Sarbacane) me font décidément de l’oeil en ce moment ! (et c’est sans compter le nouveau Marion Brunet qui vient de paraître). J’ai entendu énormément de bien des petites reines de Clémentine Beauvais (si vous ne lisez pas son blog, il faut vite réparer ça !). Et j’ai craqué au salon pour Dysfonctionnelle d’Axl Cendres et c’est un gros coup de coeur. Je vous en parle très vite (en attendant, un bel article ici), mais disons qu’au bout de deux chapitres, j’avais déjà ri et eu les larmes aux yeux.
  12. Devine : à quoi on joue ? de Claire Dé (Les grandes personnes). Un cartonné pour tout-petits. Claire Dé est une artiste qui prend les tout-petits au sérieux. Elle leur propose de vrais livres d’art. Ici, une variation autour de 10 doigts qui jouent, se déguisent, se cachent au milieu d’objets. Quelques images ici.
  13. Ce n’est pas très compliqué de Samuel Ribeyron (Hong Fei Cultures). Un bel album sur la vie intérieur, avec de superbes illustrations. A découvrir ici et .
  14. Quel bazar ! de Christian Voltz (Rouergue). Du bazar, des objets de la vie quotidienne qui s’accumulent, des onomatopées, et un forme qui se dégage finalement… Il doit être très sympa à lire à des petits celui-là ! A découvrir ici.
  15. Maman renard d’Amandine Momenceau (l’Agrume). Une maman renard a perdu ses petits et les cherche dans la neige. Beaucoup de douceur et des superbes découpes. A découvrir ici.

Et Elise a aussi fait plein de chouettes découvertes, elle vous en parle ici !

Salon de Montreuil, 2015

Un mois déjà depuis le salon du livre jeunesse de Montreuil… J’avais bien entamé cet article avant Noël, mais la fin du mois de décembre a été trop remplie et je n’ai pas eu le temps de le publier. Alors je le fais aujourd’hui, même avec un peu de retard ! Parce que j’ai raté le salon l’année dernière pour cause de grossesse épuisante, et que j’étais toute heureuse de pouvoir y retourner cette année et de vous en parler sur le blog, comme en 2012 et en 2013.

Et cette année a été particulièrement chouette parce que j’ai eu l’occasion de croiser (même si trop rapidement à mon goût) Gabriel de la mare aux mots et de rencontrer Elise de Bar à petits pots. Et on a passé un super bon moment, on s’est fait découvrir plein de livres, et on n’a pas été très raisonnables ! D’ailleurs, voilà mon “butin” :

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Il y a des cadeaux, des livres pour les enfants, des livres pour moi, des livres pour Fille d’Album… J’essayerai de trouver le temps de vous en parler plus en détail, mais la folie des grandeurs est déjà un gros coup de coeur pour le magicien.

Et bien sûr, j’a craqué sur de belles dédicaces. Emmanuelle Houdart pour Abris (ce qui porte à 5 mes albums dédicacés par elle !), Bernard et Roca pour une dédicace grandiose, sur une idée d’Elise, le joli collage du premier album d’Amandine Momenceau et mon craquage sur Mr Gershwin après sa lecture par Susie Morgenstern.

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J’ai assisté à moins d’animations ou conférences que l’année dernière, déjà parce qu’il y en a moins le vendredi que le week end, et que je ne suis pas allée  la journée professionnelle du lundi. Mais j’ai quand même assisté, avec Elise, à une lecture de Mr Gershwin par Susie Morgenstern ! Je l’avais déjà entendue brièvement lors d’une présentation de nouveautés Didier Jeunesse, et elle est drôle, passionnante, aussi géniale que je l’imaginais quand je lisais lettres d’amour de 0 à 10 quand j’étais gamine.

Parmi les déco de stands, j’ai admiré les affiches toujours superbes de Rue du monde, aimé retrouver les illustrations d’Ilya Green chez Didier Jeunesse et adoré l’extrait de Tempête de Sandrine Bonini et Audrey Spiry chez Sarbacane.

Au niveau des “petits” éditeurs, j’adore aller chez Minédition, parce que les livres sont sublimes et qu’écouter l’éditeur les raconter est un vrai plaisir (n’est-ce pas Elise ?). J’ai eu un gros coup de coeur pour les éditions des éléphants, même si je suis passée trop vite à mon goût. J’étais ravie de discuter un peu avec l’éditrice du Père Fouettard, et encore plus de mettre un visage avec l’éditrice de La Ville Brûle, avec laquelle j’avais eu l’occasion d’échanger un peu et de quitter le stand avec ce superbe tote bag, qui ne me quitte plus depuis !

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Je vous parle des livres que j’y ai découvert très vite !

Cadeaux de Noël : des livres pour les 8-16 ans

Après des idées de livres à offrir aux petits, voilà des idées de cadeaux pour les plus grands ! Cette année j’ai lu beaucoup moins de romans jeunesse que les années précédentes, mais j’ai quand même quelques perles à conseiller !

A un enfant de 8 ans, j’offrirais :

même les princesses doivent aller à l'école

Même les princesses doivent aller à l’école de Susie Morgenstern à l’école des loisirs (5,10€. Existe aussi en texte lu à 9,70€)

Parce que je l’ai redécouvert en préparant une série d’article sur les princesses sur Fille d’Album, et qu’il est plein d’humour et que Susie Morgenstern est une auteure géniale.

A un enfant de 9 ans, j’offrirais :

sacrées sorcières

Sacrées sorcières de Roald Dahl, chez Gallimard Jeunesse (8,20€. Existe aussi en texte lu à 20,20€).

Parce que Roald Dahl est un incontournable en littérature jeunesse, et que celui-ci est mon préféré : du fantastique, de l’humour, de l’aventure, du suspens…

A un enfant de 10 ans, j’offrirais :

Wifi-génie

Wifi-génie de Luc Blanvillain chez Scrineo (10,90€)

Parce que la plume de Luc Blanvillain est toujours un régal. J’en parlais ici.

A un enfant de 11 ans, j’offrirais :

victoria rêve fombelle

Victoria rêve de Timothée de Fombelle chez Gallimard Jeunesse (13,50€ ou 5€ en poche. Existe aussi en texte lu à 12,90€)

Pour la plume de Fombelle, pour la déclaration d’amour à la lecture et à l’imagination. J’en parle en détails ici.

A un ado de 12 ans, j’offrirais :

quête d'ewilan

D’un monde à l’autre, le premier volume de la quête d’Ewilan chez Rageot (12,50€ ou 7,60€ en poche)

Je crois que c’est LE livre que je conseille le plus à la bibliothèque. Parce qu’il permet d’entrer dans un univers de fantasy très intéressant, que j’adore l’importance accordé à l’imagination, que les personnages (en particulier féminins) sont bien construits. Qu’une fois qu’on a commencé, il est difficile de décrocher. Et parce que comme il y a 9 tomes en tout (3 trilogies), c’est aussi un cadeau tout trouvé pour les fois suivantes !

A un ado de 13 ans, j’offrirais :

miss charity

Miss Charity de Marie-Aude Murail et Philippe Dumas à l’école des loisirs (25,20€).

Parce que Marie-Aude Murail (oui, c’est un argument qui se suffit à lui-même). Et ne vous inquiétez pas pour l’épaisseur du livre, il est richement illustré. Pour l’Angleterre victorienne, pour le personnage de femme libre, inspiré de Beatrix Potter.

A un ado de 14 ans, j’offrirais :

combat d'hiver

Le combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat chez Gallimard Jeunesse (15,50€ ou 6,70€ en poche).

J’en parle en détails ici.

A un ado de 15 ans, j’offrirais :

fiancés de l(hiver Dabos

Les fiancés de l’hiver, le premier volume de la passe-miroir de Christelle Dabos chez Gallimard Jeunesse (18€).

Mon dernier gros, énorme coup de coeur en roman ado. J’en parle en détails ici.

A un ado de 16 ans, j’offrirais :

le choix frappier

Le choix de Désirée et Alain Frappier chez La ville brûle (15€).

Dans cette BD, en partie autobiographique, Désirée Frappier parle du désir (ou non) d’enfant, de l’IVG si difficilement obtenu et qui reste à défendre, de contraception, de la France dans les années 70 et aujourd’hui, du MLAC, du fait de vivre quand on n’a pas été désirée… Une BD riche, engagée, très dure parfois, nécessaire je pense. Et qui s’adresse autant aux (grands) ados qu’aux adultes.

Voilà pour cette année !

Vous pouvez trouver d’autres idées de cadeaux dans mes sélections de 2012 et 2013 ! Et bien sûr dans les autres livres du blog, qui sont répertoriés par âge, ici pour les enfantslà pour les ados. Je vous conseille également le webzine de La Mare aux mots, le pavé de la mare.

Quant à moi, j’essaye de revenir bientôt sur le blog, mais la fin d’année s’annonce bien chargée, mes enfants sont malades et je suis crevée, donc je ne vous garantis pas de revenir avant 2016 ! Mais je pense à vous et il y a plein de choses que j’ai envie de vous raconter !

Cadeaux de Noël : des livres pour les 0-7 ans

J’ai toujours plein d’idées de livres à offrir, je vous en donne quelques unes ! Si je donne des âges, ils restent très indicatifs, c’est ce que je conseillerais sans connaître l’enfant, ses goûts, son rapport au livre…

à un bébé de 6 mois j’offrirais :

berceuses jazz

Les plus belles berceuses jazz sélectionnées par Misja Fitzgerald-Michel et illustrées par Ilya Green, chez Didier Jeunesse (23,80 € ou 29,90€ en édition de luxe)

Parce que ce livre et ce CD plaisent autant aux parents qu’aux enfants et qu’il apaise ma fille et l’aide à s’endormir.

J’en parle en détails ici.

à un bébé d’un an, j’offrirais :

pas de loup ashbé

Pas de loup de Jeanne Ashbé chez Pastel (12,70€)

Parce que c’est un album juste merveilleux avec les petits parce qu’ils peuvent vraiment s’en emparer avant même de savoir parler. Parce qu’en ce moment, écouter le magicien le lire à sa petite soeur est un des plus beaux moments.

J’en parle en détails ici.

à un enfant de deux ans, j’offrirais :

Et le matin quand le jour se lève… et/ou et le soir quand la nuit tombe… d’Anne Crausaz chez MeMo (9,50€ l’un)

Parce que les dessins d’Anne Crausaz sont superbes. Parce qu’on retrouve avec plaisir les animaux d’un livre à l’autre pour constater que ceux qui dorment la nuit profitent ensuite de leur journée, et inversement.

 

à un enfant de trois ans, j’offrirais :

pourquôôââ Voutch

Pourquôôââ ? de Voutch chez Thierry Magnier (8,90€)

Parce que ce livre est tout simplement à mourir de rire. J’en parle en détails ici.

à un enfant de quatre ans, j’offrirais :

grosse faim p'tit bonhomme

La grosse faim de P’tit Bonhomme de Pierre Delye et Cécile Hudrisier chez Didier Jeunesse (12,50€ ou 5,50€ en petit format. Existe aussi en livre CD, les aventures de P’tit Bonhomme à 22,80€).

Un chouette conte randonnée. P’tit bonhomme a faim mais n’a pas d’argent. Le boulanger accepte de lui échanger contre de la farine, que le meunier lui donnera contre un sac de blé, que le paysan lui donnera… Le texte de Pierre Delye est un plaisir à lire à haute voix, et heureusement parce qu’on risque de devoir la raconter souvent ! Les illustrations de Cécile Hudrisier sont très riches. Un des coups de coeur du moment pour le magicien.

à un enfant de cinq ans, j’offrirais :

soupe au caillou vaugelade

Une soupe au caillou d’Anaïs Vaugelade à l’école des loisirs (12,20€ ou 5,60€ en petit format)

Un loup arrive dans un village. Il propose de faire une soupe au caillou. D’abord méfiants, les animaux finissent par trouver que c’est une bonne idée, mais rajouteraient bien quelques légumes, quand même…

Parce que c’est une belle histoire de partage, et de ruse mais dans le bon sens du terme, celui où la ruse permet de rassembler, de faciliter les relations.

à un enfant de six ans, j’offrirais :

roi de la montagne en hiver

Le roi de la montagne en hiver de Sylvie Delom et Aurélia Fronty chez Didier Jeunesse (14,20€)

Un album grand format, un très beau conte d’hiver et les illustrations magnifiques d’Aurélie Fronty.

 

à un enfant de sept ans, j’offrirais :

Dans les poches simler

Dans les poches d’Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres… d’Isabelle Simler aux éditions courtes et longues (22€).

Mon coup de coeur du moment, je pense que je vais craquer à Montreuil ! Un concept tout simple : Isabelle Simler a dessiné et listé ce qu’on trouvait dans les poches des héros des contes et de l’enfance. Il n’y a plus qu’à deviner à quel personnage cela correspond ! Les dessins d’Isabelle Simler sont un vrai régal et ce livre est une superbe invitation à (re)découvrir les contes.

Vous pouvez trouver d’autres idées de cadeaux dans mes sélections de 2011, 2012 et 2013 ! Et bien sûr dans les autres livres du blog, qui sont répertoriés par âge, ici pour les 0-3 ans, ici pour les 3-8 ans. Je vous conseille également le webzine de La Mare aux mots, le pavé de la mare.

Et venez me raconter quels livres vous avez prévu d’offrir, vous !

 

Le jeu des formes

Aujourd’hui, je fais une petite pause parmi les albums pour tout-petits pour vous parler d’un album d’Anthony Browne, le jeu des formes.

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Cet album autobiographique (au moins en partie) raconte une journée qui transforma à jamais la vie de l’auteur : une visite en famille au musée.

Une famille ordinaire, avec le grand qui suit en trainant des pieds et en trouvant que ces vieux tableaux sont sans intérêt, le père qui fait des blagues nulles…

Une famille qui vient “à la ville” et qui est d’abord un peu intimidée dans ce lieu “superélégant” :

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Mais peu à peu, grace à l’accompagnement de la mère, à ses questions, ses remarques et ses encouragements, les enfants vont davantage se sentir à leur place. Ils vont laisser libre cours à leur imagination, admirer les tableaux, faire des liens avec leur propre vie et comprendre que loin d’un lieu glacé, un musée est un lieu riche et proche d’eux :

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Au retour, dans leur train, leur mère leur fait découvrir un jeu, tout simple et génial, le jeu des formes :

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Comme toujours, chez Anthony Browne, l’illustration est particulièrement riche. J’aime en particulier le parallèle entre le trajet vers le musée et le trajet retour, qui montre si bien à quel point la journée a été enrichissante :

Le jeu des formes d'Anthony Browne
Le jeu des formes d'Anthony Browne

Vous avez remarqué les “jeux des formes” sur la ballustrade ?

Ce livre montre que l’art peut transformer le monde, raconte la naissance d’une vocation, mais fait aussi l’éloge de la mère qui partage, qui transmet, qui fait découvrir… Je trouve cette relation à la mère très émouvante.

Récemment, j’ai reçu une classe de moyenne section dont la maitresse demandait des livres sur l’art, sur les musées. Je l’avais mis dans la sélection, mais hésitait à le lire à la classe, le trouvant peu adapté à une lecture collective (il y a beaucoup de petits détails à observer) et trouvant les enfants un peu jeunes. Mais l’instit m’a dit “oh, si, ça sera bien”. Je l’ai donc lu à la classe, qui m’a paru très attentive et très intéressée par le jeu des formes.

Alors que les enfants se préparaient à repartir, certains étaient venus s’asseoir sur le tapis et je me suis approchée pour montrer les exemples de jeu des formes que l’on trouve dans le livre. Nous avons finalement feuilleté ensemble presque tout le livre. Et j’ai adoré les remarques de ces enfants. J’en ai donc noté quelques unes.

Le jeu des formes d'Anthony Browne

La page du lion a été la première demandée par un enfant, qui visiblement avait été destabilisé par le texte.

Un petit garçon : “le lion, il est là en vrai ?” Moi : “à ton avis ?” Lui : “non”.

Une petite fille à son camarade, montrant la queue du lion en forme de tête d’oiseau : “regarde, c’est pas vrai”.

Le premier : “mais alors pourquoi il imagine un lion ?”. Je les oriente vers les tableaux. “ah oui, le lion se sauve”.

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Un enfant : “pourquoi la dame elle est couchée ?”

Moi : “parce qu’elle est triste et qu’elle demande pardon à son mari”

Lui : “pourquoi ?”

Moi : “parce qu’elle est tombée amoureuse d’un autre homme”.

Il n’a rien dit à ce moment là, mais ça l’a fait réfléchir, parce qu’il m’a demandé plusieurs minutes plus tard, juste avant de partir, alors qu’on avait refermé le livre depuis un moment : “mais pourquoi la dame elle est plus amoureuse de son mari ?”.

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Les enfants avaient bien écouté la lecture, puisqu’ils ont indiqué les différences sans que j’intervienne.

“les dames, c’est pas les mêmes parce qu’elles ont pas les mêmes colliers”. “Les bébés, ils ont pas les mêmes pyjamas”.

Le jeu des formes d'Anthony Browne

Une petite fille, en montrant la page de droite : “là, ils imaginent”.

Un petit garçon, en montrant successivement les deux pages : “c’est dans quel pays ? et là ?”

Un autre enfant : “c’est pas génial”. La première petite fille “non, parce que ça peut tuer des personnes âgées et que après elles seront plus là”.

J’ai trouvé que ces (brefs) échanges montraient bien que comme dans tous les livres d’Anthony Browne, on pouvait voir des niveaux de lecture très différents et qu’ils pouvaient apporter des choses à des enfants d’âge très divers (et pas qu’aux enfants, d’ailleurs !). Et que des enfants même très jeunes sont capables d’une grande finesse dans leur analyse de l’image.

La maîtresse a prévu de les faire jouer au jeu des formes en classe.

Challenge bleu : 9/20

Challenge bleu : 9/20

Anecdote

Il y a quelques jours, j’emmène le magicien à la maison des sources. Je tombe sur un encadrant qui fait un remplacement. Comme il travaille d’habitude en fin de semaine, il connaît le magicien et son papa, mais ne m’a jamais vu.

Il me fait :

“Votre mari, c’est celui qui lit des livres aux enfants !”

Visiblement, être bibliothécaire, c’est contagieux !

(et sinon, je reviens très vite avec de vrais articles !)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

La semaine dernière, je donnais des idées de livres à offrir aux petits, voilà des idées de cadeaux pour les grands ! J’avoue que j’ai lu moins de choses pour ces tranches d’âge cette année… Mais j’ai quand même quelques coups de coeur à vous proposer. Et puis je me suis dit que c’était aussi l’occasion de déterrer de vieux articles ^^

J’ai essayer de varier entre albums, BD, documentaires, romans…

Et encore une fois, je vous renvoie aux idées de l’année dernière, comme ça vous aurez le choix.

A un enfant de 8 ans, j’offrirais : June et Léa de Sandrine Bonini et Sandra Desmazières (Le Baron perché, 16,30 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

Même si elles ont un an d’écart, tout le monde appelle June et Léa “les jumelles” : elles dorment dans la même chambre, partagent leurs rêves, s’habillent de la même manière… Mais quand l’aînée rentre en 6e, elle change et sa petite soeur se sent perdue…

Un très bel album sur les relations entre soeurs, l’entrée dans l’adolescence, le fait de trouver sa propre voie…

A un enfant de 9 ans, j’offrirais : l’imparfait du futur d’Emile Bravo (Dargaud, 11,99 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

Jules est sélectionné pour faire partie d’un voyage à bord d’un vaisseau interstellaire pour explorer Alpha du Centaure.

Parce que c’est le premier tome de ma série de BD jeunesse préférée. C’est vraiment drôle, et en même temps la vulgarisation scientifique est bien faite.

A un enfant de 10 ans, j’offrirais : Saltimbanques de Marie Desplechin et Emmanuelle Houdart (Thierry Magnier, 21,90)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

Les portraits d’artistes de cirque à l’ancienne, avec femmes à barbe, homme-tronc et soeurs siamoises, et leur destin hors normes. Les textes sont superbes, et vous savez comme j’adore les dessins d’Emmanuelle Houdart (comme dans les heureux parents par exemple). Il faut noter que les mêmes auteurs viennent de sortir un nouvel album pour lequel je vais finir par craquer, l’argent, mais qui me parait destiné à des encore plus grands.

A un enfant de 11 ans, j’offrirais : Hier tu comprendras de Rebecca Stead (Nathan Jeunesse, 13,90 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J’en parle ici.

A un ado (à quel âge devient-on un ado ?) de 12 ans, j’offrirais : Papa Longues-Jambes de Jean Webster (Gallimard Jeunesse, 6,90 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J’en parle ici.

A un ado de 13 ans, j’offrirais : Tobie Lolness de Timothée de Fombelle (Gallimard Jeunesse, 24,90 pour le gros volume qui réunit les deux tomes, ou 7,90 euros pour chaque volume en poche)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J’en parle ici.

A un ado de 14 ans, j’offrirais : Frangine de Marion Brunet (Sarbacane, 14,90 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J’en parle ici.

A un ado de 15 ans, j’offrirais : le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh (Glénat, 17,50 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J’en parle ici.

A un ado de 16 ans, j’offrirais : il était une fois les filles de Patrick Banon (Actes Sud junior, 15,50 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J’en parle ici.

A un ado de 17 ans, j’offrirais : Art et politique de Nicolas Martin et Eloi Rousseau (Edition Palette, 24 euros)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

Parce qu’au salon de Montreuil, j’ai entendu l’éditeur en parler et que ça m’a fait vraiment envie. Et parce qu’à cet âge là, analyser les rapports entre art, images et politique me semble indispensable. Je pourrais aussi leur proposer le premier numéro de Pulp, une revue d’analyse de l’image justement, également publié par Palette, qui en plus parle de la représentation du masculin et du féminin, et vous savez que c’est un sujet qui me parle.

A un ado de 18 ans, j’offrirais : un pays à l’aube de Dennis Lehane (Rivages, 10,64 euros pour l’édition de poche)

Noël : des idées de livres à offrir de 8 à 18 ans

J’en parle ici.

Voilà un gros paquet de cadeaux pour Noël. Et vous, vous avez prévu d’offrir des livres ? Lesquels ? Pour qui ?