Cadeaux de naissance

On cherche souvent des idées de cadeaux de naissance, moi c’est facile, j’offre toujours un livre ! (ou plusieurs…). Voilà une petite liste des livres que j’aime offrir. 

Et comme pour les livres incontournables à l’école maternelle, cet article est en écho à celui de Chloé du blog littérature enfantine. Parce que ça nous a plu de réfléchir à un thème commun, de voir qu’on avait des références en commun, mais qu’on faisait aussi des découvertes… Cette fois, il y a quelques livres en commun dans nos listes, mais aussi des découvertes. 

 

Les beaux livres pour les futurs parents : 

Ces livres là, je les offre parfois avant même la naissance, pendant la grossesse. Parce qu’ils plairont aux parents, mais seront aussi merveilleux à partager avec le bébé. 

maman grébanMaman d’Hélène Delforge et Quentin Gréban (Mijade, 2018)

Une galerie de portraits de mères, de toutes origines, avec chacune leur façon de materner. Des mères qui disent leur maternité, qui s’adressent à leur (futur) enfant. Qui disent le beau, qui disent le dur. Des illustrations à couper le souffle. 

C’est une livre qui parlera à toutes, qui montrera qu’on peut être touchées, même en temps qu’adultes, par un livre de littérature jeunesse. Un livre qu’on peut garder pour soi mais aussi proposer à des tout-petits, partager avec eux la beauté des illustrations, la poésie des textes, par petite touche. 

Chloé en parle ici

 

en t'attendant vastEn t’attendant d’Emilie Vast (MeMo, 2014)

“En t’attendant, j’ai vu la chenille devenir papillon. “

Une future mère observe les transformations de la nature autour d’elle. Elle les partagera avec son enfant quand il sera là. 

Les illustrations graphiques d’Emilie Vast sont superbes et j’aime l’idée d’évoquer avec le tout petit l’attente qui l’a précédé. 

 

 

heureux parents houdartLes heureux parents de Laeticia Bourget et Emmanuelle Houdart (Thierry Magnier, 2009)

Un album qui commence comme un conte de fée, avec la rencontre d’un prince et d’une princesse, mais qui se poursuit avec une quête pleine d’épreuves, la parentalité. On voit la grossesse, les bébés, les enfants qui grandissent puis finissent par quitter la maison parentale. Cet album se distingue clairement du reste de la sélection car il montre aussi la difficulté, le trivial, les couches et les enfants qui vomissent. Mais il est aussi plein de poésie. Et vous connaissez mon amour pour les illustrations d’Emmanuelle Houdart. J’ai offert cet album à mon amoureux quelques mois après la naissance de notre fils. Il m’a offert une reproduction d’une des illustrations pour la naissance de ma fille. Chloé en parle ici. D’Emmanuelle Houdart, Abris, même s’il n’est pas centré autour de la parentalité, fait aussi un merveilleux cadeau de naissance. Un merveilleux cadeau tout court, d’ailleurs, quelque soit l’âge de la vie. 

 

papa ilePapa île d’Emile Jadoul (Pastel, 2014)

Emile Jadoul a fait plusieurs très beaux albums sur la paternité. Dans Papa-île, un futur père s’inquiète du père qu’il sera, parce qu’il ne rentre pas dans les cases qu’il connait, le superpapa qui joue au foot et construit des cabanes. Mais il pourra être un papa île, un papa cabane, un papa aimant et présent. Un album plein de douceur. 

 

 

 

les mains de papa jadoulDu même auteur, j’adore aussi les mains de papa (Pastel, 2012). Des mains qui accompagne son bébé, posées sur le ventre de la maman pendant la grossesse, et plus tard, les mains du tout petit accrochées fort fort à ses doigts pour une première descente en toboggan. “Et soudain… un… deux… trois… sans les mains !”, le tout petit s’élance seul. 

Le texte est uniquement composé d’onomatopées. Il dit beaucoup avec une grande économie de moyens. C’est un livre autant à destination des parents qu’à celui des bébés à qui il plait beaucoup. J’en ai parlé plus longuement ici

 

 

J’essaye d’être raisonnable et de m’arrêter là, mais j’avais aussi envie de citer tout petit de Marie Sellier et Ilya Green (Casterman, 2018), plein de douceur. Un très beau jour de Marie-France Painset et Judith Gueyfier (Didier Jeunesse, 2020) dont les illustrations sont sublimes. Et si vous avez la chance de les trouver d’occasion, car ils sont épuisés, bien avant toi de Pascal et Mandana Sadat (Didier Jeunesse, 2010) et papa pas à pas de Philipp Waechter (Milan jeunesse, 2009) sont des petits bijoux. 

 

La musique :

Les livres CD font des cadeaux de naissance assez idéaux, je trouve : un beau livre et un CD à écouter avec eux, en les feuilletant ou pour s’endormir. Et des comptines, des jeux de doigts à découvrir et à chanter au tout petit (et avec lui quand il grandit un peu). On trouve certes énormément de comptines sur youtube, mais souvent avec des animations moches, des accompagnements musicaux pas terribles… Mon but c’est de proposer de belles choses, autant parce que les enfants méritent de la qualité, en musique comme en littérature, que pour éviter que les parents s’arrachent les cheveux à la millième écoute de la même chanson inécoutable.  

plus belles berceuses du mondeLes plus belles berceuses du monde, du mali au Japon (Didier Jeunesse, 2015). 

Cette collection de livres CD de comptines et de berceuses du monde de chez Didier Jeunesse est merveilleuse. Le travail de collectage des chansons est impressionnant. On a pour chaque chanson son texte, sa transposition en phonétique et une traduction, ainsi qu’une présentation de la comptine. Les illustrations du livre grand format sont magnifiques. Les plus belles berceuses du monde regroupe des chansons déjà publiées dans d’autres ouvrages de la collection et propose ainsi des berceuses de toutes origines. J’en parle ici. Mais je vous encourage vivement à aller regarder le reste de la collection si vous cherchez des berceuses d’une région du monde en particulier. 

Jazz sous la luneDans le même format que les berceuses du monde, deux livres de jazz ont également été publiés, les plus belles berceuses jazz (Didier jeunesse, 2012) puis jazz sous la lune (Didier Jeunesse, 2015). Les morceaux sont sélectionnés par Misja Fitzgerald-Michel et les livres sont illustrés par Ilya Green (du coup, inutile de vous dire que les illustrations sont des merveilles). J’en ai parlé ici. Ils ont bercé toute la première année de notre fille. Et pour finir de vous convaincre, je vous dirai juste qu’il m’est arrivé de les écouter alors que ma fille n’était pas là. Combien de livres CD pour enfants nous donnent réellement envie, à nous adulte, de les écouter ? 

berceuses et balladines jazzBerceuses et balladines jazz ( Didier Jeunesse, 2017)

S’il s’inscrit dans la lignée des précédent, en particulier parce qu’il est également illustré par Ilya Green, ici ce sont des reprises par Ceilin Poggi et Thierry Eliez. On les a beaucoup écoutées aussi. Le livre (un plus petit format, tout cartonné) ne propose pas les paroles des chansons, mais des poèmes de Murielle Szac qui en sont inspirés. Un petit bijou. J’ai vu qu’un deuxième opus venait de sortir, balladines et chansons doucesavec des reprises de chansons françaises, mais je n’ai pas (encore) eu l’occasion de l’écouter. 

 

Les titres précédents proposent donc des cd à écouter. Les suivants proposent de chanter et de faire des jeux de doigts avec les tout-petits. 

jeux chantés de mon bébéles jeux chantés de mon bébé (Didier Jeunesse, 2016) proposent des comptines et des jeux de doigts, avec à chaque fois une illustration, une explication des gestes mais aussi quelques mots sur l’origine de la comptine et son intérêt pour les tout-petits. Il est délicatement illustré par Martine Bourre. On peut aussi citer les premières comptines des p’tits lascars (Didier Jeunesse, 2013). J’en avais parlé ici. A ma connaissance les livres sont bien les mêmes, seuls les titres ont changé dans la nouvelle édition. 

 

je chante avec mon bébéje chante avec mon bébé d’Agnès Chaumié (enfance et musique, 2014) est une merveille de cadeau de naissance. 107 comptines, joliment illustrées, des classiques mais aussi des comptines étrangères, des moins connues et de belles découvertes. Des instrumentalisations simples mais belles. Des voix d’adultes et des voix d’enfants (certaines ont été enregistrées lors d’ateliers d’enfance et musique). Et pour les parents, de nombreuses explications, sur l’intérêt des différents types de comptines selon le stade de développement du tout-petit, sur l’histoire de chaque comptine, sur la façon de la chanter avec l’enfant… (tous les jeux de doigts sont expliqués). Je l’ai beaucoup écouté avec mon fils, de ses deux ans quasiment jusqu’à la fin de la maternelle, et je m’en sers souvent à la bibliothèque lors des accueils de tout-petits. 

 

y'a une pie dans l'poirierLa collection Pirouette (Didier Jeunesse) ne propose pas de CD, mais une mise en image de comptines célèbres. Les autrices et les auteurs ont souvent poursuivi la comptine en inventant de nouveaux couplets. La mise en image de ces comptines est une réussite. Et ces livres fascinent les enfants, dès les premiers mois et pendant longtemps. J’ai beaucoup hésité sur le titre à mettre en avant, j’ai choisi y’a une pie dans l’poirier de Martine Bourre, mais j’aurais pu en choisir bien d’autres : bateau sur l’eau, p’tit lapin plein d’poils, la famille tortue… Chloé en parle ici et

 

Les petits cartonnés : 

Des premiers livres qu’on peut lire dès la naissance et que le bébé manipulera rapidement. Le tout-carton est particulièrement rassurant pour les parents qui n’ont pas l’habitude de proposer des livres à des bébés. 

blanc sur noir hobanBlanc sur noir et Noir sur blanc de Tana Hoban (Kaléidoscope, 1994). 

Deux albums complémentaires, incontournables des petits albums pour bébés. Petit formats, ils sont facilement manipulables. Ils proposent des silhouettes (blanches sur noires ou noires sur blanches) d’objets du quotidien des bébés. Efficaces et beaux. Chloé en parle ici

 

 

pomme pomme pommePomme pomme pomme de Corinne Dreyfuss (Thierry Magnier, 2015). 

Parfois, on ouvre un album et on se dit immédiatement qu’il va nous devenir indispensable. Ca a été le cas pour celui-là, qui fait depuis partie de mes chouchous avec les bébés. Pour ses belles pommes brillantes qu’on a envie d’attraper et de croquer. Pour son rythme, pour sa richesse sous son apparente simplicité. Un bonheur. Chloé en parle ici

 

 

boite papas 2Il y en a 4, des boites des papas d’Alain Le Saux (école des loisirs, 2009-2011). Chacune regroupe quatre petits livres cartonnés qui mettent en scène avec beaucoup d’humour un petit garçon et son papa. Son papa qui lui semble si gigantesque. Son papa qui joue, s’occupe de la maison, dort (souvent), s’active. Ces petits coffrets aux couleurs vives, si amusants à vider, ces petits livres si amusant à manipuler, à lire jusqu’à les savoir par coeur… sont des indispensables chez nous. J’en parle ici

 

et le soir qd la nuit tombeet le matin

et le matin quand le jour se lève… et et le soir quand la nuit tombe… d’Anne Crausaz (MeMo, 2015) sont deux très jolis albums complémentaires. On y suit, la nuit, le sommeil des animaux diurnes et l’activité des animaux nocturnes. Et inversement la journée. On peut donc comparer les deux livres, page par page. Ou juste se laisser bercer par le texte d’Anne Crausaz et ses belles illustrations simples et graphiques. Comme dans tous ses livres, c’est une ode à la nature à la portée des tout-petits. 

 

petits amis de la nuitLes petits amis de la nuit d’Ilya Green (Didier Jeunesse, 2017)

Dans ce petit livre cartonné, un bébé se couche. C’est alors le défilé, sur fond noir, des doudous, peluches et autres jouets qui vont lui tenir compagnie. Aussi doux que beau, aussi beau que doux. 

Chloé en parle ici

 

Les beaux livres pour les bébés :

Quand on propose des livres aux bébés, on a tendance à se tourner vers les petits cartonnés que je vous ai montré plus haut. Parce que c’est rassurant, c’est solide. Mais je trouve ça dommage de leur proposer que ça. Alors qu’on peut aussi leur proposer des grands formats, des livres papier, dès tout petits. 

Tout va bien MerlinTout va bien Merlin ! d’Emmanuelle Houdart (Thierry Magnier, 2009)

Mais qui sont ces créatures fantastiques qui se cachent dans les affaires de Merlin ? Une sirène, un dragon, un drôle de diablotin… tous plein de bienveillance. Tout va bien, Merlin !

Cet album tient une place vraiment à part pour moi, parce que c’est l’album de mon fils. Celui qu’on lui a lu en boucle toute sa petite enfance. Je l’offre pour partager un peu de cet amour et de ces moments avec les gens que j’aime et leurs bébés. 
Mais au delà de cet attachement tout personnel, c’est un excellent album, aux illustrations marquantes. Un livre de coucou/caché, un livre plein de réassurance pour les tout petits. J’en parle ici et Chloé

 

2 petites mains et 2 petits pieds2 petites mains et 2 petits pieds de Mem Fox et Helen Oxenbury (Gallimard Jeunesse, 2018)

Un texte en forme de comptine. Des bébés de toutes origines qui jouent et grandissent ensemble. La douceur des illustrations d’Helen Oxenbury. La tendresse maternelle qui achève l’ouvrage. Une merveille. J’en parle ici et Chloé en parle

 

bonsoir luneBonsoir lune de Margaret Wise Brown et Clément Hurd (école des loisirs, 1983)

C’est le moment du coucher. C’est donc le moment de dire bonsoir à tout ce qui se trouve dans la chambre, de la brosse à la vache qui saute par dessus la lune sur le tableau. Un album parfait pour le rituel du soir. Publié pour la première fois en 1947, il n’a pas pris une ride. Chloé en parle ici

 

mon arbremon arbre d’Ilya Green (Didier Jeunesse, 2013)

Ca manquait un peu d’album d’Ilya Green, cette sélection, vous ne trouvez pas ? Non ? C’est pas grave, je vous en mets un en plus quand même. 

Un bébé sort de son cocon et part explorer le monde, accompagné d’un chat. Jusqu’à trouver “le plus beau des endroits”. Un album délicat, un album coloré, un album qui plaira autant aux bébés qu’à leurs parents. La rencontre entre le tout-petit et sa mère est d’une telle beauté… J’en parle ici et Chloé en parle

 

pas de loup ashbéPas de loup de Jeanne Ashbé (Pastel, 2008)

“Pas de loup ? Tu as cherché partout ? Alors à pas de loup vers les histoires où tout se noue et se dénoue”. 

Des petites histoires d’une double page, avec un volet qui se soulève pour découvrir la chute. Un texte fait d’onomatopées proches du babil de l’enfant. Parce que “c’est un cadeau formidable que fait l’adulte à l’enfant quand il lui renvoie un écho de ses petits discours”. Ce livre, mon fils l’a “lu” à 16 mois, tellement fier d’en être capable alors qu’il ne parlait pas encore. 

 

bonne nuit tout le mondeBonne nuit tout le monde de Chris Haughton (Thierry Magnier, 2016). 

Le jour tombe, et tout le monde a sommeil. Mais Petit ours, lui, ne veut pas dormir, il veut encore jouer ! Alors qu’autour de lui tout le monde baille et s’endort. 

Je suis assez persuadée que chaque tout petit devrait avoir plusieurs Chris Haughton dans sa bibliothèque. Ils sont tous chouettes. Celui là est celui qui, à mes yeux, s’adresse le plus à des bébés. Il gagne en douceur ce qu’il perd en humour. Les couleurs sont magnifiques. 

 

portraits d'animauxPortraits d’animaux de Lucie Brunellière (Albin Michel Jeunesse, 2018)

Tigre, chat, ours, baleine, mais aussi hermine ou lémurien… De magnifiques portraits d’animaux pleine page, dans un livre géant (46×34 cm). Parce qu’on propose beaucoup aux bébés des livres qu’ils peuvent manipuler, mais que c’est aussi drôlement chouette de leur proposer des livres plus grands qu’eux. 

 

 

 

Et j’espère que les parents et les bébés de vos entourages profiteront autant de la lecture de ces livres que j’en ai profité avec mes enfants quand ils étaient bébés. 

Les indispensables de maternelle

Il y a peu, ma copine Chloé a fait un « top 20 des albums à avoir en maternelle ». Je l’attendais avec impatience parce que j’avais déjà vu ses top 20 des albums à avoir en crèche. Mais autant sur les sélections en crèche, j’aurais choisi quasiment les mêmes, autant pour les maternelles, je me suis rendu compte que ma liste serait très différente (sans du tout remettre en cause la qualité des albums qu’elle a choisis !). Quand je lui ai dit que je n’aurais pas du tout fait la même liste, elle m’a bien sûr demandé la mienne.

Et la voilà ! Bon, je vous le dis tout de suite, je n’ai pas réussi à me restreindre à 20. Je me suis accordé 25 titres.

Nous n’avons pas procédé exactement de la même façon. Elle propose essentiellement des nouveautés, des livres engagés, des coups de cœur. Si j’ai proposé quelques coups de cœur récents, j’ai réfléchi plus en terme de “classiques”, de livres que j’utilise déjà depuis un certain temps avec des classes, et dont je ne me lasse pas. De livres qu’à mes yeux les enfants devraient connaitre pour avoir une culture en littérature jeunesse aussi.  Je me suis demandé à un moment si ça valait le coup de citer les livres que tout le monde connait, mais je les ai mis, puisque ce sont bien des « indispensables ».

Nos listes sont aussi, je pense, le reflet de nos positionnements professionnels différents. Elle, lectrice, fait essentiellement de la lecture individuelle ou en petit groupe. Si à la bibliothèque on conseille les parents et les enfants, avec les enfants de maternelle on lit plutôt à des groupes plus importants, à des classes ou en heure du conte. C’est donc sur les livres que je lis aux classes que je m’appuie pour cette sélection. Ce qui suppose certains critères : des livres grands formats, sans trop de détails dans les illustrations, faciles et agréables à lire à haute voix.

Mais je ne suis pas enseignante. En tant que bibliothécaire, je fais uniquement des lectures « plaisir » et même si pour certains titres je peux avoir des pistes d’utilisation pédagogique en classe, ce n’est pas mon métier. Des enseignantes choisiraient donc peut être différemment…

 

Mais trève de blabla, voilà ma sélection. Classée par auteur, pour me simplifier la vie.

feu petit pierreAu feu, petit Pierre ! d’Adrien Albert (école des loisirs, 2014)

Un incendie ! Vite, Petit Pierre, aidé par Jars et Orang-Outang, vont affronter les flammes et sauver Mamie et Bubulle, son poisson rouge !

Soyons clairs : à cet âge là, un livre sur les pompiers, c’est toujours un succès. Et celui-ci apporte en plus une bonne dose de fantaisie et l’univers des jeux d’enfants.  (Chloé en parle ici).

 

bébé marchéBébé va au marché d’Atinuke et Angela Brooksbank (éditions des éléphants, 2017)

Une femme fait le marché, son bébé dans son dos. Bébé qui est si mignon qu’il se fait offrir par les marchands 6 bananes, puis 5 oranges, puis 4 biscuits… Et maman qui ne remarque rien !

Des illustrations colorées magnifiques, une narration en randonnée qui fonctionne très bien, la bouille de ce bébé tellement mignon… Et cette maman qui ne remarque rien de ce qui se passe dans son dos ! Pour les plus grands, c’est aussi un livre à compter.(Chloé en parle ici)

Et on peut retrouver ce bébé qui grandit dans bébé est bien caché puis dans Bintou la casse-cou, et c’est toujours autant de plaisir.

 

chat plus bête du mondeMon chat le plus bête du monde de Gilles Bachelet (Seuil, 2004)

Le chat de Gilles Bachelet adore se prendre pour un coussin, dormir sur la télé ou faire sa toilette. Il est aussi vraiment très très bête. Et ressemble drôlement à un éléphant.

Le décalage du texte et de l’image est particulièrement savoureux dans cet album, surtout quand on lit le texte avec un sérieux de ministre. Les enfants sont souvent décontenancés avant d’en rire tout autant que nous. A réserver plutôt aux grands cependant, justement pour pouvoir rire de ce décalage. (Chloé en parle ici).

On retrouve son chat dans deux autres albums (quand mon chat était petit et des nouvelles de mon chat). Parmi les autres livres de cet auteur génial, Xox et Oxo et le chevalier de Ventre-à-terre sont tout aussi géniaux. Et très riches à exploiter en classe, grâce aux nombreuses références, à l’art dans le premier et à la littérature jeunesse dans le second.

 

dinosauresDinosaures, dinosaures de Byron Barton (école des loisirs, 1990)

Il y a très longtemps vivaient les dinosaures. Des gros dinosaures  et des petits dinosaures. Des dinosaures avec de longs longs cous et de longues longues queues. Des dinosaures furieux et des dinosaures peureux…

Après les pompiers, je continue à surfer sans vergogne sur les intérêts des petits avec les dinosaures. Mais j’aurais pu vous citer quasiment tous les albums de cet auteur, particulièrement efficaces avec les petites sections. Des sujets porteurs (les dinosaures, les voitures, les engins de chantier…), des textes simples, des couleurs vives et franches et des dessins qui peuvent facilement servir de support à des activités d’art plastique. Citons en particulier ma voiture, mon bus, sur le chantier, et la petite poule rousse et la toute petite dame pour les premiers contes. Et notons que quand il y a des personnages humains, il est toujours attentifs aux représentations : personnages racisés, femmes mécaniciennes ou capitaines de bateau…

 

bain berkLe bain de Berk de Julien Béziat (école des loisirs, 2016)

L’enfant quitte la salle de bain quelques minutes et catastrophe, Berk, le doudou cracra, tombe dans l’eau. Berk se noie ! Les jouets de bain s’activent pour lui venir en aide… Berk, lui, essaye de parler, mais avec la bouche pleine d’eau…

Une aventure, une vraie, pleine de suspens, de danger et de solidarité entre jouets. Et la touche d’humour pipi caca qu’il faut pour en faire un énorme succès. (Chloé en parle ici).

Et ce qui est chouette, c’est que ce n’est pas la seule aventure de Berk. Il affronte un monstre horrible dans le mange doudou. Et la nuit de Berk ouvre un champ d’aventure génial : une salle de classe la nuit. Avec plein de références à la littérature jeunesse à la hauteur des enfants de cet âge là. Parfait pour les instits ! On attend impatiemment le nouveau de la série, l’œil de Berk, qui sort bientôt.

 

monstres poilule monstre poilu d’Henriette Bichonnier et Pef (Gallimard 1991, réédité en recueil en 2017)

Le monstre poilu a capturé le roi (poils aux doigts). Celui-ci propose de lui livrer le premier enfant qu’il croise en échange de sa liberté (poils au nez). Manque de bol, il tombe sur sa propre fille. Heureusement, la petite Lucile est vive, intelligente, impertinente et réussira à se débarrasser du monstre. Et ce, même si ce ne sont pas des manières de princesses (poil aux fesses). A mon avis, c’est génial pour bosser les rimes et la phonologie avec des grandes sections. Et en plus c’est drôle.

 

pierre et la sorcièrePierre et la sorcière de Gilles Bizouerne et Roland Guarrigue (Didier Jeunesse, 2016)

Pierre est un galopin qui n’a peur de rien. Pas même de l’horrible sorcière qui vit dans la forêt. Et quand, hop zou et frrrout elle l’enferme dans un sac, il a toujours une ruse pour réussir à s’échapper.

Les livres de la collection à petits petons de chez Didier Jeunesse sont des merveilles de premiers contes. Ecrits par des conteurs, ils sont vraiment faits pour la lecture à voix haute, entre chansons, rythmes et répétitions. On y trouve aussi les grands motifs des contes (et dans celui-ci on pensera à Pierre et le loup, à Poule Rousse ou à Hansel et Gretel), pour commencer à familiariser les enfants avec mais aussi pour faire des mises en réseau d’albums. Je les aime tous d’amour et il a été très difficile pour moi de choisir, mais celui-là est particulièrement jubilatoire. Je l’ai prêté à l’enseignant de ma fille qui travaille sur les sorcières, il a voulu le garder (“pour apprendre les insultes de sorcières” dixit ma fille). (Chloé en parle ).

 

gorille browneUn gorille d’Anthony Browne (Kaléidoscope 2012)

Le livre à compter, c’est un incontournable de maternelle. Celui là commence de façon très classique : un gorille, deux orangs-outans, trois chimpanzés… Mais sera finalement bien plus riche, rappelant que nous sommes tous issus des grands singes, tous de la même famille. Les illustrations sont superbes, et les singes tellement expressifs. (Chloé en parle ici).

 

école marsusl’école des p’tits marsus de benjamin Chaud (Little Urban, 2017)

Comme chaque matin, les petits marsus se préparent pour aller à l’école. Sur le chemin, il faut faire attention en traversant. Après le bisou aux parents, on enchaine le cour de musique, la gym, la cantine…

Les enseignants de maternelle cherchent très souvent des albums sur la journée d’école. Celui-ci répondra à cette attente, tout en y apportant une bonne dose de fantaisie. Très proche du quotidien des enfants… mais dans la jungle d’Amérique du Sud ! A la cantine, on mange des mangues et des termites et forcément, le paresseux est “le meilleur professeur de dodo de toute la jungle”. Avec les illustrations pleines de détails et d’humour de Benjamin Chaud. Nul besoin de connaitre le marsupilami pour en profiter, les enfants adopteront très vite cette famille et pourront la retrouver dans d’autres aventures. (Chloé en parle ici).

 

plouf corentinPlouf ! de Philippe Corentin (école des loisirs, 1991)

Au fond d’un puit, un loup aperçoit un fromage. Il se penche pour l’attraper… et tombe dans le puit ! Comment va-t-il se sortir de là ?

Le format à la verticale du livre fonctionne particulièrement bien pour figurer la profondeur du puit. C’est une excellente première rencontre avec l’univers de l’auteur, aussi drôle qu’intelligent. Et qui met tellement bien en valeur l’importance du langage ! (Chloé en parle ).

On peut ensuite poursuivre avec Patatras, le roi et le roi, Zigomar n’aime pas les légumes, Pipioli la terreur, l’ogre, le loup et la petite fille, etc, etc. Questions idiotes est à mourir de rire avec les enfants : mais comment font les adultes pour poser des questions aussi bêtes ?

Grand classique des maternelles, vous trouverez facilement des ressources pour l’exploiter en classe.

 

princesse kevinPrincesse Kevin de Michael Escoffier et Roland Guarrigue (P’tit Glénat, 2018)

Kevin a décidé de se déguiser en princesse.

Vous me connaissez, je ne pouvais pas proposer de sélection sans un livre antisexiste. Vous savez aussi que j’en ai des dizaines sous le coude et que ça n’a pas été facile de choisir. Mais celui-là est un plaisir de lecture, il est drôle, les images sont expressives. Et la question des vêtements, des déguisements genrés est à mes yeux indispensable à aborder en maternelle. J’avais envie de narration, plutôt que d’un album manifeste. Mais vous en trouverez de nombreux autres ici.

 

pleine lune guilloppéPleine lune d’Antoine Guilloppé (Gautier-Languerreau, 2010)

Par une nuit de pleine lune, le loup ouvre les yeux, le renard sursaute…Tous les animaux sont intrigués par ce bruit étrange.

J’aime montrer aux enfants de nombreux types d’illustrations, sortir aussi de la forme classique de l’album. Les illustrations découpées de ce livre, qui ressemblent à de la dentelle, sont d’une beauté rare et laissent bouche bée. Les animaux de la forêt, mais aussi le travail du noir et blanc donnent plein de possibilités d’exploitation en maternelle. (et pour ceux qui s’inquiètent de sa fragilité, ces livres sont moins fragiles qu’ils en ont l’air et ne sont pas trop abimés). Et on peut aussi découvrir l’univers de la savane africaine, de la jungle, de la mer, du grand nord, du désert… (Chloé parle de plein soleil ici)

 

chut planChut, on a un plan ! de Chris Haughton (Thierry Magnier, 2014).

Tiens, un oiseau ! Le plus petit aimerait bien sympathiser, mais les grands sont bien décidés à l’attraper. Chut, on a un plan ! Mais chaque tentative pour l’attraper se solde par un échec… douloureux. N’y aurait-il pas une meilleure solution pour approcher l’oiseau ?

J’en parlais là.

Tous les livres de Chris Haughton sont des merveilles et pourraient figurer dans cette liste. Son premier, un peu perdu, est déjà devenu un classique de maternelle, en tout cas mes deux enfants ont travaillé dessus à l’école. Mais j’aime aussi beaucoup proposer celui-ci. Parce que c’est un bonheur à lire à voix haute, grâce à l’alternance des niveaux de voix (on chuchote, on crie…). Et j’aime particulièrement le jeu de couleurs, le camaïeu de bleus de la forêt sur lequel se détache nettement l’oiseau (orange, rose, violet vif).

 

joyeux abécédaireLe joyeux abécédaire de Maria Jalibert (Didier Jeunesse, 2016)

C’est un abécédaire pas comme les autres. Déjà, parce que Maria Jalibert a l’idée géniale d’illustrer ses livres de petits jouets en plastique. Et parce qu’on y croise des animaux assis sur une asperge, un caniche crâneur dans une calèche, un squelette avec un sèche-cheveux (mais sans savon), ou un taureau terrifiant regardant la télé. Un abécédaire, oui, mais surtout un univers de découvertes et d’humour. Le travail sur les petits jouets me semble particulièrement intéressant à exploiter en classe. Chloé en parle ici.

Et pour les plus jeunes, l’imagier Bric-à-brac et l’imagier couleurs (qui extrait certaines pages du précédent) sont aussi des merveilles.

 

tu nous emmènes kasanoTu nous emmènes ? de Yuichi Kasano (école des loisirs, 2015).

Le héros et son père ont construit un avion. Oui, rien que ça. Ils sont prêts à décoller… quand les animaux arrivent les uns après les autres avec cette question : “tu nous emmènes ?”. Pas de problème, il suffit d’un peu de bricolage ! (Chloé en parle ici).

Ah, les jeux d’accumulation des albums de Kasano, quel plaisir ! On entasse, on accumule, et ça marche ! Ils fonctionnent à tous les coups ! Même chose dans Bloub bloub bloub et A la sieste tout le monde !, incontournables en petite et en moyenne section.

 

presque toutPresque tout de Joelle Jolivet (Seuil, 2004)

Après un livre à compter et un abécédaire, il me fallait un imagier. Et je n’ai pas hésité une seconde. Celui-là est mon préféré. J’en avais d’ailleurs déjà parlé ici. Son grand format, la variété des thèmes présentés, la beauté des dessins… Un livre marquant. Et Zoo logique et Costumes sont tout aussi merveilleux.

 

Anton rabat-joieAnton et les rabat-joie d’Ole Konnecke (école des loisirs, 2013)

Personne ne veut jouer avec lui ? Tant pis, Anton s’allonge par terre, et il est mort. Complètement mort.

Un album à hauteur de jeu d’enfants, où on peut jouer à être mort. Parfaitement mort. Sur les petites jalousies, la gestion des conflits, sur l’imagination. Un album drôle, aussi. On retrouve Anton et ses copains dans plusieurs autres albums, mais celui-là reste mon préféré.

 

écureuil première neigeL’écureuil et la première neige de Sebastien Meschenmoser (Minédition, 2009)

L’écureuil et ses amis Ours et Hérisson ont décidé de ne pas hiberner tant qu’ils n’auront pas vu la première neige. Mais ils n’ont jamais vu la neige ! Comment savoir si elle n’est pas déjà là ? Tout ce qu’ils savent, c’est que la neige c’est blanc, froid et humide…

Cette série d’albums de Sebastien Meschenmoser est ma série d’albums préférés de toute la littérature jeunesse, je crois. Les dessins sont magnifiques, les animaux sont d’une expressivité incroyable, c’est drôle, décalé, loufoque, plein de détails… Celui-ci est celui que je trouve le plus accessible pour une lecture en groupe en maternelle, mais l’écureuil et la lune et l’écureuil et le printemps sont des bijoux aussi.

 

bateau zouglougloule bateau de Monsieur Zouglouglou de Coline Promeyrat et Stefany Devaux (Didier Jeunesse, 2000)

Monsieur Zouglouglou a fait un bateau d’une coquille de noix. Il est rejoint à bord par une souris, une rainette, un lapin… Mais le bateau va-t-il rester à flots avec autant de passagers ?

Je vous ai déjà parlé avec Pierre et la sorcière de la collection à petits petons. Je lis le premier plutôt aux grands, celui-ci est idéal pour les petits. Un album randonnée, avec une petite chanson qui revient comme un refrain, les animaux qui s’ajoutent… Jusqu’à la chute finale. Si on veut “mettre les livres en réseau”, ça vaut le coup de lire aussi la promenade de Monsieur Gumpy de John Bunrningham, malheureusement épuisé mais qu’on trouve encore en bibliothèque. Et dans la collection à petits petons, mes autres chouchous pour les petits sont quel radis, dis donc !, et vogue la petite souris, on y va, papa !, la moufle et roulé le loup. Aux moyens et aux grands, je lis le loup et la mésangePatouffèt’, la souris et le voleur, la cocotte qui tape-tip-tope, l’ogre Babborco…

 

chasse à l'oursla chasse à l’ours de Michael Rosen et Helen Oxenbury (Kaleidoscope, 2018 pour l’édition actuellement disponible)

“Nous allons à la chasse à l’ours. Nous allons en prendre un très gros. La vie est belle, nous n’avons peur de rien !”

Y’a-t-il encore besoin de présenter cet album ? Je n’en suis pas certaine mais je ne pouvais pas faire une liste d’indispensables sans en parler. La justesse du texte, les répétitions, l’accélération de la lecture à la fin… Un vrai plaisir ! Et très riche à exploiter en classe, ma fille en a fait une version géniale avec sa maitresse, l’année dernière, en moyenne section. (Chloé en parle ici).

 

heure bleuel’heure bleue d’Isabelle Simler (éditions courtes et longues, 2015)

“Le jour s’éloigne… bientôt la nuit… Entre les deux, elle passe… C’est l’heure bleue.” Et des animaux, des oiseaux, des fleurs bleues, il y en a !

Un album grand format aux illustrations merveilleuses, apaisantes. Isabelle Simler a le talent rare de rendre poétique la biologie, la science. Et les ailes des morphos bleus étincellent sur les ipomées. Un des rares albums que je peux lire autant à des enfants de crèche qu’à des CM2. (Chloé en parle ici).

En classe, ce travail sur les couleurs peut en inspirer d’autres, comme l’autrice le montre sur son site, avec les livres oranges, gris et violets d’élèves de primaire. Et parmi ses autres livres, Plume et la toile, entre l’album et le documentaire, sont géniaux aussi.

 

atchoumA-a-a-a-atchoum ! de Philip et Erin Stead (Kaléidoscope, 2011)

Amos McGee travaille au zoo. Tous les jours, il passe voir ses amis (l’éléphant, la tortue, le hibou, le rhinocéros et le manchot). Mais le jour où il tombe malade, ce sont eux qui lui rendent visite.

Un bonheur d’album aux illustrations rétro et un peu désuètes. Un décalage jubilatoire quand on voit les animaux du zoo dans l’appartement du gardien. Des beaux détails dans l’illustration. Un livre qui nous rappelle l’importance de prendre soin de ses amis, aussi. Bref, une perle. (Chloé en parle ici).

 

trois brigandsles trois brigands de Tomi Ungerer (école des loisirs, 1968)

Trois brigands qui dévalisent les voyageurs jusqu’à ce qu’ils tombent sur Tiffany, une petite fille dont ils décident de s’occuper.

Est-il encore nécessaire de présenter cet album ? Les habits noirs et les chapeaux noirs des brigands, la grande hache rouge, l’univers nocturne, les cheveux blonds de Tiffany qui se détachent…

Il sera d’ailleurs réédité en très grand format au moins de novembre, idéal pour la lecture à un groupe !

 

bou et les 3 zoursBou et les 3 zours d’Elsa Valentin et Ilya Green (Atelier du poisson soluble, 2008)

“L’était une fois une petite Bou qui livrait dans la forest avec sa maïe et son païe. Un jour elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.

– Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui dirent sa maïe et son païe.

– Dakodak, respondit Bou.”

A partir de l’histoire archi-connue de Boucle d’or (vous la voyez, les instits, la mise en réseau ? ^^), Elsa Valentin crée une langue qui n’appartient qu’à cet album. Une langue fait de mots étranges, inventés. De mots valises qu’on aurait envie d’employer tous les jours (confordouillette, panitrouiller). Une langue qui fait appel à l’anglais, à l’espagnol, au créole, au latin… à l’argot, aux mots d’enfant… Une langue qui est autant un délice à lire qu’à écouter (je vous conseille quand même de vous entrainer un peu avant de le lire à voix haute). J’en parle longuement ici, mais je veux redire à quel point jouer sur la langue, et montrer aux enfants qu’on peut le faire, est à mes yeux un cadeau précieux à leur faire. Et en plus, il est illustré par Ilya Green. (Chloé en parle ici).

 

soupe caillouUne soupe au caillou d’Anaïs Vaugelade (école des loisirs, 2000)

Le loup propose à la poule de faire une soupe au caillou. Intriguée, elle accepte, mais elle ajouterait bien un peu de céleri. Chaque animal qui arrive ajoute un autre légume “pour donner du goût”.

Ce vieux loup fatigué, qui inspire d’abord la crainte, réussira ainsi à partager un repas convivial avec d’autres animaux. Un album sur les apparences qui sont parfois trompeuses, sur le partage. “Rien ni personne n’est jamais tout blanc ni tout noir, telle est la morale de cette histoire, racontée dans une langue à son image, aussi enjouée que profonde.” (source). Un album magnifique à proposer aux enfants. L’occasion de faire de la soupe en classe ! Et vous trouverez d’autres versions de ce conte : une version africaine, une version qui se passe en Chine

Si je cite seulement cet album de Vaugelade aujourd’hui, les merveilles sont nombreuses dans son oeuvre. Les livres de la famille Quichon sont des très chouette et Zuza est une héroïne géniale à proposer aux petits comme aux grands. Les fans de dinosaures et les autres trouveront leur bonheur avec l’ami du petit tyrannosaure. Mais mon autre chouchou avec les maternelles, c’est l’anniversaire de Monsieur Guillaume et ses coquillettes au jambon d’anniversaire. 

 

Et voilà ! 

Avec nos 2 listes, ça vous fait déjà une belle bibliothèque !

Rue des Quatre-Vents

Au début, j’avais prévu juste un poste instagram, mais en le faisant, je me suis rendu compte que j’avais envie de vous parler de ce livre un peu plus en détails…

J’ai reçu récemment, donc, Rue des Quatre-Vents, au fil des migrations de Jessie Magana et Magali Attiogbé (éditions des éléphants, 2018).

rue des 4 vents

Je connaissais déjà Jessie Magana parce qu’elle a écrit les mots indispensables pour parler du sexisme chez Syros et parce qu’elle travaillait sur la collection Français d’ailleurs (chez Autrement jeunesse, réédité depuis chez Casterman) qui, comme le titre de la collection l’indique, raconte des histoires de migrations. L’illustratrice, Magali Attiogbé, est racisée. Et les éditions des éléphants font un chouette boulot sur les représentations et la lutte contre les stéréotypes. J’avais donc un a priori favorable sur ce bouquin, qui a été confirmé!

Ce livre met donc en scène la même rue entre 1890 et 2018, dans de grandes illustrations, avec le texte sur un rabat (seul petit défaut du livre : la scène décrite par le texte est parfois derrière le rabat…). Et le texte raconte l’histoire de ses habitants, et des différentes vagues de migrations qui ont façonné notre société, des juifs fuyant les pogroms au début du siècle aux migrants syriens, soudanais ou érythréens aujourd’hui.

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On y voit donc, en creux, toute l’histoire du XXe siècle et du début du XXIe : la colonisation française, les deux guerres mondiales et la guerre d’Algérie, le génocide arménien, la dictature de Pinochet au Chili ou les boat people vietnamiens.

 

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les tirailleurs sénégalais de la 1e guerre mondiale

On y voit aussi la “petite histoire” : les histoires d’amour vues d’un mauvais oeil par les parents, les enfants qui grandissent, la victoire à la coupe du monde de 1998 et les cours de théâtre à la MJC.

 

On y voit aussi l’évolution de l’architecture, des vêtements des habitants, des objets de consommation, des véhicules :

 

 

Le détail des pubs affichées sur les murs…

 

 

Les difficultés en France ne sont pas ignorées. Des insultes racistes aux bidonvilles dans lesquels les migrants vivent.

 

Le livre s’achève sur 2018 avec Najib, réfugié afghan, qui espérait gagner l’Angleterre. “Il espère qu’il pourra rester dans ce quartier. Il aime bien cette rue, ses habitants qui commencent à le connaître. Il se voit bien, ici.”

Le livre s’achève sur un texte militant, rappelant notre devoir d’accueil :

” Hier comme aujourd’hui, on part parce qu’on est trop pauvre et que l’on cherche une vie meilleure ; parce que la guerre menace notre vie ; parce que l’on est persécuté pour ses croyances, ses convictions politiques, son orientation sexuelle (…). Toutes ces raisons se mêlent souvent, faisant de la situation de chaque personne exilée une histoire très complexe. (…) Parmi toutes celles et tous ceux qui sont venus, depuis la fin du XIXe siècle, certains sont repartis, d’autres se sont installés, se sont mélangés, ont appris la langue et les coutumes de ce nouveau pays, tout en l’enrichissant des leurs. Ce voyage à travers le temps, dans la rue des Quatre-Vents, nous en donne un aperçu. Il nous montre qu’il est possible, encore, d’accueillir”.

Alors certes, ce n’est pas le livre parfait (j’ai trouvé le passage sur 1998 un peu appuyé, j’ai parfois été gênée par certaines tournures de phrases), mais c’est un support de découverte très riche et aussi un excellent support d’échanges.

Avec le magicien, on a passé plus de 30 minutes sur les trois premières pages ! Pas question de tout aborder d’un coup, nous nous sommes laissés guider par ses remarques et ses questions. On a essayé, aussi, de re-situer dans le temps parce que ce n’est pas évident à 6 ans (là ton arrière-grand-mère était petite fille, là c’est quand je suis née). Le livre s’adresse à des un peu plus grands, mais c’est un de ces livres dont on explore de nouveaux aspects à chaque lecture, et qui nous accompagnera plusieurs années.

Envie de pleurer un bon coup ?

Par curiosité, j’ai demandé aux gens, sur twitter, de me citer un livre qui les avait fait pleurer. Et j’ai eu plein de réponse. Des livres qui les ont fait pleurer enfant ou le mois dernier. Dans tous les styles, dans tous les genres. Alors j’ai eu envie de les réunir ici, pour compléter vos envies de lectures autant que les miennes !

J’ai séparé les livres jeunesse et les livres adulte, de manière artificielle, sans doute (comme j’ai pas réussi  à trancher pour des fleurs pour Algernon et que c’est un de mes coups de cœur, je l’ai mis dans les deux !).

 

La tarte aux escargots de Brigitte Smadja par Aelle / le temps des miracles d’Anne-Laure Bondoux par Lizly / Eleanor & Park de Rainbow Rowell par Muche / Une vie ailleurs de Gabrielle Zevin (épuisé) par Muche / Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes par Laura Blasutto et Lscw / Harry Potter et les reliques de la mort de J. K. Rowling par France Libotte / Nouvelle Sparte d’Erik L’homme par Coline Paillet / Marre du rose de Nathalie Hense et Ilya Green par Emilie Bourgeois / Inséparables de Sarah Crossan par Laura / Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepulveda par Plume Rouillée / si loin de toi de Tess Sharpe par Shiny Bâjé / nos étoiles contraires de John Green par Zieph / mon bel oranger de José Mauro de Vasconcelos par Laetitia Petit

 

 

 

Dans le murmure des feuilles qui dansent d’Agnès Ledig par Agathe Tournesoleil / Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes par Laura Blasutto / la tour sombre de Stephen King par WonderWaitress / Retour à la montagne de Roger Frison-Roche par Leslhibou / le rêve de Martin de Françoise Henry par Prune / Germinal d’Emile Zola par Alexa / les raisins de la colère de John Steinbeck par aspholoup / tout ce que j’aimais de Siri Hustvedt par Docteur Couine / le lambeau de Philippe Lançon par Emilie Bourgeois / la nuit des temps de Barjavel par F’(x) / la couleur pourpre d’Alice Walker par Luckyslug / Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu par Zieph / les règles d’usage de Joyce Maynard par l_o / le combat ordinaire de Manu Larcenet par gwynplaine / Désorientale de Negar Djavadi par Delphine Virte / La nostalgie de l’Ange d’Alice Sebold par Comment Ça Nombreuse ? / La tapisserie de Fionavar de G.G.Kay par Comment Ça Nombreuse ? / Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin par Antoinette Dapples / La couleur des sentiments de Kathryn Stockett par Aurélia Perger / La Voix Sombre de Ryoko Sekiguchi par Anne-Lise Remacle

 

Je vous mets les miens aussi ?

 

Je pourrais en citer beaucoup d’autres, je pleure pour un rien… La série de mon enfance qui m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps, c’est “mon amie Flicka” de Mary O’Hara. Une série sur l’amitié d’un jeune garçon et d’un cheval dans un ranch du Wyoming, que je trouverais sans doute bien tarte avec des yeux d’adulte… Mais je me souviens encore de cette fois où ma grand mère m’avait trouvé en larmes dans mon lit et était venue en courant, paniquée, me demander ce qu’il se passait, et mon “c’est dans mon liiiiiiiivre !”.

Je pleure moins à chaude larmes, désormais. Mais d’un trait de fusain de Cathy Ytak m’a mis les larmes aux yeux.

Et puis un essai, une réflexion sur la maternité. Dans laquelle je me suis (trop) reconnue, à une période où la maternité était particulièrement difficile pour moi. Les larmes qui montent en lisant ce que je ressens sous la plume d’une inconnue…

Salon de Montreuil 2017

C’est un rituel, chaque année ou presque, je fais un *petit* compte rendu de mon tour au salon de Montreuil.

Cette année, j’y suis allée 3 fois : vendredi avec des amies, dimanche en famille et lundi pour la journée professionnelle. Repérage de nouveautés, (plein de) dédicaces, achats de cadeaux de Noël, visite de l’expo, spectacle, et intervention dans une table ronde, ça a été très riche !

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A Montreuil, il y a les livres qu’on découvre, qu’on achète. Mais aussi nos chouchous, ceux qu’on a lu cent fois, et qu’on emporte précieusement parce qu’on a repéré que les auteurs étaient présents.

Pour moi cette année c’était Ni poupées ni super héros de Claire Cantais, à la ville brûle que j’ai chroniqué en détails sur fille d’album. Dédicacé pour les enfants, pour les accompagner encore un peu plus dans leur liberté, le magicien, en ce moment, me demande souvent “hein on a le droit de faire ça quand on est un garçon ?”…

 

Pour le magicien, c’était la tribu qui pue d’Elise Gravel et de Magali Le Huche aux éditions les fourmis rouges (qui fait décidément de chouettes bouquins, et je ne dis pas seulement ça parce qu’ils éditent Emmanuelle Houdart ^^). C’est LE coup de coeur du moment à la maison et il est très fier d’avoir désormais Fanette dans son livre !

La tribu qui pue, c’est donc l’histoire d’une joyeuse troupe d’enfants très heureux de vivre entre eux, à poil, dans la nature. Mais la directrice de l’orphelinat est bien décidée à laver, habiller et faire rentrer dans les cases… C’est drôle, fin, super ! Une très bonne idée de cadeau de Noël !

 

Vous connaissez sans doute notre passion familiale pour Bulle et Bob ! La puce a choisi Bulle et Bob se déguisent “parce que c’est mon préféré !”. Ilya Green lui a décidé une magnifique Bulle, mais alors qu’elle lui rendait le livre, la puce s’est écrié “je veux Bob aussi !”.

Rien pour l’amoureux, mais depuis qu’il a eu sa propre dédicace de Oh non, Georges ! de Chris Haughton l’année dernière, il est comblé !

J’adore les dédicaces avec les enfants. J’adore la spontanéité avec laquelle ils parlent aux auteur·e·s (quand j’ai moi-même du mal à être à l’aise et à dire autre chose que “j’adore ce que vous faites !”).

Et puis il y a eu les achats…

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Oui, je sais, c’est franchement indécent… Mais cette année il y a beaucoup de cadeaux !

 

Celui-ci, à la recherche de la carotte bleue, les métiers de Sébastien Telleschi, c’est une découverte du magicien, qui commence à s’intéresser beaucoup aux livres jeux. Il a eu un coup de coeur sur le stand de little urban (qui a vraiment un catalogue super chouette, j’essayerai d’en reparler un peu ! En attendant, allez faire un tour sur leur site, d’autant plus intéressant qu’ils proposent de nombreux ateliers et activités en lien avec leurs albums). C’est bourré de détails et la carotte bleue n’est vraiment pas facile à trouver, ça va l’occuper un moment !

 

Un grand jour de rien de Béatrice Alemagna (Albin Michel Jeunesse) pour le magicien, parce que j’aime de plus en plus cette auteure, et qu’on a eu l’occasion de découvrir des originaux de cet album à l’exposition du salon, qui ont beaucoup intéressé le magicien. Dans cet album, un petit garçon se trouve coincé dans une maison de campagne, et n’a qu’une envie, jouer à tuer des martiens sur sa console. Jusqu’à ce qu’il se laisse emporter par toutes les possibilités que lui offrent l’extérieur. Les planches sont simplement magnifiques !

 

On aurait dit d’André Marois et Gérard Dubois (Seuil jeunesse), dédicacé par l’auteur (mais l’illustrateur n’était pas là malheureusement). Si ces illustrations rétro ne sont généralement pas ma tasse de thé, elles conviennent plutôt bien à cet album, qui est surtout un éloge de l’imagination des enfants, qui se laissent complètement embarquer dans leur histoire (non sans faire *quelques* dégâts dans la maison). La chute me fait beaucoup rire !

 

Le nouveau nid des petits marsus de Benjamin Chaud (Little Urban) fait partie d’une nouvelle série qui reprend en album jeunesse le célèbre héros de BD. C’est ultra mignon, plein de détails dans l’illustration comme toujours chez Benjamin Chaud. C’est le grand chouchou des enfants pour le moment, aussi bien du grand (5 ans) que de la petite (2 ans 1/2), parmi tous les livres rapportés du salon.

Et visiblement, les coussins avec les illustrations de Benjamin Chaud sont bien confortables pour faire une petite pause au milieu de la course du salon !

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L’ours qui ne rentrait plus dans son slip est un livre CD de Emilie Chazerand et Félix Rousseau de chez Benjamin média. J’en cherchais pour le magicien pour le “temps calme” de l’après-midi (quand sa soeur fait la sieste). Nous ne l’avons pas encore écouté mais les extraits que j’ai entendu, ce que j’ai vu en le feuilletant et le nom d’Emilie Chazerand dont j’ai adoré le dernier roman pour ados (la fourmi rouge chez Sarbacane) me font penser que ça va être très bien.

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J’ai déjà parlé un peu de ce documentaire pour préados et ados sur les règles par Elise Thiébaut et Mirion Malle chez la ville brûle ici. Je ne l’ai pas encore lu entièrement, mais j’ai apprécié les passages que j’ai lu et la diversité des représentations. Et j’en profite pour frimer avec mon nouveau tote bag avec lequel je me promène fièrement depuis quelques jours !

J’ai l’impression qu’on a beaucoup parlé de ce loup en slip de Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz (Dargaud), mais si vous l’avez raté, il est hilarant ! Tout le monde dans la forêt est terrorisé par le loup (et tout un business s’organise, entre pièges à vendre et brigade anti-loup), mais il fait beaucoup moins peur avec son slip à rayures… On a cru qu’on ne réussirait jamais, avec Elise, à trouver le livre sur le salon, Dargaud n’ayant pas de stand, donc la dédicace est une grande victoire, merci à Sophie !

Chaque année, c’est mon rituel, je vais sur le stand de Minédition pour que l’éditeur me raconte une histoire, il a un don pour ça ! Et cette année, j’ai craqué pour trop grand, trop petit ! de Catherine Leblanc et Eve Tharlet, pour la puce qui a décidé qu’elle était grande et plus pikinote ! J’avais beaucoup aimé dans la même série est-ce que tu m’aimeras encore ? (sur l’amour inconditionnel des parents) et là voilà ! (sur l’arrivée d’une petite soeur) et là encore beaucoup de tendresse se dégage du dessin, alors je passe même sur la mère en tablier dans la cuisine.

Des fois, on a de la chance : on va voir la grande conteuse Catherine Zarcate (que vous pouvez par exemple découvrir ici), et on tombe aussi sur l’illustratrice du recueil, Irène Bonacina, qui nous fait un magnifique dessin ! Mes enfants sont ans doute un peu petits pour ce recueil, mais il contient un de mes contes préférés, le loukoum à la pistache.

Ce qui est chouette, au salon, c’est quand on découvre des albums qu’on ne pensait pas prendre, des illustratrices qu’on ne connaissait pas, en l’occurrence simplement parce qu’elle était à côté de Magali Le Huche en dédicace. Dans cet album, la retraite de Nénette (à l’école des loisirs), Claire Lebourg où elle invente une retraite libre à Nénette, orang-outang de la ménagerie du jardin des plantes qui y vit depuis 1972. La puce a été très marquée par sa visite à la ménagerie et a donc réclamé que ce livre soit pour elle, même s’il s’adresse à des plus grands.

Encore une découverte, cette fois grace au magicien qui s’est précipité sur ce livre-objet, le bout du bout de François David et Henri Galeron chez Motus (maison d’édition qui fait de la poésie et que je ne connaissais pas !). Un livre surréaliste, qui se déplie peu à peu, j’aime son côté un peu perché !

 

Et ensuite… les cadeaux !

Je n’ai malheureusement pas pu faire dédicacer Bergères Guerrières, de Jonathan Garnier et Amélie Fléchais, par manque de temps (j’avoue que j’ai aussi du mal avec les méthode de Glénat puisqu’il faut acheter un album sur le stand pour avoir un ticket dédicace, ce que je trouve très nul). Je n’ai pas encore lu cette BD d’aventure en entier, mais j’ai beaucoup apprécié ce que j’en ai lu et ça a été un gros succès chez Sophie et ses filles. Je suis donc sûre que c’est un super cadeau pour ma cousine de 8 ans !
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Pour les neveux de Paul, presque 3 ans et 5 ans, loup gris et la mouche de Gilles Bizouerne (Didier Jeunesse). J’aime beaucoup cette série “loup gris” et je trouve que celui-ci est le meilleur. Loup gris avale une mouche. Malheur, il se met à bzzzzozoter ! Quand il croise une araignée, il se dit qu’il va l’avaler, et qu’elle mangera la mouche dans son ventre, et que son souci sera réglé. Mais ça ne va pas aussi bien se passer… C’est un régal à lire à haute voix, et un de mes derniers gros succès à l’heure du conte à la bibliothèque : enfants comme parents étaient écroulés de rire !

Pour mon neveu de 6 mois, un de mes chouchous, un des livres qu’on a lu en boucle avec nos enfants bébés : bon voyage bébé ! de Béatrice Alemagna (Helium). Je l’aime tellement que j’ai eu du mal à ne pas mettre toutes les pages ! Le coucher décrit comme un départ en voyage, avec une grande délicatesse et le talent de Béatrice Alemagna. Et en plus, on évite les stéréotypes !

Autre chouchou, autre cadeau dédicacé pour mon neveu, les mains de papa d’Emile Jadoul (pastel), mon préféré de cet auteur ! J’en avais parlé ici.

Vous connaissez mon amour pour Ilya Green. C’est un incontournable de nos cadeaux de naissance. Pour le petit dernier de la famille, nous avons donc craqué pour son dernier album chez Didier Jeunesse, les petits amis de la nuit, un joli défilé de doudous qui accompagnent le coucher d’un tout-petit. Le jeu de mat et brillant est discret mais réussi.

Et encore du Ilya Green, en livre CD cette fois, pour un grand bébé d’un an ! Elle illustre les chansons de Ceilin Poggi et Thierry Eliez, accompagnés non pas des traductions des chansons mais de poèmes de Murielle Szac. On n’y trouve pas seulement du jazz puisque les reprises vont de Barbara Streisand à Stevie Wonder en passant par les Beatles. L’amoureux les a vu en concert avec les enfants à la librairie du quartier et a aussi craqué pour nos enfants qui l’écoutent chaque soir au coucher depuis. Personnellement, j’aime particulièrement sa reprise de isn’t she lovely.

Enfin, ma belle-soeur m’a demandé un roman à Noël. Et vous savez que j’aime beaucoup faire lire des romans ados aux adultes, j’ai donc fait dédicacer pour elle un de mes gros coups de coeur de l’année, là où tombent les anges de Charlotte Bousquet (chez Gulfstream), donc j’ai parlé longuement ici.

 

Mais le salon du livre, ce ne sont pas que des achats ! Et j’ai la chance d’avoir un fils aussi motivé que moi pour en profiter ! Alors on est allés voir la lecture chantée par Pascal Parisot de son dernier livre disque, Superchat, les souffrances du gros Werther, illustré par Roland Garrigue, chez Didier Jeunesse. Werther le ver de terre est en train de se dessécher sur une terrasse, en plein soleil…Heureusement que superchat va venir à la rescousse ! C’est décalé et drôle. Un bon livre CD à offrir là encore !

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Et puis vous aurez compris depuis le début de l’article que je suis fan d’Ilya Green, mais j’ai une tendresse particulière pour Bou et les 3 zours d’Elsa Valentin (à l’atelier du poisson soluble), un livre d’une inventivité incroyable. Alors pouvoir l’écouter lue par l’auteure à l’occasion de sa sortie en livre CD aux éditions trois petits points, c’était vraiment chouette ! et ça a été l’occasion d’écouter aussi un futur album à paraître en mars, Zette et Zotte à l’usine, affaire à suivre.

Et puis au salon de Montreuil, il y a une expo, cette année sur la représentation des enfants. L’occasion de retrouver certain·e·s illustrateur·trice·s que j’adore : Béatrice Alemagna (photos 1 et 2), Benjamin Chaud (photo 3), mais aussi d’en découvrir d’autres. Cette année, Annabelle Buxton (photo 4 et 5) et Audrey Celleja, dont j’avais déjà vu passer des albums, mais sans y prêter assez attention (photo 6 et 7) J’aurais aimer vous en montrer plus, mais les originaux sont, bien évidemment, sous verre, et c’est quasiment impossible de prendre une photo potable.

Bon, je vais arrêter mon article fleuve ici, mais vous n’en avez pas fini avec le salon ! Déjà parce que j’ai eu la chance d’intervenir lors d’une table ronde sur la diversité (ou plutôt le manque de diversité) dans la littérature jeunesse avec Diariatou Kebe de l’association Divéka/Diversité & kids, Penda Diouf, responsable d’une bibliothèque à Saint-Denis et Sophie Agié de légothèque, et que j’en parlerai en détails sur fille d’album et puis j’ai aussi repéré plein de nouveaux titres, en particulier sur la diversité. Si je ne ferai pas un article de blog (ça me prend trop de temps), j’essayerai d’ajouter un lien vers le fil twitter.

D’un trait de fusain de Cathy Ytak

J’ai retrouvé le chemin du blog pour vous parler d’un de mes derniers coup de coeur. J’aimerais vraiment le faire plus régulièrement, mais c’est compliqué, non pas par manque d’idée ou d’envie, mais simplement par manque de temps !

D’un trait de fusain de Cathy Ytak, donc (Talents Hauts, 2017).

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1992. Mary, Monelle, Julien et Sami sont lycéens dans une école d’art. En cours de dessin, leur modèle préféré s’appelle Joos. Il est jeune, libre et beau. 

Et j’ai du mal à compléter le résumé. A trouver l’équilibre entre ne pas trop en dire sur l’intrigue et en dévoiler suffisamment pour montrer le côté engagé du roman. Mais je ne pourrai pas parler correctement de ce livre sans parler de Sami et de Joos qui tombent amoureux. Sans parler du sida. Sans parler d’Act Up où Mary va finir par militer. Alors j’en dis sans doute un peu plus que d’habitude sur l’intrigue, en me disant que je savais tout ça avant de lire le livre et qu’à aucun moment ça ne m’a gâché la lecture.

Parce que ce roman m’a complètement embarquée. Je l’ai dévoré rapidement, j’ai été tour à tour amusée, émue, en colère. Dans la gentille dédicace qu’elle m’a faite, Cathy Ytak parle de rage et de douceur, et c’est tout à fait ça.

J’ai été très touchée par l’évolution de Marie-Ange tout au long du roman. Marie-Ange qui a grandit dans une famille de “vieux réacs”, étouffante, maltraitante.

“Il y a ces paroles encore marquées au fer rouge dans sa tête ; celles de son père, intimement persuadé que les filles ne valent rien, et celles de sa mère, encombrées de silence (…). Les yeux baissés, les cuisses serrées, la peur des hommes en héritage, la haine du corps en transmission.”

Marie-Ange qui ne rêve que de partir et qui compte les jours jusqu’à ses 18 ans. Qui va grandir tout au long de ce roman. S’affirmer. Devenir Mary.

Grandir avec et par les autres. Au cours d’un week end à Saint-Malo où soudain une amitié de lycéens devient beaucoup plus. Où quelques jours suffisent à les transformer.

Grandir aussi par le dessin, qui les réunit. Si Marie-Ange dessine au début des autoportraits, des “trucs repoussants” qui “diraient la douleur suffocante qui empêche de parler”, le dessin lui permettra aussi d’appréhender, de façon bien plus douce, le corps de l’autre.

C’est au travers du cadre précis d’un viseur ou cerné par destraits de crayon qu’ils se dévoilent d’abord. Concentrés, respectueux, tendus vers le meilleur rendu, le plus joli tracé, Pimpin et Mary s’apprivoisent, se caressent des yeux, font mine de ne pas s’apercevoir du trouve qu’ils provoquent chez l’autre et qui les envahit en retour. Et finissent par tirer les rideaux sur cette journée d’hiver. 

L’importance des autres pour changer soi-même, en particulier à l’adolescence, et la place de la pratique artistique m’ont évoqué ce qui m’avait plu dans 3000 façons de te dire je t’aime de Marie-Aude Murail.

 

Mais ici, les personnages grandissent aussi forcés par le sida qui entre dans leur vie, l’homophobie qui les laisse seuls face à cela. En se battant contre la maladie. En militant. En cachant leur combat à ceux qui ne comprendraient pas, au lycée, aux parents. La douleur et la colère sont là, au centre. Dévastatrices, mais qui donnent aussi l’énergie pour avancer, lutter, militer. Pour que les choses changent.

Elle aimerait expliquer à Monelle combien ses propres réflexions et colères ont trouvé un écho dans celles de ces luttes collectives, que ce soit à Act Up, Aides ou d’autres encore, qui se battent sans relâche.

Ne plus se taire. Et ne jamais baisser les bras.

Alors oui, elle aurait pu militer ailleurs. Ou ne pas militer du tout. Mais il y a eu Sami et Joos, et le sida sur leur parcours. Et c’est devenu toute sa vie, une vie d’adulte avant l’âge, peut-être, qui oscille sans cesse être la fête et le désespoir.

Impossible pour moi de parler de ce livre sans parler du magnifique film 120 battements par minute. Parce que je n’étais qu’enfant au début des années 90, je n’ai pas de souvenir d’Act Up à cette époque (mon premier souvenir de cette association, c’est un mariage homosexuel à Notre-Dame en 2005), et les images que le livre a évoqué, ce sont celles du film vu il y a quelques semaines. Cathy Ytak, ancienne militante, a écrit le roman avant ce film, mais elle fait elle-même le lien entre les deux sur son blog.

Dans l’un comme dans l’autre, on découvre cette “façon de militer, faite de rage et de rires, de couleurs, de mises en scène et d’images”. Ce mouvement permanent face à l’immobilité de l’hôpital et de la mort. Qui m’a emporté en tant que lectrice comme il m’a emporté en tant que spectatrice.

“S’habituer… S’habituer à passer du rire aux larmes en quelques secondes. De la plaisanterie la moins fine à la peur la plus forte. Avec la mort infiltrée. Mais sérieusement, quand on a dix-sept ou dix-huit ans, ça veut dire quoi, mourir, si on n’a rien vécu ?

 

Ce roman est publié dans une collection de romans historiques chez Talents Hauts, les héroïques. Pour moi, c’est l’époque de mon enfance, celle des cabines téléphoniques, du minitel et des walkman. Pour des ados d’aujourd’hui, c’était avant leur naissance. Et pourtant, ce livre est d’une actualité brulante. Act Up le rappelle.

Pour finir, cette chanson de France Gall, évidemment, évoquée dans le livre.

Et aussi les beaux articles sur ce roman de Bob et Jean-Michel, la mare aux mots, arcanes ouvertes

Après avoir écrit cet article, je me suis demandé si j’allais le publier ici ou sur Fille d’Album où il aurait sa place. Mais vu la façon dont j’en parlais, coup de coeur plus que réelle analyse des représentations, il me paraissait plus à sa place ici. J’ai cependant tenu à en dire quelques mots là-bas aussi.

Le handicap

Cet article et ceux à venir sont une adaptation de matinées de présentation et d’analyse d’albums à destination des professionnelles de crèche que nous organisons régulièrement avec des collègues. Elles sont thématiques, et nous en avons consacré une aux diversités, et une autre aux représentations des filles et des garçons, des hommes et des femmes dans les albums pour les tout-petits. J’ai commencé le compte-rendu de la première avec deux articles publiés sur Fille d’Album, rôle du père, rôle de la mère et diversité des familles.

Après avoir parlé de la diversité au sein des familles, nous avons parlé de diversité humaine, et tout d’abord de handicap, à partir de deux albums.

On n’est pas si différents, de Sandra Kollender et Claire Cantais (la ville brûle, 2015).

pas si différents

Ce livre n’est pas un album narratif. Il fait partie d’une collection de livres militants de la maison d’édition La ville brûle, “jamais trop tôt” qui a pour objectif de lutter contre les stéréotypes.

Il commence par cette introduction à destination des adultes :

“La publicité pour une célèbre pâte à tartiner chocolat-noisettes dit et répète qu’il faut beaucoup d’énergie pour être un enfant. C’est vrai. Et c’est vrai pour tous les enfants, même ceux que l’on ne voit jamais à la télé.

Qu’il soit né porteur d’un handicap ou qu’il le soit devenu, que son handicap soit physique ou mental, visible ou non, qu’il roule, boite, tâtonne, signe, tourne en rond ou culmine à 60 cm, rien n’interdit à un enfant de manger des tartines chocolatées, de rire, d’être heureux, d’être amoureux, de faire des bêtises, de râler… et surtout d’avoir des amis.

Au fil de ces pages, ni peur ni pitié, pas de bons ou de mauvais sentiments non plus, juste des enfants qui finalement ne sont pas si différents les uns des autres, et qui peuvent apprendre à se connaître pour mieux vivre ensemble.”

On y trouve tous les types de handicap : physiques, mentaux, sensoriels, etc. Le handicap est présenté comme un “truc en plus” et le livre met en avant le positif. Et montre que les enfants handicapés sont, comme tous les autres, des enfants qui vivent des joies, des bonheurs et ont des envies et des goûts bien affirmés. Et il y a beaucoup d’humour !

Cependant, le handicap n’est pas édulcoré, en particulier dans les illustrations. Il s’agit bien de montrer des enfants qu’on voit rarement de façon réaliste dans les albums pour enfants. L’illustratrice, Claire Cantais, a passé du temps dans un lieu d’accueil pour enfants handicapés pour trouver les bonnes postures et positions. Elle propose donc des portraits très réalistes dans un décor fait de collages.

J’en ai parlé en détail (et mis des extraits) ici.

Regarde en haut, de Jin Ho Jung (Rue du Monde, 2015)

regarde en haut

Une petite fille en fauteuil roulant après un accident de voiture se retrouve sur son balcon et regarde en bas, dans la rue, les gens qui continuent à passer sans lui prêter attention. Jusqu’à ce qu’un petit garçon la remarque…

Les illustrations en noir et blanc de ce livre sont aussi assez atypiques : le cadre est absolument fixe, le décor est répété à l’identique sur toutes les pages : arbres et pavés. L’auteur nous place au plus près de l’enfant, juste au-dessus d’elle, et nous fait voir ce qu’elle voit : une vue en plongée, de sa fenêtre, sur le monde qui s’agite en bas et ne soupçonne même pas sa présence. Elle, elle regarde souvent en bas, c’est une enfant solitaire, malgré elle. Nous, nous observons les 2 : l’enfant, et les gens. La vie sociale est en bas.

L’auteur nous demande d’aller vers l’autre, l’invisible ou le différent, et d’inventer notre moyen d’entrer en contact, selon notre personnalité. Et, au minimum, de tourner, ou lever la tête vers cet autre. La suite viendra sûrement, chacun trouvant sa façon d’entrer en contact.

Et quand ce contact se fait, la petite fille sourit puis la couleur apparaît, à la dernière page, par petites taches. Les arbres sont en fleurs. Comme un printemps ?

A découvrir aussi ici.

 

Je reviens vite avec la suite !

Là où tombent les anges

De Charlotte Bousquet, je connaissais la BD Rouge tagada et la série qui a suivi. Et puis une de mes anciennes collègues a posé là où tombent les anges sur mon bureau en me disant “je viens de lire ce bouquin, c’est un gros coup de coeur, et je suis sûre que tu vas adorer”. Et elle a eu raison.

là où tombent les anges

Solange, Lili et Clémence. En 1912, ces trois couturières découvrent la vie parisienne. Solange épouse Robert Maximilien, qu’elle n’aime pas et qui est tyrannique mais qui lui apporte un certain confort. Elle s’occupe de sa vieille tante maussade. Lili, audacieuse et joyeuse, se produit comme chanteuse dans les cabarets. Clémence, jeune ouvrière, tombe éperdument amoureuse de Pierre. Mais la guerre arrive…

« La France est en guerre. La France a besoin de ses généraux pour gagner, de ses hommes pour se faire tuer et de ses femmes pour fabriquer les armes. C’est un mécanisme bien huilé. Et ni les Pierre ni les Clémence ni les Lili ni les Solange ne sont assez puissants pour l’enrayer. »

On est immédiatement plongé dans ce début du XXe siècle. Les extraits de journaux ou d’écrits d’époque qui ouvrent les articles contribuent à nous mettre dans l’ambiance. On parle un peu du front, mais surtout de ce qui se passe à l’arrière.

Et donc, surtout, de ce que vivent les femmes. Des bourgeoises, des ouvrières d’usines de munition, des veuves de guerre, des artistes, des journalistes… Tout le monde se croise dans ce livre. L’alternance de narration à la troisième personne, d’écrits de journaux intimes, de lettres échangées entre elles ou avec leurs hommes aux front nous permet de comprendre chacune, avec leurs angoisses, leurs choix et leurs contraintes.

Je crois que depuis que nous avons lancé le groupe Maternités Féministes, je m’intéresse de plus en plus aux témoignages de femmes, au vécu des femmes. Et même si on est ici dans la fiction (avec l’apparition de quelques figures historiques), c’est ce qui m’a le plus plu dans ce livre : suivre l’évolution de ces femmes. En particulier de Solange, qui a fui un père violent pour se retrouver sous la coupe d’un mari abusif, mais qui peu à peu va trouver la force d’écrire sa propre voix. J’ai trouvé ce personnage superbe, et ne l’ai pas du tout lu de la même manière que cette lectrice.

Au delà des destins individuels, ce roman est passionnant sur la condition féminine à l’époque, sur l’émergence d’un mouvement féministe.

« Le problème, c’est qu’aucun de vos droits n’est acquis (…). Votre pays vous craint. Jusqu’à ce que la guerre éclate, vous n’étiez que de petits êtres fragiles et innocents. Quand les hommes sont partis, vous avez pris leur place : vous avez dévoilé votre jeu. Vous n’êtes ni frêles ni dépendantes. Et vous êtes aussi compétentes qu’eux. Si j’étais eux, je serais un peu effrayée, tout de même… »

Et a, je trouve, des échos forts avec ce que nous vivons aujourd’hui. Je pense par exemple à ce passage sur une grève des couturières et ce qu’en dit Solange : « Les quotidiens évoquent la grève des midinettes avec une bienveillance teintée de condescendance : “ruée joyeuse”, “envolée”, les couturières qui protestent contre la vie chère et le samedi chômé sont considérées comme de jolies oiselles par les journalistes, non comme de vraies manifestantes. (…). C’est vrai qu’elles sont jolies et pimpantes, les cousettes, mais cela m’agace de lire partout cela. En même temps, je crois que c’est pour elle la meilleure façon de gagner la sympathie des gens. Légères, gentilles et grévistes. Cela sonne moins austère et moins menaçant que “revendicatrices et rebelles”»

Mais il ne faut pas limiter ce roman à un exposé sur la condition féminine, c’est avant tout un texte où le souffle romanesque est puissant, où on s’attache aux personnages, où on tremble pour certains d’entre eux. J’ai été émue aux larmes à certains passages. Un roman qu’on a du mal à lâcher.

C’est un coup de coeur.

Et comme on me pose souvent la question de l’âge… Ce roman est publié dans une collection pour grands ados. Et je pense en effet qu’il n’est pas destiné à des ados trop jeunes, d’un part en raison de la violence présente dans le texte (viol, descriptions dures du front…), mais aussi parce qu’on suit des adultes, et non des adolescents, avec leurs questionnement d’adultes. Je pense qu’on peut le conseiller à partir de 14-15 ans, ainsi qu’aux adultes.

Si vous voulez en lire plus sur ce roman, voilà la chronique de Sophie Pilaire.

Du bruit dans l’art

Aujourd’hui, je vous parle d’un de mes imagiers chouchous : du bruit dans l’art d’Andy Guérif et Edouard Manceau (éditions Palette, 2014).

bruit dans l'art

Cet album a un principe tout simple : associer à une œuvre d’art (peinture, sculpture, photo, gravure…) à un son, une onomatopée. IMG_2278

Les imagiers de bruits marchent très bien avec les tout-petits. Chez nous, on a lu environ un million de fois le livre des bruits de Soledad Bravi. Notre exemplaire part en lambeaux  à force d’être manipulé. Alors je suis ravie de pouvoir proposer autre chose. Et je trouve ce livre beaucoup plus riche, malgré son principe très simple.

 

J’aime l’humour qui s’en dégage, une certaine impertinence aussi. Introduire l’art dans la vie des enfants, mais sans révérence obligée, dans un rapport amusé et amusant avec ces images.

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les petits touchent quasi systématiquement la page de droite : est-ce qu’elle est vraiment déchirée ? 

Les œuvres sont très variées, et proposent un sacré voyage à travers l’art occidental, du XIVe siècle à nos jours : certaines œuvres ont moins de 10 ans, les éditions Palette accordant une place importante à l’art contemporain. On y trouve des peintures, des sculptures, de la gravure, de la photo…  Seul défaut, à mes yeux : tous les artistes dont on découvre les œuvres sont des hommes. Pas une seule femme.IMG_2279

J’ai beaucoup lu ce livre à mes enfants ces derniers temps. Et il fait partie de ces livres qui peuvent plaire à des enfants d’âge différent. La puce, bientôt deux ans, savoure les bruits,. Au bout de quelques lectures, elle les anticipe et se marre.

Le magicien, lui, a une perception différente. Il se confronte d’avantage aux œuvres, s’étonne d’une locomotive qui sort de la cheminée (Magritte) ou demande pourquoi la scie est plus grande que les immeubles.

Bref, une belle entrée, ludique, dans le monde de l’art.

Mini-chroniques : contes détournés

J’ai enchainé deux lectures un peu au hasard, mais ça fait presque un article thématique, dis-donc !

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l’ogre et sa princesse aux petits oignons de Sabrina Inghilterra (Didier Jeunesse)

Ventrerond, moitié ogre moitié humain, est passionné de cuisine, mais tellement pauvre qu’il ne peut plus s’acheter de quoi manger. Alors quand il apprend qu’il y a 20 000 galions d’or à gagner dans un concours de cuisine, il n’hésite pas, même si ça signifie retourner chez une mère peu aimante (euphémisme) et cuisiner une princesse, lui qui ne mange pas d’humains… Problème : la princesse ne le laisse pas indifférent…

Ce petit roman pour les 8-10 ans, très vite lu, mêle habilement les ingrédients du conte de fées traditionnel et l’ambiance topchef du concours de cuisine. C’est prenant, parfois drôle. Les péripéties s’enchaine un peu rapidement et facilement mais c’est un roman qui s’adresse aux plus jeunes.

Ella l’ensorcelée de Gail Carson Levine (école des loisirs)

ella-lensorcelee“Lucinda, cette idiote de fée, n’avait pas l’intention de me jeter un sort. Elle voulait me faire un cadeau. Comme j’avais pleuré désespérément pendant toute la première heure de mon existence, ce furent mes larmes qui lui donnèrent une idée. Hochant la tête et regardant ma mère d’un air compatissant, la fée me toucha le nez. – Mon cadeau sera l’obéissance. Elle sera toujours obéissante. Et maintenant, arrête de pleurer, mon enfant. Je m’arrêtai.” Ce cadeau s’avère être une véritable malédiction pour Ella qui est obligée d’obéir à tout ordre direct, quel que soit la personne qui lui donne, quelles que soient les conséquences.

Tous les ingrédients du conte de fée y sont : la fée marraine, le prince Charm, la marâtre et les méchantes belles-soeurs, le soulier de verre… Toutes les créatures surnaturelles aussi : ogres, centaures, elfes, etc.

Et pourtant, on est ici dans une aventure unique. Ella est courageuse, intelligente, même si un peu désespérée. C’est un beau personnage. Et surtout, j’aime la raison pour laquelle l’auteure a écrit ce livre : à l’occasion d’un atelier d’écriture sur le merveilleux, partie du conte de Cendrillon, elle s’est vite aperçue qu’elle n’aurait pas beaucoup d’affinités avec ce personnage sans défaut, imperméable à toute mauvaise pensée. C’est ainsi que Cendrillon est devenue gentille par obligation… et donc rebelle (source). Vous imaginez que ça a plu à mon côté féministe.

Bref, un régal à découvrir dès 10-11 ans, en l’empruntant à la bibliothèque puisqu’il n’est malheureusement plus disponible.