Devenir bibliothécaire

Vous avez un chignon, des lunettes et un chat et vous adorez dire chuuuuut ? Ou alors vous avez lu mon article précédent et vous voulez quand même être bibliothécaires ? Ou alors vous êtes juste curieux ? Aujourd’hui je vais vous parler conditions de travail, recrutement, etc.

Au quotidien, comment on travaille ?

  • Déjà, dans la plupart des cas, on travaille du mardi au samedi, parfois le dimanche, parfois tard en soirée.
  • On passe beaucoup de temps sur l’ordinateur, sur des listes de commandes, sur des tableaux Excel… Clairement notre quotidien ressemble plus à ça :

ordinateur

qu’à ça :

source

  • On travaille en équipe, la plupart du temps dans des bureaux communs (à part pour les postes de direction). Nous, à 3, on a un bureau pas fermé de 2 m2 et seulement 2 ordis, mais on est plutôt mal lotis.
  • En jeunesse, les rangements sont prévus pour les enfants. On porte des piles de livres, on se met accroupi pour les ranger, etc. Ca peut sembler anodin mais des collègues en fin de carrière ont du mal. Et quand j’étais enceinte je ne pouvais plus ranger certaines parties de la section.
  • On est polyvalents, on fait souvent des tâches très variées au cours d’une même journée. Et je trouve ça chouette (c’est souvent plus valable dans les petits établissements que dans les gros où les tâches sont parfois plus cloisonnées).
  • On est fonctionnaire. Avec ses gros avantages (sécurité de l’emploi, des congés souvent conséquents) et ses inconvénients (les collègues nuls ont aussi la sécurité de l’emploi, la nécessité de repasser des concours pour évoluer, sauf exceptions, la difficulté à faire bouger les choses, parfois, les petites aberrations de l’administration et de la politique municipale, etc).
  • On doit s’adapter. il y a beaucoup de nouveautés, souvent liés à l’informatique. On a souvent une image assez figée du métier, mais j’espère avoir réussi à vous montrer que ce n’est pas le cas. A titre d’exemple, je ne travaille que depuis 5 ans, mais depuis ont été mis en place à la bibliothèque le prêt de liseuses, le prêt de livres numériques, des ipads avec des applications pour enfants, une page Facebook, et je suis dans une bibliothèque plutot “traditionnelle”. Certains collègues s’occupent de jeux vidéos, de logiciels assez poussés… Outils qu’il faut donc connaître, maitriser dans une certaine mesure, etc. Dans certaines bibliothèques, il y a des automates pour le prêt et le retour des documents. Se lancer maintenant dans une carrière dans les bibliothèques en étant complètement rétif au numérique et à l’informatique me semble un peu compliqué. Des réflexions ont lieu pour faire de la bibliothèque un lieu de plus en plus convivial, moins guindé qu’on ne l’imagine souvent (la notion de troisième lieu était très à la mode quand je préparais les concours).
  • Le métier est souvent moins “pépère” qu’on l’imagine. Après, tout dépend comment on s’investit, mais personnellement j’ai souvent l’impression de courir au boulot !

 

On me demande souvent quels sont les intérêts / inconvénients du métier ?

Là je vais parler de mon point de vue, c’est propre à chacun.

Déjà, j’aime la littérature jeunesse, comme vous pouvez vous en douter. Alors j’adore acheter des livres jeunesse, j’ai toujours un peu l’impression que c’est Noël quand on grosse commande arrive, j’aime en lire, en parler, en conseiller. Mais du coup, je fais une bonne partie de cet aspect du travail en dehors de mes heures : je regarde les nouveautés quand je vais en librairie, je suis des blogs de littérature jeunesse de chez moi, je lis des romans ado pendant mes vacances… Je le fais parce que j’aime, mais en même temps je ne vois pas comment je pourrais faire mon boulot correctement sans ça.

Le boulot en jeunesse est un peu particulier dans l’importance des accueils de groupe mais c’est quelque chose qui moi me plait beaucoup (mais j’ai des collègues qui détestent et qui refusent d’en faire).

C’est un métier de service public, ce qui est à la fois un intérêt majeur (on est en relation avec les gens, et puis pour moi la notion de service public est importante) et parfois un inconvénient : il faut gérer les conflits avec les usagers (et les remarques condescendantes genre “vous êtes payés avec MES impôts” ou “j’ai un vrai travail MOI”) ou entre eux. Actuellement, je passe une bonne partie de mes journées de travail à faire la police et à rappeler le règlement de la bibliothèque à des groupes d’ados. Et alors qu’on imagine une bibliothèque comme un endroit silencieux, moi qui est un bureau ouvert sur l’espace jeunesse, je travaille dans un brouhaha quasi constant.

J’aime la possibilité de monter des projets différents, de pouvoir créer ou développer des fonds, travailler en partenariat avec d’autres professions (enseignants). J’ai la chance d’avoir beaucoup de libertés à ce niveau là. Même si, soyons francs, il faut composer avec une équipe et des budgets limités, et qui sont souvent en baisse ces dernières années. Les municipalités qui investissent vraiment dans la culture ne courent pas les rues…

Petit avantage : on a accès au quotidien à des collections super, on peut emprunter pleins de trucs,réserver les livres avant qu’ils soient mis en rayon, les intercepter au retour…

giphyMes sacs sont souvent un peu lourds quand je rentre du boulot…

Comment devient-on bibliothécaire ?

Là encore, je parlerai des bibliothèques municipales. Les bibliothécaires, quand ils sont titulaires, sont agents de la fonction publique territoriale, c’est-à-dire qu’ils ne dépendent pas de l’état mais le plus souvent d’une ville, parfois d’un département.

Pour cela, il faut passer des concours : celui de l’état pour travailler en bibliothèque universitaire, celui de territorial pour travailler en bibliothèque municipale et un concours spécifique pour travailler dans les bibliothèques de la ville de Paris. Il faut au moins une licence pour obtenir un concours de catégorie A, le bac ou un IUT métiers du livre pour un concours de catégorie B, le brevet ou un BEP ou un CAP pour les concours de catégorie C (sachant qu’en réalité, ceux qui obtiennent les concours ont souvent fait + d’études). Après un concours de catégorie A, il y a une formation à l’ENSSIB (école nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques), les élèves étant rémunérés. Pour en savoir plus sur les différents concours, je vous laisse regarder cette brochure très bien faite.

En bibliothèque municipale, ce qu’il faut savoir c’est que seul le concours de la ville de Paris garantit un poste dans l’année qui suit le concours. Le concours de territorial permet seulement d’être inscrit sur une liste d’aptitude, il faut ensuite chercher un poste. Et si on ne trouve pas de poste en une période donnée, le bénéfice du concours est perdu.

On peut aussi travailler en bibliothèque sans concours, en étant contractuel ou vacataire. Les contrats sont alors plus précaires. Et on trouve en bibliothèque toutes sortes de contrats plus ou moins précaires ou de stages : contrats aidés, services civiques, stages… Pour les obtenir, il faut soit envoyer des candidatures spontanées soit répondre à des offres d’emploi. Biblioemplois recense les offres d’emploi contractuel, le site de l’ENSSIB propose tout type d’offres d’emploi, contractuel ou titulaire.

Les études

Il existe des formations spécialisées : DUT métier du livre, licence pro, master pro… Avec une licence, il est possible de faire le DUT métier du livre en un an au lieu de deux. C’est ce que j’ai fait, après un master de lettres classiques, et ça m’a permis d’avoir les concours de catégorie B dans la foulée. L’Association des Bibliothécaires de France propose une formation en un an. Mais ces études spécialisées, même si elles aident beaucoup, ne sont pas forcément indispensables.

On imagine souvent qu’il faut avoir fait des études littéraires pour travailler en bibliothèque, et c’est vrai que la majorité des bibliothécaire sont issus de filières littéraire ou d’histoire. Mais des profils différents sont appréciés, puisque les fonds sont variés. J’ai des collègues qui ont fait arts du spectacle ou même école de commerce. Certains se sont reconvertis (de l’éducation nationale, ou d’une banque privée…). Donc ne pas se penser exclu si on a fait autre chose que des lettres !

Voilà, je crois que j’ai fait à peu près le tour, n’hésitez pas en commentaire si vous avez des questions plus précises, j’essayerai d’y répondre au mieux ! A Paris, sachez aussi qu’il y a un centre de documentation sur les métiers du livre dans la bibliothèque Buffon et qu’ils ont un fil twitter.

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