le magicien et la puce, portraits

A quelques jours de la rentrée, j’avais envie de dire quelques mots de mes enfants, aujourd’hui. Parce que les choses passent si vite. Que j’aime relire de temps en temps les portraits d’eux que je fais sur le blog. Pour me rappeler, voir à quel point ils changent, tout en restant les mêmes.

La puce a 16 mois. Ses cheveux se sont beaucoup éclaircis pendant les vacances, et lui tombent dans les yeux. Ses yeux ont foncé par contre. Ils seront gris plutôt que bleus. Comme les miens maintenant. Le bout de son nez est tout râpé parce qu’elle a fait des cascades au parc.

Elle est toujours aussi souriante. Quand elle rencontre quelqu’un de nouveau, elle a quelques secondes de timidité, où elle s’accroche à nos jambes, mais ça ne dure pas. Et à partir de ce moment là, elle est souriante, sociable, heureuse quand il y a du monde. Quand on rentre du travail, elle se précipite vers nous, tout sourire. Même chose quand quelqu’un qu’elle aime vient nous voir. Il faut la voir faire la fête à son parrain !

Elle adore manger. Ca fait longtemps qu’elle a décidé qu’elle mangerait comme nous. Il faut la voir se pencher sur sa chaise haute, pour vérifier qu’il y a bien la même chose dans son assiette que dans celle de son frère ! Et le scandale qu’elle fait si ce n’est pas le cas ! Désormais, elle mange seule ou presque. Avec enthousiasme. Aime tout. Tend son assiette en poussant des cris quand elle est vide.

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Elle fonce droit devant. Part à l’aventure. A la plage, alors qu’au même âge son frère n’osait pas poser le pied dans le sable, elle courait droit vers la mer dès qu’on la posait, et se jetait avec enthousiasme dans de l’eau à 20°. Dans la piscine, elle était prête à se jeter dans le grand bain. Chez mon grand-père, l’escalier qui conduit à la piscine a une marche très haute. Sa femme me disait donc “à cet âge on est tranquille, la marche les bloque donc ils ne peuvent pas monter”. Le temps qu’elle ait fini sa phrase, la puce l’avait déjà escaladé.

Elle est bavarde, et les premiers mots commencent à être reconnaissables. Papa, Maman, non (qu’elle dit pour accompagner le signe de la main qu’elle fait depuis plusieurs mois déjà !), encore, doudou, et “bouaf”, intermédiaire de “boire” et “soif” pour réclamer sa tasse d’eau. Elle sait très bien ce qu’elle veut, de toute manière, et sait très bien le faire comprendre. Elle nous dit au revoir de la main quand elle est fatiguée et veut aller dormir., par exemple.

C’est une tête de mule. Et une tragédienne. Quand on lui dit non pour quelque chose, elle se jette par terre en hurlant. Qu’est-ce que ça va donner à 2 ans 1/2 !

Elle voue une véritable passion aux chaussures. Quand on dit qu’on part, elle se précipite vers les chaussures bien rangées dans l’entrée le tas de chaussures et distribue à chacun sa paire. Sinon, ses jeux favoris sont l’établi de son frère, la dinette, les voitures, et tout ce que le magicien a dans les mains. Elle adore la musique, et demande à ce qu’on lui lise en boucle la p’tite bête d’Antonin Louchard.

 

Le magicien a 4 ans. La coupe de cheveux d’un chanteur des années 90. Il est plutôt grand et maigrichon.

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Physiquement, il a pris confiance en lui. Il court, escalade, se baigne… Mais il reste toujours prudent.

Il aime les jeux de construction, les engins de chantier, les camions de pompier. Quand il sera grand, il sera conducteur de camion poubelle de verre (oui, c’est précis). Il aime le rose, ses bottes de princesse.

Il est passionné par les livres. En connait des dizaines par coeur. Passe beaucoup de temps à en regarder tout seul. Demande toujours plus d’histoires. Peut en écouter pendant des heures. Même si elles sont longues, pas évidentes pour son âge. En ce moment, c’est Ponti qui le fascine le plus (“Maman, le château d’Anne Hiversère, je voudrais qu’on le rende jamais à la bibliothèque, je l’aime trop !”).

Il vit dans un monde qui mêle la réalité, son imagination, les livres qu’il écoute et les dessins animés qu’il regarde (Wallace et Gromit, Chuggington et Robocar Poli essentiellement). C’est le bus des poussins, conduit par Blaise le poussin masqué qui l’a emmené à l’école tous les jours au mois de juin. Hier, il ne s’appelait plus le magicien mais Poli, (sa soeur et nous étions le reste de l’équipe de secours), était une voiture et a fait la sieste dans son garage. Après le parc, il fallait vite rentrer pour laver les véhicules (prendre le bain) ! Tout ça donne parfois des discussions cocasses avec des gens qui n’ont pas les références ^^

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Il est curieux de tout. S’intéresse à tous les sujets. Pose des questions (beaucoup). Il est bavard aussi.

Il a du mal à canaliser son énergie. Il passe par des moments où il est épuisé, d’autres où il est zinzin, surexcité. Il teste beaucoup les limites en ce moment, cherche à nous pousser à bout, c’est fatigant, énervant.

Mais il est aussi très câlin. Dit qu’il nous aime. Me dit qu’il veut vivre avec moi pour toujours. Réclame son père quand il travaille. Me fait des “câlins de cheveux”.

 

J’adore les regarder tous les deux. Ca y est, ils ont une vraie relation de fratrie. Faite de dispute, de bagarres, et de jeu dans la main de l’autre qui est forcément le plus intéressant. Mais aussi d’attention, de tendresse, d’échange. Cet été, par exemple, alors que le magicien chahutait avec un de nos amis, il est tombé, s’est fait mal et s’est mis à pleurer. La puce est arrivée en courant, a “grondé” l’ami en question à coup de “dah dah dah” fâchés et s’est précipitée pour aller chercher le doudou de son frère et lui apporter.

Ils se tiennent par la main quand ils se promènent.

Ils sont contents de passer du temps ensemble, content de se retrouver après une séparation. Ils ne dorment bien la nuit que s’ils sont dans la même pièce. Ils commencent à vraiment jouer ensemble.

Le magicien présente la puce d’un fier : “c’est ma petite soeur, La Puce ! Maintenant elle sait marcher toute seule mais elle sait pas encore parler”. Il fait le grand parfois, celui qui sait, celui qui dit les règles.

 

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Petit bilan de lectures d’été

J’avais prévu bien sûr trop de livres à lire cet été, mais j’ai trouvé le temps de lire pas mal finalement (8 romans ado en août !). Je n’aurai jamais le temps de faire un vrai article sur chaque lecture, mais je voulais en parler un peu quand même, donc voilà des mini-chroniques de quelques unes de ces lectures. Un peu de tout les genres, seul point commun : ce sont tous des romans ados ou young adult.

Red rising et Golden son de Pierce Brown (Hachette, 2015 et 2016)

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Dans une société très codifiée, où l’essentiel de la population travaille comme des esclaves pour les Ors, Darrow est un Rouge, un membre de la caste la plus basse. Mais il réussit à infiltrer les Ors et est bien décidé à venger la mort de sa femme, Eo.

De la dystopie young adult très classique : un jeune qui va, à lui seul, remettre en cause l’équilibre d’une société totalitaire. On se croirait parfois dans Hunger Games, avec des jeux cruels à remporter absolument. Une série sans grande originalité donc, mais prenante, sans temps morts, avec des retournements de situation, de nouvelles alliances et des trahisons presque à chaque chapitre… Et qui plaira beaucoup aux amateurs du genre. Le tome trois, Morning star, est sorti en mai.

 

Les mystères de Larispem, 1 : le sang jamais n’oublie de Lucie Pierrat-Pajot (Gallimard, 2016)

mystères de larispemEn 1899 dans la cité-Etat de Larispem (qui s’appelait jadis Paris), les bouchers constituent la caste dominante, Jules Verne le modèle de toute une société et les anciens nobles sont pourchassés, suite à la deuxième révolution. Des festivités sont organisées pour le passage à l’an 1900, mais une société secrète menace la population. On suit Liberté, mécanicienne de génie, Carmine, apprentie bouchère et Nathanaël, orphelin, dans cet univers.

J’ai choisi ce roman parce qu’il a eu le prix du premier roman jeunesse de Gallimard jeunesse, Télérama et RTL, qu’avait eu les fiancés de l’hiver l’année dernière ! Et j’ai adoré l’ambiance rétro-futuriste de ce roman. La description de la capitale, de son fonctionnement, les variations par rapport à l’Histoire, la transformation des bâtiments que l’on connait, une écriture très visuelle. Mais j’ai été un peu frustrée : l’intrigue met du temps pour se mettre en place et… le roman s’achève quand l’action commence vraiment ! Alors je conseillerai vivement ce livre… quand la suite sera sortie !

A noter parce que c’est (trop) rare : une des héroïnes de ce roman est noire.

 

Ma fugue chez moi de Coline Pierré (Rouergue, 2016)

ma fugue chez moiAnouk, 14 ans décide de fuguer. Mais après une demi-journée dans le froid, elle rentre et se cache dans le grenier. Elle va donc vivre dans sa propre maison à l’insu de sa famille, qui la cherche.

Je trouve les photos de couverture des romans du Rouergue très chouettes en ce moment.

J’ai beaucoup aimé le début de ce roman, l’idée de départ et le vécu de cette jeune-fille, entre organisation pratique, sensation de liberté et culpabilité d’entendre sa famille s’inquiéter. J’ai cependant été déçue par la fin, que j’ai trouvé beaucoup trop « facile » et un peu pleine de bons sentiments. J’avais eu un peu la même impression de la folle rencontre de Max et Flora que Coline Pierré a écrit avec Martin Page.

 

Une histoire de sable de Benjamin Desmarès (Rouergue, 2016)

une histoire de sableUne adolescente trainée par ses parents dans une station balnéaire en plein hiver s’apprête à vivre des vacances particulièrement ennuyeuses. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Alain et Bruno, deux jeunes aux prénoms et à l’allure démodée, toujours sur le porche de leur maison.

Là encore, la couverture m’a fait envie ! Et puis j’ai lu deux bonnes critiques dans télérama et chez Bob et Jean-Michel.

Et j’ai été assez emballée par ce titre. Par cette adolescente qui a bien du mal à gérer ses émotions, qui rejaillissent sur son entourage mais aussi sur le décor qui l’entoure. Par le mystère qui s’invite peu à peu dans l’histoire. Par le côté fantastique jamais lourd. Par le fait que le roman prenne son temps (après tout, qu’y a-t-il d’autre à faire, au bord de la mer en plein hiver, que de compter les grains de sable ?), garde une part de mystère. La chute qui a en partie heurté mon côté féministe (je ne peux pas en dire plus sans trop dévoiler de l’intrigue) n’a pas gâché une impression de lecture extrêmement positive.

 

De chouettes lectures, donc ! Je suis contente d’avoir réussi à me remettre à lire, et j’espère bien continuer et trouver le temps de vous en parler ! Les chroniques de romans seront donc peut être un peu plus nombreuses dans les temps qui viennent…