Lectures d’été

Récemment (enfin presque), sur instagram, @annelefevre me demandait une liste de livre à lire sur la plage. J’étais un peu embêtée. Déjà parce que 90% de mes lectures sont des romans pour ados et même si je milite pour en faire lire aussi aux adultes, je ne les conseille pas de la même manière. Et puis parce que j’ai très très peu lu cette année, et que j’ai donc peu de livres “validés” à conseiller.

En revanche, j’ai… quelques envies de lecture pour moi.

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Comment ça c’est trop pour 15 jours de vacances en famille ?

Alors j’ai décidé de faire un article mélangeant conseils à partir de mes lectures mais aussi à partir de mes envies ! Allons-y par genre.

Littérature générale

J’aime beaucoup, en ce moment, ce que fait la collection X’ de chez Sarbacane. C’est une collection pour (grands) ados, mais j’y pioche souvent aussi dans mes conseils pour les adultes. J’ai eu récemment un gros coup de coeur pour Dysfonctionnelle d’Axl Cendres. C’est à la fois complètement loufoque et réaliste. A la fois hilarant et triste. A la fois léger et grave. Doux-amer. Sans que l’un l’emporte sur l’autre. Et sans jamais que ça paraisse fabriqué. (oui, je m’autocite. C’est pour avoir une chance de publier cet article avant de partir).

J’ai adoré le premier roman que j’ai lu de Marion Brunet aussi, Frangine. J’avais adoré la délicatesse de son écriture et sa manière d’aborder avec tact un sujet d’actualité sensible. Et pour les vacances j’ai craqué pour son dernier, dans le désordre. L’histoire d’une bande de jeunes gens engagés, entre manifs et vie en squat. Une histoire d’engagement et une histoire d’amour. Là encore, on retrouve une actualité brulante, je trouve.

dans le désordre

Et toujours dans les “envies” dans cette collection, je ne vous ai pas encore parlé des petites reines de Clémentine Beauvais, mais j’ai beaucoup aimé, et j’attends avec impatience son roman qui sort fin août, songe à la douceur, écrit uniquement en vers.

Fantasy

Que celles et ceux qui ne l’ont pas encore lu se réjouissent, ils vont découvrir un bijou. La série la passe-miroir de Christelle Dabos.

fiancés de l(hiver Dabos

J’ai lu le tome 2 récemment, et comme pour le tome 1, j’ai été emportée, j’ai vibré, je l’ai dévoré et j’attends avec la plus grande impatience le tome 3.

Je l’ai fait lire à des ados, à des adultes, à des gens qui n’aiment pas la fantasy… Tous l’ont adoré. Lancez-vous sans crainte !!

Je l’ai découvert dans un article de télérama, parce qu’il avait gagné le concours du Premier Roman Jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL. Du coup, j’ai prévu de lire cet été le gagnant de l’édition suivante, les mystères de larispem de Lucie Pierrat-Pajot, dont l’ambiance rétro-futuriste m’attire beaucoup.

mystères de larispem

Science-fiction

J’en lis peu. Je peux cependant vous conseiller deux livres dans des univers très différents.

Silo de Hugh Howey. ““Dans un futur postapocalyptique indeterminé, une communauté d’hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l’athmosphère y est désormais irrespirable”. J’ai prévu de lire le tome 3 cet été, n’hésitez pas à vous lancer dans cette trilogie très prenante. Si vous aimez les pavés (chaque tome fait au moins 600 pages).

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, dont la lecture m’a beaucoup marqué. Deux savants ont mis au point un traitement qui décuple l’intelligence, ils le testent sur une souris, Algernon. Devant le succès, ils décident d’appliquer leur découverte sur Charlie Gordon, handicapé mental. L’opération ne va pas le rendre subitement intelligent, mais va lui permettre de progresser, d’apprendre très rapidement. Et il va écrire son journal.

Policier

Bizarrement, rien de prévu dans ce genre là, alors que j’en ai lu énormément à une époque. Sans doute parce que mon père n’est plus là pour m’en conseiller. Mais je sais que si j’ai envie de polar prenant et vite lu, je pioche chez Michael Connelly. Et si j’ai envie de quelque chose de plus profond/riche, je pioche chez Dennis Lehane. Actuellement, j’ai très envie de relire un dernier verre avant la guerre et le reste de la série où enquêtent Kenzie et Gennaro, que j’ai lu ado.

Essai

Là, c’est le côté féministe qui ressort !

Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés : “Chaque femme porte en elle une force naturelle, instinctive, riche de dons créateurs et d’un savoir immémorial. Mais la société et la culture ont trop souvent muselé cette « Femme sauvage », afin de la faire entrer dans le moule réducteur des rôles assignés. Psychanalyste et conteuse, fascinée par les mythes et les légendes, auteur également du Jardinier de l’éden, Clarissa Pinkola Estés nous propose de retrouver cette part enfouie, pleine de vitalité et de générosité, vibrante, donneuse de vie.”

C’est un cadeau qui m’a beaucoup touché, et le fait qu’elle raconte et analyse de nombreux contes m’attire énormément. Je ne suis pas certaine d’adhérer à tout, mais j’ai hâte de m’y plonger.

Les mots des mères du XVIIe siècle à nos jours d’Yvonne Knibiehler et Martine Sagaert, je l’ai bien sûr acheté en pensant à Maternités Féministes. J’aime l’idée qu’on s’intéresse à ce que les femmes ont écrit sur la maternité et qu’elles s’intéressent à l’époque contemporaine et pas seulement à l’histoire. Je sens que ce livre va beaucoup m’enrichir.

Bonne lecture ! Moi si j’arrive à en lire 3 je serai déjà contente !!!

Les boîtes des papas d’Alain Le Saux

J’ai du mal à trouver vraiment le chemin du blog en ce moment. Déjà parce que je manque de temps, mais aussi parce que j’ai plein d’idées, mais des bribes, des bouts d’articles, rien de complet, rien qui ne me donne envie de le publier.

Alors je me suis dit que j’allais revenir aux bases, avec des albums pour les tout-petits dont je ne comprends pas pourquoi je ne vous en ai pas parlé plus tôt : les boîtes des papas d’Alain Le Saux. Ce sont des livres cultes chez nous. De ceux qu’on aime tellement qu’on achète toute la série, de ceux qu’on offre en cadeau de naissance, de ceux qu’on lit en boucle, et que le grand frère montre à sa petite soeur. A une période, le magicien les réclamait avant de se coucher et dormait avec. Il les sortait tous des boîtes et on le retrouvait enseveli sous les livres !

Ce sont des incontournables pour moi au boulot aussi : j’en sors toujours deux ou trois quand on fait un accueil pour les tout-petits à la bibliothèque.

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Il y a donc 4 boîtes, composées de 4 livres chacune. Ces livres ont d’abord été publiés en grand format, si vous en avez gardez les précieusement, ils ne sont plus disponibles comme ça. Mais je suis aussi conquise par le petit format : ils sont ainsi facilement manipulables par les tout-petits. Et la boîte fait partie du plaisir ! A l’âge du vider/remplir, sortir de la boite, ouvrir le livre, refermer le livre, le remettre dans la boîte fait partie du plaisir et de la découverte de l’objet-livre. D’ailleurs, on voit bien sur la photo que les boîtes ont vécu !

Et dans chaque livre, un père et son fils dans des actes et des jeux de la vie quotidienne. Des dessins simples, très lisibles, aux couleurs vives, chaque boîte ayant sa couleur. Et dans chaque livre, la même structure grammaticale qui se répète au fil des pages (groupes nominaux avec complément du noms dans un, verbes pronominaux dans un autre…), ce qui crée une unité, un rythme agréable à la lecture, et aide peu à peu les enfants à structurer la langue.

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Si la plupart des images montrent le père et son fils dans une situation de jeu, la variété des situations, les quelques cas qui montrent le père faire des tâches ménagères évitent de tomber dans le sexisme et la caricature.

Tout est montré du point de vue du fils : c’est lui le narrateur, et on voit son père, immense, à travers ses yeux. Cette exagération est à la fois drôle et je pense assez juste, par rapport au fait que tout paraît surdimensionné aux enfants petits.

 

J’aime ces livres entre autres parce que l’auteur y intègre une bonne dose d’humour. Après quelques heures à la plage, “papa est rouge”. Et la succession de certaines scène prend tout son sens…

 

Et visiblement, Alain Le Saux trouve qu’être père, c’est très fatigant ! (mais il se fait peut être des illusions sur la possibilité de dormir quand on est parent…)

Mais son fils est là pour le rappeler à l’ordre !

En un mot, un indispensable de notre bibliothèque, et je suis sûre que vos petits seront conquis aussi !