La folie des grandeurs

Quand je vais au salon du livre jeunesse de Montreuil, je fais toujours un tour sur le stand de Minedition parce que j’adore écouter l’éditeur me raconter des histoires, il est juste absolument passionnant. Et je découvre toujours des pépites.

Cette année, mon coup de coeur c’est la folie des grandeurs de Kathrin Schärer. Coup de coeur dès la couverture, et l’intérieur ne m’a pas déçue !

folie des grandeurs

Léa est une petite souris qui aime les choses immenses : “les peluches plus grandes qu’elles, les affiches aussi immenses que le mur lui-même, les glaces tellement grandes qu’elles montent presque jusqu’au ciel…”

Alors quand elle découvre dans un livre que pour faire grandir les plantes, il suffit de les planter et de les arroser, elle se dit qu’elle tient un truc ! Il suffit de planter et d’arroser toutes ses affaires…

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(et si je vous dit que Léa a toujours rêvé d’avoir un GRAND frère…).

Une héroïne très attachante, un univers et des idées décalées (mais en même temps, je trouve qu’on y retrouve bien les idées folles que peuvent parfois avoir les enfants et auxquelles ils croient de toute leur force).

Une grande tendresse dans l’illustration.

Et puis, et ça plait à mon côté féministe, une petite fille déterminée, qui ne se décourage pas quand elle constate l’échec de son idée, mais rebondit sur autre chose, et n’hésite pas à s’emparer d’une scie, de clous et d’un marteau pour concrétiser son rêve !

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Le magicien a eu aussi un gros coup de coeur pour cette histoire (il faut dire qu’il adore les glaces géantes), et en particulier pour la dernière page, qui se déplie en ‘très grand’, comme Léa aime. Au point, souvent, de dormir avec le livre ouvert à côté de lui dans son lit. Avec la page dépliée, le livre est presque aussi grand que lui !

 

La naissance de la puce

Cet article, je l’ai écrit en juin dernier, puis il était resté dans mes brouillons. Je m’interrogeais sur la partie d’intime que j’avais envie de publier sur ce blog, sans trouver de réponse. Mais en ce moment, nous réfléchissons à la grossesse et à l’accouchement pour Maternités Féministes, j’ai passé la soirée d’hier à une conférence sur l’accouchement respecté. J’ai eu envie de relire cet article pour moi. Et finalement de le partager ici.

Mon accouchement a été à la fois très similaire à la naissance du magicien et pourtant différent.

Comme pour le magicien, j’ai perdu les eaux avant le début du travail, à la maison, à minuit 1/2. Ce qui nous a laissé le temps de prévenir un ami pour qu’il vienne garder le magicien et de nous mettre en route. Comme pour le magicien, nous avons pris le métro pour aller à la maternité, les contractions commençaient “tranquillement”. L’amoureux, un peu stressé, m’a fait courir dans les escaliers pour attraper le métro qu’on entendait arriver ! A peine arrivés à la maternité, le travail se met en place, là encore comme pour le magicien. Nous retrouvons la sage-femme qui m’avait accueillie lors de ma visite en urgence pour contractions prématurées.

Je m’étais dit que si l’accouchement était relativement rapide, j’accoucherai sans péridurale. La naissance du magicien m’avait montré que j’en étais capable et j’avais apprécié, après la naissance, d’être mobile, de pouvoir me lever, porter mon bébé, descendre dans ma chambre en marchant. Je dis donc à la sage femme que j’aimerais essayer de me passer de péridurale. Elle m’installe en salle de naissance. Elle m’avait dit “vous saurez que le travail a vraiment commencé quand vous vous direz : “je ne me souvenais pas que c’était aussi intense”. Pas de doute on y est. Les contractions sont régulières et douloureuses, mais ça se passe plutôt bien. On ricane avec Paul, qui a très envie de me faire essayer les différents “coussins de gym” sur lesquels je pourrais m’installer.

A ce moment là, je suis une pub pour les mamans bobo-bio qui accouchent sans péridurale. Ca fait mal, mais je gère les contractions debout ou sur le ballon, en me raccrochant à mes exercices de respiration, de prolongement, de sophrologie. Paul me masse le bas du dos, je suis heureuse qu’on soit tous les deux. Je réalise pleinement ce qui se passe, que ma fille sera bientôt là. Je me sens forte et capable. La sage-femme passe nous voir régulièrement, m’encourage.

Et d’un coup, le travail s’intensifie encore. Là, je perds pied. La maman bobo-bio parfaite se transforme en petite chose gémissante, allongée sur le lit, incapable de bouger, avec l’impression que je serai incapable de supporter encore une contraction. Paul fait tout ce qu’il peut pour me soulager, c’est-à-dire pas grand chose. La sage-femme restera avec moi à partir de ce moment là jusqu’à la naissance. Elle m’encourage, me dit que je vais réussir sans lorsque je parle de péridurale, m’examine et m’assure que le travail avance bien (sans me donner de chiffre).

Je ne vais pas mentir, à ce moment là je regrette amèrement mon choix d’accouchement sans péridurale. J’ai eu l’impression que cette seconde phase durait aussi longtemps que la première, mais Paul m’a assuré que c’était loin d’être le cas.

La puce arrive finalement. Je m’installe en position semi-assise, comme pour le magicien. La sage-femme me dit de pousser si j’en ressens le besoin. Ce n’est pas vraiment le cas, mais je pousse quand même, en me disant que j’en peux plus et que je veux qu’elle sorte vite. Ca mettra quand même un peu de temps. La demoiselle a décidé de se mettre dans une position bizarre. Elle nait en regardant vers les étoiles, un bras derrière le dos. Du coup je dois pousser un peu plus longtemps que le magicien qui était sorti très vite.

Et puis en une seconde, elle est là, posée sur moi. Et un flot d’émotions m’envahit. Même si l’accouchement a été presque aussi rapide que pour le magicien, puisqu’elle est née à 4h04, cette fois, j’ai vraiment eu le temps de réaliser ce qui se passait, de me préparer à l’accueillir. Elle est belle et elle va très bien. Ce n’est pas la crevette à laquelle nous nous attendions, après cette grossesse un peu compliquée, mais un beau bébé de 3,4kg. Elle me regarde, je la regarde, Paul est là et c’est le bonheur.

Mais cette bulle ne dure pas bien longtemps. Alors que la naissance a eu lieu dans le calme, d’un coup tout s’agite. Je perds pas mal de sang et la sage-femme s’inquiète de l’état de mon périnée. Rapidement, la salle se remplit : un gynéco, un anesthésiste, une autre sage-femme… Un peu difficile ! Mais un gynéco qui prend le temps de m’anesthésier correctement, contrairement à la première fois, et la sage-femme m’aide jusqu’au bout.

On peut ensuite enfin prendre un vrai temps à trois. On a envie d’appeler tout le monde pour les prévenir, mais il n’est même pas 6h du matin ! J’attends ça avec impatience, et surtout j’ai hâte que la puce rencontre son grand frère !

Arrive le moment de descendre dans la chambre. On me conseille, trois fois de suite, de descendre en fauteuil roulant. J’ai perdu du sang, je suis un peu faible. Je réponds calmement, mais très décidée, que c’est hors de question. J’ai voulu accoucher sans péridurale pour pouvoir descendre debout dans ma chambre. Ca parait sans doute complètement stupide dit comme ça. Mais je n’ai pas accouché sans péridurale pour vivre un moment mystique (heureusement pour moi, j’aurais été bien déçue), ni parce que je souhaitais à tout prix une naissance physiologique. Mais pour être à peu près opérationnelle après l’accouchement. Alors j’ai serré les dents et je suis descendue en marchant. Et je suis arrivée jusqu’à ma chambre.

Pour être honnête, dans les jours qui ont suivi, j’ai regretté de ne pas avoir demandé de péridurale. Parce que j’ai été marquée par ce moment où j’ai perdu pied et que je n’avais pas l’impression que me passer de péridurale m’avait apporté quelque chose. Puis je me suis peu à peu réconciliée avec cet accouchement. Pendant lequel, finalement, j’ai réussi à ne pas paniquer et à profiter de l’arrivée de ma fille. Où j’ai été pleinement actrice des choses, la sage femme étant seulement là pour m’accompagner.

J’ai à nouveau réalisé ma chance d’accoucher aux Lilas. Dans une maternité où le protocole, sans péridurale, est léger (monitoring du coeur du bébé par intermittence, c’est tout), où on respecte, dans la mesure du possible, l’intimité des femmes qui accouchent. Où la sage-femme a été disponible, encourageante, aidante, jamais jugeante.

C’était il y a un an. La puce a soufflé sa première bougie il y a quelques jours. Et quand je repense à cet accouchement aujourd’hui, c’est sans idéalisation mais avec beaucoup de tendresse.

Martinique au jour le jour #1

Jour 1 :

On a commencé par… la proximité ! Nous logions à côté de Sainte-Luce, dans le Sud de l’île, et on pouvait aller à la plage à pieds ! Nous sommes donc allés plusieurs fois à Anse Corps de Garde et aux différentes plages entre Corps de Garde et Sainte-Luce. Ce ne sont pas forcément les plages les plus photogéniques (quoique), mais à Anse Corps-de-Garde, la plage est bien aménagée, on y découvre la piscine municipale (oui, directement dans la mer), il y a des douches, des sanitaires… Et les petites plages qui longent le chemin qui mène jusqu’à Sainte-Luce sont très charmantes, sous les arbres. On y a souvent été quasi seuls, et les touristes n’y sont pas nombreux.

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L’après-midi, direction Anse-Figuier, un de mes gros coup de coeur de vacances. Probablement parce nous l’avons découverte dans la belle lumière de fin d’après-midi.

 

Jour 2 : direction Anse Dufour et Anse Noire !

Et pour cela, on prend la route touristique. Et on fait des photos de touriste devant le rocher du Diamant !

On fait un petit tour au charmant marché de ce petit village. On en repart avec des fruits, du rhum (comme c’est original…) et de superbes boucles d’oreilles fabriquées avec des graines de l’île.

C’est l’occasion aussi de s’arrêter au Cap 110, mémorial de l’esclavage. Impressionnant, émouvant, important.

On admire les Anses d’Arlet.

Anse Dufour et Anse Noire, ce sont deux plages côte à côte, séparées seulement par un pic de roche, pourtant l’une a du sable blanc, l’autre du sable noir. Ce jour là, nous nous sommes installés à Anse Dufour.

Ces plages sont tout simplement magnifiques. A Anse Dufour, le sable est blanc, la plage est idéal pour faire du snorkeling (regarder les poissons avec masque et tuba quoi). Et on y a vu notre première tortue ! Mais la plage est bâtie (bar, restaurants), et il n’y a pas beaucoup d’ombre (on avait déjà cramé la veille, malgré l’écran total). J’ai encore préféré Anse Noire, plus sauvage (je vous en reparle un peu plus loin, histoire de faire durer le suspens).

En fin d’après-midi, petit tour à Sainte-Luce. Le village est plutôt mignon et la lumière superbe !

 

Jour 3 :

On a bien cramé les jours précédents, donc on se dit que ce jour là, on va éviter la plage. Nous voilà donc partis pour l’habitation Clément. C’est vraiment un lieu très riche : jardin botanique aux multiples espèces de palmier, ancienne usine de rhum, stockage des futs de rhum pour le vieillissement, visite d’une maison créole et espace d’exposition d’art contemporain, avec une expo d’Hervé Télémaque, artiste originaire d’Haïti. Et on finit (bien sûr) par une généreuse dégustation de rhum Clément (et quelques achats… hum hum…).

Seul défaut à cette visite : l’histoire de l’esclavage qui est quasiment complètement occultée. L’histoire de “la famille Clément” commence opportunément au XIXe siècle après l’abolition, et on ne trouve presque rien sur le sujet pendant la visite…

On rentre ensuite rapidement pour tenter de faire faire la sieste aux enfants, puis à nouveau plage à côté de la maison en fin d’aprèm !

 

Martinique

Mi-mars, un soir, ma mère m’appelle. Elle nous propose des vacances en famille pour mes 30 ans : et si nous partions tous ensemble 10 jours… en Martinique ?

Autant vous dire qu’on n’a pas hésité sur la réponse !

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Et quand on dit “en famille”, ce n’était pas à moitié puisque nous sommes partis à 11 : l’amoureux et les enfants, bien sûr, et puis ma mère, mon beau-père, mes deux frères, mes deux belles soeurs et une cousine !

Du coup c’était déplacement en convoi (3 voitures de loc’), grande tablée, pas de resto mais pique-nique et salade dans la glacière, bébé qui passe de bras en bras (et qui adore ça), sieste des enfants sautée un peu trop souvent…

On a eu un rythme beaucoup moins intensif que nous en avions l’habitude quand on voyageait en amoureux. On a surtout visité… les plages ! On était rentrés à 18h tous les jours (de toute façon, il fait nuit noire avant 19h), on a passé des aprèm “sieste” à la maison… Mais l’avantage du décalage horaire, c’est qu’on était levés à l’aube, et souvent partis à 8h !

Et on a pu constater encore une fois que les vacances font grandir les enfants. Le magicien, un peu trouillard les premiers jours, s’est peu à peu enhardi dans l’eau. Et la puce s’est métamorphosée. Elle qui commençait à peine à tenir debout se déplace désormais sans souci le long des meubles et a mis en place la technique du “petit gorille” (à quatre pattes mais sur les pieds jambes tendues et pas sur les genoux). Elle a A-DO-RE la plage, le sable, l’eau. Elle a décidé qu’elle était prête pour le sevrage (un peu plus tôt que ce que j’avais prévu, mais finalement ça me va bien !). Et depuis qu’on est rentré, elle dort la nuit ! (je touche du bois pour que ça continue).

La toute dernière tétée de la puce, sur la plage ! Et une piscine creusée dans le sable.

Moi ces vacances m’ont fait un bien fou. Profiter du soleil, bronzer, avoir bonne mine pour une fois. Pouvoir passer un peu le relai. Profiter de ma maman, de mes frères… Ca faisait longtemps qu’on n’était pas restés ensemble longtemps comme ça !

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J’ai adoré la Martinique. Mais j’ai conscience d’être restée un peu “en surface” : quand on voyage en groupe comme ça, difficile de vraiment rencontrer des gens, par exemple. On ne se sent pas sur une “île à touristes” (il n’y a pas que des blancs sur la plage, par exemple). Comme à la Réunion où j’ai eu la chance d’aller il y a quelques années, j’ai adoré le mélange de dépaysement total et de repères habituels (les administrations françaises, les produits qu’on trouve au supermarché, etc). J’ai trouvé les paysages magnifiques. C’est une île très construite (qui ne donne pas l’effet “on est seuls au monde” qu’on peut vivre au Seychelles par exemple) mais je crois que je préfère ça finalement. Les jardins, les fleurs sont magnifiques. Je suis tombée amoureuse des bougainvilliers.

Je vous montre ?

Maternités féministes

Je parle peu de féminisme sur ce blog. Mais celles et ceux qui me connaissent ou me suivent sur Fille d’Album savent que je le suis et que je m’intéresse en particulier au féminisme en ce qui concerne la maternité, le partage des tâches éducatives, l’éducation non genrée…

Il y a quelques temps, je postais ça sur twitter : “Et sinon, j’avais envie de lancer un projet sur la maternité et l’éducation d’un point de vue féministe. L’idée ne serait pas de faire de la théorie mais de parler du concret, de comment on s’y prend au quotidien en tant que féministe. Est-ce que certaines d’entre vous seraient partantes pour participer ?”.

J’avais posté ça sans vraiment y réfléchir ou le conceptualiser, sans savoir ce que ça allait donner. Je pensais à peut être quelques articles à publier ici… Et en fait j’ai eu plein de réponses. Des réponses enthousiastes. Et ça a été une belle émulation. Alors on a créé un blog consacré à ce projet.

Il est là  : Maternités féministes

Et j’en suis drôlement fière. Le Manifeste du blog est à mes yeux un petit bijou.

Il y a un compte twitter associé aussi, qui donne la parole à des mères féministes, lance des débats, des échanges… C’est @MereFeministe et ça s’annonce passionnant.

Si ça vous dit, n’hésitez pas à nous y rejoindre !

 

Alors ces derniers temps, j’ai consacré pas mal de temps à ce nouveau projet. Et je suis un peu dispersée, sur internet, entre Twitter, instagram, Fille d’Album, etc.  Mais je n’oublie pas ce blog. Mes envies d’article s’empilent, les livres dont j’ai envie de vous parler aussi. Alors promis, je reviens très vite !