Les fiancés de l’hiver

J’ai découvert Christelle Dabos et “les fiancés de l’hiver”, premier volume de la série la passe-miroir publiée chez Gallimard Jeunesse avec cet entretien dans télérama pour le prix du roman jeunesse et cet article de Fantasia m’a encore plus donné envie de lire ce livre. Du coup quand on a reçu ce livre à la bibliothèque (oui, un an après sa publication, faut pas être trop pressé quand tu attends un titre précis à Paris) je suis partie avec le jour même.

Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

Et j’ai dévoré les 500 pages en un week end. Moi qui comptait profiter de l’absence de mon fils un week end pour me coucher tôt et faire la grasse mat’, j’ai lu jusqu’à 1h30 du matin et je me suis précipité sur le livre en me reveillant, ce qui fait que je l’ai dévoré en moins de 12h ! Ce livre n’est pas un “simple” page turner, c’esrt un vrai coup de coeur.

Et je suis en ce moment face à un dilemme : j’ai très envie de vous parler de ce roman pour vous en dire énormément de bien mais je ne sais pas très bien comment m’y prendre, parce que j’ai peur de ne pas lui faire honneur.

Alors je vais commencer par vous faire lire le premier paragraphe :

On dit souvent des vieilles demeures qu’elles ont une âme. Sur Anima, l’arche où les objets prennent vie, les vieilles demeures ont surtout tendance à développer un abominable caractère.
Le bâtiment des archives familiales, par exemple, était continuellement de mauvaise humeur. Il passait ses journées à craqueler, à grincer, à fuir et à souffler pour exprimer son mécontentement. Il n’aimait pas les courants d’air qui faisaient claquer les portes mal fermées en été. Il n’aimait pas les pluies qui encrassaient sa gouttière en automne. Il n’aimait pas l’humidité qui infiltrait ses murs en hiver. Il n’aimait pas les mauvaises herbes qui revenaient envahir sa cour chaque printemps.
Mais par dessus tout, le bâtiment des Archives n’aimait pas les visiteurs qui ne respectaient pas les horaires d’ouvertures.

Je ne sais pas vous, mais moi, rien qu’en lisant ce paragraphe et le reste du premier chapitre, j’étais déjà sous le charme.

Mais revenons au résumé : Ophélie a deux dons : elle peut lire le passé des objets en les touchant (elle est donc ce qu’on apelle une liseuse) et elle peut se téléporter en passant à travers les miroirs. Elle est fiancée contre son gré à Thorn, un homme particulièrement antipathique, qui vit sur une autre arche, et elle doit quitter sa famille pour le suivre.

Ophélie est une héroïne particulièrement attachante, parce qu’elle ne cherche pas à être séduisante. Elle cherche à être libre, à comprendre ce qui se passe autour d’elle, puis tout simplement à survivre dans un univers hostile et dont elle ne maîtrise pas les codes. Elle est opiniâtre voire tétue. Elle est aussi particulièrement maladroite suite à un accident de miroir :

« Je suis demeurée coincée dans deux endroits en même temps, plusieurs heures durant, murmura Ophélie. Mon corps ne m’obéit plus aussi fidèlement depuis ce jour. J’ai subi une rééducation, mais le médecin avait prévu qu’il me resterait quelques séquelles. Des décalages. »

L’auteure en parle ainsi : “j’ai voulu qu’Ophélie leur ressemble (aux héroïnes de Miyazaki) : quelconque, renfermée, apeurée et fascinée par son destin, mais jamais très expansive”. Elle m’a particulièrement plu.

Le livre est écrit de son point de vue. On découvre sa nouvelle vie, les pièges que renferment la citacielle et l’entourrage de son futur mari en même temps qu’elle. Alors qu’elle vivait dans une société relativement simple, elle doit comprendre le fonctionnement d’une société de cour. Et celà alors que son seul allié, son fiancé Thorn, est froid, sec et méprisant (au départ du moins) et semble detesté par tous : son peuple, sa famille…

L’autre point fort de ce livre à mes yeux, c’est l’univers créé par Christelle Dabos. Les arches qui proposent chacune un univers unique, reliées entre elles par des dirigeables. A la citacielle, capitale du pôle où Ophélie doit suivre Thorn, tout est faux-semblants, avec son architecture magique et ses mirages. Christelle Dabos a un vrai talent pour décrire ce monde, et donner à une intrigue somme toute classique (un couple qui se deteste, mais peut être que…, des pouvoirs magiques différents selon les familles, la découverte d’une société de cour inconnue avec ses pièges) un côté unique.

J’attends donc avec impatience le deuxième tome, qui devrait être publié avant la fin de l’année. Et je vais vivement conseiller ce roman aux ados bon lecteurs, dès 13 ans (et aux adultes, aussi, au passage !).

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4 thoughts on “Les fiancés de l’hiver

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