Le magicien, son super papa et moi !

Je vous parle souvent de la super relation entre le magicien et son papa. Un papa qui s’en occupe autant que moi, au quotidien. Qui s’en est occupé 3 jours par semaine pendant près de 2 ans, et qui conserve, avec notre nouvelle organisation, sa journée en tête à tête avec son fils pendant que je travaille.

J’avais consacré un article au magicien et de son papa il y a longtemps. Les choses ont bien changé depuis…

Aujourd’hui, c’est lui qui prend la parole sur le blog et qui vous parle de son quotidien de papa :

Le magicien, son super papa et moi !

“J’avais 28 ans, jeune marié, installé depuis peu avec ma femme, et c’est arrivé, un peu par surprise, une bonne surprise! J’y pensais, mais je ne m’y étais pas vraiment préparé, mais finalement on n’est jamais vraiment prêt. Et je suis devenu papa, pour mon plus grand bonheur.

Je me suis toujours imaginé dans le rôle de père, ce que je ferais, ce que je ne ferais pas, j’y avais souvent pensé. Je voulais m’occuper de mes enfants, les voir grandir, participer pleinement à leur quotidien. Et c’est ce que je fais aujourd’hui.

J’ai la chance, la volonté et l’énergie (car il en faut) de travailler trois jours par semaine (12h chaque jour tout de même). Ainsi je peux m’occuper de mon fils les trois jours suivants pendant que ma femme travaille. Grâce à cette organisation nous avons pu tous les deux profiter de notre fils sans autre moyen de garde pendant les deux premières années de sa vie.

C’était vraiment une expérience géniale. J’ai pu vivre à 100% ma nouvelle situation de père. Pour moi c’est normal, mais a priori ce n’est pas le cas pour tout le monde. J’ai ressenti, au travers du regard des autres, que ma situation n’était pas “naturelle”. Souvent j’ai trouvé les réactions positives mais pas tout le temps…

Tout d’abord les réactions positives :

La fierté et l’admiration de la part des membres de ma famille. Le magicien est le premier d’une nouvelle génération. Mes parents sont fiers que je m’occupe de mon fils. Dans la théorie ils ont toujours eu un discours progressiste, et trouvaient ça normal que chacun des parents puisse s’occuper des enfants. Mais dans la pratique ma mère était femme au foyer à s’occuper des enfants pendant que mon père travaillait. Même mes grands-parents, qui sont pourtant ultra traditionnels, acceptent bien la situation et ont plus tendance à faire des compliments.

La reconnaissance quand je me promène au quotidien, de la part des passants, dans le métro, dans les magasins, dans les lieux d’accueil parents enfants. J’ai l’impression que c’est bien vu aujourd’hui d’être un père qui s’occupe de ses enfants. J’ai l’impression d’être un peu “extraordinaire”.

Il y a cependant des côtés négatifs : L’incompréhension et la remise en cause.

De mon milieu professionnel (très majoritairement jeune et féminin). Mes collègues ne comprennent pas ma situation. Elles n’arrivent pas à imaginer que ce soit mon rôle, que je fasse ça par choix. Ce sont pourtant des jeunes femmes, entre 25 et 45 ans, qui travaillent. Elles ont vraiment une vision “basique/classique” des choses. Pour elles je le fais par contrainte, ce n’est pas à moi de le faire…

L’incapacité à concevoir que je sois capable, au même titre qu’une femme, d’élever un enfant. À la crèche la directrice fait deux visites différente pour ma femme et pour moi. Pour moi elle me dit « alors ça c’est les jeux, ils peuvent jouer ici », « ça c’est les lits, c’est pour dormir », « là c’est des petits toilettes pour faire pipi… ». Merci je ne savais pas que mon fils dormait dans un lit et jouait avec des jouets… Et 30mn après ma femme arrive, et comme par hasard c’est une visite tout à fait différente qui commence. Elle explique le projet, l’utilité de chaque type de jeu etc… C’est vrai que moi je suis qu’un papa, je suis un peu con… Et je ne vous raconte pas quand je vais dans un magasin d’habits … Alors ça c’est un body on le met sur la couche … J’ai vraiment l’impression d’être un demeuré … C’est comme si les femmes ne pouvaient pas concevoir que je puisse être leur égal pour s’occuper d’un enfant … Même en lieu d’accueil parent enfant j’ai la désagréable impression d’être instrumentalisé. Je fréquente pourtant un centre social qui prône l’égalité homme/femme. On ne cherche pas à savoir ou à comprendre ma vision des choses ou m’impliquer, on cherche plus à se servir de moi comme exemple, me prendre en photo pour les prospectus etc…

Mon expérience de père est très agréable et gratifiante pour tout ce qui est vie du quotidien et activités occupationnelles. Je ressens vraiment de la reconnaissance et de l’admiration dans le regard des gens, et dans leurs remarques. Cependant j’ai du mal à me sentir à l’aise, intégré et accepté dans la gestion du quotidien, particulièrement par le milieu féminin. J’ai toujours cette impression désagréable que je ne pourrais jamais être aussi compétent qu’une femme pour m’occuper de mon enfant. Après je ne me vexe pas. Je pense que la majorité des papas ne sont pas à l’aise pour acheter des habits à leurs enfants, et qu’ils sont moins impliqués que moi dans la gestion du quotidien. Face à cela je peux comprendre que les professionnels évoluant dans le milieu de la petite enfance aient l’habitude d’adapter leur attitude et leur discours en fonction de leur interlocuteur (père ou mère).

D’un point de vue personnel je suis tout de même un père vraiment comblé et j’espère pouvoir revivre la même chose pour mon prochain enfant !”

Le magicien, son super papa et moi !

Comme c’est mon blog, je me permets quand même de blablater un peu, histoire de rendre encore plus long cet article !

Au sein de notre famille, cette organisation me parait complètement naturelle et évidente. Les quelques difficultés que j’avais à lâcher prise au début sont complètement oubliées. Je trouve nos manières de faire très complémentaires, lui plutôt instinctif, moi qui ai parfois besoin de chercher, de théoriser, de lire sur ma manière de faire. Le magicien s’y retrouve parfaitement et a l’air très heureux. Et on constate que pour les questions du quotidien, il s’adressera à l’un ou à l’autre sans dinstinction, selon son humeur du moment. Une petite anecdote : un jour, je lui demande, devant mon père, s’il veut que ce soit papa ou maman qui lui change sa couche. Il répond “papa!”. Mon père était super surpris, persuadé que pour ce genre de chose il allait spontanément s’adresser à moi !

De mon côté, quand les gens réalisent que mon amoureux est aussi impliqué que moi dans l’éducation du magicien, la réaction est quasiment unanime : “comme tu as de la chance !”. Réaction qui a tendance à m’énerver. Parce que ok, statistiquement, j’ai de la chance : alors que les femmes se tapent en moyenne 80% des tâches ménagères et l’essentiel de l’éducation des enfants, je ne m’en occupe qu’à 50%. Mais personnellement je refuse de me dire que je suis “chanceuse”. Déjà, parce que je trouve ça normal. Ensuite, parce que je considère que c’est du à des convictions et à des choix (non, je n’aurais pas fait un enfant avec un homme qui considère comme normal que je m’en occupe). Et surtout, parce que JAMAIS personne n’a dit à mon mari : “ta femme s’occupe de ton fils 3 jours par semaine ? Comme tu as de la chance !”.

Et je me demande comment font ces mères qui gèrent tout. Mères célibataires ou mères dont les maris consentent à leur donner un coup de main une fois de temps en temps. J’ai beau n’avoir qu’un enfant, n’en faire que la moitié, je trouve cela épanouissant mais aussi complètement épuisant. Comment font-elles ? Comment ça se fait que moi, je n’en sois pas capable ?

Une chose parfois lourde à porter, c’est que quelque soit l’implication de mon mari, c’est moi, en tant que mère, qui suis considérée comme responsable de l’éducation de notre enfant. Je sais que si un jour il y a un problème, c’est d’abord à moi qu’on le repprochera. Parce que c’est la mère qui est considérée comme responsable des enfants. Pour le moment, ce n’est qu’anecdotique : le jour où un ami nous a dit que notre décision commune de ne pas le laisser pleurer pour s’endormir était une faiblesse de MA part parce que j’étais trop sensible. Le jour où la directrice de la crèche (oui, la même), m’a proposé de décaler la date de l’inscription en collectivité parce que j’avais dit que le jour qu’elle me proposait, c’est mon mari qui serait disponible (bah oui, signer un papier, c’est au-delà de ses compétences…). Mais même si le jour où il y aura un problème, nous affronterons la chose ensemble, mon mari et moi, c’est moi qui en porterai la responsabilité face aux regards extérieurs.

Mais je ne veux pas finir sur le côté sombre. Déjà, parce qu’on essaye généralement d’en rire (il vous a épargné la réflexion d’un des médecins avec qui il travaille quand il a dit qu’il voulait aménager son temps de travail pour être avec son fils qui figure pourtant dans mon anthologie perso des réflexions les plus connes : “tu veux t’occuper de ton fils ? Mais pourquoi ? A cet âge là, il s’en souviendra pas, ça sert à rien. Et puis ta femme est là pour ça”).

Et puis surtout parce que le quotidien est chouette. Quand nous aurons un deuxième enfant, Paul essayera de prendre un congé parental de 6 mois. Parce que pour le magicen, c’est mois qui avait arrêté quelques mois, et même si j’en ai été ravie, je n’ai pas envie, cette fois, de me couper aussi longtemps de mon boulot. Et Paul, je crois, a été un peu frustré de devoir retravailler alors que le magicien était tout petit. Il aime pouponner plus que moi ! Un nouvel équilibre à trouver, mais toujours avec cette volonté d’élever nos enfants ensemble, en s’y investissant autant l’un que l’autre.

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