Le magicien grandit

J’ai relu tout à l’heure le portrait que j’avais fait du magicien pour ses 2 ans. Et ca n’a fait que confirmer mon impression du moment : le magicien grandit à toute vitesse en ce moment. Les dernières traces du bébé s’effacent et il devient vraiment un petit garçon.

D’ailleurs, c’est quelque chose qu’il revendique haut et fort. “Je suis grand”. “Je suis un garçon”. Par exemple le lendemain du jour où on lui a dit qu’il pourrait tenir la laisse du chien quand il serait grand, il a affirmé “je suis grand aujourd’hui je va tenir Georges” (le chien, donc). Ou quand son papa l’appelle son bijou “je ne suis pas un bijou, je suis un garçon”.

On le pousse aussi dans cette direction, plus ou moins consciemment. On voulait passer certaines étapes avant l’arrivée de sa petite sœur, et dans notre discours, désorrmais le bébé, c’est elle.

Il y a les grandes étapes : le magicien est propre depuis quelques semaines, toute la journée. Et est très fier de mettre son slip le matin. Ca s’est fait vraiment facilement.

Il a désormais son lit de grand dans lequel il est si fier de dormir. Le nouveau rituel du soir, avec le livre lu dans son lit. Là encore, la transition a été facile, et pour le moment il ne se relève pas après le coucher.

Il y a la manière de parler qui m’impressionne tous les jours. Le fait qu’il soit capable de tenir une vraie conversation. Qu’il raconte ce qu’il vit à la crèche, avec précision (même si on ne sait pas toujours si cela a eu lieu aujourd’hui ou il y a 15 jours).

Il y a les chansons. Il a toujours adoré en écouter, maintenant il les chante. Il en connaît par cœur plus d’une dizaine et chante souvent quand il est seul, le soir dans son lit par exemple. L’autre jour, il avait repris l’air de la “chanson des cocottes” et inventait des paroles : “c’est la fourmi jaune, qui pond dans la… maison jaune” ! On était impressionnés.

Il y a le fait qu’il commence à identifier et à nommer ses émotions, même si ça reste parfois un peu confus. L’autre jour, il est tombé et a pleuré mais a réussi à m’expliquer qu’il n’avait pas mal mais qu’il avait eu peur. Il répète souvent qu’il est content. Nous demande aussi : “tu es très contente maman ?” “tu es en colère ?”. “J’a mal” continue souvent à représenter n’importe quel ressenti négatif. Quand il est triste, c’est souvent “j’a mal à la joue”.

Il y a les questions sur les filles et les garçons (oui, c’est depuis que je suis enceinte, et non, je ne pense pas que ce soit une coïncidence). Il est arrivé un jour en disant “les garçons ont un zizi et des fesses, les filles ont que des fesses”. Nous avons donc expliqué que les filles avaient une vulve. Et que les hommes ne pouvaient pas avoir de bébé dans leur ventre, mais qu’ils pouvaient être des papas s’ils voulaient. Depuis, il passe pas mal de temps à dire qui est une fille, qui est un garçon. L’autre jour : “Tata, toi tu as une vule* et des fesses”. (*les doubles consonnes, c’est difficile à prononcer !).

Il a aussi passé un cap au niveau des livres (oui, mon côté bibliothécaire n’est jamais loin) en appréciant désormais des histoires plus longues, plus construites (même s’il ressort quasiment tous les soirs ses boites des papas). En ce moment, son livre culte, c’est l’anniversaire de Monsieur Guillaume d’Anaïs Vaugelade.

Il commence à prendre un peu d’indépendance aussi. Il a son monde à lui, à la crèche. Son univers dont nous ne savons quasiment que ce qu’il veut bien nous raconter. L’éducatrice m’a dit récemment qu’il s’y affirmait, ces derniers temps. Il a ses copains et ses copines, ces prénoms qui reviennent souvent. Il commence (tout doucement) à jouer seul (pendant 10 secondes).

Il y a un peu d’ambivalence, quand même, et qui sera surement accentuée à la naissance de la petite. Un biberon qu’il veut que je lui donne, dans les bras. Un attachement encore plus fort que d’habitude au doudou/tétine. De nouvelles peurs, aussi, en particulier sur le noir, le fait d’être seul…

Bref, mon aîné grandit. La première fois que je l’ai vu endormi dans son lit de grand, j’ai eu un gros pincement au cœur. J’ai eu très envie, non pas de revenir en arrière, mais d’appuyer sur pause. De continuer à profiter de cette période que je trouve très riche, avant les bouleversements des semaines à venir. Je crois que j’ai un peu peur que l’arrivée de la puce m’empêche de continuer à en profiter vraiment, en étant trop accaparée par un nourrisson à pouponner. Mais j me rassure en me disant qu’on va trouver, peu à peu, notre nouvel équilibre, entre notre bébé et notre grand !

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