Le combat d’hiver

M., à la bibliothèque, c’est un peu notre lectrice préférée. Elle doit lire 5 ou 6 romans par semaine, autant de BD, et elle réemprunte ses romans préférés pour les relire. Et puis elle est fan de Marie-Aude Murail, Malorie Blackman ou Timothée de Fombelle, donc forcément, on s’entend bien. La dernière fois qu’elle est passée à la bibliothèque, je lui ai conseillé quelques romans, mais je lui ai demandé aussi quels étaient ses coups de coeur. On est repartie chacune ce soir là avec un gros sac de livres. Le combat d’hiver de Mourlevat faisait partie de ma pile. Comme j’avais adoré Terrienne, du même auteur, je m’y suis plongée avec enthousiasme.

Le combat d'hiver de Jean-Claude Mourlevat

Dans une société dirigée par la Phalange, Milena et Bartolomeo, deux adolescents, fuient l’orphelinat où ils étaient enfermés pour reprendre le combat de leurs parents, au sein de la résistance. Deux de leurs amis, Milos et Helen, qui savent qu’ils seront poursuivis par les redoutables hommes-chiens, s’échappent à leur tour pour les aider.

On retrouve dans ce roman beaucoup des éléments de la dysptopie à la mode dans les romans ados : dictature militaire, orphelinat qui ressemble plutôt à une prison, résistance, adolescents en lutte, présence (discrète ici) du fantastique… Mais le talent de Mourlevat lui permet de se détacher nettement du lot.

Par la qualité de son écriture, déjà.  Il crée une athmosphère à part, en quelques lignes. Une atmosphère qui reste nimbée de mystère, puisque Mourlevat en laisse planer le mystère sur de nombreux éléments du passé et mêle le fantastique (hommes-chiens, hommes-chevaux) à une réalité qui ressemble étroitement à la notre.

Par certains éléments originaux, de vrais moments de poésie : le rôle des “consoleuses”, là pour soutenir les orphelins, pour simplement leur apporter de la chaleur humaine, de l’amour. Ou le discours de Bartolomeo devant les “hommes-chevaux”, dans la brume.

Par le souffle épique de ce roman, le courage de ces adolescents et surtout ces hommes qui se lèvent pour marcher, ensemble.

Par le fait de mettre en scène les héros de l’histoire, ceux qui osent s’échapper les premiers, ceux qui seront poursuivis, ceux qui mèneront la lutte… Mais aussi leurs amis, qui suivent au lieu de mener, mais qui sont tout aussi courageux et déterminés à se battre pour vivre leur vie.

Au centre du roman, la musique. La voix, hors du commun, de Milena. La musique qui peut soulever, emporter les hommes. Leur donner envie de combattre pour ce qui est juste. La musique comme cadeau aussi, un chant offert à ceux qu’on aime. Ce roman est un hommage à Kathleen Ferrier, contralto que j’ai découverte en lisant ce livre et que j’écoute en écrivant ces lignes.

Je ne sais pas si c’est aussi le cas pour vous, mais parfois mon opinion définitive se fait longtemps après avoir vu un film ou lu un livre. Parfois, il m’a plu sur le coup, mais avec le temps qui passe, je me rends compte que c’était un honnête divertissement, mais rien de plus. Et parfois, c’est le contraire : sur le coup, je l’ai trouvé pas mal, et c’est avec le recul que je me rends compte de ses qualités, et plus le temps passe, plus je me rends compte que c’était en fait une lecture marquante.

C’est le cas de ce livre, que j’ai lu il y a presque un mois maintenant. J’ai apprécié la lecture sur le moment, et depuis, j’ai réalisé à quel point c’était un bon livre et comme il peut être une lecture marquante, en particulier pour des ados. Un gros coup de coeur.

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