Chaïm Soutine, l’ordre du chaos

J’ai du retard dans mes compte-rendus d’exposition puisque je suis allée voir celle-ci fin Novembre.

Quand j’ai découvert Soutine, j’étais en terminale, et je faisais un TPE sur la vie artistique à Paris dans les années 1920. J’ai d’abord connu ses pièces de boeuf, et je dois dire que je n’ai pas été emballée. Mais il y a quelques mois, en visitant les collections permanentes de l’Orangerie, j’ai découvert ses paysages, et j’étais déjà beaucoup plus enthousiaste. Alors quand mes beaux parents ont décidé d’y aller, je les ai accompagnés, profitant de cette occasion de mieux connaître son oeuvre. Et j’ai bien fait, parce que j’ai trouvé cette exposition magnifique.

La première salle est consacrée aux portraits des amis et des mécènes. Elle a pour ambition de montrer que Soutine n’était pas l’artiste maudit et solitaire qu’on imagine parfois, mais qu’il avait de nombreux amis dans le monde de l’art. L’exposition s’ouvre d’ailleurs sur un portrait de Soutine peint par Modigliani. Il eu également des mécènes fidèles, en particulier le Dr Barnes ou Madeleine Castaing dont on trouve le portrait dans cette salle :

soutine madeleine castaing

Madeleine Castaing (source : RMN)

“Les sujets, centrés sur un fond souvent foncé, sont étirés, déformés parfois à outrance, mais s’attachent à individualiser les traits et l’expression jusqu’à en sonder la psychologie. Le portrait de Madeleine Castaing, décoratrice et mécène de Soutine, en est une illustration. Le manteau noir et le rouge éclatant de sa robe forment une silhouette aux contours presque épurés. Le visage triangulaire au nez étiré, légèrement décalé, la bouche rouge, le regard scrutateur révèlent la force de son caractère” (dépliant de l’exposition).

On y trouve aussi une autoportrait du peintre :

Soutine-autoportrait.jpg

Autoportrait

La seconde partie est consacrée aux paysages. Tout d’abord aux représentations de villages, de maisons. C’est de loin la partie de l’exposition que j’ai préféré. “Tout est comme balayé par une tempête : maisons, arbres et personnages tanguent et se déforment” (dépliant de l’exposition)

maisons soutine

Les maisons (source : RMN)

“Dans une vision hallucinée, les maisons semblent des personnages, dansant sur leur base et ondulant en s’allongeant démesurément vers le ciel (…). Un souffle puissant déporte vers la gauche ce ballet qui swingue. A droite, les formes se désagrègent jusqu’à devenir de simples taches de couleur à la limite de l’abstraction. Une telle démarche visant à déformer le réel pour exprimer la passion et le tourment se rencontre à la même époque chez les peintres français et étrangers (…) que l’on rassemble sous l’étiquette d’expressionnistes” (extrait de “Soutine”, fascicule publié par le musée de l’Orangerie).

Les paysages peints dans le Sud regorgent de couleurs chaudes et vives. Les reproduction de la RMN ne leur rendent pas honneur.

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Paysage de la Gaude (source : RMN)

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La route folle à Cagnes

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Arbre couché (source : RMN)

Le motif de l’arbre est très fréquent dans l’oeuvre de Soutine. La salle suivante est consacrée à ces représentations.

IMG

L’arbre

La salle suivante s’organise autour de la couleur rouge. On y trouve l’escalier rouge à Cagnes :

    Peinture-0001-copie-1.jpg

Mais aussi une série de “glaïeuls” dont voilà un exemple :

Soutine-glaieuls.jpg

La grande salle suivante est consacrée aux natures mortes, et en particulier à la série des boeufs écorchés. Cette série a été inspirée à Soutine par ce tableau de Rembrandt. En effet, Soutine s’inspire énormément des peintres classiques. Il faisait livrer des carcasses fraiches des abattoirs afin de pouvoir les peindre (les voisins n’étaient pas enchantés par l’odeur !).

soutine-boeuf-ecorche.jpg

Les deux dernières salles de l’exposition sont consacrées aux portraits, et en particulier aux portraits des gens de métier. Le tableau qui fit sa notoriété est le petit patissier (il réalisa 6 toiles sur le sujet):

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(source : RMN)

Cette toile “est la démonstration parfaite de l’inspiration classique de Soutine. La composition de la toile reprend celle du  Portrait de Charles VII par Jean Fouquet. Le garçon est assis de face, les mains croisées, la silhouette, élargie par des épaules carrés, emplissant tout le champ du tableau. Comme pour le  portrait d’Emile Lejeune, l’oreille gauche, démesurée, compense la féformation du nez tournée vers l’autre côté. La virtuosité de Soutine apparaît dans le traitement de l’uniforme, blanc laiteux et irisé de couleurs douces, que fait chanter la touche rouge vermillon du chiffon pétri par les mains du jeune garçon” (extrait de “Soutine”, fascicule publié par le musée de l’Orangerie).

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Le garçon d’étage (source : RMN)

Là encore, il travaille par série, comme on le voit avec les tableaux représentant des enfants de choeur :

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(source : RMN)

Dommage qu’on ne puisse pas zoomer sur les détails des tissus, qui sont tout simplement magnifiques !

soutine-enfant-de-choeur-2.jpg

(source : RMN)

Pour conclure en un mot, cette exposition est une très bonne occasion de découvrir l’oeuvre de Soutine. L’exposition est même presqu’un peu trop courte (du coup, on l’a fait deux fois de suite ^^). Heureusement, pour ceux qui ont encore faim de tableaux, les collections permanentes de l’Orangerie sont là !

Pour en voir plus, voilà une visite guidée de l’exposition :
Visite virtuelle : Chaïm Soutine à l’Orangerie

Vous pouvez aller voir cette exposition à l’Orangerie jusqu’au 21 janvier 2013.
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