Trouver l’équilibre

Dans son article “petits cailloux maternels“, Flo parle de deux grandes phrases qui ne veulent rien dire : “ce n’est que du bonheur” et “ça passe trop vite”. Pour moi, il y en a une autre : “Je pense que c’est à la mère de s’adapter à son bébé” ou “les besoin du bébé doivent passer avant les notres”.

Pour moi, l’important est de trouver un équilibre qui convienne aux besoins de chacun, et surtout aux limites de chacun. Parce qu’à mes yeux, faire toujours passer les besoins du bébé avant les siens, et oublier ses propres limites, c’est le meilleur moyen de craquer, de finir par péter un cable et finalement de ne plus être capable d’apporter à bébé ce dont il a besoin.

Les premiers temps après la reprise du travail de mon chéri, ça a été difficile pour moi. Me retrouver seule à la maison toute la journée avec le magicien, ça a été de grands moments de bonheur, mais aussi des moments de crise. Un après-midi, j’ai décidé de faire de la paperasse. Le magicien était de mauvaise humeur, il a pleurniché toute l’après-midi. Mais je voulais continuer à avancer. Alors j’ai fini par m’énerver et presque lui hurler dessus. Et je me suis alors vue comme une folle en train de crier sur un bébé de deux mois dans son transat. Quand son père est enfin rentré, j’étais en larmes. Je lui ai posé dans les bras et je suis sortie faire le tour du paté de maison plusieurs fois. Et j’ai décidé de changer de façon de fonctionner.

Dans mes rapports avec le magicien, d’abord. Se demander “quelle est ma limite à moi ? De quoi j’ai besoin ?”, et accepter ses propres limites, c’est finalement, à mes yeux, être une meilleure mère puisque ça permet d’être plus disponible à d’autres moments. Ca permet à un bébé d’avoir une mère plus souriante, et je suis persuadée que ça peut parfois éviter aussi des conséquences plus graves.

Si je sais que tous ses besoins primaires du magicien sont satisfaits, je cherche bien sur à ce qu’il soit le mieux possible, mais je m’interroge aussi sur mes besoins.

Parfois, bébé est sur le point de s’endormir pour une sieste. Mais moi, j’ai besoin d’être dehors, de ne pas rester enfermée toute la journée. Alors je fais passer mon besoin avant le sien. En me disant que s’il a besoin de dormir, au pire, il dormira dans l’écharpe. Son sommeil sera peut être un peu moins bon, mais au moins le soir il aura une mère détendue et de bonne humeur.

Parfois, bébé aurait besoin de mes bras. Mais moi je n’en peux plus. Alors c’est tétine, et sur son tapis d’éveil. Pas forcément l’idéal pour lui sur le coup, mais je sais que quand 1/2 heure plus tard je le prendrai dans mes bras, ça sera pour un vrai moment de calin et d’échange, ça lui apportera plus que si je le prenais dans mes bras un peu saoulée.

Dans mon rapport aux taches ménagères. Je n’ai pas encore repris le travail, et je me mettais la pression avec le cliché qu’une maman à la maison devait devenir une femme au foyer modèle à la Bree Van de Kamp. Mais je suis à peu près le contraire et les tâches domestiques me gonflent prodigieusement. D’ailleurs chez nous c’est Paul qui cuisine, moi ça m’ennuie. J’ai donc pris conscience que ça ne servait à rien que je me force. Je fais le minimum. Et si ce n’est pas fait immédiatement, ce n’est pas grave. Je préfère profiter de la sieste du magicien pour me détendre 30 minutes que pour faire la vaisselle. Et c’est plus simple pour moi de le faire quand Paul est là pour s’occuper du bébé, je suis alors beaucoup plus détendue. Alors oui, souvent, il y a de la vaisselle sale qui traine dans l’évier, et ça dure parfois quelques jours. Parfois, le tas de linge sale s’élève à une hauteur conséquente. Mais moi, je me sens beaucoup mieux. Et c’est ça qui compte.

Dans mon rapport avec l’ensemble de mes activités. Et je crois que c’est ça qui a été le plus difficile à comprendre et à accepter pour moi. Avec le magicien, c’est impossible de passer du temps sur quelque chose. Cela fait très longtemps que je n’ai pas regard un film d’une traite. Lu plus de 10 pages de suite. Mangé un repas chaud et d’une traite, sans me lever et en même temps que mon chéri. Bu un thé avec une copine en discutant sans m’interrompre pour donner un biberon, faire un calin, secouer un hochet, changer une couche… Bien sur, je le savais avant la naissance. Mais il y a un monde entre la théorie et la pratique. Et c’est compliqué pour moi de ne pas être agacée par le magicien dans ces moments là. Et hors de question pour moi de sacrifier ces activités. Mais je les ai adaptées. Je choisi des livres qui demandent moins de concentration, j’ai remplacé les films par des séries débiles. Et surtout, je me garde des moments où je laisse le magicien a son papa et où je prends du temps pour moi et rien que pour moi. Je vais au théâtre, à la bibliothèque ou au café. Et après ça, je suis la plus heureuse des mamans quand je retrouve le magicien.

Depuis, il y a encore des moments difficiles. Mais ça va bien mieux !

Tout ça peut apparaître comme des banalités ou des lieux communs. Mais pourtant, ça m’a pris du temps pour en prendre conscience et pour accepter tout ça. Et pour vous, ça a été évident ou il vous a fallu du temps ? Quels ajustements ont été nécessaires pour que ça se passe bien avec bébé ?

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