L’impressionnisme et la mode au musée d’Orsay

L’expo commence par une présentation du contexte : ouverture des grands magasins, gravures de modes et publication de nombreux journaux illustrés, présentation de différentes robes. J’avoue être passée assez vite, il y avait un monde fou, et avec un bébé en écharpe, pas évident de se pencher sur des vitrines ! Je me suis quand même pas mal arrêtée sur “dans la serre” d’Albert Bartholomé, présenté à côté de la robe que portait le modèle (il faut dire qu’avec du violet, des pois et des rayures, cette robe avait tout pour me plaire, même si j’ai plus de réserve sur le faux-cul!).

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On trouvait ensuite une série de grands portraits, où l’accent était mis sur les tenues, comme dans “Madame Gaudibert” de Monet (ce n’est pas le modèle, qui détourne la tête, mais bien la robe qui est le centre du tableau) :

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On y trouve également “le balcon” de Manet, où il représente la peintre Berthe Morisot (sa future belle-soeur), à gauche. On remarque qu’elle est en vêtement d’intérieur, alors que l’autre femme est prête à sortir (elle porte des gants et une ombrelle).

Balcon-Manet.jpg

La salle suivante est consacrée aux vêtements d’intérieur des femmes. Des déshabillés du matin aux robes plus habillées pour recevoir l’après-midi. On y découvre des anecdotes amusantes, par exemple que le peintre Tissot fournissait des robes à ses modèles, et qu’ainsi il a peint plusieurs tableaux où des femmes portent la même robe. Parmi mes coups de coeur dans cette salle, “Femme au piano” de Renoir :

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Du même peintre, “Madame Charpentier et ses enfants”, sa robe élégante et les nombreux détails raffinés de son salon (à noter que l’enfant assis à côté d’elle sur le canapé est un petit garçon : à l’époque, ils étaient habillés en robe comme les filles et avec les cheveux longs les premières années) :

Madame-charpentier-Renoir.jpg

“Intérieur”, de Berthe Morisot :

interieur-berthe-morisot.jpg

On accède ensuite à la salle consacrée aux sorties mondaines et aux vêtements qu’on y porte. On y trouve en particulier des tableaux peints dans des loges de l’opéra. On y trouve par exemple “une loge aux italiens” d’Eva Gonzalès. A l’époque, c’était les luxueux vêtements de la femme qui permettaient d’afficher sa réussite sociale. Elle s’installait donc sur le devant de la loge, pour pouvoir être admirée, alors que l’homme s’installait un peu en retrait :

GonzalesUneLoge.jpg

“Femme au collier de perle dans une loge” de Mary Cassatt :

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Parmi les sorties mondaines importantes, le bal. Voici “Danse à la ville” de Renoir :

Danse-a-la-ville-Renoir.gif

On passe ensuite à une partie consacrée à l’intimité. Où on découvre la complexité des “sous-vêtements” et où on se dit qu’on a bien de la chance de vivre au XXIe siècle et de pouvoir vivre et respirer librement. Jugez plutôt : “la silhouette de la femme est façonnée par deux accessoires caractéristiques : le corset qui étrangle la taille et la tournure qui soutient les retroussis des “polonaises” sur les hanches. Pour parer aux marques douloureuses de baleines sur la peau, la femme enfile d’abord une chemise sans manches sur laquelle elle agrafe par devant le busc de son corset fortement baleiné et tire sur les cordons de laçage du dos qu’elle noue par devant (…). Elle le couvre d’un cache-corset de lingerie; Sur les jambes, elle porte des bas tenus par des jarettières au genou, puis passe un pantalon de lingerie, une tournure en crin ou baleiné et enfin un jupon garni de lien de resserrage et de volants pour soutenir la jupe”. La “Nana” de Manet fit scandale parce qu’il y représentait une courtisane et son client :

nana-manet.jpg

De même, dans “Rolla” de Gervex, ce qui a fait scandale, ce n’est pas la nudité de la femme, mais surtout les vêtements au pied du lit (ajoutés sur une idée de Degas), montrant que ce n’était pas un nu académique mais bien la représentation d’une femme venant de se déshabiller :

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On poursuit ensuite avec une salle consacrée aux accessoires. Et en particulier aux chapeaux, avec “la femme au chapeau noir : portrait d’Irma Brunner” de Manet :

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On poursuit ensuite avec une partie consacrée à la mode des hommes, et en particulier des artistes. J’ai beaucoup aimé ce portrait de “Pierre-Auguste de Renoir” par Frédéric Bazile (les deux peintres partageaient le même atelier et chacun a fait un portrait de l’autre) :

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La dernière partie de l’exposition s’intitule “en plein air”. On y trouve en particulier “femmes au jardin” de Monet :

femmes-au-jardin-monet.jpg

Le vêtement contemporain est au centre de ce tableau et apparait comme une garantie de la volonté de modernité du peintre. Le choix des postures permet de donner du dynamisme à la composition, mais aussi de mettre en valeur différents éléments du costume.

Et mon tableau préféré de l’exposition : “la balançoire” de Renoir. Je trouve les reflets du soleil dans les branchages magiques !

Balançoire Renoir

Et pour finir, “Rue de Paris, temps de pluie” de Caillebotte, qui tranche franchement avec les tableaux champêtres présentés dans la salle :

Caillebotte-rue-de-paris-temps-de-pluie.jpg

Les tableaux et robes sont accompagnés de nombreuses citations, majoritairement extraites du “Bonheur des dames” de Zola et du “Peintre de la vie moderne” de Baudelaire.

Une expo que j’ai beaucoup aimée. Je n’étais pas enthousiaste dans les premières salles, mais plus on avance dans l’exposition plus j’ai trouvé ça intéressant. Je ne suis pas fan des paysages des impressionnistes, j’étais donc contente de ce thème qui permet de privilégier les portraits ou les scènes d’intérieur.

Ma découverte et mon coup de coeur de l’exposition, c’est Renoir. Je connaissais ses tableaux les plus connus, comme Jeunes filles au piano ou le déjeuner des canotiers, mais j’avais surtout vu des reproductions, qui ne rendent pas forcément justice à on oeuvre. J’ai adoré les détails, comme le sofa de Madame Charpentier et ses enfants ou les reflets de la robe de la Femme au piano. Et été enchantée par La balançoire.

Même s’il faut reconnaître que cette exposition se concentre sur la frange la plus riche de la population. Cela donne l’impression d’une société idyllique où tout n’est qu’aisance. C’est dommage qu’on ne voit pas apparaitre de personnes issues du peuple, afin de donner une image plus large de la mode de cette époque.

J’ai également quelques réserves sur la scénographie. J’ai pas bien compris l’intérêt de la mise en scène d’un défilé de mode (avec rangées de chaises de part et d’autre des tableaux et noms d’un personnage de l’époque fixé au dos de chaque chaise).

expo-orsay.jpg

Mais au moins, ça fait des places assises (toujours trop rares dans une expo), même si elles ne sont pas vraiment face aux tableaux.

Je n’ai pas été convaincue non plus par la fausse herbe au sol dans la partie consacrée au “plein air” (le reste de la salle est par contre réussi) :

expo-orsay-2.jpg

Mais surtout, certains passages sont vraiment étroits, et certains tableaux sont dans l’axe des couloirs, ce qui fait que cela empêche toute circulation fluide dans l’expo. J’y suis allée un après-midi de semaine, et on avait déjà l’impression de ne pas pouvoir circuler, alors j’ose même pas imaginer un week end !

De nombreuses vidéos et explications sur l’exposition ici.

Informations pratiques : jusqu’au 20 janvier 2013.

Entrée : 12,50 euros (entrée pour les collections permanentes + l’expo).

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