J’ai trouvé ça intéressant : les mathématiques

Parfois, j’ai envie de partager une phrase, un article, une vidéo… Même si je n’ai pas l’envie, le temps, ou les compétences pour commenter cette citation et en faire un article construit.

Voilà un extrait d’article sur l’échec scolaire, et plus particulièrement un passage consacré aux mathématiques par Stella Baruk, mathématicienne et pédagogue :

“Il faut questionner les enfants, pour comprendre non ce qu’ils n’ont pas compris, mais ce qu’ils ont compris à la place de ce qu’on voulait qu’ils comprennent. Par exemple, cet enfant qui en face de “soixante-trois” écrit ici en mots, l’avait traduit en chiffres par 57. Soupçon de non-compréhension de la numération ; mais soupçon injuste parce qu’en y regardant de plus près on s’est aperçu qu’il avait “lu” le trait d’union de l’écriture en mots comme si c’était le signe mathématique moins. Evidemment, dans ce cas, une mauvaise note serait catastrophique. Alors qu’il était loin d’être “nul en math”, voilà un enfant qui risquerait très vite de s’en persuader. Faute d’écoute”.

“je peux vous dire que le un et le zéro posent toutes sortes de problèmes parce qu’ils sont extrêmement difficiles. On dit aux enfants “barrez les zéros inutiles”, mais ça veut dire quoi, les “zéros inutiles”? On leur dit aussi que trente, c’est 30, et que sept, c’est 7. Et trente-sept ? Ils écrivent 307. Et pourquoi non ? Le zéro, là, serait inutile ? La langue mathématique, et c’est cela qu’il faut leur expliquer, est une langue spécifique qui se distingue de la langue commune. C’est fondateur. (…) Qu’est-ce qu’un nombre premier ? Ce n’est pas le premier de la liste. Et le “sommet” d’un triangle ? Il n’est pas forcément “au sommet”. Cette question de la langue est la clé de la lutte contre l’échec scolaire, car de nombreux enfants, et comment les en blâmer, refusent d’apprendre ce qu’ils ne comprennent pas. Voilà pourquoi j’ai écrit deux dictionnaires de mathématiques”.

Extrait d’un article de télérama n°3274, intitulé “l’échec scolaire n’est pas une fatalité”, entretien croisé avec Martine Menès et Stella Baruk, propos recueillis par Michel Abescat. (le reste de l’article est également très intéressant, insistant sur l’écoute des élèves, l’intérêt des erreurs et l’idée que “le pédagogue est celui qui accompagne vers le savoir, bien plus que celui qui l’inculque).

Sans être “en difficultés”, je n’ai jamais été matheuse. Je pense que l’idée de langue spécifique aurait aidé la littéraire que j’étais à m’y intérresser d’avantage !

Je trouve aussi très intéressante l’idée de voir ce qu’ils ont compris “à la place” et de tirer des enseignements de ses erreurs.

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