Le choeur des femmes de Martin Winckler

Après une petite digression, revenons à nos bouquins ! Pour une d’Apostille son analyse du Choeur des femmes de Martin Winckler. Il trainait chez ma mère, et même si elle n’était pas enthousiaste, j’ai eu envie d’y jeter un coup d’oeil.

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De quoi ça parle :

Jean Atwood, jeune interne, est obligée de passer six moins dans un service de “Médecine de La Femme”. Elle arrive en se disant ça : “J’ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas – et je ne veux pas – perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu’elles pourraient m’apprendre.” (4e de couv). Mais bien sur, au contact du docteur Karma, elle va changer d’avis et en découvrir beaucoup sur elle-même…

Ce que j’en pense :

Franchement, sur le plan littéraire, j’ai trouvé ça assez nul.

Le travail sur l’oralité, sur la retranscription de la pensée, peut éventuellement être intéressant, mais en général ça rend la lecture plus pénible qu’autre chose.

Après avoir lu deux pages, on connait l’évolution des personnages jusqu’au bout. L’évolution de Jean, son intégration dans le service, son évolution sur le plan personnel, rien ne nous surprend. Quant à la fin, on se dit à partir de la moitié du livre “il ne va quand même pas oser utiliser une ficelle aussi grosse” eh bah si !

Les personnages sont caricaturaux  : la jeune interne qui va évoluer, le gentil médecin parfait mais-qui-cache-quand-même-un-secret, le coup du grand méchant labo et de ses employés prêts à tout y compris à se vendre eux-mêmes…

Mais alors pourquoi j’ai lu (rapidement pour certains passages un peu survolés, j’avoue) ce pavé de presque 700 pages en moins d’une semaine ? Parce que le vrai fond, le vrai sujet, est intéressant. Des témoignage du choeur de femmes qui viennent consulter avec leur histoire, leurs envies et leurs angoisses. Sur la contraception, le sexe, l’IVG, le désir d’enfant, l’intersexuation (un des aspects du livre  que j’ai trouvé le plus intéressant), etc. Peut être que ces sujets me touchent particulièrement en ce moment et n’auraient pas suffit à me convaincre de terminer ce livre à d’autres périodes de ma vie.

L’intérêt (même si c’est parfois un peu frustrant), c’est de soulever des questions sans apporter de réponse, tout au plus parfois quelques pistes de réflexion. De voir la variété des besoins et des envies des femmes. De se retenir de juger. La seule limite que j’y trouve, c’est que la grande majorité des cas présentés sont dans un rapport problématique, voir pathologique, avec le sexe et la gynécologie. Et ça ne me semble pas être représentatif de l’ensemble des femmes. L’auteur reconnait lui-même qu’il y a un “biais de sélection” : il s’agit des patientes consultant dans un service hospitalier (et d’ailleurs à chaque fois on passe rapidement sur les consultations qui ne posent pas de problème) et non des femmes dans leur ensemble. J’ai trouvé ça parfois un peu dommage. Mais cela permet aussi de prendre conscience de la chance que j’ai d’être (relativement) bien informée sur ces questions et d’avoir toujours eu la possibilité de parler de ces questions, avec un médecin ou avec des proches.

L’intérêt de ce livre peut aussi être (c’est ce qui est souligné sur le blog d’Apostille) d’amorcer une réflexion sur ce que l’on accepte d’un médecin, pour ne plus subir mais être une patiente agissante. De se dire qu’on peut choisir ce que l’on accepte ou pas, que ce n’est pas au médecin de nous l’imposer. Que chacune a le droit d’être informée correctement et de pouvoir prendre ses décisions elle-même, en connaissance de cause. Mais dommage que le roman soit aussi caricatural entre bons et mauvais médecins (en gros, Karma, son service et ses amis contre le reste du monde), parce que ça limite les possibilités de réflexions nuancées.
Ca m’a donné envie de trouver des livres plus scientifiques sur la questions !

*Pourtant j’ai plein de choses à raconter en littérature jeunesse. Romans pour les 9-11 ans, récit d’un club de lecture, liste d’albums “indispensables” pour les tout-petits, super formation d’analayse de l’album aujourd’hui dont je parlerai sans doute un peu… Mais pour tout ça il me faut du “matériel” que je n’ai pas chez moi, il faudra que je pense à prendre les bouquins à la bibliothèque !

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