La vie d’une bibliothécaire : les collégiens

Depuis une dizaine de jours, les collégiens, qui avaient disparus pendant l’été, sont de retour à la bibliothèque. On retrouve ceux des années précédentes, et de nouveaux groupes arrivent.

Et cela demande une énergie énorme. Parce qu’il faut sans cesse rappeler les règles de la bibliothèque : pas trop de bruit, pas de téléphone, pas de gateaux… Aller leur répéter pour la vingtième fois “est-ce que vous pouvez parler un peu moins fort s’il vous plait?”. Ca nous donne l’impression d’être dans la représsion perpetuelle, alors que je n’aime pas ça, et qu’on a (beaucoup) d’autres choses bien plus intéressantes à faire.

Il faut leur expliquer qu’ils ne sont pas seuls. Et que même quand il n’y a pas d’autres jeunes dans l’espace, nous, on bosse (on n’a pas de bureau fermé). Qu’ils ne peuvent pas se comporter à la bibliothèque comme chez eux/au café.

Il faut se souvenir très fort de quand on était ado et qu’après avoir bossé 10 minutes on discutait 1h avec des copines pour ne pas avoir envie de les envoyer chier réprimander. Ne pas (trop) desespérer quand on les voit squatter une table pendant 1h pour écrire des textos ou s’écrire des mots sur les agendas (je pensais que cette pratique avait disparu depuis l’invention de facebook, mais non!).

Il faut les pousser à s’incrire pour faire augmenter les statistiques mieux les connaître et leur donner la possibilité d’emprunter.

Ces collégiens utilisent l’espace disponible pour travailler (ou au moins ouvrir des cahiers devant eux pour pouvoir discuter tranquille). Ils lisent peu et empruntent peu de livres. Il faut donc réussir à trouver un équilibre entre eux et ceux qui viennent emprunter et lire des livres, qui ont besoin des mêmes espaces. C’est l’occasion pour moi de défendre le rôle social de la bibliothèque face à un supérieur pas toujours convaincu de cette utilité. De dire que dans le quartier difficile dans lequel je travaille, ces jeunes n’ont souvent pas d’espace pour travailler chez eux dans de bonnes conditions. Que la bibliothèque doit être là pour ça. Et rappeler aux ados qu’on est là pour garantir ça à tous les usagers de la bibliothèque, pas seulement à leur petit groupe.

Parfois, c’est vraiment tendu. Il y a quelques jours, mon collègue a du demander à un adolescent de sortir de la bibliothèque. Celui-ci l’a insulté et menacé de mort en hurlant dans la bibliothèque. Rapport d’incident, exclusion de la bibliothèque…

Et puis il y a des moments cools. On retrouve les ados de l’année dernière, avec lesquelles on avait “lutté” pour leur faire accepter les règles et avec lesquelles tout se passe bien cette année. Qui se sont mêmes mises à emprunter des bouquins, donc on peut parler romans. (et là on peut s’autocongratuler, ça fait du bien !).

Il y a les deux nouveaux qui me prennent pour leur prof particulier de français (au moins, ça me fait réviser ma grammaire!) et qui me demandent de les aider tellement gentiment que je dis oui même si je n’ai pas le temps.
Et aujourd’hui, le jeune insolent de l’autre jour est venu pour s’excuser auprès de mon collègue. On peut donc parfois croire aux miracles !

Et on recommence demain !

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s