Lire aux tout-petits (sixième partie) : les tout-petits à la bibliothèque

J’ai essayé d’expliquer pourquoi et comment lire aux tout-petits, comment choisir des livres, de proposer des titres adaptés ici et . Il est donc temps de conclure avec une sixième et dernière partie qui me tient particulièrement à coeur : les tout-petits à la bibliothèques.

Cet article marque le début de ma participation aux vendredis intellos. Même s’il s’inscrit ici dans une suite d’article, il m’a semblé qu’il pouvait se lire indépendamment.

Donc vous pouvez le retrouver ici.

la chambre du magicien : le lit

Pendant ma grossesse, alors que je cherchais des idées de déco, une amie m’a envoyé cette photo, en me disant “je sais que ça va te plaire” :

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Et elle ne s’est pas trompée. Alors je suis allée voir ici, sur le sublime blog de Blisscocotte. J’ai vu encore d’autres photos, comme celle-là :

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Et là, le cri du coeur : JE VEUX LE MÊME !

Et après ça, je me suis rappelée que je ne voulais pas de parc pour le magicien.

Pas grave, on allait peindre comme ça le lit à barreau !

2 jours plus tard, on était au BHV pour acheter la peinture, Monsieur ayant accepté de céder à mon caprice (n’osant pas dire non à une femme enceinte bourrée d’hormone et ultra-sensible).

Une fois au BHV, il a quand même fallu se rendre à l’évidence : avec la peinture homologuée pour les jouets et (presque) sans COV que nous voulions, il n’y avait pas de couleurs aussi vives. Et puis acheter 10 pots de peinture différents, ça faisait un peu cher le caprice de femme enceinte lit de bébé.

On a donc choisi du blanc, deux bleus différents, et du jaune (pour aller avec les murs bleus de la chambre du magicien).

Le futur papa a alors poncé et peint (en mode superprotecteur, il ne voulait pas que j’approche de la peinture fraiche, j’avoue j’ai accepté sans trop de résistance).

Et voilà le résultat !

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Et dans sa situation actuelle ^^:

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Ca ne ressemble pas trop au modèle initial, finalement, mais j’aime beaucoup !

Parmi les autres coups de coeur sur ce site, le tapis d’éveil fait maison :

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Franchement, il est pas sublime ? Là, malheureusement, ça dépasse franchement nos compétences.

(Des photos des détails ici, ça vaut le détour !)

Et vous, des coups de coeur pour la déco de la chambre du bébé ? Vous aussi vous êtes en admiration devant Blisscocotte ?

Petits bonheurs de vacances

Une semaine de vacances avec le magicien, ça fait plein de petits bonheurs !

Premier petit bonheur : c’est un bébé hyper sociable. Grands sourires, porté par tout le monde… Il adore quand il y a du monde autour de lui. J’espère que ça va durer !

Deuxième petit bonheur : je disais la semaine dernière qu’il commençait à taper dans les grelots qu’on secouait devant lui. Ca a été un vrai déclic, et en une semaine il a appris à attraper les doudous et hochets qu’on lui portait.

Troisième petit bonheur : ma maman qui fait la grand-mère parfaite, qui a adoré pouponner pendant quelques jours : elle lui a donné le biberon, l’a promené en écharpe, a chanté plein de chansons (l’avantage avec une mère instit c’est qu’on en découvre de nouvelles à chaque fois)… Elle lui a même fabriqué un hochet maison !

Quatrième petit bonheur : le magicien a toujours adoré la table à langer. Mais en ce moment, c’est particulièrement génial. Il gigote, son grand jeu c’est de faire “le pont” : il s’appuie sur sa tête et ses pieds et lève les fesses. C’est pas hyper pratique pour le changer, mais il fait ça avec un tel bonheur!

Cinquième petit bonheur : le calin à trois quand Paul nous a rejoint après quelques jours de séparation.

Sixième petit bonheur : la tante de Paul nous a offert “Sophie la girafe”. Paul refusait qu’on l’achète parce qu’il trouve que “ça fait un bruit de jouet pour chien”, alors que pour moi, c’est une vraie madeleine de Proust ! Là, comme c’était un cadeau, et de sa famille en plus, il n’a rien pu dire !

Septième petit bonheur : il commence à y avoir des échanges entre mon petit frère et le magicien. Mon frère lui apporte ses peluches (lui jette dessus serait plus exact, mais enfin…) et le magicien lui fait des grands sourires. Mon frère a demandé à le prendre dans ses bras, alors on s’est installés sur le canapé et j’ai installé le magicien sur ses genoux. Mon petit frère avait l’air si sérieux, comme si on lui avait posé ce qu’il y a de plus précieux au monde dans les bras ! (ce qui est le cas, en fait, pour moi en tout cas!)

Petits bonheurs de la semaine (12 novembre 2012)

Cette semaine, j’étais en vacances chez ma maman à Lyon, puis week end chez mes beaux parents ! (ce qui explique l’absence d’articles cette semaine et le retard de l’article d’aujourd’hui).

Premier petit bonheur : avoir réussi à prendre le train toute seule avec le magicien.Et à aller à la gare toute seule, en métro, avec le magicien en écharpe et nos affaires pour une semaine. Ce qui est bien quand on est jeune maman, c’est que parfois, quand on arrive à faire certaines choses de la vie quotidienne, on a l’impression d’être wonderwoman !

C’est bon de savoir que je suis autonome et que je peux voyager seule avec mon bébé.

Deuxième petit bonheur : 2 heures dans une librairie jeunesse avec ma maman (et le magicien, adorable tout le long), à se faire découvrir mutuellement des albums jeunesse. Faire des folies, et sortir avec 2 sacs pleins de livres (bon, y’en avait beaucoup pour l’école de ma mère, hein).Trouver un super livre sur les albums jeunesse.

Pour les lyonnais(es), c’est la librairie à titre d’aile, montée de la grande cote à la Croix Rousse. Le libraire est super sympa, le choix d’albums proposés vraiment top et ils vendent aussi de chouettes jeux de société.

Troisième petit bonheur : le magicien qui se rendort après son biberon du matin et qui nous laisse exactement le temps de boire un thé tranquille en discutant!

Quatrième petit bonheur : aller boire un café chez ma belle-soeur, rencontrer enfin sa petite fille, et espérer que c’est un premier pas vers des relations familiales plus sereines.

Cinquième petit bonheur : confier le magicien à ma maman une soirée et aller faire la fête avec mon amoureux et tous nos amis lyonnais. Discuter, chanter, danser, boire (un peu trop). Qu’est-ce que ça fait du bien !!!

Sixième petit bonheur : profiter d’une éclaircie pour aller se ballader dans la forêt et ramasser des champignons.

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Petit bonheur avec le magicien : cette semaine a été vraiment chouette, à tel point que je ne savais pas quel petit bonheur choisir, du coup j’ai décidé de faire un autre article avec nos petits bonheurs de vacances !

Petits bonheurs de la semaine (5 novembre 2012)

Premier petit bonheur : non seulement mon homme a fait le pont pour le 1er novembre, mais il a même eu son mercredi ! Donc 5 jours à passer tous les trois !

Deuxième petit bonheur : une aprèm ballade/shopping avec une amie.

Troisième petit bonheur : Tomber sur des carottes violettes à la Biocoop. J’en avais jamais vu. Elles sont pas jolies ?

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Quatrième petit bonheur : un joli bouquet de tulipe offert par des invités.

Cinquième petit bonheur : aller à la bibliothèque et faire le plein de livres pour moi, pour le magicien et pour le blog.

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Sixième petit bonheur : l’odeur de notre nouveau gel douche, jardin aquatique de Klorane (il faut savoir que mon homme adooore acheter du gel douche. Si, si ! Du coup on en a toujours des différents à la maison. Des fois, il rentre des courses tout content : “j’ai trouvé un nouveau gel douche qu’on n’a pas testé”. Et celui-ci, il me plait bien).

Petit bonheur avec le magicien : parce que je ne trouvais pas ce que je voulais en magasin, lui acheter quelques grelots et les attacher au bout d’un ruban. Je n’imaginais pas que ce jouet improvisé aurait autant de succès auprès du magicien ! Il a pris conscience que s’il les tapait de la main, ils faisaient du bruit. Alors il se concentre, donne un coup dans les grelots. Et comme ça fait du bruit, il fait des grands sourires et bat des pieds. Et ses parents sont en admiration.

Trouver l’équilibre

Dans son article “petits cailloux maternels“, Flo parle de deux grandes phrases qui ne veulent rien dire : “ce n’est que du bonheur” et “ça passe trop vite”. Pour moi, il y en a une autre : “Je pense que c’est à la mère de s’adapter à son bébé” ou “les besoin du bébé doivent passer avant les notres”.

Pour moi, l’important est de trouver un équilibre qui convienne aux besoins de chacun, et surtout aux limites de chacun. Parce qu’à mes yeux, faire toujours passer les besoins du bébé avant les siens, et oublier ses propres limites, c’est le meilleur moyen de craquer, de finir par péter un cable et finalement de ne plus être capable d’apporter à bébé ce dont il a besoin.

Les premiers temps après la reprise du travail de mon chéri, ça a été difficile pour moi. Me retrouver seule à la maison toute la journée avec le magicien, ça a été de grands moments de bonheur, mais aussi des moments de crise. Un après-midi, j’ai décidé de faire de la paperasse. Le magicien était de mauvaise humeur, il a pleurniché toute l’après-midi. Mais je voulais continuer à avancer. Alors j’ai fini par m’énerver et presque lui hurler dessus. Et je me suis alors vue comme une folle en train de crier sur un bébé de deux mois dans son transat. Quand son père est enfin rentré, j’étais en larmes. Je lui ai posé dans les bras et je suis sortie faire le tour du paté de maison plusieurs fois. Et j’ai décidé de changer de façon de fonctionner.

Dans mes rapports avec le magicien, d’abord. Se demander “quelle est ma limite à moi ? De quoi j’ai besoin ?”, et accepter ses propres limites, c’est finalement, à mes yeux, être une meilleure mère puisque ça permet d’être plus disponible à d’autres moments. Ca permet à un bébé d’avoir une mère plus souriante, et je suis persuadée que ça peut parfois éviter aussi des conséquences plus graves.

Si je sais que tous ses besoins primaires du magicien sont satisfaits, je cherche bien sur à ce qu’il soit le mieux possible, mais je m’interroge aussi sur mes besoins.

Parfois, bébé est sur le point de s’endormir pour une sieste. Mais moi, j’ai besoin d’être dehors, de ne pas rester enfermée toute la journée. Alors je fais passer mon besoin avant le sien. En me disant que s’il a besoin de dormir, au pire, il dormira dans l’écharpe. Son sommeil sera peut être un peu moins bon, mais au moins le soir il aura une mère détendue et de bonne humeur.

Parfois, bébé aurait besoin de mes bras. Mais moi je n’en peux plus. Alors c’est tétine, et sur son tapis d’éveil. Pas forcément l’idéal pour lui sur le coup, mais je sais que quand 1/2 heure plus tard je le prendrai dans mes bras, ça sera pour un vrai moment de calin et d’échange, ça lui apportera plus que si je le prenais dans mes bras un peu saoulée.

Dans mon rapport aux taches ménagères. Je n’ai pas encore repris le travail, et je me mettais la pression avec le cliché qu’une maman à la maison devait devenir une femme au foyer modèle à la Bree Van de Kamp. Mais je suis à peu près le contraire et les tâches domestiques me gonflent prodigieusement. D’ailleurs chez nous c’est Paul qui cuisine, moi ça m’ennuie. J’ai donc pris conscience que ça ne servait à rien que je me force. Je fais le minimum. Et si ce n’est pas fait immédiatement, ce n’est pas grave. Je préfère profiter de la sieste du magicien pour me détendre 30 minutes que pour faire la vaisselle. Et c’est plus simple pour moi de le faire quand Paul est là pour s’occuper du bébé, je suis alors beaucoup plus détendue. Alors oui, souvent, il y a de la vaisselle sale qui traine dans l’évier, et ça dure parfois quelques jours. Parfois, le tas de linge sale s’élève à une hauteur conséquente. Mais moi, je me sens beaucoup mieux. Et c’est ça qui compte.

Dans mon rapport avec l’ensemble de mes activités. Et je crois que c’est ça qui a été le plus difficile à comprendre et à accepter pour moi. Avec le magicien, c’est impossible de passer du temps sur quelque chose. Cela fait très longtemps que je n’ai pas regard un film d’une traite. Lu plus de 10 pages de suite. Mangé un repas chaud et d’une traite, sans me lever et en même temps que mon chéri. Bu un thé avec une copine en discutant sans m’interrompre pour donner un biberon, faire un calin, secouer un hochet, changer une couche… Bien sur, je le savais avant la naissance. Mais il y a un monde entre la théorie et la pratique. Et c’est compliqué pour moi de ne pas être agacée par le magicien dans ces moments là. Et hors de question pour moi de sacrifier ces activités. Mais je les ai adaptées. Je choisi des livres qui demandent moins de concentration, j’ai remplacé les films par des séries débiles. Et surtout, je me garde des moments où je laisse le magicien a son papa et où je prends du temps pour moi et rien que pour moi. Je vais au théâtre, à la bibliothèque ou au café. Et après ça, je suis la plus heureuse des mamans quand je retrouve le magicien.

Depuis, il y a encore des moments difficiles. Mais ça va bien mieux !

Tout ça peut apparaître comme des banalités ou des lieux communs. Mais pourtant, ça m’a pris du temps pour en prendre conscience et pour accepter tout ça. Et pour vous, ça a été évident ou il vous a fallu du temps ? Quels ajustements ont été nécessaires pour que ça se passe bien avec bébé ?

Avant, j’avais des principes, maintenant, j’ai un enfant

Avant la naissance du magicien, je me disais “si jamais il boit du lait en poudre, ça sera du lait bio dans des biberons en verre”. Résultat, il boit du lait Modilac pas bio (fourni par la maternité, et comme il lui convenait bien, pas question de changer) et des biberons en plastique (achetés en urgence à la pharmacie, puisque les tétines qu’on n’avait achetées au cas où ne correspondaient pas aux biberons en verre qu’on avait).

Avant la naissance du magicien, je me disais “à 1 mois 1/2,  on mettra le magicien dans sa chambre”. Résultat, à trois mois, son lit est toujours à côté du notre.

Mais surtout, avant la naissance du magicien, je m’étais promis qu’il n’aurait pas de produits dérivés de dessins animés, surtout avant même de pouvoir les regarder.

Et puis on nous a donné un mobile “Winnie l’Ourson”. Le truc qui s’allume, qui tourne, qui fait de la musique ou des bruits d’oiseau style “CD de relaxation Nature et découverte”. Bref, tout ce dont je ne voulais pas.

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On a hésité à lui installer, mais on a décidé de tester, parce que le magicien adore les mobiles. Et là, révélation. Le magicien ADORE ! Il bat des pieds, fait des concert de areuh et des grands sourires. Et finalement, c’est ça qui compte, non ?

Bon, et sinon plein d’autres articles en préparation, mais qui me prennent du temps. Soit parce que j’ai besoin de faire quelques recherches et de les approfondir. Soit parce qu’ils sont perso et que je me demande comment dire les choses, et surtout si certaines choses doivent être dites dans cet espace public.

Et puis le magicien, du haut de ses trois mois, est de plus en plus éveillé et souriant, mais aussi de plus en plus exigeant avec ses parents. Avoir 15 minutes de suite où il nous laisse être vraiment disponible pour autre chose, c’est rare. (d’où le fait d’avoir accepté assez facilement le mobile Winnie, finalement !).

En ce moment, c’est ma vie de maman qui prend toute la place et dont j’ai envie de parler. Et d’albums pour enfants (oui, mon travail commence à me manquer). Désolée pour celles (et ceux?) qui attendent autre chose de ce blog. Mais j’ai décidé de ne pas me mettre de pression et d’attendre que l’envie de parler d’autre chose revienne…

Petits bonheurs de la semaine (29 octobre 2012)

Premier petit bonheur : mon homme change de boulot, promesse d’embauche signée !

Deuxième petit bonheur : profiter d’une après midi ensoleillée au parc avec le magicien. Lire Causette pendant qu’il fait sa sieste. Tomber sur un tournage avec Catherine Deneuve au détour d’une allée.

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Troisième petit bonheur : un repas chez des amis, un chinois à emporter avec d’autres amis chez nous, un brunch avec encore d’autres amis dimanche midi… j’aime ces semaines à la vie sociale bien remplie !

Quatrième petit bonheur : une bonne partie de coinche ! Ca fait du bien de pouvoir jouer. En plus, un copain s’occupait du magicien pendant ce temps, j’ai donc pu (presque) me concentrer sur la partie.

Cinquième petit bonheur : se (re)mettre au tricot, et profiter d’un thé+tricot avec ma meilleure amie.

Sixième petit bonheur : voir (enfin) “l’épisode de Noël” de Downton Abbey.

Petit bonheur avec le magicien : il a eu 3 mois cette semaine ! Et il est beaucoup plus éveillé. Grands sourires, areuhs…  quelque chose qui ressemblait à un rire…

Un bébé dans un univers d’adultes

Certaines, quand elles décident d’avoir un enfant, sont entourrées d’amis parents qui pourront partager leurs expériences. D’amies enceintes qui vivent des choses similaires. De futures parents qui s’intéressent aux bébés, à leur développement, à l’éducation. D’annonces de grossesses, de naissance, de faire-part.

Ce n’est pas mon cas. Parmi nos proches, seul un ami de Paul est papa, mais il habite loin, nous le voyons rarement. Et les autres ne sont pas près de devenir parents. Parmi nos amis, beaucoup sont encore célibataires. Certains ont fait de longues études et sont encore étudiants ou viennent de commencer à travailler. Plusieurs sont homosexuels et soit n’envisagent absolument pas de devenir parents, soit l’envisagent dans un futur plutôt lointain, à l’issue d’un parcours compliqué.

Mon amie d’enfance a été la plus touchée par ma grossesse. Elle m’a appelé deux fois plus souvent qu’avant. Parfois en me disant “je viens de tomber sur un épisode des maternelles, j’ai vu un berceau de cododo, j’ai trouvé ça trop bien !”. Quand elle a posé la main sur mon ventre et senti le magicien bouger pour la première fois, elle a eu les larmes aux yeux. Quand elle a appris que j’avais accouché, elle était à Marseille. Elle a pris le premier train qu’elle a trouvé, et dès le lendemain elle était là (et avec un plateau de sushis!). C’est aussi elle qui était là le jour où je suis sortie de la maternité. Elle est devenue la marraine de mon fils. Ce bébé m’a aussi permis de me réconcilier avec ma meilleure amie (ce que nos mariages respectifs n’avaient pas réussi à faire). Son attachement à mon bébé me touche.

En dehors de ces deux amies, il y a eu des personnes intéressées et heureuses mais ne sachant pas vraiment ce qu’est un bébé ou ce que je pouvais vivre. Par exemple une amie qui, le week end où elle est venue nous voir, a beaucoup regardé le magicien mais n’a jamais osé le prendre dans ses bras. Des personnes contentes de nous voir heureux mais pas spécialement intéressées par le bébé. Comme le meilleur ami de Paul, qui est toujours content de venir passer un week end avec nous, et qui fait plus ou moins comme si le magicien n’était pas là. Des personnes inquiètes à l’idée que cette naissance nous change trop. Un ami qui nous reprend avec humour quand il trouve qu’on l’on devient des parents trop niais. Mon meilleur ami qui a même coupé les ponts pendant plusieurs mois pendant ma grossesse, de crainte que je ne devienne “comme tous ces jeunes parents obnubilés par leur enfant et qui sont incapables de parler d’autre chose”.

Quant à ma famille, ils ont été ravis pour moi. Mais il leur a fallu un petit temps d’adaptation. Parce que le magicien est le premier de sa génération. Donc qu’il conduit à un changement dans les relations familiales. Il fait de mes parents des grands parents. Il a fallu du temps à ma mère pour se faire à l’idée de devenir mamie avant 50 ans. La première réaction de mon père a été un “j’ai réussi à être à la fois un vieux papa (son petit dernier a 2 ans 1/2) et un jeune grand-père !” étonné. Ma grand-mère est très heureuse, mais m’a avoué qu’elle n’avait “pas trop dit dans le village qu’elle était arrière-grand-mère, ça fait vieille!”.

Moi, il m’a fallu du temps pour reconnaitre que cet enfant allait vraiment changer les choses, et ma relation aux autres. Parce que devenir mère allait me changer moi, sur certaines choses en tout cas. Et tout simplement au niveau matériel, puisqu’il serait là et qu’il faudrait s’organiser en conséquence. Qu’il fallait accepter que même quelqu’un qui m’aime puisse ne pas être intéressé par ma grossesse, puis par le magicien. Ce qui n’a pas été facile. Qu’il allait falloir trouver un nouvel équilibre, alors que je venais juste de réussir à trouver à peu près celui entre vie de couple/vie professionnelle/vie sociale.

D’un côté, ça fait du bien. Quand je vois mes amis, je décroche, je parle d’autre chose. Et j’ai profondément besoin de ces coupures. Je continue à m’intéresser à ce qui m’intéressait avant (bouquins, expos…). Je trouve ça plus stimulant intellectuellement que si j’étais d’avantage centrée sur ma vie de famille. Le magicien est suffisamment cool pour qu’on ait l’illusion de passer une soirée comme avant même quand il est là, de profiter de nos amis.

D’un autre côté, j’ai besoin de parler de mon bébé. Malgré tout ce que je m’étais promis, je peux avoir de long débat sur la tétine, passer du temps à parler de coliques. J’ai aussi besoin de partager mon expérience, de parler à d’autres mères, de voir quelles questions elles se posent. Besoin de gens qui me comprennent aussi, qui savent qu’être en congé maternité, c’est super, qu’on aime notre enfant plus que tout, mais que des fois on en a marre et qu’on a l’impression qu’on va exploser. Ca fait du bien de sentir qu’on n’est pas seule.

Pour ça, j’ai trouvé deux solutions.

Les accueils parents/enfants de la PMI où on va régulièrement. Un espace pour s’installer confortablement avec les bébés : canapés, tapis, coussins, jouets. Des personnes compétentes, ouvertes et adorables pour animer ce moment (une puericultrice, une psychologue, une sage-femme). Des conseils et des petits trucs pour mieux s’occuper de bébé. D’autres parents présents, avec leurs bébés, ce qui permet un échange intéressant. On voit des enfants un peu plus grands, mais aussi des tout-petits (et on se rend compte qu’avec un bébé de 2 mois 1/2 on peut déjà être nostalgique). On se rend compte qu’on partage les mêmes joies mais aussi les mêmes galères. Et ça fait du bien ! (en plus, le magicien adore ! un tapis et des jouets nouveaux, plein de choses à regarder, d’autres bébés…).

Internet et les blogs. M’autoriser à parler un peu de ma grossesse et de ma vie de maman sur ce blog qui n’était pas prévu pour ça au départ m’a fait beaucoup de bien. Mais j’apprécie surtout de lire d’autres blogs. Les blogueuses que j’ai découvertes en préparant mon mariage ont pour certaines orienté leurs textes et leurs réflexions sur la parentalité. C’est le cas du petit poison avec le blog d’Apostille, mais aussi des pérégrination de Mia, autour du mariage puis de la parentalité. A force, j’ai l’impression de lire des copines, de les connaître sans les avoir jamais rencontrées. Alors quand j’apprends qu’elles sont enceintes, je suis ravie pour elle, mais aussi pour moi, parce que je vais pouvoir continuer à partager avec elles. Mais j’ai aussi découvert beaucoup d’autres sites que je visite très régulièrement, en particulier le blog des vendredis intellos. Je m’invite dans la chambre et même dans la baignoire de certaines. Je découvre Floh a une petite fille qui n’a que quelques jours d’écart avec le magicien. J’essaye de savoir comment vivre mariés quand on est con et pleurnichard, et qu’en plus un petit bébé s’invite dans nos vies. Merci les filles, vous me faites du bien !

Petits bonheurs de la semaine (22 octobre 2012)

Premier petit bonheur : avoir réussi, à partir d’une réponse négative pour une place en crèche, à rebondir, à envisager les choses sous un angle différent et à trouver une organisation pour s’occuper du magicien après mon congé maternité. Cette organisation est à nos yeux, presque parfaite !!

Deuxième petit bonheur : soirées télé devant Falling skies avec mon amoureux, et le magicien jamais loin puisqu’il a décidé que le soir, il se couchait en même temps que nous (vers minuit)

Troisième petit bonheur : un gouter chez mon oncle avec mes cousines

Quatrième petit bonheur : découvrir que les couches bios de la biocoop ne sont pas plus chère que les pampers ! Et qu’elles conviennent très bien au magicien.

Cinquième petit bonheur : en un week end, réussir à voir mes grands parents, mes parents, mes frères et les soeurs, parents et grands parents de mon homme. Prendre le temps de profiter de tout le monde (même si ça veut dire limiter les temps de repos et rentrer à Paris crevés). Les voir s’extasier devant le magicien.

Sixième petit bonheur : du soleil et de la chaleur, ça fait bien plaisir fin octobre !

Petit bonheur avec le magicien : il a réussi à traverser cette semaine sans tomber malade ou faire de poussée de fièvre, ce qui n’était pas gagné d’avance entre mon gros rhume et ses premiers vaccins