De quoi occuper vos enfants ! (de l’art, des idées créatives et de la relaxation)

Hier, je vous faisais une sélection d’histoires à lire, regarder ou écouter. Aujourd’hui, d’autres ressources !

 

De l’art ! 

 

De la relaxation :

tout doux

yoga green

  • Sur l’appli Bayam, vous pouvez trouver des petits exercices de Yoga avec les illustrations d’Ilya Green (que l’on trouve dans Pomme d’Api). Mon fils a beaucoup aimé “l’arbre dans le vent”.

 

Des coloriages :

benjamin chaud coloriage

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Des activités diverses autour de la littérature jeunesse :

simon blake

stehr

ponti

 

Et voilà ! Amusez-vous bien !

 

De quoi occuper vos enfants ! (musique et histoires)

Coucou !

J’ai réuni quelques ressources numériques gratuites pour enfants et ado qui peuvent peut être vous servir en ces temps de confinement. Il y a un peu de tout, mais cette sélection reste centrée autour de la littérature et de l’édition jeunesse. J’ai volontairement exclu tout ce qui est scolaire ou parascolaire. Et il n’y a pas d’appli de jeux, mais vous trouverez des sélections bien faites, entre autres celle des bibliothèques parisiennes ou celles de Souris Grise. J’ai essayé de classer ce que je propose par thème, et d’indiquer un âge approximatif à chaque fois.

Informations :

Vos enfants (à partir de 6-7 ans) veulent savoir ce qui se passe en ce moment ?

Vous Salut-L-infotrouverez un numéro gratuit du PtitLibé sur le coronavirus et le podcast d’actualité d’Astrapi “Salut l’info !” (pour les 7-12 ans) s’adapte et propose aux enfants un rendez-vous quotidien : “Tous à la maison !”.

 

De la musique pour les (tout-)petits :

radio pomme d'api

Vous pouvez écouter Radio Pomme d’Api (3-7 ans) qui propose toute la journée, des chansons, des comptines, des histoires et des poèmes, des chanteurs pour enfants, d’Anne Sylvestre à Pascal Parisot, mais aussi des chanteurs “pour adulte” que les enfants peuvent reprendre en coeur.

 

Vous connaissez peut être mon amour pour la production musicale des éditions Didier Jeunesse. On peut écouter gratuitement une grande partie de leur production. Je défends beaucoup le livre CD, le lien avec l’illustration, mais en ces temps de confinement, c’est vraiment chouette ! (et nous on l’utilise beaucoup en voyage aussi le reste du temps). Vous trouverez sur leur chaine Youtube des comptines traditionnelles, joliment illustrées par Cécile Hudrisier, entre autres, et des extraits de leur superbe collection sur les berceuses et comptines du monde. Et pour compléter ça, des jeux de doigts et les chansons de Natalie Tual (oui, celle de bulle et Bob, mais pas seulement, gros succès de “dans mon igloo” quand les mômes étaient plus petits).

De plus, une grande partie de leur production musicale est disponible sur Deezer et Spotify (je vous mets les liens Deezer parce que c’est le plus pratique pour moi mais je pense que ce n’est pas trop compliqué à retrouver). Mes chouchous ? Les berceuses et comptines du monde, celles d’Afrique, de Russie, les comptines créoles, les berceuses Jazz, etc.

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Des histoires à écouter ou à regarder :

Pour les petits :

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  • On trouve gratuitement une partie de la série la cabane à histoires sur l’appli Bayam (il faut installer l’application, soit sur ordi soit sur tablette, une partie de l’application est réservée aux abonnés des magazines Bayard mais tout ce que liste ici est accessible à tous)  : quatre enfants se réunissent pour jouer et pour se laisser aller au plaisir de la lecture. Ils lisent ensemble des albums jeunesse, et l’animation laisse toute la place à l’illustration des albums. Si je trouve parfois les interactions des enfants un peu surfaites, cette série met en avant de très beaux albums.
  • Les histoires de Pomme d’Api sont disponibles en podcast. Et pour les nostalgiques, vous trouverez 3 volumes d’anciennes histoires racontées par Henri Dès sur Deezer.
  • une histoire et Oli: un podcast de France inter proposant des contes pour les 5-7 ans qui durent environ 10 minutes.

 

Pour les plus grands :

zizanie

  • Astérix et Obélix, la zizanie, une adaptation avec sons, bruitages et musique de la
    célèbre BD qui dure environ une heure. On peut aussi trouver les adaptations de 4 aventures de Tintin par les comédiens de la comédie française.
  • Les Odyssées: France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l’histoire
  • Encore une fois, les livres CD Didier Jeunesse. A partir de 6 ans environ, vous trouverez des livres CD inspirés de ballets, d’opéra ou de musiciens, comme le lac des cygnes, gros succès chez nous, Casse Noisette ou un livre inspiré de la vie et de la musique d’Erik Satie raconté par François Morel. Ils durent en général environ 45 minutes à une heure. Enfin, les classiques de la littérature jeunesse ont inspiré la création de livres CD, que ce soit les malheurs de Sophie ou Alice & Merveille. Pas des lectures du texte original, mais des créations, une manière de revisiter l’oeuvre.
  • Plusieurs auteurs et autrices de littérature jeunesse ont décidé de proposer, pendant cette période de confinement, des lectures quotidiennes. C’est le cas de Cécile Roumiguière qui lit Le journal d’une crevette à propos de l’entrée au collège de l’héroïne, ou de Vincent Cuvellier qui lit les jours pairs (à partir de 5-6 ans).artemis
  • Le feuilleton d’Artemis lu par Murielle Szac est disponible gratuitement sur l’appli Bayam. Et je pense que c’est LE livre a écouter un peu chaque jour en famille. Pour les enfants à partir de 7 ans.

 

Des livres numériques à lire pour les ados :

  • Rageot offre un roman ado à lire tous les 2 jours à télécharger entre 14h et 15h : The Wicked deep, la malédiction des Swan Sisters de Shea Ernshaw le 23 mars, la singulière aventure de Pénélope Vermillon de Valija Zinck le 25 mars, Engrenages et Sortilèges d’Adrien Tomas le 27 mars, Fingus Malister : feux follets, mandragore et cadavre frais d’Ariel Holzl le 30 mars. Le lien est donné au fur et à mesure sur la page Facebook ou sur le compte twitter de la maison d’édition. Moi c’est celui-là qui me fait de l’oeil :wicked deep
  • Vincent Villeminot met en ligne un feuilleton avec mise à jour quotidienne (pour ados à partir de 13 ans). Le début est là, et les infos seront données sur sa page Facebook et celle de PKJ. Je ne l’ai pas encore lu, mais c’est un chouette auteur jeunesse, c’est un texte inédit, je pense que ça vaut le coup !

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Voilà pour les histoires sous toutes leurs formes. J’ai beaucoup d’autres ressources dans ma besace (activités créatives, coloriages, ballet filmé, etc), je reviens donc très vite avec une suite !

Rue des Quatre-Vents

Au début, j’avais prévu juste un poste instagram, mais en le faisant, je me suis rendu compte que j’avais envie de vous parler de ce livre un peu plus en détails…

J’ai reçu récemment, donc, Rue des Quatre-Vents, au fil des migrations de Jessie Magana et Magali Attiogbé (éditions des éléphants, 2018).

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Je connaissais déjà Jessie Magana parce qu’elle a écrit les mots indispensables pour parler du sexisme chez Syros et parce qu’elle travaillait sur la collection Français d’ailleurs (chez Autrement jeunesse, réédité depuis chez Casterman) qui, comme le titre de la collection l’indique, raconte des histoires de migrations. L’illustratrice, Magali Attiogbé, est racisée. Et les éditions des éléphants font un chouette boulot sur les représentations et la lutte contre les stéréotypes. J’avais donc un a priori favorable sur ce bouquin, qui a été confirmé!

Ce livre met donc en scène la même rue entre 1890 et 2018, dans de grandes illustrations, avec le texte sur un rabat (seul petit défaut du livre : la scène décrite par le texte est parfois derrière le rabat…). Et le texte raconte l’histoire de ses habitants, et des différentes vagues de migrations qui ont façonné notre société, des juifs fuyant les pogroms au début du siècle aux migrants syriens, soudanais ou érythréens aujourd’hui.

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On y voit donc, en creux, toute l’histoire du XXe siècle et du début du XXIe : la colonisation française, les deux guerres mondiales et la guerre d’Algérie, le génocide arménien, la dictature de Pinochet au Chili ou les boat people vietnamiens.

 

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les tirailleurs sénégalais de la 1e guerre mondiale

On y voit aussi la “petite histoire” : les histoires d’amour vues d’un mauvais oeil par les parents, les enfants qui grandissent, la victoire à la coupe du monde de 1998 et les cours de théâtre à la MJC.

 

On y voit aussi l’évolution de l’architecture, des vêtements des habitants, des objets de consommation, des véhicules :

 

 

Le détail des pubs affichées sur les murs…

 

 

Les difficultés en France ne sont pas ignorées. Des insultes racistes aux bidonvilles dans lesquels les migrants vivent.

 

Le livre s’achève sur 2018 avec Najib, réfugié afghan, qui espérait gagner l’Angleterre. “Il espère qu’il pourra rester dans ce quartier. Il aime bien cette rue, ses habitants qui commencent à le connaître. Il se voit bien, ici.”

Le livre s’achève sur un texte militant, rappelant notre devoir d’accueil :

” Hier comme aujourd’hui, on part parce qu’on est trop pauvre et que l’on cherche une vie meilleure ; parce que la guerre menace notre vie ; parce que l’on est persécuté pour ses croyances, ses convictions politiques, son orientation sexuelle (…). Toutes ces raisons se mêlent souvent, faisant de la situation de chaque personne exilée une histoire très complexe. (…) Parmi toutes celles et tous ceux qui sont venus, depuis la fin du XIXe siècle, certains sont repartis, d’autres se sont installés, se sont mélangés, ont appris la langue et les coutumes de ce nouveau pays, tout en l’enrichissant des leurs. Ce voyage à travers le temps, dans la rue des Quatre-Vents, nous en donne un aperçu. Il nous montre qu’il est possible, encore, d’accueillir”.

Alors certes, ce n’est pas le livre parfait (j’ai trouvé le passage sur 1998 un peu appuyé, j’ai parfois été gênée par certaines tournures de phrases), mais c’est un support de découverte très riche et aussi un excellent support d’échanges.

Avec le magicien, on a passé plus de 30 minutes sur les trois premières pages ! Pas question de tout aborder d’un coup, nous nous sommes laissés guider par ses remarques et ses questions. On a essayé, aussi, de re-situer dans le temps parce que ce n’est pas évident à 6 ans (là ton arrière-grand-mère était petite fille, là c’est quand je suis née). Le livre s’adresse à des un peu plus grands, mais c’est un de ces livres dont on explore de nouveaux aspects à chaque lecture, et qui nous accompagnera plusieurs années.

Envie de pleurer un bon coup ?

Par curiosité, j’ai demandé aux gens, sur twitter, de me citer un livre qui les avait fait pleurer. Et j’ai eu plein de réponse. Des livres qui les ont fait pleurer enfant ou le mois dernier. Dans tous les styles, dans tous les genres. Alors j’ai eu envie de les réunir ici, pour compléter vos envies de lectures autant que les miennes !

J’ai séparé les livres jeunesse et les livres adulte, de manière artificielle, sans doute (comme j’ai pas réussi  à trancher pour des fleurs pour Algernon et que c’est un de mes coups de cœur, je l’ai mis dans les deux !).

 

La tarte aux escargots de Brigitte Smadja par Aelle / le temps des miracles d’Anne-Laure Bondoux par Lizly / Eleanor & Park de Rainbow Rowell par Muche / Une vie ailleurs de Gabrielle Zevin (épuisé) par Muche / Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes par Laura Blasutto et Lscw / Harry Potter et les reliques de la mort de J. K. Rowling par France Libotte / Nouvelle Sparte d’Erik L’homme par Coline Paillet / Marre du rose de Nathalie Hense et Ilya Green par Emilie Bourgeois / Inséparables de Sarah Crossan par Laura / Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepulveda par Plume Rouillée / si loin de toi de Tess Sharpe par Shiny Bâjé / nos étoiles contraires de John Green par Zieph / mon bel oranger de José Mauro de Vasconcelos par Laetitia Petit

 

 

 

Dans le murmure des feuilles qui dansent d’Agnès Ledig par Agathe Tournesoleil / Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes par Laura Blasutto / la tour sombre de Stephen King par WonderWaitress / Retour à la montagne de Roger Frison-Roche par Leslhibou / le rêve de Martin de Françoise Henry par Prune / Germinal d’Emile Zola par Alexa / les raisins de la colère de John Steinbeck par aspholoup / tout ce que j’aimais de Siri Hustvedt par Docteur Couine / le lambeau de Philippe Lançon par Emilie Bourgeois / la nuit des temps de Barjavel par F’(x) / la couleur pourpre d’Alice Walker par Luckyslug / Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu par Zieph / les règles d’usage de Joyce Maynard par l_o / le combat ordinaire de Manu Larcenet par gwynplaine / Désorientale de Negar Djavadi par Delphine Virte / La nostalgie de l’Ange d’Alice Sebold par Comment Ça Nombreuse ? / La tapisserie de Fionavar de G.G.Kay par Comment Ça Nombreuse ? / Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin par Antoinette Dapples / La couleur des sentiments de Kathryn Stockett par Aurélia Perger / La Voix Sombre de Ryoko Sekiguchi par Anne-Lise Remacle

 

Je vous mets les miens aussi ?

 

Je pourrais en citer beaucoup d’autres, je pleure pour un rien… La série de mon enfance qui m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps, c’est “mon amie Flicka” de Mary O’Hara. Une série sur l’amitié d’un jeune garçon et d’un cheval dans un ranch du Wyoming, que je trouverais sans doute bien tarte avec des yeux d’adulte… Mais je me souviens encore de cette fois où ma grand mère m’avait trouvé en larmes dans mon lit et était venue en courant, paniquée, me demander ce qu’il se passait, et mon “c’est dans mon liiiiiiiivre !”.

Je pleure moins à chaude larmes, désormais. Mais d’un trait de fusain de Cathy Ytak m’a mis les larmes aux yeux.

Et puis un essai, une réflexion sur la maternité. Dans laquelle je me suis (trop) reconnue, à une période où la maternité était particulièrement difficile pour moi. Les larmes qui montent en lisant ce que je ressens sous la plume d’une inconnue…

Islande : la péninsule de Snaefellsnes

Mes frères sont là depuis 2 jours et ont déjà découvert Reykjavik et ses environs (en courant, au sens propre, puisqu’ils ont fait les 22 km de l’écotrail de Reykjavik !). Donc nous quittons tout de suite la ville et nous consacrons notre premier jour à la péninsule de Snaefellsnes.

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Il pleut un peu ce jour là. Mais on est immédiatement plongés dans l’ambiance islandaise, la vue sur la mer d’un côté, les moutons, les chevaux, la campagne islandaise et les premiers champs de lave et cascades de l’autre.

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Le coup de coeur de mes frères : Rauđfeldsgjá (oui, j’écris cet article avec le guide ouvert sur les genoux, parce que non, je n’ai pas réussi à mémoriser les noms islandais !), une crevasse dans la falaise, au dessus de laquelle tournent des centaines d’oiseaux. Avec la pluie et les nuages, on a un peu l’impression d’une entrée vers les enfers.

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On peut même se glisser à l’intérieur, entre les parois, d’une pierre à l’autre au dessus d’un petit ruisseau. Impressionnant.

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On monte aussi sur notre premier volcan, le cratère de Saxhöll :

 

Et puis surtout, on se ballade sur une plage et on voit… nos premiers phoques !

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Ca ne rend pas grand chose en photo, mais on a passé un bon moment à les regarder se reposer, nager, grimper sur les rochers… C’était magique !

Tout comme cette vue sur les falaises !

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Petit regret, le Snaefellsjökull, volcan recouvert d’un glacier, se cache dans les nuages. Mais ça m’a quand même donné envie de lire voyage au centre de la terre de Jules Verne : c’est par ce cratère que ses personnages pénètrent sous terre !

En revanche, on admire le Kirkjufell qui se dégage par instant !

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Pour prendre la direction de notre hôtel, on emprunte alors une piste en terre. La vue est toujours grandiose.

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On arrive ensuite au Sæberg Hostel, qui malgré ses installations un peu rudimentaires (surtout les douches), reste mon préféré du séjour je pense. Ah, le hot pot (bain chaud) face au fjord ! Et le petit chalet que nous occupons, et où on mange avec vue sur l’eau…

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Islande

2600 km en 8 jours, des paysages grandioses, et l’envie de vous montrer un peu de tout ça !

On a loué une voiture, et pris la route circulaire. Et donc fait le tour du pays, ou presque. En s’arrêtant à tous les points de vue, quasiment.

J’ai adoré ce voyage. On est scotché en permanence. Tous les paysages sont grandioses. Et changent sans cesse, on ne voit jamais la même chose. On passe en 5 minutes d’une campagne plutôt paisible à un champ de lave où à des falaises sur la mer.

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Et on voit des icebergs !

Mais j’ai trouvé aussi ce pays rude. Et fatiguant. Si on n’a pas eu trop de pluie, on a eu du vent, beaucoup. A avoir du mal à tenir debout, parfois. Tout semble extrême dans ce pays. La nature, la météo. On est au bout du monde. Parfois, j’ai ressenti l’envie de souffler un peu, de me retrouver dans du confortable. Et il y en a peu.

Cette sensation a été peut être accentuée par la manière dont nous avons voyagé. L’Islande est un pays où tout est hors de prix. Hors de question donc de manger trop souvent au resto ou de s’arrêter prendre des cafés. On mangeait le soir à l’auberge de jeunesse, et le midi on pique-niquait… Le plus souvent dans la voiture, parce qu’il faisait trop froid pour manger dehors.

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Comme ma mère avait tout préparé, c’était quand même des pique-nique tout confort, avec café et chocolat à la fin !

(si certains s’interrogent sur le prix, par personne ça a couté environ 200 euros d’avion, 175 euros de location de voiture et 800 euros pour le reste, avec hébergement en auberge de jeunesse).

Un voyage purement nature, donc, qui changent de mes vacances en général plutôt culturelles ! (on n’a même pas visité une seule bibliothèque !).

Cette semaine, j’avais abandonné mon amoureux et mes enfants pour partir avec ma mère et mes deux frères. La dernière fois qu’on était parti en famille comme ça, tous les 4, c’était en 2004 ! Et c’était vraiment chouette de se retrouver. On était sur la même longueur d’onde. Avec un de mes frères on faisait les programmes des journées tandis que mon autre frère et ma mère géraient l’intendance.

On a écouté et chanté à tue-tête dans la voiture Renaud, Brassens, Tiken Jah Fakoly, Yves Jamait, Joe Dassin, Ferrat, Grand Corps Malade, Mika… (on a à cette occasion découvert le pire crime contre la musique, l’adaptation en français de No woman no cry par Joe Dassin…). Et puis les bêtises de mes frères qui ont passé la semaine à crier “Arthur ! Cuillère !” et “Pas changer assiette pour fromage” (la référence est ).

On a pris des photos débiles.

Bref, on est revenus avec l’envie de repartir tous les 4 !

Et puis comme il fallait se mettre dans l’ambiance, mes lectures des vacances !

(avec une préférence nette pour le second).

Le choix des enfants #1

Nouvelle série (??) d’article sur le blog. Parce que moi je vous parle souvent d’albums jeunesse, mais une fois de temps en temps, j’accepte de les laisser choisir !

Et ça sera peut être l’occasion de relancer ce blog un peu moribond…

Je leur laisse la parole, donc !

Le magicien, 5 ans 1/2, a choisi les copains de la colline de Linda Sarah et Benji Davies (Milan, 2014).

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“Ca parle d’enfants qui jouent ensemble avec des boites en carton. Ben et Théo rencontrent Sam et Ben n’est plus heureux parce que Théo et Sam ne jouent plus avec lui. Mais Théo et Sam fabriquent un monstre en carton et Ben revient.

Je l’aime parce qu’à la fin, on voit un monstre en carton que j’aime beaucoup, avec des bouteilles, des cartons, des drapeaux, des roues, des trucs dessus, du scotch, une place dedans… Les couleurs sont jolies.”

 

La puce, 3 ans, a choisi Ernest et Célestine : la fanfare de Gabrielle Vincent, qui vient d’un coffret intitulé Ernest et Célestine : trois petites histoires (Casterman, 2016).

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“Ernest et Célestine écoutent la fanfare.

J’aime ce livre parce que j’aime bien le vert. J’aime bien parce qu’ils font le carnaval et que ça fait “ratatatam ratatatam”. “

Salon de Montreuil 2017

C’est un rituel, chaque année ou presque, je fais un *petit* compte rendu de mon tour au salon de Montreuil.

Cette année, j’y suis allée 3 fois : vendredi avec des amies, dimanche en famille et lundi pour la journée professionnelle. Repérage de nouveautés, (plein de) dédicaces, achats de cadeaux de Noël, visite de l’expo, spectacle, et intervention dans une table ronde, ça a été très riche !

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A Montreuil, il y a les livres qu’on découvre, qu’on achète. Mais aussi nos chouchous, ceux qu’on a lu cent fois, et qu’on emporte précieusement parce qu’on a repéré que les auteurs étaient présents.

Pour moi cette année c’était Ni poupées ni super héros de Claire Cantais, à la ville brûle que j’ai chroniqué en détails sur fille d’album. Dédicacé pour les enfants, pour les accompagner encore un peu plus dans leur liberté, le magicien, en ce moment, me demande souvent “hein on a le droit de faire ça quand on est un garçon ?”…

 

Pour le magicien, c’était la tribu qui pue d’Elise Gravel et de Magali Le Huche aux éditions les fourmis rouges (qui fait décidément de chouettes bouquins, et je ne dis pas seulement ça parce qu’ils éditent Emmanuelle Houdart ^^). C’est LE coup de coeur du moment à la maison et il est très fier d’avoir désormais Fanette dans son livre !

La tribu qui pue, c’est donc l’histoire d’une joyeuse troupe d’enfants très heureux de vivre entre eux, à poil, dans la nature. Mais la directrice de l’orphelinat est bien décidée à laver, habiller et faire rentrer dans les cases… C’est drôle, fin, super ! Une très bonne idée de cadeau de Noël !

 

Vous connaissez sans doute notre passion familiale pour Bulle et Bob ! La puce a choisi Bulle et Bob se déguisent “parce que c’est mon préféré !”. Ilya Green lui a décidé une magnifique Bulle, mais alors qu’elle lui rendait le livre, la puce s’est écrié “je veux Bob aussi !”.

Rien pour l’amoureux, mais depuis qu’il a eu sa propre dédicace de Oh non, Georges ! de Chris Haughton l’année dernière, il est comblé !

J’adore les dédicaces avec les enfants. J’adore la spontanéité avec laquelle ils parlent aux auteur·e·s (quand j’ai moi-même du mal à être à l’aise et à dire autre chose que “j’adore ce que vous faites !”).

Et puis il y a eu les achats…

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Oui, je sais, c’est franchement indécent… Mais cette année il y a beaucoup de cadeaux !

 

Celui-ci, à la recherche de la carotte bleue, les métiers de Sébastien Telleschi, c’est une découverte du magicien, qui commence à s’intéresser beaucoup aux livres jeux. Il a eu un coup de coeur sur le stand de little urban (qui a vraiment un catalogue super chouette, j’essayerai d’en reparler un peu ! En attendant, allez faire un tour sur leur site, d’autant plus intéressant qu’ils proposent de nombreux ateliers et activités en lien avec leurs albums). C’est bourré de détails et la carotte bleue n’est vraiment pas facile à trouver, ça va l’occuper un moment !

 

Un grand jour de rien de Béatrice Alemagna (Albin Michel Jeunesse) pour le magicien, parce que j’aime de plus en plus cette auteure, et qu’on a eu l’occasion de découvrir des originaux de cet album à l’exposition du salon, qui ont beaucoup intéressé le magicien. Dans cet album, un petit garçon se trouve coincé dans une maison de campagne, et n’a qu’une envie, jouer à tuer des martiens sur sa console. Jusqu’à ce qu’il se laisse emporter par toutes les possibilités que lui offrent l’extérieur. Les planches sont simplement magnifiques !

 

On aurait dit d’André Marois et Gérard Dubois (Seuil jeunesse), dédicacé par l’auteur (mais l’illustrateur n’était pas là malheureusement). Si ces illustrations rétro ne sont généralement pas ma tasse de thé, elles conviennent plutôt bien à cet album, qui est surtout un éloge de l’imagination des enfants, qui se laissent complètement embarquer dans leur histoire (non sans faire *quelques* dégâts dans la maison). La chute me fait beaucoup rire !

 

Le nouveau nid des petits marsus de Benjamin Chaud (Little Urban) fait partie d’une nouvelle série qui reprend en album jeunesse le célèbre héros de BD. C’est ultra mignon, plein de détails dans l’illustration comme toujours chez Benjamin Chaud. C’est le grand chouchou des enfants pour le moment, aussi bien du grand (5 ans) que de la petite (2 ans 1/2), parmi tous les livres rapportés du salon.

Et visiblement, les coussins avec les illustrations de Benjamin Chaud sont bien confortables pour faire une petite pause au milieu de la course du salon !

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L’ours qui ne rentrait plus dans son slip est un livre CD de Emilie Chazerand et Félix Rousseau de chez Benjamin média. J’en cherchais pour le magicien pour le “temps calme” de l’après-midi (quand sa soeur fait la sieste). Nous ne l’avons pas encore écouté mais les extraits que j’ai entendu, ce que j’ai vu en le feuilletant et le nom d’Emilie Chazerand dont j’ai adoré le dernier roman pour ados (la fourmi rouge chez Sarbacane) me font penser que ça va être très bien.

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J’ai déjà parlé un peu de ce documentaire pour préados et ados sur les règles par Elise Thiébaut et Mirion Malle chez la ville brûle ici. Je ne l’ai pas encore lu entièrement, mais j’ai apprécié les passages que j’ai lu et la diversité des représentations. Et j’en profite pour frimer avec mon nouveau tote bag avec lequel je me promène fièrement depuis quelques jours !

J’ai l’impression qu’on a beaucoup parlé de ce loup en slip de Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz (Dargaud), mais si vous l’avez raté, il est hilarant ! Tout le monde dans la forêt est terrorisé par le loup (et tout un business s’organise, entre pièges à vendre et brigade anti-loup), mais il fait beaucoup moins peur avec son slip à rayures… On a cru qu’on ne réussirait jamais, avec Elise, à trouver le livre sur le salon, Dargaud n’ayant pas de stand, donc la dédicace est une grande victoire, merci à Sophie !

Chaque année, c’est mon rituel, je vais sur le stand de Minédition pour que l’éditeur me raconte une histoire, il a un don pour ça ! Et cette année, j’ai craqué pour trop grand, trop petit ! de Catherine Leblanc et Eve Tharlet, pour la puce qui a décidé qu’elle était grande et plus pikinote ! J’avais beaucoup aimé dans la même série est-ce que tu m’aimeras encore ? (sur l’amour inconditionnel des parents) et là voilà ! (sur l’arrivée d’une petite soeur) et là encore beaucoup de tendresse se dégage du dessin, alors je passe même sur la mère en tablier dans la cuisine.

Des fois, on a de la chance : on va voir la grande conteuse Catherine Zarcate (que vous pouvez par exemple découvrir ici), et on tombe aussi sur l’illustratrice du recueil, Irène Bonacina, qui nous fait un magnifique dessin ! Mes enfants sont ans doute un peu petits pour ce recueil, mais il contient un de mes contes préférés, le loukoum à la pistache.

Ce qui est chouette, au salon, c’est quand on découvre des albums qu’on ne pensait pas prendre, des illustratrices qu’on ne connaissait pas, en l’occurrence simplement parce qu’elle était à côté de Magali Le Huche en dédicace. Dans cet album, la retraite de Nénette (à l’école des loisirs), Claire Lebourg où elle invente une retraite libre à Nénette, orang-outang de la ménagerie du jardin des plantes qui y vit depuis 1972. La puce a été très marquée par sa visite à la ménagerie et a donc réclamé que ce livre soit pour elle, même s’il s’adresse à des plus grands.

Encore une découverte, cette fois grace au magicien qui s’est précipité sur ce livre-objet, le bout du bout de François David et Henri Galeron chez Motus (maison d’édition qui fait de la poésie et que je ne connaissais pas !). Un livre surréaliste, qui se déplie peu à peu, j’aime son côté un peu perché !

 

Et ensuite… les cadeaux !

Je n’ai malheureusement pas pu faire dédicacer Bergères Guerrières, de Jonathan Garnier et Amélie Fléchais, par manque de temps (j’avoue que j’ai aussi du mal avec les méthode de Glénat puisqu’il faut acheter un album sur le stand pour avoir un ticket dédicace, ce que je trouve très nul). Je n’ai pas encore lu cette BD d’aventure en entier, mais j’ai beaucoup apprécié ce que j’en ai lu et ça a été un gros succès chez Sophie et ses filles. Je suis donc sûre que c’est un super cadeau pour ma cousine de 8 ans !
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Pour les neveux de Paul, presque 3 ans et 5 ans, loup gris et la mouche de Gilles Bizouerne (Didier Jeunesse). J’aime beaucoup cette série “loup gris” et je trouve que celui-ci est le meilleur. Loup gris avale une mouche. Malheur, il se met à bzzzzozoter ! Quand il croise une araignée, il se dit qu’il va l’avaler, et qu’elle mangera la mouche dans son ventre, et que son souci sera réglé. Mais ça ne va pas aussi bien se passer… C’est un régal à lire à haute voix, et un de mes derniers gros succès à l’heure du conte à la bibliothèque : enfants comme parents étaient écroulés de rire !

Pour mon neveu de 6 mois, un de mes chouchous, un des livres qu’on a lu en boucle avec nos enfants bébés : bon voyage bébé ! de Béatrice Alemagna (Helium). Je l’aime tellement que j’ai eu du mal à ne pas mettre toutes les pages ! Le coucher décrit comme un départ en voyage, avec une grande délicatesse et le talent de Béatrice Alemagna. Et en plus, on évite les stéréotypes !

Autre chouchou, autre cadeau dédicacé pour mon neveu, les mains de papa d’Emile Jadoul (pastel), mon préféré de cet auteur ! J’en avais parlé ici.

Vous connaissez mon amour pour Ilya Green. C’est un incontournable de nos cadeaux de naissance. Pour le petit dernier de la famille, nous avons donc craqué pour son dernier album chez Didier Jeunesse, les petits amis de la nuit, un joli défilé de doudous qui accompagnent le coucher d’un tout-petit. Le jeu de mat et brillant est discret mais réussi.

Et encore du Ilya Green, en livre CD cette fois, pour un grand bébé d’un an ! Elle illustre les chansons de Ceilin Poggi et Thierry Eliez, accompagnés non pas des traductions des chansons mais de poèmes de Murielle Szac. On n’y trouve pas seulement du jazz puisque les reprises vont de Barbara Streisand à Stevie Wonder en passant par les Beatles. L’amoureux les a vu en concert avec les enfants à la librairie du quartier et a aussi craqué pour nos enfants qui l’écoutent chaque soir au coucher depuis. Personnellement, j’aime particulièrement sa reprise de isn’t she lovely.

Enfin, ma belle-soeur m’a demandé un roman à Noël. Et vous savez que j’aime beaucoup faire lire des romans ados aux adultes, j’ai donc fait dédicacer pour elle un de mes gros coups de coeur de l’année, là où tombent les anges de Charlotte Bousquet (chez Gulfstream), donc j’ai parlé longuement ici.

 

Mais le salon du livre, ce ne sont pas que des achats ! Et j’ai la chance d’avoir un fils aussi motivé que moi pour en profiter ! Alors on est allés voir la lecture chantée par Pascal Parisot de son dernier livre disque, Superchat, les souffrances du gros Werther, illustré par Roland Garrigue, chez Didier Jeunesse. Werther le ver de terre est en train de se dessécher sur une terrasse, en plein soleil…Heureusement que superchat va venir à la rescousse ! C’est décalé et drôle. Un bon livre CD à offrir là encore !

superchat

Et puis vous aurez compris depuis le début de l’article que je suis fan d’Ilya Green, mais j’ai une tendresse particulière pour Bou et les 3 zours d’Elsa Valentin (à l’atelier du poisson soluble), un livre d’une inventivité incroyable. Alors pouvoir l’écouter lue par l’auteure à l’occasion de sa sortie en livre CD aux éditions trois petits points, c’était vraiment chouette ! et ça a été l’occasion d’écouter aussi un futur album à paraître en mars, Zette et Zotte à l’usine, affaire à suivre.

Et puis au salon de Montreuil, il y a une expo, cette année sur la représentation des enfants. L’occasion de retrouver certain·e·s illustrateur·trice·s que j’adore : Béatrice Alemagna (photos 1 et 2), Benjamin Chaud (photo 3), mais aussi d’en découvrir d’autres. Cette année, Annabelle Buxton (photo 4 et 5) et Audrey Celleja, dont j’avais déjà vu passer des albums, mais sans y prêter assez attention (photo 6 et 7) J’aurais aimer vous en montrer plus, mais les originaux sont, bien évidemment, sous verre, et c’est quasiment impossible de prendre une photo potable.

Bon, je vais arrêter mon article fleuve ici, mais vous n’en avez pas fini avec le salon ! Déjà parce que j’ai eu la chance d’intervenir lors d’une table ronde sur la diversité (ou plutôt le manque de diversité) dans la littérature jeunesse avec Diariatou Kebe de l’association Divéka/Diversité & kids, Penda Diouf, responsable d’une bibliothèque à Saint-Denis et Sophie Agié de légothèque, et que j’en parlerai en détails sur fille d’album et puis j’ai aussi repéré plein de nouveaux titres, en particulier sur la diversité. Si je ne ferai pas un article de blog (ça me prend trop de temps), j’essayerai d’ajouter un lien vers le fil twitter.

D’un trait de fusain de Cathy Ytak

J’ai retrouvé le chemin du blog pour vous parler d’un de mes derniers coup de coeur. J’aimerais vraiment le faire plus régulièrement, mais c’est compliqué, non pas par manque d’idée ou d’envie, mais simplement par manque de temps !

D’un trait de fusain de Cathy Ytak, donc (Talents Hauts, 2017).

d'un trait de fusain

1992. Mary, Monelle, Julien et Sami sont lycéens dans une école d’art. En cours de dessin, leur modèle préféré s’appelle Joos. Il est jeune, libre et beau. 

Et j’ai du mal à compléter le résumé. A trouver l’équilibre entre ne pas trop en dire sur l’intrigue et en dévoiler suffisamment pour montrer le côté engagé du roman. Mais je ne pourrai pas parler correctement de ce livre sans parler de Sami et de Joos qui tombent amoureux. Sans parler du sida. Sans parler d’Act Up où Mary va finir par militer. Alors j’en dis sans doute un peu plus que d’habitude sur l’intrigue, en me disant que je savais tout ça avant de lire le livre et qu’à aucun moment ça ne m’a gâché la lecture.

Parce que ce roman m’a complètement embarquée. Je l’ai dévoré rapidement, j’ai été tour à tour amusée, émue, en colère. Dans la gentille dédicace qu’elle m’a faite, Cathy Ytak parle de rage et de douceur, et c’est tout à fait ça.

J’ai été très touchée par l’évolution de Marie-Ange tout au long du roman. Marie-Ange qui a grandit dans une famille de “vieux réacs”, étouffante, maltraitante.

“Il y a ces paroles encore marquées au fer rouge dans sa tête ; celles de son père, intimement persuadé que les filles ne valent rien, et celles de sa mère, encombrées de silence (…). Les yeux baissés, les cuisses serrées, la peur des hommes en héritage, la haine du corps en transmission.”

Marie-Ange qui ne rêve que de partir et qui compte les jours jusqu’à ses 18 ans. Qui va grandir tout au long de ce roman. S’affirmer. Devenir Mary.

Grandir avec et par les autres. Au cours d’un week end à Saint-Malo où soudain une amitié de lycéens devient beaucoup plus. Où quelques jours suffisent à les transformer.

Grandir aussi par le dessin, qui les réunit. Si Marie-Ange dessine au début des autoportraits, des “trucs repoussants” qui “diraient la douleur suffocante qui empêche de parler”, le dessin lui permettra aussi d’appréhender, de façon bien plus douce, le corps de l’autre.

C’est au travers du cadre précis d’un viseur ou cerné par destraits de crayon qu’ils se dévoilent d’abord. Concentrés, respectueux, tendus vers le meilleur rendu, le plus joli tracé, Pimpin et Mary s’apprivoisent, se caressent des yeux, font mine de ne pas s’apercevoir du trouve qu’ils provoquent chez l’autre et qui les envahit en retour. Et finissent par tirer les rideaux sur cette journée d’hiver. 

L’importance des autres pour changer soi-même, en particulier à l’adolescence, et la place de la pratique artistique m’ont évoqué ce qui m’avait plu dans 3000 façons de te dire je t’aime de Marie-Aude Murail.

 

Mais ici, les personnages grandissent aussi forcés par le sida qui entre dans leur vie, l’homophobie qui les laisse seuls face à cela. En se battant contre la maladie. En militant. En cachant leur combat à ceux qui ne comprendraient pas, au lycée, aux parents. La douleur et la colère sont là, au centre. Dévastatrices, mais qui donnent aussi l’énergie pour avancer, lutter, militer. Pour que les choses changent.

Elle aimerait expliquer à Monelle combien ses propres réflexions et colères ont trouvé un écho dans celles de ces luttes collectives, que ce soit à Act Up, Aides ou d’autres encore, qui se battent sans relâche.

Ne plus se taire. Et ne jamais baisser les bras.

Alors oui, elle aurait pu militer ailleurs. Ou ne pas militer du tout. Mais il y a eu Sami et Joos, et le sida sur leur parcours. Et c’est devenu toute sa vie, une vie d’adulte avant l’âge, peut-être, qui oscille sans cesse être la fête et le désespoir.

Impossible pour moi de parler de ce livre sans parler du magnifique film 120 battements par minute. Parce que je n’étais qu’enfant au début des années 90, je n’ai pas de souvenir d’Act Up à cette époque (mon premier souvenir de cette association, c’est un mariage homosexuel à Notre-Dame en 2005), et les images que le livre a évoqué, ce sont celles du film vu il y a quelques semaines. Cathy Ytak, ancienne militante, a écrit le roman avant ce film, mais elle fait elle-même le lien entre les deux sur son blog.

Dans l’un comme dans l’autre, on découvre cette “façon de militer, faite de rage et de rires, de couleurs, de mises en scène et d’images”. Ce mouvement permanent face à l’immobilité de l’hôpital et de la mort. Qui m’a emporté en tant que lectrice comme il m’a emporté en tant que spectatrice.

“S’habituer… S’habituer à passer du rire aux larmes en quelques secondes. De la plaisanterie la moins fine à la peur la plus forte. Avec la mort infiltrée. Mais sérieusement, quand on a dix-sept ou dix-huit ans, ça veut dire quoi, mourir, si on n’a rien vécu ?

 

Ce roman est publié dans une collection de romans historiques chez Talents Hauts, les héroïques. Pour moi, c’est l’époque de mon enfance, celle des cabines téléphoniques, du minitel et des walkman. Pour des ados d’aujourd’hui, c’était avant leur naissance. Et pourtant, ce livre est d’une actualité brulante. Act Up le rappelle.

Pour finir, cette chanson de France Gall, évidemment, évoquée dans le livre.

Et aussi les beaux articles sur ce roman de Bob et Jean-Michel, la mare aux mots, arcanes ouvertes

Après avoir écrit cet article, je me suis demandé si j’allais le publier ici ou sur Fille d’Album où il aurait sa place. Mais vu la façon dont j’en parlais, coup de coeur plus que réelle analyse des représentations, il me paraissait plus à sa place ici. J’ai cependant tenu à en dire quelques mots là-bas aussi.

Le handicap

Cet article et ceux à venir sont une adaptation de matinées de présentation et d’analyse d’albums à destination des professionnelles de crèche que nous organisons régulièrement avec des collègues. Elles sont thématiques, et nous en avons consacré une aux diversités, et une autre aux représentations des filles et des garçons, des hommes et des femmes dans les albums pour les tout-petits. J’ai commencé le compte-rendu de la première avec deux articles publiés sur Fille d’Album, rôle du père, rôle de la mère et diversité des familles.

Après avoir parlé de la diversité au sein des familles, nous avons parlé de diversité humaine, et tout d’abord de handicap, à partir de deux albums.

On n’est pas si différents, de Sandra Kollender et Claire Cantais (la ville brûle, 2015).

pas si différents

Ce livre n’est pas un album narratif. Il fait partie d’une collection de livres militants de la maison d’édition La ville brûle, “jamais trop tôt” qui a pour objectif de lutter contre les stéréotypes.

Il commence par cette introduction à destination des adultes :

“La publicité pour une célèbre pâte à tartiner chocolat-noisettes dit et répète qu’il faut beaucoup d’énergie pour être un enfant. C’est vrai. Et c’est vrai pour tous les enfants, même ceux que l’on ne voit jamais à la télé.

Qu’il soit né porteur d’un handicap ou qu’il le soit devenu, que son handicap soit physique ou mental, visible ou non, qu’il roule, boite, tâtonne, signe, tourne en rond ou culmine à 60 cm, rien n’interdit à un enfant de manger des tartines chocolatées, de rire, d’être heureux, d’être amoureux, de faire des bêtises, de râler… et surtout d’avoir des amis.

Au fil de ces pages, ni peur ni pitié, pas de bons ou de mauvais sentiments non plus, juste des enfants qui finalement ne sont pas si différents les uns des autres, et qui peuvent apprendre à se connaître pour mieux vivre ensemble.”

On y trouve tous les types de handicap : physiques, mentaux, sensoriels, etc. Le handicap est présenté comme un “truc en plus” et le livre met en avant le positif. Et montre que les enfants handicapés sont, comme tous les autres, des enfants qui vivent des joies, des bonheurs et ont des envies et des goûts bien affirmés. Et il y a beaucoup d’humour !

Cependant, le handicap n’est pas édulcoré, en particulier dans les illustrations. Il s’agit bien de montrer des enfants qu’on voit rarement de façon réaliste dans les albums pour enfants. L’illustratrice, Claire Cantais, a passé du temps dans un lieu d’accueil pour enfants handicapés pour trouver les bonnes postures et positions. Elle propose donc des portraits très réalistes dans un décor fait de collages.

J’en ai parlé en détail (et mis des extraits) ici.

Regarde en haut, de Jin Ho Jung (Rue du Monde, 2015)

regarde en haut

Une petite fille en fauteuil roulant après un accident de voiture se retrouve sur son balcon et regarde en bas, dans la rue, les gens qui continuent à passer sans lui prêter attention. Jusqu’à ce qu’un petit garçon la remarque…

Les illustrations en noir et blanc de ce livre sont aussi assez atypiques : le cadre est absolument fixe, le décor est répété à l’identique sur toutes les pages : arbres et pavés. L’auteur nous place au plus près de l’enfant, juste au-dessus d’elle, et nous fait voir ce qu’elle voit : une vue en plongée, de sa fenêtre, sur le monde qui s’agite en bas et ne soupçonne même pas sa présence. Elle, elle regarde souvent en bas, c’est une enfant solitaire, malgré elle. Nous, nous observons les 2 : l’enfant, et les gens. La vie sociale est en bas.

L’auteur nous demande d’aller vers l’autre, l’invisible ou le différent, et d’inventer notre moyen d’entrer en contact, selon notre personnalité. Et, au minimum, de tourner, ou lever la tête vers cet autre. La suite viendra sûrement, chacun trouvant sa façon d’entrer en contact.

Et quand ce contact se fait, la petite fille sourit puis la couleur apparaît, à la dernière page, par petites taches. Les arbres sont en fleurs. Comme un printemps ?

A découvrir aussi ici.

 

Je reviens vite avec la suite !