le magicien et la puce, portraits

A quelques jours de la rentrée, j’avais envie de dire quelques mots de mes enfants, aujourd’hui. Parce que les choses passent si vite. Que j’aime relire de temps en temps les portraits d’eux que je fais sur le blog. Pour me rappeler, voir à quel point ils changent, tout en restant les mêmes.

La puce a 16 mois. Ses cheveux se sont beaucoup éclaircis pendant les vacances, et lui tombent dans les yeux. Ses yeux ont foncé par contre. Ils seront gris plutôt que bleus. Comme les miens maintenant. Le bout de son nez est tout râpé parce qu’elle a fait des cascades au parc.

Elle est toujours aussi souriante. Quand elle rencontre quelqu’un de nouveau, elle a quelques secondes de timidité, où elle s’accroche à nos jambes, mais ça ne dure pas. Et à partir de ce moment là, elle est souriante, sociable, heureuse quand il y a du monde. Quand on rentre du travail, elle se précipite vers nous, tout sourire. Même chose quand quelqu’un qu’elle aime vient nous voir. Il faut la voir faire la fête à son parrain !

Elle adore manger. Ca fait longtemps qu’elle a décidé qu’elle mangerait comme nous. Il faut la voir se pencher sur sa chaise haute, pour vérifier qu’il y a bien la même chose dans son assiette que dans celle de son frère ! Et le scandale qu’elle fait si ce n’est pas le cas ! Désormais, elle mange seule ou presque. Avec enthousiasme. Aime tout. Tend son assiette en poussant des cris quand elle est vide.

p1100295

Elle fonce droit devant. Part à l’aventure. A la plage, alors qu’au même âge son frère n’osait pas poser le pied dans le sable, elle courait droit vers la mer dès qu’on la posait, et se jetait avec enthousiasme dans de l’eau à 20°. Dans la piscine, elle était prête à se jeter dans le grand bain. Chez mon grand-père, l’escalier qui conduit à la piscine a une marche très haute. Sa femme me disait donc “à cet âge on est tranquille, la marche les bloque donc ils ne peuvent pas monter”. Le temps qu’elle ait fini sa phrase, la puce l’avait déjà escaladé.

Elle est bavarde, et les premiers mots commencent à être reconnaissables. Papa, Maman, non (qu’elle dit pour accompagner le signe de la main qu’elle fait depuis plusieurs mois déjà !), encore, doudou, et “bouaf”, intermédiaire de “boire” et “soif” pour réclamer sa tasse d’eau. Elle sait très bien ce qu’elle veut, de toute manière, et sait très bien le faire comprendre. Elle nous dit au revoir de la main quand elle est fatiguée et veut aller dormir., par exemple.

C’est une tête de mule. Et une tragédienne. Quand on lui dit non pour quelque chose, elle se jette par terre en hurlant. Qu’est-ce que ça va donner à 2 ans 1/2 !

Elle voue une véritable passion aux chaussures. Quand on dit qu’on part, elle se précipite vers les chaussures bien rangées dans l’entrée le tas de chaussures et distribue à chacun sa paire. Sinon, ses jeux favoris sont l’établi de son frère, la dinette, les voitures, et tout ce que le magicien a dans les mains. Elle adore la musique, et demande à ce qu’on lui lise en boucle la p’tite bête d’Antonin Louchard.

 

Le magicien a 4 ans. La coupe de cheveux d’un chanteur des années 90. Il est plutôt grand et maigrichon.

p1100168

Physiquement, il a pris confiance en lui. Il court, escalade, se baigne… Mais il reste toujours prudent.

Il aime les jeux de construction, les engins de chantier, les camions de pompier. Quand il sera grand, il sera conducteur de camion poubelle de verre (oui, c’est précis). Il aime le rose, ses bottes de princesse.

Il est passionné par les livres. En connait des dizaines par coeur. Passe beaucoup de temps à en regarder tout seul. Demande toujours plus d’histoires. Peut en écouter pendant des heures. Même si elles sont longues, pas évidentes pour son âge. En ce moment, c’est Ponti qui le fascine le plus (“Maman, le château d’Anne Hiversère, je voudrais qu’on le rende jamais à la bibliothèque, je l’aime trop !”).

Il vit dans un monde qui mêle la réalité, son imagination, les livres qu’il écoute et les dessins animés qu’il regarde (Wallace et Gromit, Chuggington et Robocar Poli essentiellement). C’est le bus des poussins, conduit par Blaise le poussin masqué qui l’a emmené à l’école tous les jours au mois de juin. Hier, il ne s’appelait plus le magicien mais Poli, (sa soeur et nous étions le reste de l’équipe de secours), était une voiture et a fait la sieste dans son garage. Après le parc, il fallait vite rentrer pour laver les véhicules (prendre le bain) ! Tout ça donne parfois des discussions cocasses avec des gens qui n’ont pas les références ^^

img_1476

Il est curieux de tout. S’intéresse à tous les sujets. Pose des questions (beaucoup). Il est bavard aussi.

Il a du mal à canaliser son énergie. Il passe par des moments où il est épuisé, d’autres où il est zinzin, surexcité. Il teste beaucoup les limites en ce moment, cherche à nous pousser à bout, c’est fatigant, énervant.

Mais il est aussi très câlin. Dit qu’il nous aime. Me dit qu’il veut vivre avec moi pour toujours. Réclame son père quand il travaille. Me fait des “câlins de cheveux”.

 

J’adore les regarder tous les deux. Ca y est, ils ont une vraie relation de fratrie. Faite de dispute, de bagarres, et de jeu dans la main de l’autre qui est forcément le plus intéressant. Mais aussi d’attention, de tendresse, d’échange. Cet été, par exemple, alors que le magicien chahutait avec un de nos amis, il est tombé, s’est fait mal et s’est mis à pleurer. La puce est arrivée en courant, a “grondé” l’ami en question à coup de “dah dah dah” fâchés et s’est précipitée pour aller chercher le doudou de son frère et lui apporter.

Ils se tiennent par la main quand ils se promènent.

Ils sont contents de passer du temps ensemble, content de se retrouver après une séparation. Ils ne dorment bien la nuit que s’ils sont dans la même pièce. Ils commencent à vraiment jouer ensemble.

Le magicien présente la puce d’un fier : “c’est ma petite soeur, La Puce ! Maintenant elle sait marcher toute seule mais elle sait pas encore parler”. Il fait le grand parfois, celui qui sait, celui qui dit les règles.

 

Petit bilan de lectures d’été

J’avais prévu bien sûr trop de livres à lire cet été, mais j’ai trouvé le temps de lire pas mal finalement (8 romans ado en août !). Je n’aurai jamais le temps de faire un vrai article sur chaque lecture, mais je voulais en parler un peu quand même, donc voilà des mini-chroniques de quelques unes de ces lectures. Un peu de tout les genres, seul point commun : ce sont tous des romans ados ou young adult.

Red rising et Golden son de Pierce Brown (Hachette, 2015 et 2016)

red rising 1red rising 2

Dans une société très codifiée, où l’essentiel de la population travaille comme des esclaves pour les Ors, Darrow est un Rouge, un membre de la caste la plus basse. Mais il réussit à infiltrer les Ors et est bien décidé à venger la mort de sa femme, Eo.

De la dystopie young adult très classique : un jeune qui va, à lui seul, remettre en cause l’équilibre d’une société totalitaire. On se croirait parfois dans Hunger Games, avec des jeux cruels à remporter absolument. Une série sans grande originalité donc, mais prenante, sans temps morts, avec des retournements de situation, de nouvelles alliances et des trahisons presque à chaque chapitre… Et qui plaira beaucoup aux amateurs du genre. Le tome trois, Morning star, est sorti en mai.

 

Les mystères de Larispem, 1 : le sang jamais n’oublie de Lucie Pierrat-Pajot (Gallimard, 2016)

mystères de larispemEn 1899 dans la cité-Etat de Larispem (qui s’appelait jadis Paris), les bouchers constituent la caste dominante, Jules Verne le modèle de toute une société et les anciens nobles sont pourchassés, suite à la deuxième révolution. Des festivités sont organisées pour le passage à l’an 1900, mais une société secrète menace la population. On suit Liberté, mécanicienne de génie, Carmine, apprentie bouchère et Nathanaël, orphelin, dans cet univers.

J’ai choisi ce roman parce qu’il a eu le prix du premier roman jeunesse de Gallimard jeunesse, Télérama et RTL, qu’avait eu les fiancés de l’hiver l’année dernière ! Et j’ai adoré l’ambiance rétro-futuriste de ce roman. La description de la capitale, de son fonctionnement, les variations par rapport à l’Histoire, la transformation des bâtiments que l’on connait, une écriture très visuelle. Mais j’ai été un peu frustrée : l’intrigue met du temps pour se mettre en place et… le roman s’achève quand l’action commence vraiment ! Alors je conseillerai vivement ce livre… quand la suite sera sortie !

A noter parce que c’est (trop) rare : une des héroïnes de ce roman est noire.

 

Ma fugue chez moi de Coline Pierré (Rouergue, 2016)

ma fugue chez moiAnouk, 14 ans décide de fuguer. Mais après une demi-journée dans le froid, elle rentre et se cache dans le grenier. Elle va donc vivre dans sa propre maison à l’insu de sa famille, qui la cherche.

Je trouve les photos de couverture des romans du Rouergue très chouettes en ce moment.

J’ai beaucoup aimé le début de ce roman, l’idée de départ et le vécu de cette jeune-fille, entre organisation pratique, sensation de liberté et culpabilité d’entendre sa famille s’inquiéter. J’ai cependant été déçue par la fin, que j’ai trouvé beaucoup trop « facile » et un peu pleine de bons sentiments. J’avais eu un peu la même impression de la folle rencontre de Max et Flora que Coline Pierré a écrit avec Martin Page.

 

Une histoire de sable de Benjamin Desmarès (Rouergue, 2016)

une histoire de sableUne adolescente trainée par ses parents dans une station balnéaire en plein hiver s’apprête à vivre des vacances particulièrement ennuyeuses. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Alain et Bruno, deux jeunes aux prénoms et à l’allure démodée, toujours sur le porche de leur maison.

Là encore, la couverture m’a fait envie ! Et puis j’ai lu deux bonnes critiques dans télérama et chez Bob et Jean-Michel.

Et j’ai été assez emballée par ce titre. Par cette adolescente qui a bien du mal à gérer ses émotions, qui rejaillissent sur son entourage mais aussi sur le décor qui l’entoure. Par le mystère qui s’invite peu à peu dans l’histoire. Par le côté fantastique jamais lourd. Par le fait que le roman prenne son temps (après tout, qu’y a-t-il d’autre à faire, au bord de la mer en plein hiver, que de compter les grains de sable ?), garde une part de mystère. La chute qui a en partie heurté mon côté féministe (je ne peux pas en dire plus sans trop dévoiler de l’intrigue) n’a pas gâché une impression de lecture extrêmement positive.

 

De chouettes lectures, donc ! Je suis contente d’avoir réussi à me remettre à lire, et j’espère bien continuer et trouver le temps de vous en parler ! Les chroniques de romans seront donc peut être un peu plus nombreuses dans les temps qui viennent…

Bulle et Bob se déguisent

Chez nous, les Bulle et Bob sont une référence familiale. Nous les avons tous, connaissons toutes les chansons par coeur… Alors quand j’ai appris qu’un nouvel opus allait sortir, on l’attendait avec impatience, et on est allés l’acheter le jour même de sa sortie !

bulle et bob se déguisent

Bulle et Bob vont en vacances chez leur mamie Miette. Oui, celle chez qui ils ont préparé des gâteaux dans Bulle et Bob dans la cuisine. D’ailleurs, son chat est toujours là. A peine arrivés, ils se précipitent dans LEUR espace, le grenier, où ils vont construire une cabane, et surtout piocher dans une grande malle pour pouvoir se déguiser.

Première réflexion à la lecture : tiens, Bulle et Bob ont un peu grandi. Je trouve les illustrations un peu moins réussi que dans les volumes précédents, même si j’y retrouve avec joie les jeux sur les motifs.

Mais les chansons sont toujours aussi entrainantes. On les retient toujours en deux écoutes, mais sans se lasser.

Et on retrouve la même complicité, la belle relation de fratrie, les jeux entre enfants, la présence des adultes restant très discrète. Et c’est ça qui me plait, je crois, dans cette série : les petits jeux du quotidien qui pourtant émerveillent les enfants.

Et puis mon côté Fille d’Album a plutôt apprécié les déguisements des enfants. Si au départ Bob se déguise en superman pendant que sa sœur se précipite sur une robe, elle s’empare rapidement d’une épée et d’un cache-œil et devient une fée-pirate, et les vêtements, déguisements se mêlent pour créer pour chacun un costume qui n’appartient qu’à eux, au-delà des stéréotypes.

image

 

Au milieu de l’album et de sa gaité, cependant, un moment plus mélancolique.

image

Le magicien m’a demandé pourquoi le papi de Bob était parti. Alors j’ai dit qu’il était mort. Parce que chez nous, pas de métaphore sur ces sujets-là. Il a fait le lien avec son papi à lui, qui est mort aussi. A vu Bob triste. S’est senti triste. Et il a eu les larmes aux yeux parce que son papi était mort, et que mon mini frère n’avait plus de papa. Alors je lui ai dit que moi aussi j’étais triste. Que mon papa me manquait. Et qu’on avait le droit d’être triste, bien sûr, mais qu’on pouvait aussi penser aux bons moments qu’on avait passé avec lui, et être contents. Et on a sorti l’album photo que m’a fait ma grand-mère, celui où à la fin, le magicien, tout-petit, chahute avec son grand-père.

Chacun mettra ce qu’il veut dans ce passage de l’histoire. Pour beaucoup d’enfants, sans doute, elle n’aura pas de résonnance particulière. Je ne sais pas pourquoi le magicien y a été aussi sensible. Ca a été un moment difficile, pour moi, de voir mon fils bouleversé, mais ça a été une occasion d’exprimer ses émotions aussi, et de partager quelque chose ensemble.

Mais si cette page a pris une dimension particulière pour nous, elle ne représente qu’une parenthèse dans l’album, entre la construction d’une cabane, un gouter et des nounous en chocolat ! Il est tout aussi réussi que les autres livres de la série (à part un petit bémol pour moi sur les dessins), nous a plu dès la première écoute et va très vite devenir un de nos “classiques”, je pense !

Lectures d’été

Récemment (enfin presque), sur instagram, @annelefevre me demandait une liste de livre à lire sur la plage. J’étais un peu embêtée. Déjà parce que 90% de mes lectures sont des romans pour ados et même si je milite pour en faire lire aussi aux adultes, je ne les conseille pas de la même manière. Et puis parce que j’ai très très peu lu cette année, et que j’ai donc peu de livres “validés” à conseiller.

En revanche, j’ai… quelques envies de lecture pour moi.

IMG_1013

Comment ça c’est trop pour 15 jours de vacances en famille ?

Alors j’ai décidé de faire un article mélangeant conseils à partir de mes lectures mais aussi à partir de mes envies ! Allons-y par genre.

Littérature générale

J’aime beaucoup, en ce moment, ce que fait la collection X’ de chez Sarbacane. C’est une collection pour (grands) ados, mais j’y pioche souvent aussi dans mes conseils pour les adultes. J’ai eu récemment un gros coup de coeur pour Dysfonctionnelle d’Axl Cendres. C’est à la fois complètement loufoque et réaliste. A la fois hilarant et triste. A la fois léger et grave. Doux-amer. Sans que l’un l’emporte sur l’autre. Et sans jamais que ça paraisse fabriqué. (oui, je m’autocite. C’est pour avoir une chance de publier cet article avant de partir).

J’ai adoré le premier roman que j’ai lu de Marion Brunet aussi, Frangine. J’avais adoré la délicatesse de son écriture et sa manière d’aborder avec tact un sujet d’actualité sensible. Et pour les vacances j’ai craqué pour son dernier, dans le désordre. L’histoire d’une bande de jeunes gens engagés, entre manifs et vie en squat. Une histoire d’engagement et une histoire d’amour. Là encore, on retrouve une actualité brulante, je trouve.

dans le désordre

Et toujours dans les “envies” dans cette collection, je ne vous ai pas encore parlé des petites reines de Clémentine Beauvais, mais j’ai beaucoup aimé, et j’attends avec impatience son roman qui sort fin août, songe à la douceur, écrit uniquement en vers.

Fantasy

Que celles et ceux qui ne l’ont pas encore lu se réjouissent, ils vont découvrir un bijou. La série la passe-miroir de Christelle Dabos.

fiancés de l(hiver Dabos

J’ai lu le tome 2 récemment, et comme pour le tome 1, j’ai été emportée, j’ai vibré, je l’ai dévoré et j’attends avec la plus grande impatience le tome 3.

Je l’ai fait lire à des ados, à des adultes, à des gens qui n’aiment pas la fantasy… Tous l’ont adoré. Lancez-vous sans crainte !!

Je l’ai découvert dans un article de télérama, parce qu’il avait gagné le concours du Premier Roman Jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL. Du coup, j’ai prévu de lire cet été le gagnant de l’édition suivante, les mystères de larispem de Lucie Pierrat-Pajot, dont l’ambiance rétro-futuriste m’attire beaucoup.

mystères de larispem

Science-fiction

J’en lis peu. Je peux cependant vous conseiller deux livres dans des univers très différents.

Silo de Hugh Howey. ““Dans un futur postapocalyptique indeterminé, une communauté d’hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l’athmosphère y est désormais irrespirable”. J’ai prévu de lire le tome 3 cet été, n’hésitez pas à vous lancer dans cette trilogie très prenante. Si vous aimez les pavés (chaque tome fait au moins 600 pages).

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, dont la lecture m’a beaucoup marqué. Deux savants ont mis au point un traitement qui décuple l’intelligence, ils le testent sur une souris, Algernon. Devant le succès, ils décident d’appliquer leur découverte sur Charlie Gordon, handicapé mental. L’opération ne va pas le rendre subitement intelligent, mais va lui permettre de progresser, d’apprendre très rapidement. Et il va écrire son journal.

Policier

Bizarrement, rien de prévu dans ce genre là, alors que j’en ai lu énormément à une époque. Sans doute parce que mon père n’est plus là pour m’en conseiller. Mais je sais que si j’ai envie de polar prenant et vite lu, je pioche chez Michael Connelly. Et si j’ai envie de quelque chose de plus profond/riche, je pioche chez Dennis Lehane. Actuellement, j’ai très envie de relire un dernier verre avant la guerre et le reste de la série où enquêtent Kenzie et Gennaro, que j’ai lu ado.

Essai

Là, c’est le côté féministe qui ressort !

Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés : “Chaque femme porte en elle une force naturelle, instinctive, riche de dons créateurs et d’un savoir immémorial. Mais la société et la culture ont trop souvent muselé cette « Femme sauvage », afin de la faire entrer dans le moule réducteur des rôles assignés. Psychanalyste et conteuse, fascinée par les mythes et les légendes, auteur également du Jardinier de l’éden, Clarissa Pinkola Estés nous propose de retrouver cette part enfouie, pleine de vitalité et de générosité, vibrante, donneuse de vie.”

C’est un cadeau qui m’a beaucoup touché, et le fait qu’elle raconte et analyse de nombreux contes m’attire énormément. Je ne suis pas certaine d’adhérer à tout, mais j’ai hâte de m’y plonger.

Les mots des mères du XVIIe siècle à nos jours d’Yvonne Knibiehler et Martine Sagaert, je l’ai bien sûr acheté en pensant à Maternités Féministes. J’aime l’idée qu’on s’intéresse à ce que les femmes ont écrit sur la maternité et qu’elles s’intéressent à l’époque contemporaine et pas seulement à l’histoire. Je sens que ce livre va beaucoup m’enrichir.

Bonne lecture ! Moi si j’arrive à en lire 3 je serai déjà contente !!!

Les boîtes des papas d’Alain Le Saux

J’ai du mal à trouver vraiment le chemin du blog en ce moment. Déjà parce que je manque de temps, mais aussi parce que j’ai plein d’idées, mais des bribes, des bouts d’articles, rien de complet, rien qui ne me donne envie de le publier.

Alors je me suis dit que j’allais revenir aux bases, avec des albums pour les tout-petits dont je ne comprends pas pourquoi je ne vous en ai pas parlé plus tôt : les boîtes des papas d’Alain Le Saux. Ce sont des livres cultes chez nous. De ceux qu’on aime tellement qu’on achète toute la série, de ceux qu’on offre en cadeau de naissance, de ceux qu’on lit en boucle, et que le grand frère montre à sa petite soeur. A une période, le magicien les réclamait avant de se coucher et dormait avec. Il les sortait tous des boîtes et on le retrouvait enseveli sous les livres !

Ce sont des incontournables pour moi au boulot aussi : j’en sors toujours deux ou trois quand on fait un accueil pour les tout-petits à la bibliothèque.

IMG_0598.jpg

Il y a donc 4 boîtes, composées de 4 livres chacune. Ces livres ont d’abord été publiés en grand format, si vous en avez gardez les précieusement, ils ne sont plus disponibles comme ça. Mais je suis aussi conquise par le petit format : ils sont ainsi facilement manipulables par les tout-petits. Et la boîte fait partie du plaisir ! A l’âge du vider/remplir, sortir de la boite, ouvrir le livre, refermer le livre, le remettre dans la boîte fait partie du plaisir et de la découverte de l’objet-livre. D’ailleurs, on voit bien sur la photo que les boîtes ont vécu !

Et dans chaque livre, un père et son fils dans des actes et des jeux de la vie quotidienne. Des dessins simples, très lisibles, aux couleurs vives, chaque boîte ayant sa couleur. Et dans chaque livre, la même structure grammaticale qui se répète au fil des pages (groupes nominaux avec complément du noms dans un, verbes pronominaux dans un autre…), ce qui crée une unité, un rythme agréable à la lecture, et aide peu à peu les enfants à structurer la langue.

IMG_0603

IMG_0622

Si la plupart des images montrent le père et son fils dans une situation de jeu, la variété des situations, les quelques cas qui montrent le père faire des tâches ménagères évitent de tomber dans le sexisme et la caricature.

Tout est montré du point de vue du fils : c’est lui le narrateur, et on voit son père, immense, à travers ses yeux. Cette exagération est à la fois drôle et je pense assez juste, par rapport au fait que tout paraît surdimensionné aux enfants petits.

 

J’aime ces livres entre autres parce que l’auteur y intègre une bonne dose d’humour. Après quelques heures à la plage, “papa est rouge”. Et la succession de certaines scène prend tout son sens…

 

Et visiblement, Alain Le Saux trouve qu’être père, c’est très fatigant ! (mais il se fait peut être des illusions sur la possibilité de dormir quand on est parent…)

Mais son fils est là pour le rappeler à l’ordre !

En un mot, un indispensable de notre bibliothèque, et je suis sûre que vos petits seront conquis aussi !

Mon dessin d’Emmanuelle Houdart

Vous connaissez probablement tous, maintenant, mon amour pour les livres d’Emmanuelle Houdart. J’ai parlé de plusieurs de ses albums (Abrisles heureux parents, et bien sûr Tout va bien, Merlin !) et le nom du blog vient d’un de ses albums.

Et vous savez aussi peut être que j’ai eu 30 ans récemment. L’amoureux m’a alors offert un cadeau extraordinaire. Un dessin personnalisé par Emmanuelle Houdart !

portrait Emmanuelle Houdart

Il y a un livre personnage dans son prochain album, une maîtresse d’école bienveillante (je suis archi jalouse, l’amoureux a vu les dessins !), mais celui-ci, elle l’a fait juste pour moi !

Alors, vous m’y retrouvez ?

En ce moment, nous lisons…

Après celui de février, un nouveau “en ce moment, nous lisons…”. L’idée est de faire une mini présentation des livres du moment (et de mettre sur le blog une partie de ce que je publie sur mon compte instagram.

 

Donc, en ce moment, avec la puce (13 mois), nous lisons :

image

  • C’est la p’tite bête… d’Antonin Louchard (Thierry Magnier), grand classique de la petite enfance que j’avais déjà présenté rapidement ici
  • Une histoire qui… de Gilles Bachelet (Seuil jeunesse). J’aime beaucoup Gilles Bachelet quand il écrit pour les plus grands, je n’ai pas été déçue par sa première incursion dans la petite enfance ! Le texte coule tout seul, il y a de l’humour, c’est un plaisir.
  • En t’attendant… d’Emilie Vast (MeMo), un bijou de délicatesse sur l’attente d’un enfant, les transformations, le bonheur du partage… Pour moi c’est un cadeau idéal pour une future maman, mais il plait aussi aux enfants, chez nous il réjouit autant la puce que le magicien !

Jusque là, la puce prêtait peu d’attention aux livres (contrairement au magicien qui a adoré ça dès sa naissance). Depuis peu, elle s’y intéresse beaucoup, m’apporte c’est la p’tite bête avec un grand sourire… Vous imaginez que je suis RA-VIE ! Et puis on commence aussi l’histoire du soir avec les deux enfants et c’est un chouette moment, même si on prend soin de laisser sa liberté de mouvement à la puce, qui est loin de rester concentrée aussi longtemps que son frère !

 

Avec le magicien (bientôt 4 ans), nous lisons :

image

  • Ce n’est pas très compliqué de Samuel Ribeyron (Hong Fei), un bijou de délicatesse sur ce qu’on a dans la tête et dans le coeur.
  • En t’attendant… d’Emilie Vast (MeMo)
  • le lion et l’oiseau de Marianne Dubuc (La Pastèque). C’est le magicien qui l’a choisi après l’heure du conte à la bibliothèque où il l’a découvert. Et j’étais contente qu’on le rapporte à la maison parce que c’est un livre dont il faut s’imprégner, qui crée une ambiance pleine de douceur…
  • La folie des grandeurs de Kathrin Scharer (Minedition) dont j’ai parlé ici
  • Mille secrets de poussins de Claude Ponti (Ecole des Loisirs). Est-il utile de présenter Claude Ponti ? Depuis qu’on lit cet album, le magicien va tous les jours à l’école dans un “bus de poussins”, conduit par Blaise le poussin masqué, bien sûr !
  • Mon amour d’Astrid Desbordes et Pauline Martin (Albin Michel Jeunesse), parce que ça fait du bien de se dire que notre amour est inconditionnel. Et pour découvrir trois superbes albums sur la maternité, lisez cet article!
  • Petite salamandre : le magicien est abonné à cette revue depuis Noël et elle est vraiment très chouette !

 

Et moi ? Je me remets enfin à lire. J’ai dévoré le tome 2 de la passe miroir de Christelle Dabos (j’ai parlé du 1er tome ici) et j’ai envie de le faire lire à tout le monde !

Martinique au jour le jour #2

Jour 4 :

On prend un bateau-taxi pour aller pique-niquer à l’ilet chevalier, sans l’amoureux et la puce qui sont restés à la maison.

Plage très agréable, sable blanc, et des dizaines de crabes qui ont creusé leur trou dans la forêt derrière la plage, ce qui passionne le magicien et l’occupe un bon moment !

Par contre, un peu déçu au niveau snorkeling, on décide d’aller voir s’il y a une plage de l’autre côté de l’île. Ce n’est pas le cas et on finit par faire le tour de l’île. La balade vaut vraiment le détour : on traverse des forêts de cactus, une cote beaucoup plus sauvage, c’est magnifique ! En revanche, le faire en tongues, avec un magicien qu’il faut souvent porter, c’était pas l’idée du siècle…

Au retour, mes frères décident d’aller visiter l’usine de rhum La Mauny, alors que je rentre à la maison. Ils ont beaucoup aimé voir une usine en fonctionnement, et trouvé cette visite plutôt complémentaire de la présentation plus “culturelle” de l’habitation Clément (et puis il y a encore une dégustation ^^).

Jour 5 :

On laisse les deux enfants à ma mère, et c’est parti pour une sortie en kayak, direction la baignoire de Joséphine ! Une sortie à la demie-journée qui nous a déjà bien fait chauffer les bras ! Au programme, balade entre des ilets, baignade, eau transparente, snorkeling… Vraiment très sympa comme sortie !

La baignoire de Joséphine, c’est un haut fond entre deux ilets. On a donc pied “au milieu de la mer. Les gens y venaient pour les négociations sensibles : ils étaient sûrs qu’il n’y aurait pas d’oreille qui traine. Pas de négociation pour nous, on en profite donc pour… boire du rhum et manger des accras !

(avec l’amoureux et avec mes deux frères !)

Jour 6 :

Ce jour là, on part juste tous les deux, avec les enfants. Une journée rien qu’entre nous, ça fait du bien, aussi ! Et alors que les autres ne rêvent que de plage, j’ai quand même envie d’aller découvrir un peu Fort-de-France.

D’Anse à l’âne, un bateau nous emmène à Fort-de-France. C’est pratique (on évite les bouchons et la galère pour se garer), mais surtout ça fait partie du plaisir de la journée, surtout pour le magicien !

Balades dans les rues, achats de souvenir, resto au dessus du marché… On passe une très bonne journée !

Et il se trouve que LE monument à visiter à Fort-de-France est… la bibliothèque !

Le bâtiment (pavillon de l’exposition universelle transporté et reconstruit à Fort-de-France) est magnifique. Victor Schœlcher (qui a joué un rôle central dans l’abolition de l’esclavage) a légué tous ses livres à la bibliothèque de Fort-de-France. Une salle, magnifique (mais où les photos sont interdites) conserve donc le fonds ancien. Mais c’est aussi la bibliothèque municipale de la ville, et pas seulement un lieu patrimonial. On a donc fait une petite pause lecture dans la section jeunesse, autant pour les gosses que pour moi !

P1090718

On a ensuite fait un petit tour à la librairie, histoire d’offrir au magicien un album bilingue français/créole d’un éditeur local.

Au retour, à nouveau le bateau, et une petite pause baignade bienvenue à l’Anse à l’âne. La plage est moins sauvage que les autres, mais l’eau est claire et les enfants sont ravis !

La folie des grandeurs

Quand je vais au salon du livre jeunesse de Montreuil, je fais toujours un tour sur le stand de Minedition parce que j’adore écouter l’éditeur me raconter des histoires, il est juste absolument passionnant. Et je découvre toujours des pépites.

Cette année, mon coup de coeur c’est la folie des grandeurs de Kathrin Schärer. Coup de coeur dès la couverture, et l’intérieur ne m’a pas déçue !

folie des grandeurs

Léa est une petite souris qui aime les choses immenses : “les peluches plus grandes qu’elles, les affiches aussi immenses que le mur lui-même, les glaces tellement grandes qu’elles montent presque jusqu’au ciel…”

Alors quand elle découvre dans un livre que pour faire grandir les plantes, il suffit de les planter et de les arroser, elle se dit qu’elle tient un truc ! Il suffit de planter et d’arroser toutes ses affaires…

image

(et si je vous dit que Léa a toujours rêvé d’avoir un GRAND frère…).

Une héroïne très attachante, un univers et des idées décalées (mais en même temps, je trouve qu’on y retrouve bien les idées folles que peuvent parfois avoir les enfants et auxquelles ils croient de toute leur force).

Une grande tendresse dans l’illustration.

Et puis, et ça plait à mon côté féministe, une petite fille déterminée, qui ne se décourage pas quand elle constate l’échec de son idée, mais rebondit sur autre chose, et n’hésite pas à s’emparer d’une scie, de clous et d’un marteau pour concrétiser son rêve !

image

Le magicien a eu aussi un gros coup de coeur pour cette histoire (il faut dire qu’il adore les glaces géantes), et en particulier pour la dernière page, qui se déplie en ‘très grand’, comme Léa aime. Au point, souvent, de dormir avec le livre ouvert à côté de lui dans son lit. Avec la page dépliée, le livre est presque aussi grand que lui !

 

La naissance de la puce

Cet article, je l’ai écrit en juin dernier, puis il était resté dans mes brouillons. Je m’interrogeais sur la partie d’intime que j’avais envie de publier sur ce blog, sans trouver de réponse. Mais en ce moment, nous réfléchissons à la grossesse et à l’accouchement pour Maternités Féministes, j’ai passé la soirée d’hier à une conférence sur l’accouchement respecté. J’ai eu envie de relire cet article pour moi. Et finalement de le partager ici.

Mon accouchement a été à la fois très similaire à la naissance du magicien et pourtant différent.

Comme pour le magicien, j’ai perdu les eaux avant le début du travail, à la maison, à minuit 1/2. Ce qui nous a laissé le temps de prévenir un ami pour qu’il vienne garder le magicien et de nous mettre en route. Comme pour le magicien, nous avons pris le métro pour aller à la maternité, les contractions commençaient “tranquillement”. L’amoureux, un peu stressé, m’a fait courir dans les escaliers pour attraper le métro qu’on entendait arriver ! A peine arrivés à la maternité, le travail se met en place, là encore comme pour le magicien. Nous retrouvons la sage-femme qui m’avait accueillie lors de ma visite en urgence pour contractions prématurées.

Je m’étais dit que si l’accouchement était relativement rapide, j’accoucherai sans péridurale. La naissance du magicien m’avait montré que j’en étais capable et j’avais apprécié, après la naissance, d’être mobile, de pouvoir me lever, porter mon bébé, descendre dans ma chambre en marchant. Je dis donc à la sage femme que j’aimerais essayer de me passer de péridurale. Elle m’installe en salle de naissance. Elle m’avait dit “vous saurez que le travail a vraiment commencé quand vous vous direz : “je ne me souvenais pas que c’était aussi intense”. Pas de doute on y est. Les contractions sont régulières et douloureuses, mais ça se passe plutôt bien. On ricane avec Paul, qui a très envie de me faire essayer les différents “coussins de gym” sur lesquels je pourrais m’installer.

A ce moment là, je suis une pub pour les mamans bobo-bio qui accouchent sans péridurale. Ca fait mal, mais je gère les contractions debout ou sur le ballon, en me raccrochant à mes exercices de respiration, de prolongement, de sophrologie. Paul me masse le bas du dos, je suis heureuse qu’on soit tous les deux. Je réalise pleinement ce qui se passe, que ma fille sera bientôt là. Je me sens forte et capable. La sage-femme passe nous voir régulièrement, m’encourage.

Et d’un coup, le travail s’intensifie encore. Là, je perds pied. La maman bobo-bio parfaite se transforme en petite chose gémissante, allongée sur le lit, incapable de bouger, avec l’impression que je serai incapable de supporter encore une contraction. Paul fait tout ce qu’il peut pour me soulager, c’est-à-dire pas grand chose. La sage-femme restera avec moi à partir de ce moment là jusqu’à la naissance. Elle m’encourage, me dit que je vais réussir sans lorsque je parle de péridurale, m’examine et m’assure que le travail avance bien (sans me donner de chiffre).

Je ne vais pas mentir, à ce moment là je regrette amèrement mon choix d’accouchement sans péridurale. J’ai eu l’impression que cette seconde phase durait aussi longtemps que la première, mais Paul m’a assuré que c’était loin d’être le cas.

La puce arrive finalement. Je m’installe en position semi-assise, comme pour le magicien. La sage-femme me dit de pousser si j’en ressens le besoin. Ce n’est pas vraiment le cas, mais je pousse quand même, en me disant que j’en peux plus et que je veux qu’elle sorte vite. Ca mettra quand même un peu de temps. La demoiselle a décidé de se mettre dans une position bizarre. Elle nait en regardant vers les étoiles, un bras derrière le dos. Du coup je dois pousser un peu plus longtemps que le magicien qui était sorti très vite.

Et puis en une seconde, elle est là, posée sur moi. Et un flot d’émotions m’envahit. Même si l’accouchement a été presque aussi rapide que pour le magicien, puisqu’elle est née à 4h04, cette fois, j’ai vraiment eu le temps de réaliser ce qui se passait, de me préparer à l’accueillir. Elle est belle et elle va très bien. Ce n’est pas la crevette à laquelle nous nous attendions, après cette grossesse un peu compliquée, mais un beau bébé de 3,4kg. Elle me regarde, je la regarde, Paul est là et c’est le bonheur.

Mais cette bulle ne dure pas bien longtemps. Alors que la naissance a eu lieu dans le calme, d’un coup tout s’agite. Je perds pas mal de sang et la sage-femme s’inquiète de l’état de mon périnée. Rapidement, la salle se remplit : un gynéco, un anesthésiste, une autre sage-femme… Un peu difficile ! Mais un gynéco qui prend le temps de m’anesthésier correctement, contrairement à la première fois, et la sage-femme m’aide jusqu’au bout.

On peut ensuite enfin prendre un vrai temps à trois. On a envie d’appeler tout le monde pour les prévenir, mais il n’est même pas 6h du matin ! J’attends ça avec impatience, et surtout j’ai hâte que la puce rencontre son grand frère !

Arrive le moment de descendre dans la chambre. On me conseille, trois fois de suite, de descendre en fauteuil roulant. J’ai perdu du sang, je suis un peu faible. Je réponds calmement, mais très décidée, que c’est hors de question. J’ai voulu accoucher sans péridurale pour pouvoir descendre debout dans ma chambre. Ca parait sans doute complètement stupide dit comme ça. Mais je n’ai pas accouché sans péridurale pour vivre un moment mystique (heureusement pour moi, j’aurais été bien déçue), ni parce que je souhaitais à tout prix une naissance physiologique. Mais pour être à peu près opérationnelle après l’accouchement. Alors j’ai serré les dents et je suis descendue en marchant. Et je suis arrivée jusqu’à ma chambre.

Pour être honnête, dans les jours qui ont suivi, j’ai regretté de ne pas avoir demandé de péridurale. Parce que j’ai été marquée par ce moment où j’ai perdu pied et que je n’avais pas l’impression que me passer de péridurale m’avait apporté quelque chose. Puis je me suis peu à peu réconciliée avec cet accouchement. Pendant lequel, finalement, j’ai réussi à ne pas paniquer et à profiter de l’arrivée de ma fille. Où j’ai été pleinement actrice des choses, la sage femme étant seulement là pour m’accompagner.

J’ai à nouveau réalisé ma chance d’accoucher aux Lilas. Dans une maternité où le protocole, sans péridurale, est léger (monitoring du coeur du bébé par intermittence, c’est tout), où on respecte, dans la mesure du possible, l’intimité des femmes qui accouchent. Où la sage-femme a été disponible, encourageante, aidante, jamais jugeante.

C’était il y a un an. La puce a soufflé sa première bougie il y a quelques jours. Et quand je repense à cet accouchement aujourd’hui, c’est sans idéalisation mais avec beaucoup de tendresse.